Cité interdite Pékin (Troisième partie)

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Troisième partie

La tradition d’apposer des clous dorés sur les portes exista à l’époque des dynasties Sui et Tang (581-907). En ce qui concerne la cité interdite, parmi ses 4 portes principales, il y a une possèdant cinq passages et le reste à 3 passages. C’est la porte du Midi (Ngọ Môn). À part la porte de l’Est (Ðông Hoa Môn) ayant 8 rangées de 9 clous dorés (8*9=72, un nombre pair et un multiple de 3), les autres portes ont chacune 9 rangées de 9 clous dorés (9*9=81, un nombre impair et un multiple de 3). On trouve non seulement dans l’utilisation de ces clous le caractère décoratif mais aussi l’aspect solennel et majestueux du régime féodal de cette époque.

On se pose des questions sur le choix du nombre pair (ou Yin) de clous dorés posés sur la porte de l’Est. On n’arrive pas à résoudre cette énigme jusqu’à aujourd’hui. Certains pensent que lors des obsèques des empereurs Jiaqing (Gia Khánh) et Daoguang (Ðạo Quang), on emprunte le passage de cette porte pour l’enterrement. C’est pourquoi elle est connue aussi sous le nom “porte du démon”(Qủi môn). Cela pourrait expliquer l’utilisation du nombre pair (ou Yin) de clous dorés car c’est par cette porte qu’on rejoint le monde Yin des ténèbres (Âm Phủ). Le nombre de clous dorés posés sur les portes est aussi fixé en fonction de l’importance de la fonction assumée par l’occupant dans la hiérarchie impériale.

Du fait que l’empereur est le fils du Ciel, il est censé d’avoir moins de pièces (9999 étant le plus grand nombre Yang) pour sa cité par rapport à ce que possède Dieu dans le ciel pour sa résidence (10.000). Il s’agit bien d’un nombre symbolique représentant une infinité dénombrable en Chine. Lors de l’enquête menée en 1973, on arrive à dénombrer seulement 8704 pièces à la cité interdite.

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Quant à la couleur jaune, dans la théorie du Yin et du Yang et de ses 5 éléments, on la voit associée non seulement à la terre mais aussi à la position centrale dans la gestion des choses, des espèces et des quatre points cardinaux. Etant la couleur du soleil à son zénith, le jaune radieux n’appartient qu’à l’empereur car elle est le symbole de la vénération et de la protection divine. Il était interdit au peuple de se servir d’un certain nombre de couleurs: rouge, jaune, bleu d’azur etc… à cette époque. Par contre, dans la Chine antique, il avait le droit d’utiliser les couleurs suivantes: le noir, le blanc et le gris. Rien n’est étonnant de retrouver les deux couleurs dominantes: le pourpre et le jaune dans toutes les constructions de la Cité. (les murs pourpres et les tuiles vernissées jaunes des toits des édifices). Il y a quand même quelques exceptions qui ne sont pas étrangères au respect de la théorie du Yin et du Yang et de ses 5 éléments. C’est le cas du pavillon de la Culture (Wenyuan) abritant une bibliothèque. Il est recouvert de tuiles vernissées noires. Le feu reste toujours le sujet d’inquiétude dans la cité. Il est déclaré plusieurs fois sous la dynastie des Qing. Le dernier en date a eu lieu au moment où l’empereur Guangxu était sur le point de se marier avec sa cousine Long Dụ (Long Yu) dans un mois. C’est un mauvais présage pour le mariage. Arguant de ce prétexte, l’impératrice douairière Cixi exécuta sur le champ les deux eunuques responsables de la mise en place des lanternes. On fait allusion à la couleur noire, symbole de l’eau dans le but de prévenir le feu et de protéger les collections de livre. D’autres salles situées près de la porte de l’Est Donghuamen (Ðông Hoa Môn) supportent une toiture de tuiles vernissées vertes car elles correspondent aux logements des princes. C’est aussi la couleur verte associée à l’Est dans la théorie de 5 éléments (Ngũ Hành).

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 Malgré le nom qu’il porte, ce palais de la Pureté céleste est témoin de plusieurs intrigues, de rivalités, de complots, de volte-faces et d’assassinats. De plus, derrière le trône, au dessus du paravent, est toujours accroché un panneau transversal portant en épigraphe la devise suivante du troisième empereur des Qing, Shunzhi (ou Thuận Trị en vietnamien): Quang minh chính đại (ou La très grande rectitude). Elle est accompagnée plus tard par les commentaires flatteurs de son successeur, l’empereur Kangxi (Khang Hi): C’est une belle composition de tout temps, rayonnante et éternelle, méritant d’être l’exemple pour la postérité. Malheureusement, derrière ce panneau se cachent depuis toujours les conflits latents de la famille impériale.

Durant les 500 ans de règne des deux dynasties Ming et Qing, on relève plusieurs évènements importants ayant eu lieu dans ce palais. D’abord l’empereur Jiajing (Gia Tĩnh) des Ming (1507-1567) connu pour sa débauche et sa cruauté indescriptible, a failli de mourir asphyxié par ses domestiques. Humiliées par son comportement paranoïaque et profitant du sommeil profond de ce dernier, celles-ci ont tenté de le tuer un soir en l’assommant et en serrant son cou avec sa ceinture. Mais à cause de la dénonciation de l’une d’entre elles auprès de l’impératrice, l’empereur fut sauvé in extremis. Ces domestiques furent exécutées sur le champ y comprise la concubine favorite de l’empereur. Puis l’empereur Taichang (Thái Xương) des Ming (1582-1620), de son nom personnel Zhu Changluo (Chu Thường Lạc) mourut subitement après un mois d’intronisation. On lui prête des abus sexuels ou un empoisonnement. Cela provoque une lutte implacable entre les clans pour la prise du pouvoir et d’influence. Cette affaire est connue sous le nom “Affaire des pilules roses” (Án Hồng Hoàn) car avant de mourir subitement, l’empereur a avalé des pilules. Enfin l’avant-dernier des empereurs des Ming, le fils de Taichang, Zhu Youjiao (Chu Do Hiệu) (1605-1628) connu sous le nom de règne Tianqi ( Thiên Khởi ), s’est laissé empêtré dans l’affaire connue sous le nom “Án di cung (Affaire des palais )”. Profitant du jeune âge de l’empereur, la concubine de son père, Ly Tuyen Thi continue à faire pression sur lui. Elle s’entête à résider dans le palais Qianqing. Elle demande à l’empereur de lui accorder le titre d’impératrice douairère dans le but de pouvoir s’ingérer dans les affaires d’état. Face à la fermeté de l’empereur, elle est contrainte de quitter le palais et de vivre dans un autre palais qui brûlera complètement quelques semaines plus tard. Heureusement, elle s’en sort indemne avec sa fille. On vit dans cette affaire la mainmise de l’empereur malgré sa contestation. Les historiens chinois ont l’habitude de regrouper ces trois affaires ci-dessus et de les désigner sous le nom “Vãn Minh Tam Án (Trois Affaires à la fin de la dynastie des Ming )”.

Sous le règne des empereurs Qing, on note deux évènements majeurs. Malgré son despotisme éclairé, Kangxi (Khang Hi) connut la fin de son règne ternie par les intrigues qui opposaient ses héritiers présomptifs. En nommant au départ son fils Yinreng comme prince héritier à 2 ans, Kangxi décide de changer d’avis et de choisir finalement pour lui succèder son 14ème fils, le prince Dân Trinh (Yinti). 

Il range sécrètement derrière le panneau transversal portant la devise “La très grande rectitude”, une boîte contenant ses recommandations suivantes: Truyền vị thập tứ tử ( léguer le pouvoir à mon 14ème fils) car c’est son fils préféré. Selon l’on-dit, lorsque Kangxi est gravement malade et éloigné de son fils Yinti en campagne dans la région de Xinjiang, son quatrième fils, le prince Yingzheng profite de cette situation pour saisir la boîte et modifier le contenu en supprimant le mot “thập”(dix), ce lui permet de devenir empereur. Selon certaines rumeurs, après la modification, il se réfugie dans le jardin pour vérifier l’état de santé de Kangxi. Il lui a donné entre-temps à boire un bol de gingseng douteux. Pour certains historiens, la mort subite de Kangxi est attribuée à la responsabilité de Yingzheng (Dân Chính) et continue à alimenter les conversations des gens. A peine intrônisé en 1723 sous le nom de Yongzheng (Ung Chính), il s’empresse d’éliminer ou d’exiler tous ses opposants potentiels (ses demi-frères et leurs partisans). Soucieux du problème de succession dont il prend connaissance lors de son propre avènement, il met en place un système ingénieux permettant au souverain en titre de choisir secrètement et sans contestation son successeur en rédigeant une lettre de recommandation désignant le successeur en deux exemplaires, l’un rangé dans une boîte placée derrière le fameux panneau transversal, l’autre porté toujours par l’empereur en titre. En cas du décès de celui-ci, il est possible de chercher l’exemplaire rangé dans la boite et de le comparer avec celui qu’a porté l’empereur décédé pour intrôniser le nouveau empereur. Aucune contestation n’est possible. Ce système de nomination continue à être maintenu jusqu’au règne de Xianfeng (Hàm Phong). Il est tombé en désuétude car l’empereur Xianfeng avait avec l’impératrice Ci xi, un seul fils, l’empereur Tongzhi (Đồng Trị). Afin de maintenir astucieusement la régence, elle abolit carrément ce système par la désignation successive des empereurs enfants Guangxu (Quang Tự) et Pu Yi (Phổ Nghi).  Quant au palais de tranquillité terrestre (Kunning) (ou Khôn Ninh en vietnamien), on ne trouve que sept figurines car c’est la demeure de l’impératrice à l’époque des Ming. Mais c’est aussi l’endroit où sont honorées les divinités à l’époque des Qing.  SUITE

 

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Cité interdite (Tử Cấm Thành)

Après avoir vaincu son neveu Jianwen dont la mort continue à rester une énigme pour les historiens , le troisième empereur de la dynastie des Ming, Chou Di connu sous le nom de règne Yong Le (Vĩnh Lạc), décida de transférer la capitale à Pékin à la place de Nankin pour des raisons stratégiques. Face à la menace mongole toujours pesante sur l’empire, il aimerait riposter rapidement à toute tentative du raid. Il chargea l’architecte en chef Ruan An d’origine vietnamienne (Nguyễn An en vietnamien) de superviser la construction de la Cité interdite sur les ruines de la capitale impériale mongole Khanbalik (ville du Khan) créée par Kubilai Khan en 1267 et décrite par Marco Polo dans son “Devisement du Monde, le livre des Merveilles”, en 1406 selon un protocole bien défini. Deux cent mille ouvriers ont été employés à cette tâche gigantesque qui dura 14 ans.

 

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Outre la participation d’un grand nombre de provinces chinoises dans la fourniture des matériaux: le marbre de Xuzhou (Jiangsu), les briques de Linqing (Shandong), la pierre des carrières de Fangshan et de Panshan non loin du Pékin, le bois de charpente nanmu provenant du Sichuan (Tứ Xuyên), les colonnes du Guizhou (Qúi Châu) et du Yunnan (Vân Nam) etc.., on relève également la restauration du grand canal impérial datant de l’époque de la dynastie des Sui ( nhà Tùy). Cette voie d’eau s’avère indispensable pour l’acheminement de ces matériaux et des denrées alimentaires jusqu’à la capitale, Pékin. Entre 1420 et 1911, un total de 24 empereurs de deux dynasties Ming et Qing y ont résidé. Le dernier empereur vivant dans cette cité était Pu Yi. 

 

© Đặng Anh Tuấn


 On se pose des questions sur le maintien et la conservation de la cité par les Qing lors de leur prise au pouvoir car jusque-là, dans la tradition chinoise, les vainqueurs avaient l’habitude de détruire systématiquement tous les palais des dynasties précédentes. On peut prendre exemple sur le fondateur des Ming, Zhu Yuanzhang (Chu Nguyên Chương) connu sous le nom de règne Hongwu (Hồng Vũ). Celui-ci a donné l’ordre à ses troupes de détruire la ville de Khan (Khanbalik) à Pékin et a tranféré la capitale à sa ville natale Nankin (Nam Kinh). On ignore les raisons qui ont poussé les Qing à conserver la cité de leurs prédécesseurs. Malgré l’effort de ces derniers de rénover les palais de la cité, d’y ajouter d’autres édifices et de les marquer de leur sceau, la cité continue à garder éternellement l’empreinte de son fondateur Yong Le. Celui-ci, l’un des trois illustres empereurs de la Chine impériale (avec Wu Di des Han, Tai Zhong des Tang) chargea l’amiral eunuque Zheng He (Trinh Hòa) d’entreprendre dans l’océan indien de grandes voyages d’exploration dont les récits ont été rapportés plus tard par son compagnon de route, Ma Huan (Mã Hoàng ) dans son livre intitulé “Merveille des océans”. Profitant de l’ursurpation de pouvoir de Hồ Qúi Ly, il annexa le Viêt-Nam en 1400. Sans les 10 années de résistance du peuple vietnamien avec Lê Lợi, le Viet Nam serait probablement une province chinoise.


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Etant une véritable ville dans une ville et construite dans un quadrilatère de 960m sur 750m, la cité est divisée en deux parties: la cour extérieure (waichao) (ou Tiền triều en vietnamien) dévolue à la vie cérémonielle et la cour intérieure (neichao)(ou Hậu tẩm en vietnamien), réservée à la demeure de l’empereur et de sa famille. Trois pavillons ont été trouvés dans la partie extérieure: le palais de l’Harmonie Suprême (Taihe)(ou Thái Hòa en vietnamien), le palais de l’Harmonie Parfaite (Zhonghe) (Trung Hoa Ðiện) et le palais de l’Harmonie Préservée (Baohe) (ou Bảo Hòa en vietnamien) tandis que la partie intérieure abrite le palais de la Pureté Céleste (Qianqing)(ou Cung Càn Thanh en vietnamien), la salle de l’Union (Jiaotai)(Ðiên Giao Thái en vietnamien) et le palais de la Tranquillité Terrestre (Kunning) (Khôn Ninh en vietnamien ) entourés respectivement par les « six Palais de l’Est » et les « Six Palais de l’Ouest »(Tam Cung Lục Viện en vietnamien). Du fait que la cour extérieure est caractérisée par le principe Yang, ses palais sont surélevés par rapport à ceux de la cour intérieure de principe Yin (Âm) grâce à la construction et à l’élévation d’un même soubassement de marbre. Cela fait ressortir non seulement la splendeur de ses palais mais aussi le caractère imposant du principe Yang. De même dans la cour intérieure, le palais de la pureté céleste (Càn Thanh) où l’empereur vivait et travaillait, est surélevé par rapport aux autres palais du fait qu’il est caractérisé par le principe Yang. On voit ici un exemple concret du principe Yang dans le principe Yin. (Dương trong Âm). Entre le palais de la pureté céleste (Yang) et le palais de la tranquillité terreste (Yin), se trouve la salle Jiaotai. Etant le trait d’union du Yin et du Yang représentés respectivement par le palais Qianqing (Càn Thanh) (demeure de l’empereur) et le palais Kunning (demeure de l’impératrice), cette pièce témoigne de l’harmonie parfaite entre ces principes pour souligner implicitement la paix. Tous les bâtiments de la cité sont orientés vers le Sud pour bénéficier des bienfaits de l’énergie Yang.

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Ordonnée par la géomancie traditionnelle chinoise, la cité est limitée au nord par la colline artificielle Jingshan (colline du charbon) et par la Muraille de Chine dans le but de se protéger des effets néfastes du souffle Yin du Nord (vents froids, guerriers de la steppe, mauvais génies etc …). De même, on signale au sud, la présence des fossés remplis d’eau et la rivière aux eaux d’or, ce qui permet de faire circuler ainsi l’énergie enfouie dans le sol, le Qi dont la fuite est empêchée par la création de différents niveaux au sol. C’est cette forme d’aménagement qu’on trouve dans la construction d’un même soubassement de marbre à trois gradins pour les trois palais réservés aux cérémonies officielles. Le Qi est ainsi ramené par la construction d’un passage en pente descendante puis remontante entre les palais dans le but de rompre la monotonie de la platitude du sol et de le véhiculer trois fois de suite vers le sommet où se dresse le trône de l’empereur. Celui-ci doit être le trait d’union entre le Ciel et la Terre: face au sud, dos au nord, le côté gauche à l’est et le côté droit à l’ouest. Chaque point cardinal est sous la protection d’un animal: l’oiseau vermeil pour le Sud, la tortue noire pour le nord, le dragon bleu pour l’est et le tigre blanc pour l’ouest. Au plafond, dans l’axe vertical du trône, se trouve au dessus de la tête de l’empereur, la voûte céleste représentée par un caisson à l’intérieur duquel est niché un dragon sculpté.

 

Située sur l’axe sud-nord, la cité interdite obéit en fait à la loi des nombres et au choix des couleurs. La sélection des nombres impairs (Yang) est apparue dans l’agencement des figurines en terre cuite sur les arêtes des toitures, dans la décoration et l’ornementation des portes de la cité interdite par la présence visible des clous dorés et dans la disposition maximale de pièces que compte la cité.  Les figurines, toujours en nombre impair de 1 à 9, marquent non seulement l’importance de l’édifice impérial mais aussi la fonction qu’occupe le propriétaire dans la hiérarchie impériale. Le nombre des figurines est fixé par le recueil de lois et de décrets de la dynastie des Qing connu sous le nom “Da Qing Hui Dian”. Les figurines en terre cuite représentant chacune un symbole, sont établies dans un ordre très précis: dragon, phénix, lion, destrier céleste (thiên mã), hippocame (hải mã), yaju (áp ngư), douniu (đấu ngưu), suanni (toan nghê), Xiezhi (hải trãi), hangshi (khỉ) . Elles sont toujours précédées par l’immortel sur le dos du phénix. Par exemple, le dragon et le phénix, symboles de l’empereur et de l’impératrice, représentent la dignité suprême tandis que l’hippocame est le signe du courage et de la droiture. Il y a une exception à cette règle d’alignement. C’est le cas du palais de l’harmonie suprême Taihe (Ðiện Thái Hòa) où 10 figurines sont présentes sur les arêtes de sa toiture car c’est ici que l’empereur a organisé les festivités importantes (intronisation, mariage, anniversaire,nouvel an, solstice d’hiver etc ..). L’utilisation de ces figurines est destinée à protéger les édifices contre les esprits malfaisants et à montrer la puissance et la suprématie de l’empereur. Par contre, pour le palais de la Pureté Céleste (Qianqing) (ou Càn Thanh en vietnamien) le rôle est moins important que celui du palais de l’harmonie suprême. Bien que l’empereur y travaille, on ne dénombre que neuf figurines sur les arêtes de sa toiture. SUITE

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Dynastie des Han orientaux (Nhà Đông Hán)

titre_dynhan_9au musée Guimet (Paris)

Chronologie des Han orientaux

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 Đông Hán

25-57: Règne de Guangwudi

57-75: Règne de Mingdi

75-88: Règne de Zhandi

88-106: Règne de Heidi

106: Règne de Shangdi

106-125: Règne de Andi.

125: Règne de Shaodi.

125-144: Règne de Chongdi.

145-146: Règne de Zhidi.

146-168: Règne de Huandi.

168-189: Règne de Lingdi

184 Révolte des turbans jaunes

189: Destitution de Shaodi

189-220 Règne de Xiandi.

190: Montée et puissance du général Cao Cao (Tào Tháo)

220 Mort de Cao Cao et de Xiandi.

Fin de la dynastie des Han

 

Dans les territoires conquis par les Han, notamment dans le Sud de la Chine, la sinisation continua à battre son plein. C’est pourquoi les révoltes se succédèrent d’abord dans le royaume de Dian (86, 83 av. J.C., 14 apr. J.C., de 42 à 45 ). Elles furent réprimées avec sévérité. Ces soulèvements étaient dûs en grand partie aux exactions des fonctionnaires Han et aux comportements des colons chinois de prendre possession des sols fertiles et de refouler les populations locales dans les coins perdus de leur territoire. De plus, ces dernières devaient adopter la langue, les coutumes, les croyances religieuses des fils des Han. En l’an 40, une grave rébellion éclata dans la province Jiaozhou (ou Giao Châu en vietnamien) incluant à cette époque une partie du territoire de Kouang Si (Quảng Tây) et de Kouang Tong (Quảng Đông). Elle fut menée par les filles d’un préfet local, Trưng Trắc (Zheng Cè) l’aînée et Trưng Nhị (Zheng Èr) sa cadette. Comme le mari de l’aînée Shi Suo (Thi Sách) s’opposait à la politique d’assimilation chinoise menée brutalement par le proconsul chinois Tô Định (Su Ding), ce dernier n’hésita pas à l’exécuter pour faire un exemple contre les insurgés yue, notamment les Vietnamiens. Cette exécution exemplaire révolta les soeurs Trưng et déclencha immédiatement le mouvement d’insurrection dans les territoires yue.

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 Les deux soeurs Trung réussirent à y enlever 65 citadelles dans un laps de temps très court. Elles se proclamèrent reines sur les territoires conquis et s’établirent à Meiling (ou Mê Linh). En l’an 41, elles furent vaincues par le général Ma Yuan (Mã Viện, Phục Ba Tướng Quân) (Dompteur des flots) et préférèrent le suicide à la réddition en se jetant dans le fleuve Hát Giang. Elles devinrent ainsi le symbole de la résistance des Vietnamiens. Elles continuent à être vénérées aujourd’hui non seulement au Vietnam mais aussi dans certains endroits des territoires Yue de la Chine (Kouangsi et Kouang Tong). Ma Yuan commença à appliquer une politique de terreur et de sinisation à marche forcée en plaçant à tous les échelons de l’administration, des hommes de confiance chinois et en imposant le chinois comme langue officielle dans tout le territoire des Vietnamiens. C’est la première domination chinoise durant presque 1000 avant la guerre de libération entamée par le général Ngô Quyền. Entre-temps, Guangwudi réussit à apporter la prospérité et la stabilité dans son empire en ramenant l’impôt du dixième au trentième des récoltes et des bénéfices. Après sa mort, son fils, analogue à Wudi,eur Mingdi poursuivit la politique d’expansion en lançant une offensive contre les Xiongnu septentrionaux dans le but de libérer les états d’Asie centrale de la tutelle de ces derniers et de rétablir au profit de la Chine la sécurité de la route de la Soie. Le général Ban Chao (Ban Siêu), frère de l’historien Ban Gu de cette époque, fut chargé de cette expédition militaire. Il réussit à atteindre la mer Caspienne et à soumettre les Yuezhi grâce au concours des Kusana.

© Đặng Anh Tuấn