Quê Hương (My country)

 

 Version française

 

Quê Hương,

these are the first words that we learned from our teacher at the school. We have to love Quê Hương, that is what our teacher repeated everyday. This sometimes puzzled us when we were still attending school. Why do we have to love Quê Hương? It has nothing extraordinary. It has only a name. We do not see it. We do not even manage to feel its presence in Vietnam. Sometimes, we would like to deny it because it identifies poverty and misery. However it is like our mother, unique to each of us. It is live and irreplaceable. It is our raison d’être. We cannot grow if we do not think about Quê Hương. Even when we live overseas or in a remote corner of the planet, the shadow of Quê Hương keeps on grabbing us with tenderness and regret. If we have the opportunity to spend a sleepless night, we will notice how long the night would be. If we have the opportunity to leave Viêtnam, we realize we miss Quê Hương.

Poet Ðỗ Trung Quân managed to describe it through the poem entitled “Bài Học đầu tiên cho con (First lesson for my child) that the late composer Anh Bằng will succeed in putting latter into a song. Quê Hương is a bunch of sweet star fruits which my child gathered every day. Quê Hương is the road to school flooded with dried yellow butterflies my child took every day at the time of the return. Quê Hương is the kite of glaucous color which my child had the practice to make to fly away over the meadow . Quê Hương is the small boat that advanced gently along the river. Quê Hương is the small bamboo bridge which our mother had the practice to take at the time of the return with her conical hat inclined to protect her from the sun…

Bao năm xa cách Quê Hương
Nỗi sầu viễn xứ biết dường nào nguôi
Mai nầy vĩnh biệt chôn vùi
Đất người thể xác ngậm ngùi nghìn thu.

Effectively, Quê Hương is our past, our youth, our identity, our memories. We can never grow if we have no attachment to our past. Because of the the hazards of the life,we may forget Quê Hương momentarily but we do not lose it forever.

Être élève (Đạo nghĩa làm người học trò)

English version

À la mémoire de mes professeurs,

les Frères de Jean-Baptiste de la Salle.

etre_eleve

Être élève au Vietnam

Aucun Vietnamien ne peut rester impassible lorsqu’on a l’occasion de lui rappeler les années d’étude qu’il a passées à l’école avec ses maîtres. L’image de son école continue à être gravée intimement dans sa mémoire. C’est ce qu’a ressenti le compositeur Phạm Trọng Cầu à travers la chanson « Trường làng tôi » (L’école de mon village) . Comment pourrait-il oublier tous ceux qui ont contribué à lui donner une éducation, à lui apprendre le savoir et à le mettre sur le chemin d’apprentissage de la vie? Pour lui, un mot, une journée d’étude à recevoir d’eux, sont suffisants pour justifier cette reconnaissance.

 

Trường làng tôi » (L’école de mon village)

C’est aussi ce qu’on ne cessa pas de lui répéter lorsqu’il était encore un jeune enfant:

Nhất nhật vi sư Bán tự vi sư

Học một ngày cũng thầy Học nữa chữ cũng thầy

Une journée d’étude que quelqu’un t’a donnée te suffit pour l’appeler maître. Même un demi-mot le justifie également . Sans maître, il ne peut pas devenir celui qu’il est aujourd’hui. Il doit pour une large part son existence, sa réussite et surtout son éducation à son maître car c’est lui qui lui a appris non seulement le savoir mais aussi la sagesse et l’apprentissage de la vie. La remarque célèbre suivante : Không thầy đố mầy làm nên (Sans maître, tu ne peux pas réussir) continue à envahir son esprit et à justifier son comportement, ses sentiments profonds à l’égard de son maître. Il accorde à celui-ci un rôle si crucial qu’il n’hésite pas à se servir du mot « maître » (ou Thầy en vietnamien ) pour appeler quelquefois son père car ce dernier était la première personne qui lui a donné la première leçon d’éducation. C’est pourquoi le maître reste le deuxième personnage à respecter dans la trilogie confucéenne immuable suivante: Quân, Sư, Phụ.

Quel que soit son âge, sa fonction, son niveau d’instruction, il continue à rester toujours le petit élève, le jeune disciple de son maître. Il ne consent pas à négliger son respect envers son maître même dans les moments périlleux de sa vie. C’est ce qu’a montré l’empereur Hàm Nghi à l’égard de son maître Nguyễn Thuận devant les autorités coloniales. Celles-ci étaient incapables de reconnaître physiquement Hàm Nghi lors de sa capture. La seule personne capable de l’identifier était son maître. C’était pourquoi ce dernier fut emmené de force devant le jeune Hàm Nghi. Pour le respect de son maître âgé, il ne pouvait pas laisser celui-ci s’agenouiller devant lui. Il fut obligé d’empêcher son maître d’effectuer ce geste. À cause de cette attitude inopportune, il fut identifié ainsi par les autorités coloniales. Il préféra mourir au lieu de commettre une faute irréparable envers celui qui lui a appris non seulement la dignité et le courage mais aussi le devoir envers son peuple et son pays. C’était aussi le cas de l’empereur Duy Tân avec son précepteur Eberhard chargé de le surveiller et de rapporter toutes ses activités aux autorités coloniales. Au lieu d’être haï, il devint ainsi l’un des personnages que Duy Tan continuait à respecter durant ses années de règne. On a l’habitude de dire en vietnamien :

Kính thầy mới được làm thầy
 
Il faut respecter le maître avant de pouvoir devenir maître plus tard.

C’est dans cet esprit confucéen que le jeune élève vietnamien était formé. Il essaie d’être toujours à l’écoute de son maître. Il adopte quelquefois une attitude ambiguë pour ne pas vexer ou gêner son maître bien qu’il ne soit pas entièrement d’accord avec lui. C’est ce respect que l’empereur Gia Long a su maintenir envers son tuteur, son guide spirituel, l’évêque d’Adran, Monseigneur Pigneau de Béhaine durant ses années de règne. L’âge n’influe pas sur le comportement de l’élève à l’égard de son maître qui est bien des fois plus jeune que lui. Il est choquant et émouvant de voir quelquefois un vieil élève, les bras croisés devant un jeune maître mais cela ne contredit jamais les sentiments intimes, l’attachement profond et sincère qu’il continue à garder pour son maître comme pour sa mère et pour son pays. Il sait ce que le maître attend de lui. Il essaie d’être à la hauteur de cette attente, ce qui le met quelquefois dans des situations délicates et aberrantes où il est lui-même en compétition avec son maître. C’était le cas de Phạm Duy Trĩ avec son maître Nguyên Khắc Kính lors d’un concours royal qui eut lieu en 1562 sous la dynastie des Mac. Issu d’une famille très pauvre et orphelin de père très jeune, il était élevé par sa mère qui n’hésita pas à proposer à son maître le seul buffle qu’elle possédait afin que ce dernier connu pour ses années d’expérience en matière d’enseignement dans son village, acceptât de prendre son fils comme disciple. Ému par le sacrifice de sa mère, le maître Nguyễn Khắc Kính consentît à le prendre comme élève. Quelques années plus tard, grâce à à son assiduité et à son intelligence, il parvint à surpasser son maître, ce que ce dernier eut constaté lors des concours provincial et général où il fut aussi candidat. En connaissant parfaitement l’état d’esprit de son élève et les sentiments profonds que celui-ci continuait à lui réserver, il ne voulait pas qu’à cause du respect à son égard, son élève fût pénalisé et ne mit pas tout son poids et toute son ardeur dans ce concours royal. C’était pour cela qu’il lui dit:
Si tu ne veux pas être brillant à ce concours, j’arriverai à comprendre ton comportement, tes sentiments. Mais tu dois rappeler que ce concours est réservé pour celui qui mérite d’être choisi pour servir le pays. Tu dois prendre en compte les intérêts de la nation avant les considérations personnelles. Il ne faut pas trahir ton idéal et ton pays.
Il lui rappela la phrase que tout maître d’école aimait répéter souvent à son élève:

Bất nhượng ư sư
Không nên nhường thầy.
Ne concède pas ce que tu mérites pour ton maître.

Ému par ces conseils, Phạm Duy Trĩ acquiesça de la tête et retint ce que son maître lui avait dit. Il réussit à ce concours royal et obtint le titre de Trạng nguyên ( 1er docteur ). Quant à son maître, il fut classé second et reçut le titre de Bảng Nhãn ( ou 2è docteur ).
Les sentiments que le Vietnamien a pour son maître ne s’effacent jamais avec le temps, ce qu’a montré le seigneur Nguyễn Phúc Nguyên à l’égard de son maître spirituel et son conseiller Ðào Duy Từ . Pour le remercier, le seigneur Nguyễn Phúc Nguyên n’hésita pas à lui rendre un vibrant hommage en donnant à l’une de ses fortifications se trouvant dans le centre du Vietnam le nom « Lũy Thầy (fortification du maître). Celle-ci a été construite dans le but de contrer les Trịnh au Nord Viêt-Nam. Grâce à cette appellation, il réussît à donner une grande portée à sa reconnaissance à travers l’histoire et la nation entière. Cette fortification continue à être connue encore aujourd’hui avec ce nom.

Par contre ces sentiments deviennent au fil des années une sorte de ciment qui lie un peu plus le Vietnamien à son école, à son village et à sa terre natale. Ils sont aussi un gage d’affection et de respect que le Vietnamien aime donner à son maître dans son esprit confucéen.

Quê Hương

 
Vietnamese version
English version
Quê Hương
Ce sont les premiers mots que nous avons appris de notre maître à l’école. Il faut aimer Quê Hương, ce que répétait tous les jours notre maître. Cela nous rendait parfois perplexes quand nous étions encore sur le banc d’école. Pourquoi devons-nous aimer Quê Hương? Il n’a rien d’extraordinaire. Il n’a que le nom. Nous ne la voyons pas. Nous n’arrivons même pas à sentir sa présence au Vietnam. Quelquefois, nous avons l’envie de le nier car il est synonyme de  la pauvreté et la misère. Pourtant il est comme notre mère, unique pour chacun de nous. Il est vivace et irremplaçable.

Il est notre raison d’être. Nous ne pouvons pas grandir si nous ne pensons pas à Quê Hương. Même si nous vivons à l’étranger ou dans un coin le plus refoulé de la planète, l’ombre de Quê Hương continue à s’agripper à nous  avec tendresse et regret. Si nous avons l’occasion de passer une nuit blanche, nous constatons que la nuit est très longue. Si nous avons l’opportunité de quitter le Viêt-Nam, nous nous rendons compte qu’il nous manque Quê Hương. Le poète Ðỗ Trung Quân arrive à le décrire à travers son poème intitulé « Bài Học đầu tiên cho con » (Première leçon pour mon enfant ) que feu compositeur talentueux Anh Bằng parviendra à mettre en chanson plus tard. Quê Hương c’est une grappe de caramboles sucrés que mon enfant cueillait tous les jours. Quê Hương c’est le chemin d’école inondé des papillons  jaunes que mon enfant prenait tous les jours lors du retour. Quê Hương c’est le cerf-volant de couleur glauque que mon enfant avait l’habitude de faire s’envoler sur la prairie. Quê Hương c’est la petite barque qui s’avançait  doucement le long de la rivière. Quê Hương c’est le petit pont en bambou que notre mère avait l’habitude de prendre lors du retour avec son chapeau conique incliné pour se protéger contre le soleil … 

Effectivement, Quê Hương c’est notre passé, notre jeunesse, notre identité, nos souvenirs. Nous ne pouvons jamais grandir si nous n’avons aucun attachement à notre passé. A cause des aléas de la vie, nous pouvons oublier momentanément Quê Hương mais nous ne le perdons pas à tout jamais.

 

Bao năm xa cách Quê Hương
Nỗi sầu viễn xứ biết dường nào nguôi
Mai nầy vĩnh biệt chôn vùi
Đất người thể xác ngậm ngùi nghìn thu.


 

Quê Hương đây là những chữ đầu tiên mà chúng ta học đựợc với thầy cô lúc ở trường.  Con phải yêu thương Quê Hương, đó là câu   thầy cô thường nhắc  đến mỗi ngày . Nó làm chúng ta trăn trở khi lúc chúng ta còn là những cậu hay cô bé  ở nhà trường. Tại sao chúng ta phải yêu thương Quê Hương ? Nó đâu có  cái gì gọi là phi thường cả. Nó chỉ là một  cái tên mà thôi. Chúng ta không nhận  được bao giờ sự hiện diện của nó khi lúc còn sống ở Việtnam. Đôi khi  chúng ta còn không thèm muốn nhắc đến nó nửa  vì nó tiêu biểu sự nghèo nàn và khổ cực. Cũng  như  mẹ, chúng ta chỉ có một lần   trong đời mà thôi. Nó vẫn sống mãi trong lòng chúng ta và cũng khó có ai có thể thay thế nó đựợc  với thời gian.

Chính nó là lý lẽ cuộc sống của chúng ta đấy. Không có nó, chúng ta không thể lớn lên  được. Dù  sống ở xứ người hay ở một nơi nào hẻo lánh đi nửa, hình bóng Quê Hương nó vẫn bám theo chúng ta.   Nó  lúc nào cũng  đem đến   với chúng ta  sự trìu mến và luyến tiếc cả. Nếu chúng ta có dịp thức trắng đêm,  chúng ta mới nhận thấy  đêm khuya nó quá dài. Nếu chúng ta có phương tiện đi xa Việtnam, chúng ta mới nhận thấy chúng ta thiếu Quê Hương đấy.  Nhà thơ Ðỗ Trung Quân đã diễn tả được nó  qua bài thơ mang tựa là: « Bài Học đầu tiên cho con » mà cố nhạc sỹ Anh Bằng lỗi lạc sáng tác lại  bằng nhạc. Quê Hương là chùm khế ngọt  con trèo hái mỗi ngày. Quê Hương là  đường đi học . Con về rợp bướm vàng bay. Quê hương là con diều biếc , tuổi thơ con thả trên đồng. Quê hương là con đò nhỏ. Êm đềm khua nước ven sông. Quê hương là cầu tre nhỏ . Mẹ về nón lá nghiêng che….

Đúng vậy Qụê Hương, chính là dĩ vãng quá khứ, tuổi trẻ, bản sắc  và kỷ niệm của chúng ta. Khó mà chúng ta trưởng thành nếu chúng ta không có khăng khít với quá khứ.  Vì  sự thăng trầm trong cuộc sống, có  thể chúng ta quên đi Quê Hương một lúc nào  nhưng mãi mãi chúng ta không bao giờ mất nó được  đâu.