Yếm (La Camisole)

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English version

Faisant partie intégrante de la tunique à 4 pans ( Áo tứ thân), Yếm est en quelque sorte le cache-seins le plus populaire porté par les Vietnamiennes d’autrefois. On trouve dans sa fabrication un carré de tissu en soie ou en coton dont les extrémités sont fixées par des cordons se laçant dans le dos et au niveau du cou dans le but de couvrir et soutenir la poitrine et laisser nu le reste de la partie supérieure du corps, ce qui provoque non seulement l’attrait de la séduction mais aussi la fraîcheur agréable durant les jours d’été. Par contre en hiver, elle devient en quelque sorte le sous-vêtement auquel s’ajoute la tunique à 4 pans afin de permettre aux Vietnamiennes de se protéger contre le froid. 

Dans la tradition vietnamienne, la taille de guêpe (thắt đáy lưng ong) est l’un des traits caractéristiques de la beauté féminine. C’est peut-être pour cela que la naissance de ce cache-seins est liée à cette conception dans le but de mettre en valeur la ligne des femmes en faisant ressortir le corps segmenté de la guêpe par l’association du licol-cou et de la cravate à l’arrière de cette camisole. Celle-ci a été portée par toutes les couches de la population sans exception. Mais il y a la notion de couleur qui permet de différencier les catégories des gens qui la portent. La couleur marron est destinée pour les paysannes tandis que les filles éduquées préfèrent des couleurs harmonieuses, élégantes et discrètes. Quant aux personnes âgées, la couleur foncée reste la plus employée. Malgré cette observation, il est possible de voir Yếm avec des couleurs excentriques. 

On ne connait jamais sa provenance mais on note que Yếm fut apparue pour la première fois au XIème siècle sous la dynastie des Lý. Elle subit beaucoup de modifications au fil du temps avant d’être redevenue récemment un article de mode glamour, concurrent de Áo dài. Dans l’ancien temps, elle était accompagnée par le port d’une jupe et d’un turban en étoffe (noir ou brun) ou de gaze violet ou d’un fichu qui se termine par un « bec de corbeau » au dessus du front. (khăn vuôn mõ quạ). C’est seulement sous le règne de l’empereur Minh Mạng que le pantalon noir fut imposé à la place de la jupe.  

Yếm est une source inépuisable pour les poètes vietnamiens parmi lesquels figure la célèbre Hồ Xuân Hương. Celle-ci a eu l’occasion de décrire non seulement l’image romantique et glamour de cette camisole vietnamienne mais aussi l’innocence de la jeune fille vivant dans une société réglée par l’immuable éthique confucéenne, dans son poème intitulé : La Jeune fille assoupie en plein jour (Thiếu nữ ngủ ngày). 

Mùa hè hây hẩy gió nồm đông
Thiếu nữ nằm chơi quá giấc nồng
Lược trúc lỏng cài trên mái tóc
Yếm đào trễ xuống dưới nương long
Ðôi gò Bông đảo sương còn ngậm
Môt lạch đào nguyên suối chưa thông
Quân tử dùng dằng đi chẳng dứt
Ði thì cũng dở ở không xong.

Frémissement de la brise d’été
A peine allongée, la jeune fille s’assoupit
Le peigne, de ses cheveux, a glissé
Le cache seins rouge s’est défait
Pas de rosées sur les deux collines du Pays des Fées
La source aux fleurs de Pêcher ne jaillit pas encore
L’homme de bien, hésitant, ne peut en détacher sa vue
Partir lui est pénible, mais inconvenant de rester.

Yếm est citée tant de fois dans les poèmes populaires. Elle traduit la force et l’intensité de l’amour à travers ces deux vers suivants: 

Trời mưa trời gió kìn kìn.
Đắp đôi  dải yếm hơn nghìn chăn bông.

Il pleut et il fait du vent avec intensité.
Se couvrir d’une paire de Yếm mieux que se procurer mille couettes.

Il est difficile de se séparer de la personne dont on est tombé amoureux à moins qu’on soit devenu cette camisole (ou Yếm) pour pouvoir la retenir. C’est ce qu’on a dans les deux vers suivants:

Kiếp sau  đừng hóa ra người
Hóa ra dải yếm buộc người tình nhân.

Dans la prochaine vie, il ne faut pas être né homme
Mais il faut se transformer en camisole pour retenir l’amante.

 

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