Littérature (Văn chuơng)

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litterature

Le Viêt-Nam possède une importante littérature ancienne et moderne. A cause de l’influence chinoise, la littérature ancienne était rédigée en caractères chinois. C’était seulement vers le XIIème siècle que le nôm commença à remplacer le chinois. Bien que le nôm reste l’expression du vietnamien populaire, il suppose une parfaite maîtrise du chinois classique et de la prononciation vietnamienne des caractères chinois.
La littérature vietnamienne tenta de se développer et de s’affranchir des modèles chinois à partir du XVème non seulement sur le plan stylistique mais aussi sur le plan thématique. Nguyễn Trãi est l’un des poètes les plus connus par les Vietnamiens. On lui doit un Recueil de 254 poèmes en langue nationale ( Quốc Âm Thi Tập). On trouve sa traduction en langue française dans l’Édition du CNRS, 1987, Paris sous la direction du P. Schneider. Ce qui rend célèbre Nguyễn Trãi c’est son oeuvre Bình Ngô Ðại Cáo (ou la Grande Proclamation de la Pacification des Ngô). C’est l’un des plus beaux monuments de la littérature vietnamienne. 

Mais les poèmes les plus célèbres restent Chinh phụ ngâm de la poétesse Ðoàn Thị Ðiểm et Kim Vân Kiều de Nguyễn Du (1765-1820). Ce dernier composa dans sa retraite un roman de 3254 vers qui symbolise pour la plupart des Vietnamiens le coeur et l’esprit de la nation. Chacun des Vietnamiens en connaît par coeur un ou plusieurs passages. Il est important de noter que ce chef d’oeuvre de la littérature vietnamienne est aussi l’un des chefs-d’oeuvre de la littérature universelle.

C’est une déchirante histoire d’amour tirée d’un roman chinois, servant à véhiculer un foisonnement de pensées sur le sens de la vie, de la guerre et de l’amour et surtout sur la pureté de l’âme inaccessible aux souillures du corps. Les trois personnages clés dans ce roman sont Kim, Vân et Kiều. Celle-ci, séparée de Kim par de cruelles circonstances, après tant d’années de souffrances et d’humiliations, est sauvée du suicide par des pêcheurs qui la tirent du fleuve où elle avait voulu se noyer. Voici un extrait de ce roman qui décrit les retrouvailles de Kim et Kiều dans le temple où elle avait passé des jours paisibles.

Dans la joie de leur réunion, ils pensaient émus aux amours de jadis.
Depuis que leur jeunesse s’était épanouie, comme le tendre nénuphar et comme le délicat pêcher,
Quinze ans s’étaient écoulés et maintenant seulement leurs voeux étaient réalisés.

Le détachement des modèles chinois a été accéléré par le développement du quốc ngữ (transcription de la langue vietnamienne en caractères latins) favorisée par la colonisation. En 1932 est fondé le groupe littéraire Tự Lực Văn Ðoàn animé par Nguyễn Tường Tam dit Nhất-Linh. Ce mouvement se consacre à la création d’une littérature nationale à partir du fonds traditionnel et des apports les mieux assimilables. Il s’appuie sur une revue appelée Ngày Nay dont l’équipe de rédaction est constituée des écrivains connus tels que Khái Hưng, Thạch Lam, Thê Lữ etc …

La littérature vietnamienne en français commence avec Phạm Quỳnh par des textes de réflexion sur la culture vietnamienne et sur le difficile dialogue des cultures entre l’Occident et l’Orient. Phạm Duy Khiêm publie des légendes et un roman autobiographique. Phạm văn Ky évoque d’une manière approfondie le dialogue de l’Occident et de l’Orient dans ses oeuvres romanesques (frères de sang 1947, Celui qui règnera 1954 etc …). Alors que l’évolution historique et surtout la guerre semblaient tarir cette littérature, l’arrivée en France de nombreux réfugiés a suscité une littérature de témoignage (Kim Lefèvre) mais aussi de la recherche d’identité.