Capitale Hanoï (Thủ đô)

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Comme son nom l’indique, Hanoï veut dire « la ville en deçà du fleuve » (Hà signifiant le fleuve, Nội l’intérieur »). Contrairement à d’autres villes du Vietnam, Hanoï  a une longue histoire mouvementée. Son destin est celui du peuple vietnamien. Elle connut une période de disgrâce lorsque Nguyễn Anh parvint à fonder la dynastie des Nguyễn en 1802 après 20 ans de combat contre les Tây Sơn et décida de transférer la capitale à Huế (ou Phú Xuân).

 

Elle fut témoin de plusieurs batailles décisives dans la reconquête de l’indépendance, en particulier la bataille Ðống Da menée par l’empereur Quang Trung en 1789. Grâce à la guerre éclair contre les troupes chinoises des Qing et grâce au stratagème de ce dernier de choisir la date du nouvel an vietnamien pour surprendre les ennemis chinois, Hà Nội fut ainsi libérée ainsi que le Vietnam. Elle fut aussi la ville choisie par Hồ Chí Minh pour proclamer le 2 septembre 1945 l’indépendance du Vietnam sur la place de Ba Ðình. Ce fut aussi à Hanoï que la pagode au pilier unique (Chùa Một Cột) fut élevée en 1049 par le souverain Lý Thái Tôn sur un pilier de bois puissant dans le style des anciens temples des ancêtres.

Selon la légende, le roi affligé de ne pas avoir de descendance, rêva de Quan Âm, la déesse de la Miséricorde. Assise sur une fleur de lotus, elle lui tendait un fils. Peu après, une jeune paysanne dont il avait fait sa favorite, lui donna un héritier. En témoignage de sa gratitude, il fit ériger cette pagode au milieu d’un étang en forme de fleur de lotus

A cause de sa proximité du fleuve Rouge, elle est victime tous les ans des inondations provoquées par les crues de ce fleuve et par les violentes pluies de mousson et les typhons. Malgré cela, Hanoï continue à rester éternellement la capitale du Vietnam réunifié. Personne n’ose contester l’héritage politique et culturel qu’elle a laissé au peuple vietnamien. Elle représente non seulement pour la plupart des Vietnamiens le symbole de l’unité nationale mais aussi la fierté d’un peuple de paysans sachant résister vaillamment aux intempéries de la nature et aux ambitions des envahisseurs.

Hànội vắng những cơn mưa

Saxophoniste Quyền Văn Minh

Thăng Long muôn thưở 

Avant d’être la capitale du Vietnam, Hanoï fut le siège de l’administration chinoise en l’an 607 et porta le nom  » Tống Bình « . En 866, ce siège fut doté de la muraille de Ðại La dont il subsiste actuellement quelques vestiges. Il fut choisi par le fondateur de la dynastie des Lý, le roi (Lý Công Uẩn), en 1010 comme la nouvelle capitale du Vietnam à la place de Hoa Lư. Selon la légende, dans le songe, le roi a vu un dragon d’or s’envoler de cette localité. C’est pour cette raison que Hanoï fut appelée à cette époque  » Thăng Long »(le dragon prenant son essor)« .

Ce site fut jugé favorable par rapport à d’autres sites car il est entre hà et sơn, les eaux et les montagnes, au milieu des rizières et protégé des inondations par les digues. Au XVè siècle, Hanoï prit le nom Ðông Kinh. Puis elle reprit le nom Thăng Long jusqu’au transfert de la résidence royale à Huế. Elle prit ensuite le nom de Thành Tích puis Bắc Thành avant de devenir Hanoï seulement en 1931. Elle devint la capitale du Nord Vietnam après les accords de Genève en 1954 et devint depuis les événements de 1975, la capitale du Vietnam réunifié.

Hànôi couvre 913 km2. Son intérieur (ou nội thành (40 km2) est divisé en quatre districts (ou Quận): Quận Hoàn Kiếm, Quận Hai Bà Trưng, Quận Hai Bà Trưng, Quận Ðống Ða et Quận Ba Ðình. Elle compte aussi 6 quartiers suburbains (ou huyện) et de nombreux villages situés à l’intérieur de ses limites.

On trouve l’âme de Hanoï à travers sa vieille ville. La poétesse Bà Huyện Thanh Quan, une poétesse du XIXè siècle l’a évoquée dans l’une de ses œuvres. Ce qui retient le plus dans cette vieille ville ce sont les 36 ruelles qui sont connues souvent sous le nom Hàng (ou marchandise en français). Chaque artisan y fabrique l’objet de sa spécialité et chacune des ruelles était baptisée d’après le métier qui y était exercé: rue de la Soie, rue des Tambours, rue des Orfèvres etc… Le romancier Thạch Lam en a parlé dans son roman « Hanoï, 36 Phố Phường ».

Hanoï est aussi la ville vietnamienne qui garde plus de traces coloniales par rapport à d’autres villes. On peut dire qu’elle est la copie conforme d’une bourgade à la manière d’Arcachon avec son palais de gouverneur, son opéra, sa grande poste et son parc. Le pont Long Biên (ou Paul Doumer) rappelle non seulement le premier ouvrage d’art des bâtisseurs français sur le fleuve Rouge en 1902 mais aussi les traces des bombardements américains durant la guerre du Vietnam.

Malgré cela, Hanoï, depuis quelques années, commence à changer de visage et de façade. Les constructions se sont multipliées à un rythme tel qu’il ne reste pas un mètre carré inoccupé. Elle tente de rattraper son retard économique et de combler le vide laissé par la rétrocession de Hong Kong à la Chine.

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