Chronologie des Han orientaux (Niên đại nhà Đông Hán)

 

Dans les territoires conquis par les Han, notamment dans le Sud de la Chine, la sinisation continua à battre son plein. C’est pourquoi les révoltes se succédèrent d’abord dans le royaume de Dian (86, 83 av. J.C., 14 apr. J.C., de 42 à 45 ). Elles furent réprimées avec sévérité. Ces soulèvements étaient dûs en grand partie aux exactions des fonctionnaires Han et aux comportements des colons chinois de prendre possession des sols fertiles et de refouler les populations locales dans les coins perdus de leur territoire. De plus, ces dernières devaient adopter la langue, les coutumes, les croyances religieuses des fils des Han. En l’an 40, une grave rébellion éclata dans la province Jiaozhou (ou Giao Châu en vietnamien) incluant à cette époque une partie du territoire de Kouang Si (Quảng Tây) et de Kouang Tong (Quảng Đông). Elle fut menée par les filles d’un préfet local, Trưng Trắc (Zheng Cè) l’aînée et Trưng Nhị (Zheng Èr) sa cadette. Comme le mari de l’aînée Shi Suo (Thi Sách) s’opposa à la politique d’assimilation chinoise menée brutalement par le proconsul chinois Tô Định (Su Ding), ce dernier n’hésita pas à l’exécuter pour faire un exemple contre les insurgés yue, notamment les Vietnamiens. Cette exécution exemplaire révolta les soeurs Trưng et déclencha immédiatement le mouvement d’insurrection dans les territoires yue. Les deux soeurs Trung réussirent à y enlever 65 citadelles dans un laps de temps très court. Elles se proclamèrent reines sur les territoires conquis et s’établirent à Meiling (ou Mê Linh). En l’an 41, elles furent vaincues par le général Ma Yuan (Mã Viện, Phục Ba Tướng Quân) (Dompteur des flots) et préférèrent le suicide à la réddition en se jetant dans le fleuve Hát Giang. Elles devinrent ainsi le symbole de la résistance des Vietnamiens. Elles continuent à être vénérées aujourd’hui non seulement au Vietnam mais aussi dans certains endroits des territoires Yue de la Chine (Kouangsi et Kouang Tong). Ma Yuan commença à appliquer une politique de terreur et de sinisation à marche forcée en plaçant à tous les échelons de l’administration, des hommes de confiance chinois et en imposant le chinois comme langue officielle dans tout le territoire des Vietnamiens. C’est la première domination chinoise durant presque 1000 avant la guerre de libération entamée par le général Ngô Quyền. Entre-temps, Guangwudi réussit à apporter la prospérité et la stabilité dans son empire en ramenant l’impôt du dixième au trentième des récoltes et des bénéfices. Après sa mort, son fils, analogue à Wudi, l’empereur Mingdi poursuivit la politique d’expansion en lançant une offensive contre les Xiongnu septentrionaux dans le but de libérer les états d’Asie centrale de la tutelle de ces derniers et de rétablir au profit de la Chine la sécurité de la route de la Soie. Le général Ban Chao (Ban Siêu), frère de l’historien Ban Gu de cette époque, fut chargé de cette expédition militaire. Il réussit à atteindre la mer Caspienne et à soumettre les Yuezhi grâce au concours des Kusana.

À partir de l’an 91, la Chine de Mingdi contrôla les pistes caravanières de la route de la Soie dans le bassin de Tarim. Par cette route, les envoyés de Mingdi ont ramené de Tianzu (Tây Vực) les effigies de Bouddha après que l’empereur l’aurait vu dans son rêve. Le bouddhisme commença à s’introduire ainsi en Chine avec l’établissement du temple du Cheval Blanc (Chùa Bạch Mã). La Chine était séparée seulement de l’empire romain (Da Qin) par le royaume des Parthes.(Perse antique). Malgré ses exploits territoriaux, Mingdi (Minh Đế) n’a pas laissé dans l’historiographie des Han l’image d’un brillant empereur comme son père Guangwudi ou son fils Zhandi (75-88) paré de toutes les vertus car sous son règne, une révolte paysanne eut lieu en l’an 60 à cause du poids des corvées, des travaux publics pour la consolidation des digues du fleuve jaune et de la construction du nouveau palais du Nord jugée démesurée et dispendieuse. Manquant d’envergure, les successeurs de Zhandi étaient incapables de suivre la voie de leurs prédécesseurs. Ils devinrent les jouets des intrigues de cours menées par les eunuques et les fonctionnaires lettrés tandis que dans les provinces, les propriétaires fonciers commencèrent à accaparer les prérogatives gouvernementales et à monter des armées privées. La dislocation de l’empire des Han devint de plus en plus inévitable. En l’an 189, le massacre de 2000 eunuques ordonné par le militaire Yuan Shao (Viên Thiệu) illustra bien le désordre dans la cour des Han. Cette tuerie fut suivie ensuite par la destitution de l’empereur Shaodi (Hán Thiếu Đế) par le cruel général Dong Zhuo (Đổng Trác). Cela aboutit à une période de troubles et de désordres politiques où chacun des militaires tenta sa chance pour accaparer l’empire. Trois généraux, Cao Cao (Tào Tháo), Liu Bei (Lưu Bị) et Sun Quan (Tôn Kiên) sortis du lot de ces militaires et rendus célèbres par leurs victoires, se partagèrent désormais presque d’un siècle, l’empire des Han. C’est la fin de l’état centralisé et le début de la période des Trois Royaumes (Tam Quốc).

Chronologie des Han orientaux (Đông Hán)

  • 25-57: Règne de Guangwudi
  • 57-75: Règne de Mingdi
  • 75-88: Règne de Zhandi
  • 88-106: Règne de Heidi
  • 106: Règne de Shangdi
  • 106-125: Règne de Andi.
  • 125: Règne de Shaodi.
  • 125-144: Règne de Chongdi.
  • 145-146: Règne de Zhidi.
  • 146-168: Règne de Huandi.
  • 168-189: Règne de Lingdi
  • 184 Révolte des turbans jaunes
  • 189: Destitution de Shaodi
  • 189-220 Règne de Xiandi.
  • 190: Montée et puissance du général Cao Cao (Tào Tháo)
  • 220 Mort de Cao Cao et de Xiandi.
  • Fin de la dynastie des Han
  • 220-316: Période des Trois Royaumes (Tam Quốc)

C’est une dynastie qui au bout de quatre siècles (de 206 avant  J.C. à 220 après J.C.) de son existence, a ouvert la porte de son empire au confucianisme. Elle a laissé à la Chine d’aujourd’hui un héritage spirituel qui ne cesse pas d’inspirer des millions d’Asiatiques. C’est aussi une époque riche en événements et en innovations artistiques et scientifiques dans une Chine à la fois rayonnante et conquérante. C’est pour cela que les Chinois se sentent plus que jamais, être les Fils des Han car ces derniers leur donnent un moment essentiel de la formation et du rayonnement de leur identité.


 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.