À la recherche de la civilisation éteinte (1ère partie)

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Trở về quá khứ với dân tộc Chàm

Première partie

En s’appuyant sur des documents historiques chinois et vietnamiens (1), les deux chercheurs français Gaston Maspéro et George Coedès ont essayé de reconstituer la chronologie chame. Malgré d’importantes lacunes, la mention des Chàms a été évoquée à l’époque où les habitants de la province de Tượng Lâm ( Rinan ) s’étaient soulevés contre la domination chinoise en 192 après J.C. pour fonder un état indépendant dont le territoire s’étend du Quảng Bình jusqu’au Phan Rang. Cet état est réparti en quatre zones: Amaravati (de Quảng Bình à Quảng Nam), Vijaya (de Quảng Ngãi à Phú Yên), Kauthara (Khánh Hoà) et Panduranga (Phan Rang). Deux clans, celui du Nord ( ou le clan des Narikelavamsa ) ( clan Dừa en vietnamien ) et celui du Sud ( ou le clan des Kramukavamsa ) ( clan Cau en vietnamien ) qui par moments guerroyèrent, prirent les rênes du pouvoir par alternance. En fonction de leurs offrandes retrouvées, (noix de coco au Nord et noix d’arec au Sud), ils furent appelés comme des mangeurs de coco au Nord et ceux d’arec au Sud. Ce pays dont la capitale était sans doute à Trà Kiệu (près de Ðà Nẳng) fut connu durant six siècles sous le nom de Lin Yi ( Lâm Ấp ) puis à partir de 758 sous celui de Houan Xang ( Hoàn Vương ). Le nom de Champa (Chiêm Thành ) provenant de la transcription sino-vietnamienne Champapura ( cité des Chàms ) fut cité pour la première fois en 875. C’était avec ce nom que ce royaume fut mentionné maintes fois dans les conflits avec le Viêt-Nam jusqu’à son annexion sous la dynastie des Lê avec le roi Lê Thánh Tôn.


Au début de son existence, ce royaume connut une période de prospérité. On vit la construction d’un grand nombre de temples et de sanctuaires dont le premier était celui du site de Mỹ Sơn ( Belle Montagne ) dédié au culte du linga du dieu roi Civa Bhadresvara par le grand souverain Bhadravarman, c’est ce qu’on a découvert dans les inscriptions écrites en sanskrit. Les fouilles récentes à Mỹ Sơn ont apporté la preuve que Mỹ Sơn n’était pas seulement un lieu de culte mais aussi la nécropole des rois Chàm après l’incinération. On dénombra deux grands ports où le commerce était très florissant: Ðại Chiêm dans la région de Hội An (Faifo) et Thị Nại (Bỉnh Ðịnh)(Sri Bonei). 

Lin Yi (Lâm Ấp)

Du IV au Vè siècle, ce royaume fut en conflit acharné avec les Chinois qui avaient annexé le Viêt-Nam au nord du Col de Ðèo Ngang. Sa capitale Trà Kiệu connue sous le nom de Simhapura (cité du Lion) et située à 50km au sud-ouest de Ðà Nẳng, fut mise à sac vers 446. Le général chinois Tan Hezhi (Ðàn Hoà Chi) a ramené lors de cette expédition des statues en or pour une valeur totale de cent mille taëls d’or ( environ 3600 kg ). La prospérité de cette capitale n’est plus mise en doute à la suite des découvertes d’un grand nombre d’objets en or finement travaillés pendant les années 80. La description détaillée de cette ville a été déjà mentionnée dans un ouvrage d’histoire chinois Shu Jing Zhu (Thuy Kinh Chu) du VIIè siècle après J. C. Elle a été confirmée par les fouilles en 1927-1928 sous la direction de l’archéologue français J. Y. Claèys de l’École française d’Extrême-Orient.

Du VIème au VIIIème siècle, ce royaume retrouva un essor économique et artistique par le biais des relations très développées avec l’Inde et le Tchenla (Chân Lạp) au Sud. On note ainsi une introduction importante des objets étrangers dans l’art du Chămpa. Au VIIIème siècle, les Chàms furent attaqués sans cesse par les Javanais. Ces derniers détruisirent en 774 le temple de Pô Nagar (Nha Trang) construit en bois par un roi légendaire Vichitrasagara.

Ce sanctuaire fut reconstruit à nouveau cette fois en brique par le roi Satyavarman Içvaraloka en 784. D’après ce qu’on a recueilli dans les inscriptions chàms, avant le VIIème siècle, les temples et les tours étaient en bois mais ils ont été incendiés au cours des guerres. C’est seulement au VIIème siècle qu’on vit apparaître les temples et les tours en briques et en grès.

Dès sa montée sur le trône en 854, Indravarman II changea le nom de la capitale de Simhapura dans la région de Trà Kiệu en Indrapura (cité du Dieu de la foudre). Il fit édifier une cité sainte du bouddhisme à Ðông Dương à 20km au sud de Trà Kiệu et rétablit de bonnes relations avec la Chine.

Au début du Xè siècle, sous le règne du roi Indravarman III, le royaume du Champa commença à tisser des relations étroites avec Java. Rien n’est étonnant de voir l’art chàm en contact avec l’art javanais pour tout le siècle.

Par contre, il était en conflit sempiternel au nord avec un nouveau pays, le Ðại Cồ Việt qui venait d’être libéré de la domination chinoise à la fin du Xè siècle et au Sud avec les Khmers. Ceux-ci n’hésitèrent pas à saccager le sanctuaire Po Nagar de Nha Trang vers 950 et dérobèrent la statue d’or qui y avait été installée en 918 par le roi Indravarman II. Les Chams ont engagé des guerres sans merci contre les Khmers durant plus d’un siècle (1112-1220). On nota aussi leurs premiers accrochages sérieux avec le Ðại Cồ Việt en 979. Leur capitale fut pillée en 982 par ce dernier. (l’expédition du grand roi vietnamien Lê Ðại Hành). Face à la pression de celui-ci, le roi Yang Sra Vijaya dut transférer sa capitale dans la région de Vijaya (Bỉnh Ðịnh). Cette nouvelle capitale allait durer jusqu’en 1471 avant d’être transférée à la région de Panduranga (Ninh Thuận).

À cause des dissensions internes et de la guerre de cent ans avec les Khmers, les Chàms ne réussirent pas à stopper au fil des siècles la marche du Sud entamée par les Vietnamiens. Ils durent un dernier sursaut à Binasuor(*) (Chế Bồng Nga) qui battit les Vietnamiens à maintes reprises en pillant leur capitale Thăng Long en 1371 et en 1377 et en faisant fuir leur roi Trần Nghệ Tôn et son premier ministre Hồ Qúi Ly. A cause de la trahison de l’un de ses proches, les Vietnamiens ont réussi à tuer Binasuor. Cela mit fin à la suprématie des Chàms. Ceux-ci devaient céder le terrain aux conquérants vietnamiens et étaient refoulés un peu plus chaque jour dans le Sud. Par la politique d’assimilation, ils étaient obligés d’être disséminés un peu partout dans le centre du Vietnam et dans l’ouest du Sud Viet-Nam, au Cambodge et en Malaisie.

Malgré cela, leur art chàm continue à représenter une partie importante dans l’art du Sud Est Asiatique connu dans le passé sous le nom « art trans-indien ». On le trouve par le biais de leurs vestiges architecturaux religieux. Ceux-ci deviennent la clé de voûte de l’art Chảm. Bien que ces édifices ne soient pas des monuments splendides et grandioses comme Pagan en Birmanie, Angkor au Cambodge, Borobudur en Indonésie, ils sont d’une grande beauté pleine de charme. Certains méritent de faire partie des patrimoines mondiaux de l’humanité car on y trouve à la fois une décoration composée de riches sculptures en grès et des motifs ornementaux finement gravés dans les briques. On peut dire que c’est une broderie de briques et de grès, un joyau unique en son genre pour l’humanité. Rien n’est étonnant de voir la cité sainte Mỹ Sơn d’être classée comme l’un des patrimoines mondiaux de l’humanité.  Lire la suite ( Tiếp theo)


(*) Certains historiens contestent le nom Binasuor donné à Chế Bồng Nga. (nom mentionné par les Vietnamiens dans leurs documents historiques).

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