Malgré une grande variété d'espèces florales trouvées sur cette terre des légendes, les Vietnamiens ne cachent pas leur préférence à certaines plantes. Ils n'hésitent pas à classer quelques-unes dans la catégorie des plantes nobles. Parmi celles-ci, on peut citer :
Mai(Prunier)
Lan (Amaryllis)
Cúc (Chrysanthème)
Sen (Lotus)
Mẫu đơn (Pivoine)
Hoa hồng (Rose)
Ces plantes ou leurs fleurs ont chacune une signification particulière et éthique dans la tradition vietnamienne. Le prunier (mai) est le symbole de l'homme supérieur. Il arrive à résister au froid et aux intempéries de la nature et continue à fleurir au mois de février, ce qui le permet de symboliser le printemps dans la représentation des quatre saisons (Tứ Thì). A l'occasion du Tết, pour un Vietnamien, il ne manque jamais sur l'autel des ancêtres quelques branches de pruniers (ou de pêchers) en fleurs qui sont choisies de manière que les fleurs éclosent durant la fête. La fleur de prunier est très adorée par les lettrés et les intellectuels vietnamiens. Un homme de caractère et indépendant comme Cao Bá Quát qui ne savait pas se plier aux servitudes mandarinales dut reconnaître que, durant toute sa vie, il ne courbait que sa tête devant la fleur de prunier.
Nhất sinh đê thủ bái hoa mai
Suốt đời chỉ cúi đầu trước hoa mai
Toute ma vie, je ne courbe que ma tête devant la fleur de prunier
Un autre lettré Ðào Tấn, le père des pièces de théâtre de la région Bình Ðịnh dans le Centre du Viêt-Nam, nourrissait aussi l'espoir de mourir un jour auprès des pruniers. C'était pourquoi, de son vivant, il a choisi son pseudonyme " Mộng Mai (Rêver aux fleurs de prunier) et a eu l'occasion de révéler son état d'âme à travers les deux vers trouvés dans l'un de ses poèmes :
Núi mai rồi giữ xương Mai nhé
Uớc mộng hồn ta là đóa Mai
C'est la montagne des pruniers où sera enterré mon squelette de prunier
Je continue à rêver que mon âme serait la fleur de prunier.
Ce n'était pas une utopie pour lui car lors de sa mort (juillet 1907) on l'a enterré à la montagne Huỳnh Mai qui est éloignée du jardin des pruniers de quelques kilomètres. Contrairement aux Chinois, ce sont les fleurs de prunier et de lotus qui sont plus appréciées que la pivoine. C'est pour cela qu'on les appelle Hoa Khôi (Fleurs de premier rang).
On a une préférence pour le prunier car le lotus est réservé plutôt au bouddhisme bien qu'il soit aussi le symbole de l'homme de qualité confucéen (junzi). C'était la plante choisie par le lettré Mạc Ðỉnh Chi pour révéler son talent inouï et son génie lorsque le roi Trần Anh Tôn hésita à le nommer "Premier docteur" en le trouvant trop laid au moment de la remise du diplôme. Pour convaincre le roi, il se compara au lotus dans un puits en jade en composant devant le roi le poème intitulé "Ngọc tỉnh liên phú (Le lotus dans un puits en jade) |