Histoire

Le mot Việt-Nam ne fut connu qu’au XIXè lorsque l’empereur Gia Long décida de rebaptiser le pays Nam Việt. Marco Polo l’a évoqué dans son récit de voyage intitulé Le livre des merveilles sous le nom Caugigui( Giao Chỉ Quán ). Son histoire peut se résumer en quelques mots: combats pour l’indépendance, la conquête de nouvelles terres et l’unification du pays.

Histoire

Les Vietnamiens apparaissent pour la première fois à l’âge du Bronze (civilisation Ðồng Sơn). Les tribus viets qui vivaient disséminés dans le sud de la Chine et au nord du Viêt-Nam étaient sans doute un peuple de chasseurs nomades qui, à cause de la chasse, aimaient à se déplacer constamment au delà de la frontière. Le caractère nam (ou nan en mandarin) qui signifie servait à désigner ces Viets du Sud et à différencier les Viets du Nord qui restaient en Chine. Quant au mot Viêt (ou Yue en mandarin), il était employé par la dynastie des Zhou (1050-249 avant J.C) pour désigner les territoires situés au sud de la Chine. Ces Viêts du Sud avaient, dès la fin du IIème millénaire, formé des royaumes.

Les premiers royaumes des dynasties légendaires se situaient au Nord dans le Tonkin. Ils avaient pour nom, royaume Văn Lang, puis royaume Âu Lạc .Au Xème siècle, s’amorça, à partir du delta du Fleuve Rouge, le berceau de la nation vietnamienne, le mouvement Nam Tiến qui progressait vers le Sud. Cette nation poussait sans relâche de nouvelles cellules dans chaque parcelle de terre propice à son mode de culture.

Elle s’appuyait sur une multitude de petits foyers politiquement indépendants constitués par des soldats paysans renforcés quelquefois par des troupes du pouvoir central et se comportait comme un gigantesque madrépore formant peu à peu son atoll, finissant par encercler et à assimiler le pays nouveau et agrandissant ainsi le Viêt-Nam. Cela constituait un avantage indéniable pour une politique d’expansion mais cela supposait qu’il y eût une autorité centrale toujours forte.

Le sage Confucius avait déjà parlé de ces Viêts dans son livre des Rites (ou Kinh Lễ). Grâce aux facultés préhensiles de leurs gros orteils bien détachés de leurs autres doigts, ces Viêts pouvaient traverser les rizières et escalader les montagnes sans jamais se lasser.

L’histoire du Viêt-Nam ce n’est pas celle de dynasties ou de grands mouvements d’idées. Mais c’est l’histoire d’un peuple de paysans obstinés qui, de la frontière de Chine à la pointe de Cà-Mau, peine durement dans ses rizières et impose sa marque au paysage.

Au moindre relâchement de cette dernière, le pays s’émiettait facilement.C’était l’une des raisons principales qui expliquait que l’histoire du Viêt-Nam était une suite de troubles et de guerres éternelles. Elle avait l’avantage d’avoir une triple structure nationale cohérente: l’état bureaucratique construit sur le modèle confucéen autour de la fonction impériale , détentrice du mandat céleste, la famille et le village, conservatoires d’une civilisation paysanne vécue par chacun des Vietnamiens comme un attachement total aux forces du sol et aux ancêtres. Cette politique de grignotage de vers à soie a permis la lente absorption de l’espace occupé par les autres peuples indochinois khmer et Chams. Les vestiges de ces derniers trouvés actuellement dans le centre du Viêt-Nam (Phan Thiết, Ðà-Nẳng etc.. ) et dans le delta du Mékong illustrent bien cette conquête.

L’attachement à l’indépendance a été maintes fois prouvé dans le passé et dans la guerre du Viêt-Nam. Il lui fallut de longs siècles de combats, de guerres, de douleurs et de secousses avant d’acquérir enfin aujourd’hui la taille d’un dragon. On trouve dans l’histoire du Viêt-Nam une succession de petites histoires que les dessinateurs conteurs Vink et Sơn arrivent à raconter à travers leurs bandes dessinées en sachant donner à chacune la résonance de la grandeur d’un peuple qui vit de dignité et qui trouve sa noblesse dans sa pauvreté et ses souffrances. On trouve dans cette histoire deux mille ans de lutte constante contre la terre, l’eau et la nature, ce qui traduit non seulement un attachement profond à cette terre mais aussi un accord intime et profond de ces paysans avec cette nature. Paul Mus n’a pas hésité de le souligner dans son ouvrage intitulé “Viêt-Nam, sociologie d’une guerre, Paris, le Seuil 1952”. Cet accord s’est révélé si intime que, partout où ces circonstances se sont réalisées aucun peuple n’a résisté à la poussée des Vietnamiens, pas plus qu’aucune force étrangère n’est ensuite venue à bout de leur accrochage sur le terrain.

Malgré l’occupation pendant un millénaire par les Chinois, les Vietnamiens, imprégnés de leur culture, ont conservé leur langue bien que transcrite en chinois et romanisée plus tard après l’arrivée du jésuite Alexandre de Rhodes. Si les Vietnamiens n’ont refusé aucun apport de l’étranger, c’est qu’ils ont réussi à le vietnamiser, à garder tout ce qui est cher à tout peuple du monde, les traditions. Ce sont celles qui sont transmises de génération en génération par des hommes frêles, les pieds enfouis dans la boue des rizières.

Comment ne pas s’attacher à ce Viêt-Nam, ce pays perdu où le sacrifice n’est pas un vain mot. Ce sacrifice, on l’a trouvé maintes fois dans les Annales de l’histoire du Viêt-Nam. Mieux vaut être un fantôme au Sud que devenir un prince du Nord avait déclaré le général Trần Bình Trọng avant d’être exécuté par les Mongols en 1257. La vie est un jeu de hasard. La chance est contre nous. Mieux vaut mourir maintenant pour ce pays et laisser l’exemple du sacrifice, avait dit le leader nationaliste Nguyễn Thái Học avant d’être guillotiné le 17 juin 1930 à Yên Bái.

Comment effacer dans la mémoire collective le visage innocent du jeune empereur captif Hàm Nghi, exilé à 18 ans en Algérie, les larmes aux yeux ?. Comment oublier la mort tragique de l’empereur exilé Duy Tân(un accident d’avion à OuBangui-Chari en Afrique) dont le retour annoncé aurait pu changer probablement en 1945 les évènements regrettables de l’histoire du Viêt-Nam durant les dernières décennies ?

Comment ne pas regretter cette terre natale qui n’était pas pourtant tendre? C’est l’impression donnée par l’écrivain Huỳnh Quang Nhường dans son best-seller Mon pays perdu (The land I lost) édité par Castor Poche Flammarion.

 

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