Ce mot n'est pas étranger aux Vietnamiens. Par contre, il est synonyme de la persévérance, de la résistance, de l'ingéniosité et de la confrontation pour ces gens frêles, les pieds enfouis dans la boue des rizières depuis la nuit des temps. Ceux-ci ne cessaient pas de relever, de génération en génération, le défi imposé incessamment par les intempéries d'une nature ingrate et inhospitalière et par l'Empire du Milieu, leur grand frère limitrophe et leur ennemi héréditaire. Les Vietnamiens vouaient à ce dernier une admiration étonnante en même temps une résistance implacable dans le but de garder leur indépendance nationale et leurs spécificités culturelles. La Chine tenta de siniser à maintes reprises le Viêt-Nam durant sa domination millénaire mais elle réussit à estomper les particularités sans les faire disparaître complètement. Elle ne tarda pas à s'en apercevoir car à chaque occasion favorable, les Vietnamiens affichaient leur résistance et leur différence. Ils cherchaient à affronter même les Chinois dans le domaine littéraire. Cela a été rapporté par un grand nombre de récits continuant à abonder encore jusqu'à nos jours dans l'histoire littéraire vietnamienne. |
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Le Viêt-Nam disparaîtrait pour toujours avec la chute de ce pilier
Pour ironiser sur la peur et l'angoisse des Vietnamiens de perdre leur patrie, l'empereur des Ming n'hésita pas à s'adresser arrogamment au délégué vietnamien Giang Văn Minh (1582-1639) lors d'une réception, avec des termes inamicaux:
pour rappeler à Giang Văn Minh l'écrasement de la révolte dirigée par les soeurs Trưng Trấc et Trưng Nhị et la pacification de son pays par les Chinois. Imperturbable, Giang Văn Minh lui répondit avec une perspicacité étonnante et une détermination énergique et courageuse :
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Ce n'était pas la première fois que cette compétition littéraire avait lieu. A l'époque du règne du roi Lê Ðại Hành ( Le Grand Expéditeur ), le bonze Lạc Thuận eut l'occasion de frapper d'admiration l'ambassadeur chinois Li Jiao ( Lý Giác ) à qui il avait fait passer le fleuve en se déguisant en sampanier. Il n'hésita pas à achever le quatrain entamé d'abord par Li Jiao qui se mit à chanter en voyant les deux oies sauvages jouer sur la crête des vagues:
Leurs plumes blanches s'étalent sur les eaux glauques
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Vous êtes en retard, la porte réservée étant fermée.
Un beau jour, dans la capitale de Pékin, il était en train de faire une promenade avec son mulet. Comme ce dernier ne trottinait pas assez vite, cela énerva un mandarin chinois qui le suivait de près sur son chemin. Irrité par cette lenteur gênante, le mandarin se tourna vers lui en lui adressant avec un ton arrogant et méprisant: Xúc ngã ky mã, đông di chi nhân dã, Tây di chi nhân dã?
Ce mandarin s'inspira de ce qu'il avait appris dans le livre de Mencius (Mạnh Tử )(1) pour désigner les Barbares, ceux ne possédant pas la même culture que l'empire du Milieu par l'emploi des deux mots "Ðông di". Surpris par ce propos blessant lorsqu'il savait que la Chine fut gouvernée à cette époque par les tribus nomades, les Mongols, Mạc Ðỉnh Chi lui répliqua avec son humour noir: Át dư thừa lư, Nam Phương chi cường dư, Bắc phương chi cường dư
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