Les gongs des Hauts Plateaux: 2ème partie

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Deuxième partie

Ce général tenta de briser toutes les velléités de résistance vietnamienne en faisant fondre tous les tambours de bronze, symbole de leur puissance au combat. Probablement, dans cette destruction, il y avait aussi les gongs dongsoniens car ils étaient en bronze. Selon Nguyễn Việt, directeur du centre de la Préhistoire d’Asie du Sud Est de Hànội, le couvercle de la situle dongsonienne dont le centre est légèrement renflé et orné d’une étoile, ressemble étrangement au gong à bosse des Hauts Plateaux. Il possède aussi des anses avec lesquelles on peut passer des cordes pour le pendre au mur d’une pièce comme un gong. Il est peut-être le prédécesseur des gongs des Hauts Plateaux.

On n’écarte pas non plus l’hypothèse selon laquelle les Dongsoniens tentaient de les cacher à tout prix et de les écouler dans les régions montagneuses grâce à l’échange culturel et économique avec les peuplades des Hauts Plateaux. En s’appuyant sur les recherches linguistiques en particulier celles du chercheur français Michel Ferguson, un spécialiste des langues austro-asiatiques, on est amené à penser que les Viet-Mường étaient présents à l’est de la Cordillère annamitique et sur les rives de la Mer de l’Est (Biển Đông) avant les débuts de notre ère. Pour ce chercheur, le groupe Viet-Mường vivait ensemble non seulement avec les Tày mais aussi avec les peuplades des Hauts Plateaux (les Khamou, les Bahnar etc …). car il y a l’importance du vocabulaire Tày dans la langue vietnamienne et les similitudes de la structure féodale de Giao Chỉ avec celles des Thaïs actuels (descendants des proto-Tày). De plus, il y a dans le vocabulaire des Khamou une strate d’emprunt à une ou plusieurs langues viet-mường. Selon la suggestion de ce chercheur, le royaume de Tang Ming pourrait être l’ancien habitat du groupe Việt-Mường. Cela conforte l’hypothèse selon laquelle les Dongsoniens pourraient être les pourvoyeurs des gongs aux peuplades des Hauts Plateaux par le biais des trocs car ces dernières ne fabriquaient pas elles-même ces gongs malgré leur caractère sacré. Probablement cela est dû au fait qu’étant des agriculteurs sur brûlis, elles n’avaient pas une industrie métallurgique leur permettant de mouler ces gongs. Jusqu’à aujourd’hui, elles les procurent auprès des Kinh (ou Vietnamiens), des Cambodgiens, des Laotiens, des Thaïlandais etc .. avant de les donner à leur musicien à l’ouïe fine. En les martelant avec des coups de maillets de bois dur, ce dernier réussit à donner à ces gongs de provenance diverse un ensemble d’harmoniques remarquable en accord avec les thèmes villageois et tribaux. Le rajustement du son d’un gong est plus important que son achat car il faut rendre le gong en harmonie avec l’ensemble des gongs de l’orchestre et il faut savoir lui donner une âme, une sonorité particulière. Selon le musicologue vietnamien Bùi Trọng Hiền, le fait de ramasser et d’accorder les gongs d’origine diverse et de les rendre harmonieux et conformes à leur esthétique dans un jeu constitue un art grandiose. Le gong doit être sacré avant son utilisation par une cérémonie rituelle pour permettre à son corps de posséder désormais une âme.

Certaines ethnies bénissent du sang des gongs au même titre que les jarres, les tambours etc.. C’est le cas des Mnong Gar signalé par exemple par l’ethnologue Georges Condominas. Le caractère « sacré » des gongs ne peut pas laisser indifférents les Vietnamiens. Pour donner à ces gongs une portée significative, les Vietnamiens ont l’habitude de dire:

Lệnh ông không bằng cồng bà ( Le tambour d’ordonnance de Monsieur ne résonne pas aussi fort que le gong de Madame). Cela explique aussi que l’autorité de Monsieur est moins importante que celle de Madame.

La culture des gongs est localisée dans les 5 provinces du centre (Đắc Lắc, Pleiku, Kontum, Lâm Đồng et Đắk Nông). Une vingtaine d’ethnies (Bahnars, Sedang (Xơ Đăng), Mnongs, Cơ Ho, Rơ Mam, Êđê, Jarai (Giarai), Radhés etc ..) sont recensées dans l’utilisation de ces gongs. Selon l’illustre musicologue vietnamien Trần Văn Khê, dans les autres pays de l’Asie du Sud Est, le joueur de gong reste toujours assis et peut jouer plusieurs instruments associés en même temps. Ce n’est pas le cas des joueurs des gongs des Hauts Plateaux du Vietnam. Chaque joueur peut jouer un seul gong. Il y a autant de gongs que de joueurs dans un jeu. Lire la suite (Tiếp theo)

 

Les Lôlô ( Dân tộc Lôlô)

Vietnamese version

English version

Etant connus en Chine sous le nom de Yi et appelés aussi Mùn Di, Màn Di, La La, Qua La, Ô Man, Lu Lộc Mà par les Vietnamiens, les Lô Lô font partie du groupe linguistique tibéto-birman. Ils vivent nombreux dans les régions montagneuses de la Chine (Sichuan, Yunnan, Guizhou et Kouang Si) sauf une petite minorité originaire de Yunnan qui s’installa dans le Haut Tonkin du Vietnam (Hà GiangĐổng Vạc, Cao Bằng et Lào Cai)  lors des deux flux migratoires ayant eu lieu au 15ème et au 18ème siècle. La population de ce groupe ethnique s’élève actuellement à peu près de 4300 individus au Vietnam. Selon les ethnologues, les Lô Lô sont les descendants du peuple nomade et éleveur de moutons Qiang ( Khương tộc ) ayant émigré du sud est du Tibet pour s’établir au Sichuan (Tứ Xuyên)  et au Yunnan (Vân Nam). 

L’une des 54 minorités ethniques au Vietnam


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À l’époque des Printemps et Automne (Xuân Thu), ce peuple était toujours en guerre avec les habitants du fleuve Jaune (Hoàng Hạ), les ancêtres des Chinois. Leur expansion fut stoppée par le duc de Mu (Tần Mục Công) qui régna sur l’état du Qin entre -660 et -621 et qui fut l’un des cinq hegémons (Bá chủ) célèbres de cette période grâce au concours apporté par son chancelier talentueux Baixi Li (Bá Lý Hệ).

Dans le groupe ethnique Lô Lô, il y a deux groupuscules: les Lô Lô bariolés (Lô Lô Hoa) et les Lô Lô noirs (Lô Lô đen). On arrive à les discerner car chaque groupe porte des vêtements légèrement  différents. Si le costume  féminin des  Lô Lô bariolés est marqué par une veste  au col rond, fendue sur la poitrine et décorée de plusieurs morceaux de tissus  triangulaires ou carrés ayant des couleurs époustouflantes (rouges, vertes, pourpres) visibles sur le corps et sur le dos, un bonnet finement orné et un pantalon de couleur indigo  tandis que celui des femmes Lô Lô par une  veste courte et noire au col carré et aux manches colorées (bandes jaunes, roses ou vertes), un fichu et  une jupe. Quant aux hommes,  la tenue est très sobre. Tous vivent de la riziculture inondée et de la culture sédentaire sur brûlis avec le maïs, le riz gluant et le riz ordinaire  dans les districts Đồng Văn, Mèo Vạc,  Bảo Lạc (Cao Bằng) et Mường Khương (Lào Cai).  Ils utilisent dans certains endroits  les champs en terrasses. Leur nourriture principale reste la farine de maïs moulue cuite au bain-marie. Le bouillon ne peut pas être manquant dans leur repas, ce qui nécessite toujours l’usage des bols et des cuillères en bois.                  

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D’une manière générale, les maisons des Lô Lô sont situées dans des endroits  à la fois hauts et secs et surplombant les vallées. Ils préfèrent de vivre à proximité des forêts denses car pour eux les forêts et les ruisseaux sont considérés comme les lieux d’habitation du génie du sol. Ce sont des gens qui aiment vivre en harmonie avec la nature. Ils se servent des hottes à deux bretelles en rotin ou en bambou (giang) pour transporter leurs affaires.  Ils préfèrent de se marier avec les gens de leur ethnie. Ils pratiquent aussi l’exogamie au cas où le mariage a lieu entre les gens des lignages différents. Les Lô Lô sont monogames. La jeune mariée vit dans la famille de son mari. L’adultère est condamnée dans leurs traditions. Par contre, le lévirat est toléré car le jeune frère du décédé peut prendre pour épouse sa belle-sœur. De même, le fils de la tante paternelle est permis d’épouser la fille de l’oncle maternel (cô cậu) mais il est strictement interdit de faire le contraire.

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Dans la famille, tout est décidé par le mari. Les filles héritent des bijoux de leur mère et reçoivent au moment de leur mariage une dot. Quant à l’héritage proprement dit, il revient aux enfants mâles de la famille. Quand une personne est décédée, la famille organise une cérémonie rituelle pour aider son âme de retrouver le chemin qui la conduit vers ses ancêtres. Connue sous le nom de « danse des esprits« , cette manifestation rythmée est dirigée par son beau-fils portant sur son épaule un sac contenant une balle en tissu représentant la tête du défunt. Parfois on trouve à la place de la balle  une courge ou un bout de bois sur lequel est dessinée la figure du défunt. Cela montre que les traces de la coutume de la chasse aux têtes restent encore vivaces chez les Lô Lô. Lors des funérailles, ce beau-fils doit porter l’une des extrémités du cercueil. Il lui revient ainsi qu’aux frères de la veuve de jeter les premières poignées de terre dans la tombe du défunt.

Les Lô Lô font une distinction très nette entre les ancêtres proches (moins de 5 générations) et les ancêtres éloignés. (au delà de sixième génération). Pour les ancêtres proches, il y a toujours un autel propre dans chaque famille tandis que pour les ancêtres éloignés, les rites ont lieu dans la maison du chef de la lignée (trưởng tộc).  Analogues aux Vietnamiens, les Lô Lô ont les tambours de bronze dont ils se servent seulement lors des funérailles. Ces tambours sont toujours en couple: un mâle et une femelle. Ceux-ci sont placés sur des supports à côté des pieds du défunt de manière que leurs tympans soient opposés l’un à l’autre. Puis un joueur se tient entre eux et les bat alternativement avec une seule baguette. Un battement pour le tambour-mâle, un autre pour le tambour-femelle, le tout est dans une cadence régulière.

Le joueur doit être un célibataire ou un homme marié dont la femme n’est pas enceinte au moment des funérailles. Etant considéré comme un instrument sacré, le tambour est enterré ou caché dans un endroit à la fois propre et discret. Il n’y a que le chef de la lignée familiale qui connait cet emplacement. Pour les Lô Lô, il y a une légende relative au tambour de bronze:

Il y avait une fois une inondation ayant englouti le pays et ses habitants. Ayant eu pitié pour une fille et son petit frère qui étaient sur le point de mourir, le Ciel se porta à leurs secours en mettant respectivement la fille dans le grand tambour de bronze et le jeune frère dans le petit tambour.  Ces instruments ne furent pas noyés par cette inondation, ce qui permit de les sauver. Après le déluge, ils se réfugièrent dans les montagnes et se marièrent. Ils  étaient devenus ainsi les ancêtres des humains ressuscités.

Analogues aux Vietnamiens et aux Chinois, les Lô Lô fêtent leur nouvel an auquel s’ajoutent d’autres fêtes et d’autres  rites (rite du riz nouveau par exemple). On n’oublie pas de citer aussi la danse au clair de lune, une danse pouvant durer toute la nuit et  réunissant soit une majorité de filles et de garçons du village, soit un groupe de jeunes filles ou de femmes mariées. La danse commence par la formation d’un cercle par les danseurs (ou danseuses). Ceux-ci mettent  les mains  sur les épaules des autres et ils sont accompagnés par des chants et des mouvements simulant les activités quotidiennes comme le pilage et le vannage du riz, la cueillette des fruits ou la broderie etc.  Etant la distraction préférée des jeunes, la danse au clair de lune a lieu sur un terrain proche ou au milieu du village et elle peut durer parfois jusqu’à la pointe du jour.

butvietBien que les Lô Lô ne soient pas nombreux au Vietnam, ils se distinguent facilement des autres ethnies par le flamboiement de leurs vêtements et l’attachement profond à la nature. 

minorité Lo Lo (en format pdf)


Références bibliographiques:

  • Ethnic minorities in Vietnam. Đặng Nghiêm Vạn, Chu Thái Sơn, Lưu Hùng . Thế Giới Publishers Hànội 2010
  • Mosaïque culturelle des ethnies du Vietnam. Nguyễn Văn Huy. Maison d’édition de l’éducation. 1997
  • Notes sur quelques danses de minorités ethniques du Nord Vietnam. Phạm Thị Điền. Etudes vietnamiennes. Tome 39 n°3

 

Maisons des minorités ethniques

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Maisons des minorités ethniques du Vietnam.

Houses of ethnic minorities in Vietnam.

Version française

Version anglaise

Ở Tây Nguyên, sự giàu có của các dân tộc thiểu số thường thể hiện qua số  vò rượu mà họ có và được phô bài trong nội thất. Các vò  nầy  khác biệt với nhau nhờ hình dáng, kích thước và màu sắc. Có nhiều vò làm nổi bật các hoa văn được  chạm nổi  một cách tinh vi  và  thông thường được trông thấy  nhờ các bông hoa và các con rồng. 

La richesse des minorités ethniques vivant sur les Hauts Plateaux (Tây Nguyên) du Vietnam se mesure au nombre de jarres de bière de riz trouvées à l’intérieur de leurs maisons. Ces jarres se distinguent par leurs formes, leurs tailles et leurs couleurs. Certaines sont gravées avec des bas -reliefs illustrés souvent par des fleurs ou des dragons.

The wealth of ethnic minorities living in the Tay Nguyen Highlands of Vietnam is measured by the number of rice beer jars found inside their homes. These jars are distinguished by their shapes, sizes, and colors. Some are engraved with bas-reliefs, often depicting flowers or dragons.

Galerie des photos

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Hội An sommaire (2ème partie)

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English version

Version vietnamienne

Deuxième partie

Contrairement aux Japonais, les Chinois ont connu Hội An depuis longtemps, à l’époque où cette ville appartenait encore au Champa. Ils étaient venus en bateaux pour y chercher du sel, d’or et de cannelle mais ils avaient besoin de se ravitailler aussi en bois de chauffage et en eau potable car Hội An se trouvait  sur leur route maritime. Celle-ci était la route de la soie à travers l’océan. Les vaisseaux marchands arabes et chinois avaient l’habitude de fréquenter, vers le 8ème siècle après J.C., les côtes de la Chine et de l’Asie du Sud-Est. Avant de s’établir à Hội An, les commerçants chinois ont pénétré en nombre limité dans les bras du fleuve Thu Bồn pour construire leurs premiers quartiers soit au port Trà Nhiêu soit à l’embouchure Thanh Hà. Puis survint la menace fréquente de la piraterie japonaise sur les côtes chinoises allant de Shangai jusqu’à l’île de Hainan. En prenant prétexte de cette menace, les empereurs des Ming commencèrent à interdire toutes les communications maritimes excepté l’Asie du Sud Est à partir 1433. Cette politique fut connue en vietnamien sous le nom « Thốn Bản Bất Hạ Bản (Pratiquer la politique de la porte fermée). Malgré cela, les Chinois avaient besoin d’un certain nombre de marchandises de première nécessité. Cela les amenait à se procurer ces produits en Asie du Sud Est, en particulier à Hội An. Il fallait attendre deux événements importants dans la deuxième moitié du XVIIème siècle pour que la communauté chinoise devînt importante à Hội An. D’abord l’avènement des Qing (Mandchous) en Chine provoqua l’exode et l’installation des réfugiés chinois au Vietnam (y comprise la ville Hôi An). En 1679, de nombreuses embarcations des partisans de la dynastie déchue accostèrent Đã Nẵng et Hội An.

Face à l’ampleur de l’exode, le gouverneur Nguyển Phúc Tần, très expéditif en affaires, n’hésita pas à proposer aux partisans des Ming dirigés par les deux généraux Dương Ngạn Địch et Hoàng Tiến de s’installer dans la basse Cochinchine (Mỹ Tho, Thủy Chân Lạp) et de défricher des terres incultes, ce qui lui donna l’occasion d’agrandir son territoire et d’éviter un affrontement éventuel avec une armée décimée comprenant 50 embarcations et 3000 soldats. Puis il permit aux nouveaux réfugiés chinois de fonder Minh Hương (village des Ming) dans le but de remonter leur moral et de leur rappeler qu’ils étaient toujours les partisans émigrés des Ming.

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Quartier français ( Rue Nguyễn Thái Học)

Version vietnamienne

Phần thứ nhì

Ngược lại với người Nhật, người Hoa biết Hội An từ lâu từ thời mà vùng nầy còn thuộc về vương quốc Chămpa. Họ đến đây để mua muối, vàng và quế và để dự trữ củi và nước vì Hội An nằm trên con đường biển của họ mà họ thường gọi là con đường tơ lụa trên biển Đông. Người Hoa và người Á Rập hay thường dùng con đường nầy để dọc theo các bờ biển của Trung Hoa và Đông Nam Á vào thế kỷ thứ 8 sau Công Nguyên. Trước khi ở Hội An, thường thấy một số ít thương gia Hoa định cư ở nhánh sông Thu Bổn hay ở bến cảng Trà Nhiêu hay là cửa sông Thanh Hà. Trước sự đe dọa thường xuyên của các cướp biển người Nhật dọc theo bờ biển Trung Hoa đến đảo Hải Nam, các vua chúa nhà Minh mới ra chỉ thị vào năm 1433 cấm các cuộc giao tiếp đường biển chỉ trừ Đông Nam Á. Đó là chính sách hải cấm với khẩu hiệu là “Thốn Bản Bất Hạ Hải” áp dụng với Nhật Bản. Tuy nhiên người Hoa vẫn cần dùng các thương phẩm cần thiết nên họ phải tìm ở Đông Nam Á nhất là ở Hội An.

Có hai biến cố quan trọng về sau, vào giữa thế kỷ 17 khiến cộng đồng người Hoa trở thành yếu tố chính ở Hội An. Đó là sự sụp đổ triều đại nhà Minh khiến có một cuộc di tản và định cư đáng kể của người Hoa ở Việtnam (luôn cả ở Hội An). Rồi vào năm 1679, có nhiều thuyền của thành phần theo nhà Minh đến Đà Nẵng và Hội An. Để tránh sự đối đầu có thể xảy ra với 3000 quân lính được trang bị vũ khí đầy đủ và 50 chiếc thuyền của các thành phần theo nhà Minh do hai tướng Dương Ngạn ĐịchHoàng Tiến chỉ huy và mở rộng thêm bờ cỏi Vietnam với những vùng đất hoang vu ở Chân Lạp (Cao Miên), chúa Hiền (Nguyễn Phúc Tần) rát khéo léo và khôn ngoan đề nghị họ nên định cư ở vùng Nam Bộ (Mỹ Tho, Thủy Chân Lạp) và cho phép họ thành lập các làng Minh Hương để tưởng nhớ triều đại Minh và giúp họ phấn khởi trong việc định cư.

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English version

[Two part]

Unlike the Japanese, the Chinese have known Hội An for a long time, back when this city still belonged to Champa. They came by boat to seek salt, gold, and cinnamon but also needed to replenish supplies of firewood and drinking water because Hội An was on their maritime route. This was the silk route across the ocean. Arab and Chinese merchant ships were accustomed, around the 8th century AD, to frequent the coasts of China and Southeast Asia. Before settling in Hội An, Chinese merchants entered in limited numbers into the arms of the Thu Bồn River to build their first quarters either at Trà Nhiêu port or at the Thanh Hà estuary. Then came the frequent threat of Japanese piracy on the Chinese coasts from Shanghai to Hainan Island. Using this threat as a pretext, the Ming emperors began to prohibit all maritime communications except with Southeast Asia from 1433. This policy was known in Vietnamese as « Thốn Bản Bất Hạ Bản » (Practicing the closed-door policy). Despite this, the Chinese needed a certain number of essential goods. This led them to procure these products in Southeast Asia, particularly in Hội An.

It was necessary to wait for two important events in the second half of the 17th century for the Chinese community to become significant in Hội An. First, the rise of the Qing (Manchus) in China caused the exodus and settlement of Chinese refugees in Vietnam (including the city of Hội An). In 1679, many boats of supporters of the fallen dynasty landed in Đà Nẵng and Hội An.

Faced with the scale of the exodus, the governor Nguyễn Phúc Tần, very efficient in affairs, did not hesitate to propose to the Ming supporters led by the two generals Dương Ngạn Địch and Hoàng Tiến to settle in lower Cochinchina (Mỹ Tho, Thủy Chân Lạp) and to clear uncultivated lands, which gave him the opportunity to expand his territory and avoid a possible confrontation with a decimated army comprising 50 boats and 3,000 soldiers. Then he allowed the new Chinese refugees to found Minh Hương (village of the Ming) in order to raise their morale and remind them that they were still the émigré supporters of the Ming.

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Khène ou orgue à bouche (Khèn)

English version  

Vietnamese version

On se pose des questions sur la provenance de cet orgue à bouche ou khène. Certains scientifiques attribuent au Laos son pays d’origine. Mais d’autres sont très réticents et sceptiques. C’est le cas du chercheur français Noël Péri de l’Ecole Française de l’Extrême Orient (EFEO). Pour ce dernier, si les Vietnamiens n’emploient pas cet orgue à bouche sous la même forme que les Laotiens, celui qu’on trouve par contre chez certaines tribus Muong (cousins des Vietnamiens) ou Hmong vivant au Vietnam est identique à celui du Laos. De plus, cet instrument est illustré fréquemment non seulement sur les tambours de bronze et les situles mais aussi sur certains ustensiles dongsoniens. C’est le cas de la manche d’une louche en bronze décorée d’une figuration masculine, assise et jouant de l’orgue à bouche. Elle est exposée actuellement au musée de l’histoire à Saïgon.joueur_khen2

On est amené à affirmer néanmoins avec certitude que cet instrument de musique date de l’âge du bronze ( entre 3000 et 1200 avant J.C. en Asie du Sud Est) et qu’il est inventé par les Austro-asiatiques dont font partie les Laotiens, les Hmong, les Muong, les Thaïs, les Vietnamiens, les Mnongs etc.( les Cent Yue ou Bách Việt en vietnamien). Il est important de rappeler qu’à une certaine époque, les Laotiens (de branche Si Ngeou ou Tây Âu ) et les Vietnamiens (de branche Lạc Việt ou Luo Yue) étaient unis ensemble dans la fondation du royaume Âu Lạc (Si Ngeou) de Thục Phán (ou  roi An Dương) et dans la lutte contre les Tsin de Shi Huang Di (Tần Thủy Hoàng)  (ou les Chinois). Selon  la chercheuse française Madeleine Colani, les khènes ne dépassent  pas l’Himalaya et la vallée du Bramahpoutre de l’Inde. Mais il y a des exceptions. 

C’est le cas des khènes possédés par les Dayaks de l’île Bornéo en Indonésie car avant leur installation sur cette île, ils étaient établis naguère sur la côte orientale de l’Indochine. En s’inspirant de l’orgue à bouche des Austro-asiatiques, les Chinois ont inventé le lusheng mentionné dans le Che-King ( Livre saint de la poésie) de Confucius.

Selon Victor Goloubew, les Dongsoniens, les ancêtres des Vietnamiens actuels, jouaient du khène à calebasse

 


 Le khène se présente sous de multiples formes mais selon Madeleine Colani, le type laotien reste le plus élégant et le plus soigné. D’une manière générale, il est constitué d’un nombre pair de tubes en bambou munis chacun d’un petit trou de jeu et d’une anche (*) (en laiton ou en argent ) fixée à hauteur de la soufflerie. Ces tuyaux sont assemblés par paires de longueur identique et dans un ordre de grandeur décroissante à partir de l’embouchure du réservoir en bois évidé, alimenté en air par le souffle du joueur. La longueur des tubes détermine la hauteur de la note. Plus le khène sera long, plus son ton sera bas. Le nombre de tubes fixés sur la soufflerie peut être variable et lié à la tradition culturelle de chaque groupe ethnique. Pour les Hmong vivant dans les montagnes septentrionales du Vietnam ou les Mnongs des Hauts Plateaux, il n’y a que 6 tubes dans la constitution de cette syrinx asiatique. Quant aux Thaïs de la région Mai Châu (Vietnam), le nombre de tubes s’élève à 14.

Khène à 6 tuyaux (ou Mbuot) des Mnongs du Vietnam

En ce qui concerne les khènes laotiens, le nombre de tubes est variable:m_buot  soit 6 tubes dont la longueur peut atteindre 40 cm avec le khène hot,  soit 14 tubes avec le khène jet

soit 16 tubes avec le khène baat. Ce dernier est le plus couramment utilisé au Laos. Pour produire le son, le joueur doit tenir entre ses deux mains le bloc de bois où est pratiquée l’orifice et ayant le rôle d’une poche d’air. Puis il obture ensuite les trous des tubes avec ses doigts dans le but de faire vibrer les anches correspondantes par expiration ou inspiration.

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Khène laotien (16 tubes)

 

Le khène est lié étroitement aux rites religieux et aux événements importants (foires, mariages, funérailles etc…). Il peut être joué en solo ou en groupe pour accompagner la danse ou le chant. Chaque ethnie a sa propre légende concernant le khène. Par le biais de sa musique, cela permet de rapprocher le monde des hommes et celui des esprits. Pour les Laotiens comme pour certains groupes ethniques du Vietnam (Hmongs, Thaïs etc.), le khène symbolise leur identité culturelle. Chez les Hmong, la possession d’un khène témoigne de la fierté d’avoir la présence d’un homme de talent et de force dans leur maisonnée.

Dans un dicton lao, pour être un vrai laotien, il est indispensable de savoir jouer du khène, manger du riz gluant et du poisson fermenté (le padèk) et habiter une maison sur pilotis

Malgré son rôle important similaire à celui des gongs des Hauts Plateaux du Vietnam (Tây Nguyên), le khène continue à être délaissé au fil des années par les jeunes khene_laotiencar pour la maîtrise de cet orgue à bouche, il faut non seulement de la patience mais aussi un don musical. Il n’est pas à la portée de n’importe qui car pour être un joueur accompli, il faut savoir interpréter un grand nombre de mélodies de base et danser au son de khène. Certaines mélodies permettent d’évoquer les aspects de la nature et de la vie. Plus de 360 mélodies sont réservées pour les funérailles, ce qui prouve bien que le khène occupe une place importante dans la vie sociale et spirituelle des minorités ethniques.

Khène

(*) une petite lamelle en métal (Lưỡi gà en vietnamien).

KHENE

Références bibliographiques

Essai d’ethnographique comparée. Madeleine Colani, BEFEO, 1936,Vol 36, N°1, pp. 214-216
Hà Văn Tấn: Nouvelles recherches préhistoriques et protohistoriques au Vietnam.
Rapport sur une mission officielle d’étude musicale en Indochine. Péri Noël, G. Knosp. BEFO. 1912. Tome 12, pp 18-2
Pour continuer d’entendre le son du khèn des Hmongs. Hoàng Hoa. Courrier du Vietnam, 24.03.2012

 

Costumes des minorités ethniques du Vietnam

Costumes des minorités ethniques du Vietnam.

Costumes of ethnic minorities in Vietnam

Váy của phụ nữ Hmong ( Jupe de femme Hmong)

 

  

Y phục dân tộc thiểu số

  

          1°)  Lolo        2°)  Hà Nhi          3°) La Chi        4°)  Pa Thẻn         5°)  Mảng  

Photos prises au musée d’ethnographie (Hànội)

 

Formation des ethnies du Vietnam

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Formation of ethnic groups in Vietnam

Sự thành hình các dân tộc Bách Việt

 
Subgroup Chàm

  • The Chàm
  • Les Edê
  • Les Raglai 
  • Les Chu Ru  etc.

Subgroup Môn Khmer

Subgroup Việt Mường

Subgroup Tày Thái

Subgroup Meo Yao

Liste des groupes ethniques du Việtnam

Liste des groupes ethniques du Vietnam

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List of ethnic groups in Vietnam

D’après les statistiques générales du Vietnam effectuées en 1 Avril 2019
La population vietnamienne s’élève à 0h du 1er Avril 2019 à 96.208.984 habitants parmi lesquels il y a  47.881.061 hommes (49,8%) et  48.327.923  femmes (50,2%). Avec ce résultat, le Vietnam devient le 15e pays le plus peuplé du monde mais il est en baisse de deux rangs par rapport aux statistiques relevées il y a 10 ans et le troisième en Asie du Sud-Est (après l’Indonésie et les Philippines).

Tổng dân số Việt Nam vào thời điểm 0h ngày 04/01/2019 có 96.208.984 người, trong đó dân số nam có 47.881.061 người (chiếm 49,8%) và dân số nữ có 48.327ếế23 người (chiếm 49,8%) 50,2%). Với kết quả này, Việt Nam là quốc gia đông dân thứ 15 trên thế giới, tụt 2 bậc so với cách đây 10 năm và đứng thứ 3 trong khu vực Đông Nam Á (sau Indonesia và Philippines).

The total population of Vietnam at 0:00 on January 4, 2019 was 96,208,984 people, of which the male population was 47,881,061 people (accounting for 49.8%) and the female population was 48,327,23 people (accounting for 50.2%). With this result, Vietnam is the 15th most populous country in the world, down 2 places compared to 10 years ago and ranked 3rd in Southeast Asia (after Indonesia and the Philippines).

  • 1     Việt (82.085.826)    
  • 2    Tày (1.845.492)
  • 3    Thái (1.820.950)
  • 4    Mường (1.452.095)
  • 5    Hmông (1.393.547)
  • 6    Khmer (1.319.652)
  • 7    Nùng (1.083.298) 
  • 8    Dao (891.151)
  • 9    Hoa (749.466)
  • 10  Gia-Rai (513.930)
  • 11  Ê-Đê (398.671)
  • 12   Ba Na (286.910)
  • 13   Xơ-đăng (212.277)
  • 14   Sán Chay (201398)
  • 15   Cơ-ho (200.800) 
  • 16   Sán Dìu (183.004) 
  • 17   Chàm (178.948)
  • 18   Hrê (149.460)
  • 19   Ra-glai (146.613)
  • 20   Mnông (127.334)
  • 21   Xtiêng (100.752)
  • 22   Bru-Vân Kiều (94.598) 
  • 23   Thổ (91.430)
  • 24   Khơ-mú (90.612)
  • 25   Cơ-tu (74.173)
  • 26   Giáy (67.858)
  • 27   Gié-triêng (63.332)
  • 28   Tà-Ôi (52.356)
  • 29   Mạ (50.322)
  • 30   Co (40.442)
  • 31   Chơ-ro (29.520)
  • 32  Xinh-mun 29.503)
  • 33   Hà Nhi (25.539) 
  • 34   Chu-ru (23.342)
  • 35   Lào (17.532)
  • 36   Kháng (16.180)
  • 37  La Chí (15.126)
  • 38  Phù Lá (12.471)
  • 39  La Hủ (12.113)
  • 40  La Ha (10.157)
  • 41  Pa Thẻn (8.248) 
  • 42  Chứt (7.513)
  • 43  Lự (6.757)
  • 44  Lô Lô (4.827)
  • 45  Mảng (4.650)
  • 46  Cờ Lao (4.003)
  • 47  Bố Y (3.232)
  • 48  Cống (2.729)
  • 49  Ngái (1.649)
  • 50  Si La (909)
  • 51  Pu Péo (903)
  • 52  Rơ-măm (639)
  • 53  Brâu (525 )
  • 54  Ơ-đu (428)     

Đà Nẵng au fil de la nuit (Về Đêm)

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