Chiffre 3

 

 

     
 

 

 
     
     
     
     
     
     
  est depuis longtemps un nombre magique pour la plupart des Vietnamiens. Il représente non seulement l'image de leur pays mais aussi le lien des sentiments qu'il a réussi à étoffer et à donner aux Vietnamiens à travers la culture, la poésie et l'histoire. C'est le premier chiffre (ba en vietnamien) que tout Vietnamien ( en particulier celui du Sud ) est censé de connaître quand il était encore un bambin car il désigne notamment le mot "papa". C'est aussi le chiffre qui lui permet de rappeler que son pays est constitué essentiellement de trois régions distinctes: Bắc Bộ (Tonkin ou la région du Nord), Trung Bộ ( Annam ou la région du Centre ) et Nam Bộ ( Cochinchine ou la région du Sud ). Durant la colonisation française, le Tonkin et l'Annam étaient des protectorats tandis que la Cochinchine était considérée comme une colonie. Le Vietnamien de chaque région possède une prononciation et une mentalité différente bien qu'il soit issu du même peuple. Le Vietnamien n'oublie pas non plus que son pays possède trois fleuves très connus ayant chacun son passé historique: le fleuve Rouge( Hồng Hà ) dans le Nord, la Rivière des Parfums( ou Sông Hương ) au Centre et le fleuve du Mékong ( Sông Cửu Long ) dans le Sud. Il a reçu dès son jeune âge une éducation rigoureuse où le confucianisme joue un rôle prépondérant: Tam Cương Ngũ Thường(1) ( Trois Règles primordiales (2) et Cinq Vertus cardinales (3) ) pour un garçon et Tam Tòng Tứ Ðức (4)( Trois Obéissances et Quatre Qualités (5) ) pour une fille. Dans le Viêt-Nam d'antan, le Vietnamien devait accorder
à son professeur non seulement toute son estime mais
aussi un rôle plus crucial que celui de son père dans
cette trilogie immuable suivante: Quân, Sư, Phụ
( Roi, Professeur, Père ). Il ne tardait à afficher
les trois reconnaissances suivantes qu'il devait
maintenir jusqu'à la fin de sa vie: