Mère

bamevn

Mẹ

Mẹ già như chuối ba hương

Như xôi nếp một như đường mía lau

Ce mot est très familier pour les Vietnamiens. Il est employé pour désigner maman ou mère. Mais ce mot a une signification plus particulière chez les Vietnamiens. Il est tellement magique qu’il ravive en chacun de nous tant de souvenirs, de regrets et d’affections lorsque ce mot est évoqué.

En le combinant avec d’autres mots tels que “Quê”, “Ðất”, cela désigne notre patrie. ( “Ðất Mẹ“, Quê Mẹ”). Il symbolise le trait d’union de tous les Vietnamiens de tout bord.

Il nous permet de rappeler l’époque légendaire où la mère Âu Cơ se fut séparé de son mari et de ses 50 enfants en emmenant ses 50 autres enfants pour donner naissance à une mosaïque d’ethnies colorées, un microcosme ethnique le plus complexe du monde. Il éternise la relation intime et affectueuse entre la mère et l’enfant que les artistes vietnamiens n’hésitent pas à prendre souvent comme thème dans la réalisation de leurs oeuvres. Ce mot fait revivre en chacun de nous l’amour et le sacrifice que la mère a donnés depuis tant d’années à son enfant. L’image d’un visage maternel, veillant sur son enfant, la main agitant inlassablement un éventail la nuit lorsque celui-ci était malade, a été ancrée pour toujours dans notre mémoire collective. Un regard heureux, des expressions de vie intense, une simplicité dans la pauvreté, des traits burinés par la sagesse et par les soucis quotidiens sur le visage, on les trouve toujours chez une mère vietnamienne.

Celle-ci dorlotait souvent son bambin avec les berceuses lorsque celui-ci était encore en bas âge. Elle remplaçait souvent son mari qui devait remplir son service militaire pour élever et éduquer son bambin. Ce sacrifice, cette image, on l’a toujours à travers l’histoire ” Hòn Vọng Phu”. C’est l’histoire d’une femme pétrifiée au sommet de la colline, son enfant dans ses bras, guettant le retour de son mari parti sur les frontières.

C’est l’image d’une femme résignée dans le carcan confucéen, d’une mère courageuse, patiente et diligente. Elle consacre toute sa vie pour sa famille, en particulier pour ses enfants. Ceux-ci, quel que soit leur âge, continuent à bénéficier de son attention et de sa tendresse même s’ils deviennent adultes. Cette image est très vivace chez un Vietnamien. Celui-ci peut se passer de tout sauf de “Me”. Ce mot “Me.”, combiné avec d’autres mots vietnamiens devient une injure insupportable. Me c’est l’exemple du sacrifice, du courage, de la ténacité, de la tendresse et de la résignation. Le compositeur vietnamien Y Vân l’a décrit dans sa chanson Lòng Mẹ. Ce sacrifice, l’écrivain Khái Hưng du groupe Tự Lực Văn Ðoàn a réussi à l’illustrer parfaitement dans son roman Tu dois vivre (ou Anh phải sống). C’est l’histoire d’une mère préférant être noyée par les flots tumultueux et suppliant son époux de survivre pour élever son enfant.

© Đặng Anh Tuấn

En un mot, Me ce n’est pas seulement maman

mais c’est aussi l’attachement indéfectible, profond et intime de tout Vietnamien

à sa mère, à sa famille, à ses ancêtres, à son terroir et en particulier à sa terre natale.

Lòng mẹ ( Y Vân) avec la chanteuse Như Quỳnh