Pagode (Chùa Chiền Việt Nam)

Thân là nguồn sinh diệt, Pháp tính vẫn như xưa
Nous sommes soumis aux lois de la naissance et de la mort. Mais la nature du Bouddha reste la même au fil du temps.
Moine zen Thuần Chân de l’école Vinitaruci (1101)

pagoda

Contrairement au mot Đền (ou temple) désignant l’emplacement où est vénéré un personnage célèbre (héros, roi ou génie), le mot « Chùa »(ou pagode) est employé uniquement pour indiquer le lieu où on honore Bouddha. Avant la construction de cet édifice, il est indispensable d’examiner son emplacement avec minutie car il a besoin de s’ériger en harmonie avec la nature environnante. Par contre, à la différence des pagodes trouvées en Chine, en Inde ou au Cambodge, la monumentalité et la somptuosité ne font pas partie des critères de sélection dans cette construction. C’est pourquoi les matériaux de base utilisés sont essentiellement le bois, la brique et la tuile. La pagode ne domine pas forcément les bâtiments d’alentour. On la trouve pratiquement dans chaque village. Analogue à la maison communale (ou đình), elle ranime pour la plupart des Vietnamiens l’image de leur village et par connotation celle de leur pays natal. Elle continue à exercer sur eux un attrait envoûtant. 

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Elle est plus visitée que la maison communale car aucune barrière hiérarchique n’y est visible. C’est l’égalité absolue entre les humains, la devise prêchée par Bouddha lui-même pour le partage et la délivrance des souffrances humaines. Même dans ce cadre sérieux et solennel, on trouve parfois dans sa cour des manifestations du théâtre classique (hát bội). Ce n’est pas le cas de la maison du peuple (ou maison communale) où la notabilité doit être respectée avec rigueur. La discrimination hiérarchique est plus ou moins visible. Même l’autorité du roi (Phép vua thua lệ làng) ne peut pas influer sur cette coutume villageoise. C’est pourquoi la pagode est plus que jamais proche des Vietnamiens. On est habitué à dire: Đất vua, Chùa làng, phong cảnh Bụt ( Le sol est au roi, la pagode au village, le paysage au Bouddha) pour rappeler non seulement la proximité et le lien privilégié et intime de la pagode avec ses villageois mais aussi l’harmonie avec la nature.icone_lotus

Son rôle est prépondérant dans la vie sociale du village si bien que la pagode ne manque pas d’être mentionnée souvent dans les poèmes populaires:

Ðầu làng có một cây đa,
Cuối làng cây thị, đàng xa ngôi chùa.

Il y a un banian au sommet du village,
À l’autre extrémité de celui-ci se trouvent un pommier d’or et au plus loin une pagode.

ou

Rủ nhau xuống bể mò cua,
Lên non bẻ củi, vào chùa nghe kinh.

Se précipiter dans la mer pour chercher à tâtons les crabes.
Se ruer à la montagne pour se procurer du bois et entrer à la pagode pour écouter les liturgies bouddhistes.

Cela montre à tel point que les Vietnamiens sont attachés profondément à la mer et à la montagne pour se nourrir et à la pagode pour s’alimenter spirituellement. La pagode est en quelque sorte leur refuge idéal et spirituel face aux calamités naturelles et aux aléas qu’ils ont souvent dans leur vie journalière. Lire la suite (Tiếp theo)

 

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