Pagode du Việt Nam: 2ème partie (VF)

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Version vietnamienne
Version anglaise

On se donne le nom « Thầy ou maître » car c’est ici que le moine bouddhiste Từ Đạo Hạnh, a inventé et enseigné à la population locale un art unique en son genre: le théâtre des marionnettes sur l’eau. Il y a aussi la pagode Côn Sơn située sur le mont de même nom, à 60km de Hànội dans la province de Hải Dương. Constituée d’une vingtaine d’édifices, celle-ci se niche dans la pinède au sommet d’un escalier de quelques centaines de marches. C’est ici qu’en se retirant de la vie politique, l’humaniste célèbre Nguyễn Trãi nous a laissé un poème inoubliable intitulé « Le Chant de Côn Sơn (Côn Sơn Ca) » où il a décrit le paysage magnifique de ce mont et il a tenté de résumer la vie d’un homme qui ne peut durer que cent ans au plus et pour laquelle chacun cherche ce qu’il désire avant de retomber finalement en herbes et poussière. Mais la pagode la plus visitée reste celle des Parfums (Chùa Hương). Celle-ci est en fait un complexe d’édifices construits dans les falaises de montagne. Située à 60 km au sud-ouest de la capitale, elle est l’un des sanctuaires nationaux fréquentés par la plupart des Vietnamiens avec la pagode Bà Chúa Xứ (Châu Đốc) à proximité de la frontière du Cambodge lors de la fête du Tết. Au centre du Vietnam, la pagode de la Dame céleste (Chùa Thiên Mụ), située en face de la rivière des Parfums (sông Hương) ne manque pas de charme tandis qu’au sud, dans la province de Tây Ninh, non loin de Saïgon, se blottit sur le mont de la Dame noire (núi Bà Đen) une pagode portant le même nom.

Dans la seule capitale Hanoï, on recense au moins 130 pagodes aux alentours. Il y autant de villages que de pagodes. Il est difficile de tout énumérer. Mais à cause des caprices du temps et des ravages provoqués par la guerre, il existe un nombre infime d’édifices ayant réussi à garder intact le style architectural et sculptural datant des dynasties Lý, Trần et Lê.

Parfois le méfait humain est responsable de la destruction de certaines pagodes célèbres. C’est le cas de la pagode Báo Thiên dont l’emplacement a été cédé aux autorités coloniales françaises pour la construction de l’église de style néo-gothique Saint-Joseph qu’on voit aujourd’hui au coeur de la capitale, non loin du lac célèbre de l’épée restituée (Hồ Hoàn Kiếm) (Hànội). D’une manière générale, la plupart des pagodes d’aujourd’hui, gardent visiblement la trace de restauration et de rénovation sous la dynastie des Nguyễn. Par contre, leurs objets cultuels, leurs statues en pierre et en bronze ont été moins altérés et ont conservé l’état initial au fil des siècles. De plus, lorsqu’on s’avance dans le centre et dans le Sud du Vietnam, on s’aperçoit que les influences chame et khmère ne sont pas absentes dans l’architecture des pagodes car ces territoires appartenaient dans le passé respectivement aux royaumes du Champa et du Founan.

Malgré le nombre considérable de pagodes et la variété de leur taille, l’agencement de leurs bâtiments s’opère de façon immuable. Il est facile de le reconnaître grâce aux 6 caractères célèbres chinois suivants:. Nhất, Nhị, Tam, Đinh, Công et Quốc (ou 一, 二 , 三 ,丁, 工 et en chinois). La simplicité est visible dans le modèle identifié par le premier caractère Nhất où les bâtiments se succèdent en une seule rangée transversale face au porche (Tam Quan). C’est ce qu’on trouve dans la plupart des pagodes des villages n’ayant aucune subvention de l’état ou dans le delta du Mékong au Sud Vietnam. Le deuxième caractère Nhị signifiant « deux » rappelle bien la disposition de deux rangées transversales parallèles face au porche. Celui-ci a l’avantage d’avoir au moins trois portes latérales et dessert une cour où la végétation est luxuriante et omniprésente grâce aux bosquets d’arbustes et aux fleurs en pots. Parfois on se retrouve avec une mare aux lotus et aux nénuphars, ce qui ne manque pas de rappeler la sérénité en accord avec la nature. 

Avec le troisième caractère Tam, il y a trois rangées transversales parallèles reliées souvent au milieu par des petits ponts ou par un couloir. C’est le cas des pagodes Kim Liên (Hànội) et Tây Phương (Hà Tây). La première rangée correspond à un groupe de bâtiments dont le premier s’appelle souvent sous le nom « salle antérieure ou tiền đường ». Connu parfois sous le nom vietnamien de « bái đường », celui-ci sert à recevoir tous les fidèles. Il est protégé à son entrée par les divinités gardiennes (ou dvàrapalàs ou hộ pháp) qui, aux traits menaçants, portent la cuirasse et montrent leurs armes (hallebarde, heaume etc..). Parfois, trônent aux côtés de cette salle antérieure les dix rois des enfers (Thập điện diêm vương ou Yamas) ou au couloir les 18 arhats (Phật La Hán) dans leurs différentes postures. C’est le cas de la pagode (Chùa Keo) où sont présents les 18 arhats dans la salle antérieure. Parfois il y a aussi les génies du sol ou le génie protecteur des biens de la pagode (Đức Ông). L’une des caractéristiques de la pagode vietnamienne est la présence de la déesse mère Mẫu Hạnh (Liễu Hạnh Công Chúa), l’un des 4 personnages adorés par les Vietnamiens. Sa vénération est visible par exemple dans la salle antérieure de la pagode Mía (Chùa Mía, Hà Tây). Puis dans un deuxième bâtiment légèrement surélevé par rapport au premier, on trouve des brûle-parfums ainsi que la stèle de pierre racontant l’histoire de la pagode. C’est pourquoi il a pour nom « nhà thiêu hương (ou salle de consommation d’encens) ». C’est aussi au fond de ce bâtiment qu’il y a un autel devant lequel les moines récitent les prières avec les fidèles en frappant sur un grelot en bois (mõ) et une cloche renversée en bronze (chuông). Il est possible de rencontrer parfois dans ce groupe de bâtiments la cloche si l’emplacement du clocher (gác chuông) n’est pas prévu à côté (ou à l’étage) du porche. Quelle que soit la taille de la pagode, on doit trouver au minimum trois bâtiments pour cette première rangée.

Après celle-ci, on se retrouve avec la rangée la plus importante de la pagode qui correspond à la salle des autels principaux (thượng điện). C’est ici qu’on a le panthéon aussi riche que hiérarchisé. Celui-ci est réparti sur trois socles. On trouve sur le plus haut socle adossé contre le mur du fond, l’autel des Bouddhas des Trois Eres (Tam Thế). Sur cet autel, figurent dans la conception du bouddhisme Màhayàna (Phật Giáo Đại Thừa) les trois statues représentant le Passé (Quá Khứ), le Présent (Hiện Tại) et le Futur (Vị Lai), chacune assise dans un trône de lotus. Sur le deuxième socle posé légèrement inférieur au premier trônent les trois statues dites trois existences avec le Bouddha Amitabha (Phật A Di Đà) au milieu, le Boddhisattva Avalokitecvara à gauche (Bồ Tát Quan Âm) et le Boddhisattva Mahasthanarrata à droite (Bồ Tát Đại Thế Chí). D’une manière générale, le Bouddha Amitabha est de stature plus imposante par rapport aux deux autres. Leur présence témoigne de l’importance accordée par les Vietnamiens à l’existence de la Terre pure (Tịnh Độ) dans le bouddhisme.

Cette croyance est tellement populaire auprès des Vietnamiens car selon eux, il existe le Paradis de l’Ouest (Sukhàvati ou Tây Phương cực lạc) auquel préside le Bouddha de la Lumière Infinie (Amitabha) et vers lequel ce dernier guide les âmes des morts. En faisant appel à son nom, le dévot pourrait accèder à ce paradis grâce à sa demande de la grâce auprès du Boddhisattva Avalokitecvara agissant comme intercesseur. Selon le chercheur vietnamien Nguyễn Thế Anh, c’est le moine Thảo Đường ramené au pays par le roi Lý Thánh Tôn lors de son expédition militaire au Champa (Đồng Dương), qui proposerait ce procédé de l’illumination au moyen de l’intuition et de l’engourdissement de l’esprit par la récitation du nom de Bouddha. C’est aussi pour cela que les bouddhistes vietnamiens ont l’habitude de prononcer A Di Đà (Amitabha) à la place du mot « bonjour » lorsqu’ils se rencontrent.

Schéma de l’agencement d’intérieur de la

pagode avec le caractère Công

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Enfin sur le dernier socle plus bas et plus large que les deux autres, se trouvent Cakyamouni, le Bouddha du Présent et ses deux plus grands disciples: Kasyapa (Đại Ca Diếp) et son cousin Ananda (Tôn Giả A Nan). Dans certaines pagodes, il y a un quatrième socle sur lequel figure le Bouddha du Futur Maitreya avec un boddhisattva Samantabhadra (Phổ Hiền Bồ Tát), symbole de la pratique à sa droite et un boddhisattva Manjusri (Bồ Tát Văn Thù Sư Lợi), symbole de la sagesse à sa gauche. Le nombre de statues exposées sur les autels varie en fonction de la renommée de la pagode en question. Il est dû en grande partie à des offrandes de la part des fidèles. C’est le cas de la pagode Mía (Chùa Mía) où on dénombre 287 statues, celui de la pagode Trăm Gian (Hà Tây) avec 153 statues etc…

Quant à la dernière rangée de la pagode (ou hậu đường), elle correspond à la salle postérieure et elle a le caractère multifonctionnel. Certaines pagodes la réservent à l’habitation des religieux (tăng đường). D’autres s’en servent pour la faire devenir lieu de culte des génies ou des héros comme Mạc Đĩnh Chi (pagode Chùa Dâu) ou Đặng Tiến Đông (pagode Trăm Gian, Hà Tây). C’est pourquoi on est habitué à dire: tiền Phật hậu Thần ( Le Bouddha devant et les Génies derrière). C’est le schéma inverse qu’on doit retrouver dans un temple (đình): Tiền Thần, Hậu Phật. (Les génies devant et le Bouddha derrière). On y trouve parfois un clocher ou un pavillon des Mânes pour les trépassés. 

Parfois, on réserve une pièce ou un autel dédié à ceux qui ont investi beaucoup d’argent dans la construction ou l’entretien de la pagode. La plupart des donateurs étaient des femmes, celles ayant une influence notable dans les affaires d’état. C’est le cas de la princesse Mía, l’une des concubines du seigneur Trịnh. On lui a réservé spécialement dans la pagode Mía un autel proche de celui du Bouddha. Dans la pagode Bút Tháp, on trouve carrément une salle destinée à la vénération des donatrices telles que la grande reine Trịnh Thị Ngọc Cúc, les princesses Lê Thị Ngọc Duyên et Trịnh Thị Ngọc Cơ. Ce sont des personnages ayant participé financièrement à la construction de cette pagode au XVIIème siècle. 

Dans l’arrière-cour de la pagode, on découvre soit un jardin avec des stupas soit un mare aux nénuphars. C’est le cas de la pagode Phát Tích dont l’arrière-cour comporte 32 stupas de taille différente dans son jardin. On trouve parfois dans l’agencement intérieur de la pagode vietnamienne la forme du caractère Đinh (). Celui-ci est le quatrième signe du cycle décimal usité dans le calendrier chinois. C’est le cas de la pagode Nhất Trụ construite par le roi vietnamien Lê Đại Hành à Hoa Lư (Ninh Bình), ancienne capitale du Vietnam et de la pagode Phúc Lâm (Tuyên Quang) édifiée sous la dynastie des Trần (XIII-XIVème siècle).

Le caractère auquel la plupart des pagodes vietnamiennes ont recours souvent dans leur agencement intérieur reste le caractère Công (). Outre les rangées principales détaillées à l’intérieur de la pagode, il existe deux longs couloirs reliant la salle antérieure (tiền đường) à la salle postérieure (hậu đường). Cela crée un cadre ayant la forme d’un rectangle et englobant ainsi les rangées principales citées jusqu’alors dans le caractère Tam. Cette disposition a l’aspect du caractère Công à l’intérieur de la pagode mais vu de l’extérieur, on a l’impression d’avoir le caractère Quốc () avec l’encadrement complété par les deux longs couloirs. 

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Références bibliographiques

À la recherche de la culture vietnamienne. Hữu Ngọc. Editions Thế Giới 2011

Quan Thế Âm Bồ Tát . Facebook

Le Bambou (Cây Tre)

Version vietnamienne

Version anglaise

Le bambou  est lié étroitement à la vie journalière des Vietnamiens. Lorsqu’on est en bas âge, on s’endort dans le balancement du berceau en bambou. Une fois devenu vieux et décédé, on repose dans un cercueil descendu dans la fosse avec des cordes de bambou. Le journaliste français  Jean Claude Pomonti, le spécialiste des questions d’Asie du Sud-Est, a nommé souvent et d’une manière humoristique, notre civilisation dans ses rubriques du journal « Le Monde » sous le label « civilisation du bambou » car le bambou est un élément important dans notre culture. Grâce aux recherches scientifiques, on sait que le bambou était la principale ressource utilisée par les groupes humains en Asie du Sud-Est il y avait 39 000 ans mais à cause des conditions de conservation extrêmement défavorables pour les matériaux organiques, cela rendait invisible cette utilisation plusieurs milliers d’années plus tard. Pourtant  le géographe célèbre  Pierre Gourou, en 1948, a parlé d’une « civilisation du végétal » pour l’Indochine, en particulier pour le Vietnam.  

C’est une plante à multiples usages au Vietnam. Grâce à cette plante, tout est possible dans ce pays où rien n’est facile et où on ne se laisse pas rebuter ou arrêter par des obstacles. D’abord,  dans notre histoire, le bambou est évoqué dans le mythe de l’enfant géant du village de Gióng.  Ce bonhomme grandit démesurément en quelques semaines pour chasser les armées venues du Nord (les Shang) et sur son cheval de fer crachant du feu, il réussit à arracher des forêts de bambous pour  abattre ses ennemis. Puis au XIIIème siècle, une victoire éclatante fut dirigée par le généralissime Trần Hưng Đạo contre les hordes mongoles de Kubilai Khan sur le fleuve Bạch Đằng avec les jonques et les barques de bois et de bambou. La victoire de Điện Biên Phủ fut obtenue en 1954 aussi contre le corps expéditionnaire français par l’utilisation massive et astucieuse des palanches de bambou et des bicyclettes à garniture de bambou  dans le ravitaillement du front en vivres et en munitions et dans le déplacement des pièces de canons démontés sur des pentes abruptes aux alentours du camp retranché de Điện Biên Phủ, ce qui facilite ainsi le pilonnage intensif  d’artillerie, de jour comme de nuit.

Par le biais de l’histoire, on s’aperçoit qu’il y a un attachement  profond de longue date du peuple vietnamien à ce bambou. C’est  cette plante que  le poète vietnamien Nguyễn Duy tente d’humaniser et décrire  pour les nobles qualités dans son poème intitulé « Tre Việt Nam (le bambou vietnamien) »dont quelques vers sont extraits ci-dessous:

Bão bùng thân bọc lấy thân
Tay ôm, tay níu tre gần nhau thêm.
Thương nhau, tre chẳng ở riêng
Luỹ thành từ đó mà nên hỡi người.

Lors de la tempête, les bambous se protègent le corps
Les bras serrés et raccrochés, ils tentent de se rapprocher des autres
Remplis d’affections, ils ne peuvent  pas vivre séparément
C’est ainsi que naît dès lors la forteresse des bambous.

Dans l’alimentation, les pousses de bambou entrent dans la préparation de nombreux plats.  Celles-ci sont nécessairement cuites ou appertisées afin de supprimer les toxines naturelles qu’elles contiennent.  Il y a beaucoup de proverbes et de chansons populaires faisant allusion à l’enfance en évoquant les pousses de bambou.  On dit măng sữa ( pousse de bambou à allaiter) ou tuổi măng sữa (âge tendre) pour faire référence à l’enfance. On a l’habitude de dire: Măng không uốn thì tre uốn  sao được. (Si on ne redresse pas la pousse, comment pourra-t-on redresser le bambou ?). La pousse de bambou nous rappelle la notion de la fuite du temps. Il ne faut pas laisser s’échapper le temps perdu car le bambou pousse un temps et l’homme n’a qu’un âge.  Il faut jouir du temps avant qu’il s’en aille et que la vieillesse à grands pas aille nous rattraper. C’est ce qu’on trouve  dans les chansons populaires ou les adages vietnamiens:

Măng mọc có lứa người ta có thì.

Il y a une saison pour les pousses de bambou comme il y a un temps pour les gens.

Ou

Khi đi trúc chưa mọc măng
Ngày về trúc đã cao bằng ngọn tre.

Le bambou n’avait pas encore de pousse quand je partais
Il a déjà atteint la cime du bambou quand je retourne.

Ou

Tre già măng mọc

Quand le bambou devient vieux, la pousse commence à sortir. 

Cette expression traduit  en quelque sorte notre espoir sur la jeunesse et sur les générations futures. 

Autrefois, les Vietnamiens se servirent de ce bambou creux si solide et si léger pour construire des cloisons, des haies hautes de plusieurs mètres protégeant leur village contre les ennemis et les brigands. On  trouve  ce matériau partout dans  la maison, de la charpente, des murailles, des cloisons jusqu’aux  planchers. Tout y est fait avec ce bois creux (meubles, lits, tables, accessoires divers etc …) même un gobelet à  boire. Déchiré en lanières, il sert de cordages et de ficelles. On se sert des filaments de bambou pour faire des paniers de tout genre pour faciliter les transports sur terre (hottes)  ou sur l’eau (paniers ronds). On en fait aussi des chapeaux coniques pour s’abriter de la pluie et du soleil. Grâce à cette plante, on sait créer des outillages usuels (le seau pour aller puiser de l’eau, la pipe pour les fumeurs, les conduites d’eau etc…). Il sert aussi à la nourriture des animaux et même à celle des villageois. Ceux-ci mangent, en guise d’asperges, les pousses les plus tendres de bambous. Même on déterre les racines de ce bois creux et on les assèche par le soleil durant des semaines entières. A l’approche du Tết, on s’en sert comme bois de chauffage pour cuire les gâteaux de riz gluant ou pour se protéger surtout contre le froid en hiver dans le Nord et le Centre du Vietnam. Le bambou devient ainsi quelque chose « sacrée », intime et propre au village. C’est grâce à ces haies faites avec cette plante que le village retrouve non seulement sa tranquillité et son intimité mais aussi ses traditions et ses mœurs. Le bambou devient ainsi le protecteur des villageois. C’est pourquoi dans un proverbe vietnamien on dit que

L’autorité du roi s’arrête devant les haies de bambous du village. (Phép vua thua lệ làng)

C’est aussi aujourd’hui seulement dans les villages qu’on trouve cette plante incomparable  qui facilite la vie des villageois. Le bambou et le village sont si étroitement liés qu’on les compare souvent à une personne liée à son ombre. C’est pourquoi on retrouve dans  plusieurs poèmes vietnamiens cette évocation. Cette impression, tout Vietnamien l’aura probablement lors de son passage dans son village natal à travers les quatre vers suivants:

Thì bao nhiêu cảnh mơ màng
Hiện ra khi thoàng cỗng làng tre xanh.

Au moment où on s’adonne à rêver, on voit apparaître de loin l’entrée du village ainsi que le bambou.

Dừng bước nơi đây lòng ngỗn ngang
Ngùi trông về Bắc nhớ tre làng

En s’arrêtant ici, on se sent désemparé
En se souvenant de son pays avec émotion, on est rappelé à revoir le bambou du village.

 

Retrouver le bambou c’est retrouver le village. C’est pour cela que le bambou devient ainsi le symbole représentatif du Vietnam

Cây Tre

Cây tre là một loại thực vật được gắn liền đến hoạt động hằng ngày của người dân Việt từ khi còn nằm  trong nôi cho đến khi qua đời được chôn ở dưới nấm mồ. Khi còn nhỏ, ta thường được ru ngủ và  được đu đưa trong chiếc nôi tre. Khi đến tuổi già và qua đời thì ta được an nghỉ trong một quan tài được hạ xuống hố qua các dây tre. Nhà báo Pháp Jean Claude Pomonti, một chuyên gia về các vấn đề Đông Nam Á, đã thường xuyên gọi  nền văn minh của chúng ta   một  cách hóm hỉnh   trong các mục của ông trên tờ báo « Le Monde » dưới cái tên « văn minh cây tre » vì tre là một yếu tố quan trọng trong nền văn hóa của chúng ta. Nhờ các cuộc  nghiên cứu khoa học, chúng ta biết rằng tre là nguồn tài nguyên chính được sử dụng bởi các nhóm người dân ở Đông Nam Á khoảng chừng  39,000 năm trước, nhưng do điều kiện bảo quản cực kỳ bất lợi cho các vật liệu hữu cơ, khiến cho việc sử dụng này không được nói đến có vài nghìn năm sau đó. Tuy nhiên, nhà địa lý học nổi tiếng Pierre Gourou, năm 1948, đã nói đến một nền văn minh thực vật ở  Đông Dương, đặc biệt là ở Việt Nam.

Tre là một loại cây có nhiều công dụng nhất ở Việt Nam. Nhờ có thực vật này, mọi thứ đều có thể thực hiện được ở đất nước này, nơi mà không có gì gọi là dễ dàng cả và cũng là nơi mà không để mình bị cản trở hoặc dừng lại bởi những chướng ngại nào cả. Trước hết, trong lịch sử của chúng ta, cây tre được gợi nhớ đến trong  truyền thuyết,  một đứa trẻ khổng lồ từ làng Gióng lớn lên rất nhanh  chóng trong vài tuần lễ để đánh đuổi quân nhà Ân Thương từ phương Bắc  và trên con ngựa sắt phung lửa,  thánh  thành công nhổ  các bụi tre đánh gục quân thù. Sau đó vào thế kỷ 13, chiến thắng vẻ vang của tướng Trần Hưng Đạo chống lại quân Mông Cổ của Kubilai Khan trên sông Bạch Đằng nhờ sử dụng các thuyền bè  bằng gỗ và tre. Chiến thắng Điện Biên Phủ  vào năm 1954 chống lại quân viễn chinh Pháp  nhờ việc sử dụng khôn khéo  những chiếc xe đạp cùng các đồ trang bị bằng tre trong việc tiếp tế lương thực, đạn dược cho mặt trận và trong việc di chuyển các khẩu đại bác trên những sườn núi có dốc xung quanh đồn lũy Điện Biên Phủ cố thủ khiến  tạo ra điều kiện thuận lợi cho pháo binh đột kích không ngừng cả ngày lẫn đêm. Trải qua quá trình lịch sử, chúng ta nhận thấy rằng có một mối liên hệ sâu sắc lâu đời giữa cây tre và con người Việt Nam. Chính loài cây này mà nhà thơ Việt Nam Nguyễn Duy đã cố gắng nhân hóa và miêu tả lại những phẩm chất cao quý của nó trong bài thơ “Tre Việt Nam” mà được trích ra vài câu thơ như sau:

Bão bùng thân bọc lấy thân
Tay ôm, tay níu tre gần nhau thêm.
Thương nhau, tre chẳng ở riêng
Luỹ thành từ đó mà nên hỡi người.

Trong chế độ ăn uống, măng được dùng để chế biến nhiều món ăn. Măng cần thiết phải được nấu chín hoặc bảo quản đóng hộp  để loại bỏ các độc tố tự nhiên mà có ở trong măng. Có rất nhiều câu tục ngữ và bài hát phổ biến ám chỉ tuổi thơ bằng cách gợi lên những búp măng. Chúng ta nói măng sữa (măng còn non) hay tuổi măng sữa (tuổi còn non) để chỉ thời thơ ấu. Chúng ta thường nói: Măng không uốn thì uốn sao được. (Nếu không nắn măng thì làm sao nắn được tre?). Cây măng gợi cho ta liên tưởng đến thời gian trôi qua rất nhanh. Chúng ta đừng để lãng phí thời gian trôi đi vì tre mọc một thời và con người cũng  chỉ có một tuổi. Chúng ta phải tận hưởng khoảng thời gian trước khi nó qua đi và tuổi già nhanh chóng bắt kịp được chúng ta. Đây là những gì chúng ta tìm thấy trong các bài ca dao hoặc các câu ngạn ngữ Việt Nam:

Măng mọc có lứa người ta có thì.

Hay

Khi đi trúc chưa mọc măng
Ngày về trúc đã cao bằng ngọn tre.

Hay

Tre già măng mọc

Từ ngữ nầy thể hiện sự  hy vọng của chúng ta ở tuổi trẻ và ở  thế hệ tương lai.

Thưở xưa, người dân Việt hay sử dụng loại tre  rỗng này rất vững chắc và nhẹ nhàng để làm vách ngăn, làm hàng rào cao vài thước  để bảo vệ làng trước kẻ thù địch hay kẻ cướp. Ở làng, tre làm được mọi thứ. Nó cung cấp mọi thứ cho nhà cửa, từ sườn, tường, vách ngăn cho đến sàn nhà đều làm bằng nan tre cả. Mọi thứ đều được làm bằng tre rỗng này (đồ nội thất, giường, bàn, các phụ kiện khác nhau vân vân…), thậm chí còn luôn cả cốc uống nước.  Bị tách ra thành dải, tre dùng  làm dây thừng và dây. Sợi tre được dùng làm các loại thúng thuận tiện cho việc vận chuyển trên đồng cạn (như gùi) hoặc trên mặt nước (như thuyền thúng).  Còn các sợi tre được  làm thành  các nón lá che mưa  hay che nắng. Nhờ có tre này, chúng ta còn  biết cách tạo ra các công cụ thông thường (xô lấy nước, tẩu hút thuốc, các ống nước vân vân…). Nó cũng được sử dụng làm thức ăn cho động vật và thậm chí cho dân làng.  Như măng tây những người  thích hay thường ăn những chồi non mềm mại nhất. Ngay cả phần rễ của tre rỗng này cũng được đào lên và đem đi phơi nắng trong nhiều tuần liền tiếp. Khi Tết về, dùng làm củi để nướng bánh chưng hoặc chống rét, nhất là vào mùa đông ở miền Bắc và miền Trung Việt Nam. Tre vì thế trở thành một thứ gì  rất “thiêng liêng”, thân thiết và đặc trưng của làng quê. Chính nhờ những hàng rào làm bằng loại cây tre này mà ngôi làng không chỉ lấy lại được sự bình yên riêng tư mà còn luôn cả truyền thống và phong tục. Cây tre trở thành người che chở dân làng. Đây là lý do tại sao trong tục ngữ Việt Nam người ta thường nói rằng: Phép vua thua lệ làng. 

Ngày nay chỉ có ở các làng quê, chúng ta mới tìm thấy loại cây nầy có một không hai và giúp dân làng có một  cuộc sống dễ dàng hơn. Tre và làng có quan hệ mật thiết với nhau đến nỗi chúng ta thường  so sánh như một con người được gắn bó với cái bóng của mình vậy. Đây là lý do tại sao chúng ta tìm thấy được  sự khơi gợi  này  trong các bài thơ của người dân Việt. Sự cảm nhận này, bất cứ người dân Việt nào cũng có khi trở  về làng quê qua bốn câu thơ sau đây:

Thì bao nhiêu cảnh mơ màng
Hiện ra khi thoàng cỗng làng tre xanh.

Dừng bước nơi đây lòng ngỗn ngang
Ngùi trông về Bắc nhớ tre làng

Tìm  lại được tre là tìm lại được làng quê. Đây là lý do vì sao cây tre trở thành biểu tượng tiêu biểu của Việt Nam.

Civilisation du bambou

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Buffle (Con Trâu hay Thủy ngưu)

 

Version vietnamienne

English version

Comme le Vietnam est un pays agricole, le buffle est considéré toujours comme un animal familier pour les Vietnamiens, en particulier pour les paysans.  Analogue aux autres peuples, le Vietnam a aussi beaucoup de légendes parmi lesquelles il y a une concernant le buffle.

Autrefois, pour aider les paysans vietnamiens, l’empereur céleste  chargea un génie de descendre au Vietnam avec deux sacs, l’un rempli de graines de céréales pour nourrir la population et l’autre de graines d’herbes pour le bétail. Il fut conseillé de semer d’abord les graines de céréales puis celles des herbes après. Comme il fut tellement distrait, il oublia les recommandations en faisant le contraire: les graines d’herbes d’abord puis celles de céréales après.

C’est pourquoi le Vietnam était tellement  inondé par des forêts d’herbes que  les plaintes de ses paysans se répercutaient en écho   jusqu’au ciel. Ayant appris cela, l’empereur céleste, furieux, condamna le génie à l’exil en le métamorphosant en un buffle vivant désormais au Vietnam. C’est pourquoi ce ruminant  était obligé de passer toute la journée à brouter l’herbe et à tirer les charrues pour racheter les erreurs commises. 

Le buffle est un animal très utile dans les pays agricoles, en particulier au Vietnam où les technologies agricoles ne sont pas très développées. Dans certains pays, si le chien est le meilleur ami de l’homme, c’est le buffle qui est le compagnon inséparable du paysan vietnamien. Sans ce ruminant, ce dernier serait dépourvu de tout car c’est lui qui l’aide à labourer tous les jours la terre, à charrier les fardeaux, à le remplacer dans des tâches fatigantes et ingrates. Ce ruminant est aussi l’animal que les Montagnards des Hauts Plateaux sacrifient pour demander au dieu de leur accorder la faveur en bénissant leur récolte.

Le buffle est l’animal bienfaiteur des paysans vietnamiens. C’est pourquoi il est l’animal le plus souvent cité dans les chansons populaires et les proverbes. Il est l’un des sujets enrichissants de la poésie vietnamienne.

Pour le paysan, le buffle fait partie de son patrimoine. C’est pourquoi on a l’habitude de dire:

Ruộng sâu, trâu nái
La rizière haute, le buffle étalon

pour désigner une personne aisée dans le village.

L’achat d’un buffle est un sujet aussi important que la construction d’un habitat ou la recherche d’une femme. C’est pourquoi les deux vers suivants illustrent cet état d’esprit chez un paysan vietnamien:

Tậu trâu, lấy vợ, làm nhà
Trong ba việc đo’ trong là khó thay.

L’achat d’un buffle, la recherche d’une femme et la construction d’un habitat
Parmi ces trois tâches, aucune ne paraît facile.

Comme c’est le cas de la pisciculture, l’élevage des buffles est un moyen de s’enrichir rapidement. C’est pourquoi on a l’habitude de citer souvent dans l’une des chansons populaires les deux vers suivants:

Muốn giàu thì nuôi trâu cái,
Muốn lụn bại thì nuôi bồ câu.

Si on veut s’enrichir, il faut acheter les buffles femelles,
Si on veut s’endetter, il suffit d’élever les pigeons.

Pour désigner le buffle, on a l’habitude d’utiliser le mot « ngưu () » mais cela s’avère incorrect. Selon le chercheur vietnamien Lại Nguyên Ân, c’est une erreur qu’on doit connaître.  Le buffle ne vit que dans les régions tropicales. Dans le nord de la Chine, on ne trouve pas le buffle.  Il semble que  ce mammifère existe seulement  en Kouang Tong et Kouang Si à l’époque où le territoire des Bai Yue était annexé par les Han.  Dans les textes anciens chinois écrits parles Chinois du Nord, on emploie le mot « ngưu » pour faire allusion à un  bœuf. Quant au buffle, dans le dictionnaire chinois, on le désigne par le mot « thủy ngưu (水牛) » car il est un bœuf qui sait bien nager dans l’eau. C’est un fait à connaître.

L’image du buffle est liée étroitement au paysage rural du Vietnam. On a l’habitude de voir souvent les buffles herser le sol  après le labourage dans les rizières.  C’est pourquoi la tâche pénible du buffle est décrite dans l’un des poèmes suivants: 

Trâu ơi ta bảo trâu này
Trâu ra ngoài ruộng trâu cày với ta.
Cầy cấy vốn nghiệp nông gia
Ta đây trâu đấy ai mà quản công.

Ô mon buffle, écoute ce que je te dis
Tu vas à  la rizière, tu  laboures avec moi;  
Labourer et repiquer c’est le métier des laboureurs
Moi que voici, toi que voilà, qui de nous plaint sa peine.

ou 

Trên đồng cạn dưới đồng sâu,
Chồng bừa vợ cấy con trâu đi cày.

Dans la rizière haute et dans la rizière basse,
Le mari herse, la femme repique, le buffle laboure.

Le matin  le buffle est visible de bonne heure dans la rizière.  Le soir, il est ramené au hameau par le bouvier après une journée de labeur.  Le Vietnamien a l’occasion de rappeler le tableau de la vie rustique à la campagne décrit par la poétesse célèbre Huyện Thanh Quan ( la sous-préfète de Thanh Quan (ou Thái Bình d’aujourd’hui)) dans son poème intitulé « Paysage crépusculaire (Cảnh chiều hôm) »: 

Chiều trời bảng lảng bóng hoàng hôn
Tiếng ốc xa đưa lẫn trống đồn.
Gác mái ngư ông về viễn phố,
Gỏ sừng mục tử lại cô thôn…

Le soir ramène les ombres du crépuscule sous un ciel blafard;
On entend de loin le son de la trompe des veilleurs répondant au tam-tam du poste de garde;
Le vieux pêcheur  déposant sa rame regagne sa station lointaine;
Le jeune bouvier frappant les cornes de son buffle regagne son hameau solitaire….

Dans l’histoire du Viet Nam, il y a deux illustres personnages assumant le rôle de bouvier quand ils sont jeunes.  À cause de la pauvreté, ils sont obligés de passer leur journée à garder les buffles bien qu’ils soient bien éduqués. Le premier était Đinh Bộ Lĩnh.  Il avait le mérite de mater les rébellions des douze seigneurs locaux et unifier le pays. Il devenait ainsi le premier empereur d’un  Vietnam indépendant après mille ans de la domination chinoise.  Le second était Đao Duy Từ. Celui-ci se réfugia à une époque dans le sud (Đàng Trong) pour s’occuper d’un troupeau de buffles appartenant à un homme riche dans la région Tùng Châu.  Sachant que Đao Duy Từ n’était pas un personnage ordinaire, cet homme riche le recommanda à Trần Đức Hoà, le conseiller éminent du seigneur Nguyễn Phúc Nguyên. En trouvant en lui les qualités d’un homme instruit et talentueux, Trần Đức Hoà lui donna  sa fille en mariage et le présenta au seigneur  des Nguyễn,   Nguyễn Phúc Nguyên (ou seigneur bonze).  C’est sur ses recommandations que ce dernier réussit à construire deux forteresses « Trường Dục » et « Định Bắc Trường thành » le long du fleuve Nhật Lê qu’on est habitué à appeler « la forteresse du Maître »  à Đồng Hới (Quảng Bình) pour résister aux assauts des armées du seigneur Trịnh. Il était le mandarin méritant de la dynastie des Nguyễn et il était considéré toujours par le seigneur Nguyễn Phúc Nguyên comme son « Maître Vénéré« .

Bref, on trouve en grande partie à travers l’image du buffle celle de notre pays, le Vietnam. Pour les Vietnamiens d’Outre Mer, revoir le buffle c’est retrouver le Vietnam. Cet animal est l’un des symboles représentatifs du Vietnam avec le bambou. Le buffle reflète à la fois la douceur de vivre et la résistance inébranlable du peuple vietnamien.

Version vietnamienne

Galerie des photos

Việt Nam là một nước nông nghiệp nên con trâu vẫn được xem  là  con động vật quen thuộc  của người dân Việt  nhất là với những người nông dân. Tương tự như các dân tộc khác, nước ta cũng có nhiều truyền thuyết, trong đó có một truyền thuyết liên quan đến con trâu.

Thưở xưa, để giúp đỡ những người nông dân Việt, Ngọc Hoàng có sai một vị thần xuống Việt Nam với hai bao tải, một bao đựng ngũ cốc để nuôi dân và một bao đựng cỏ cho gia súc. Theo lời chĩ dẫn thì nên gieo hạt ngũ cốc trước, sau đó mới đến hạt cỏ. Vị thần nầy có tính lo ra nên quên mất làm ngược lại tức là gieo hạt cỏ trước rồi đến ngũ cốc sau.

Bởi vậy nước ta có đầy cỏ rừng thảo mộc khiến người nông dân than thở vang đến tận thiên đình. Khi biết được điều này, Thượng Đế nổi giận lên án đày vị thần  nầy biến thành con trâu xuống sống ở Việt Nam. Đây là lý do tại sao loài nhai lại này phải gặm cỏ cả ngày và kéo cày để chuộc lại lỗi lầm của mình làm ra.

Trâu là một loài động vật rất hữu ích ở các nước nông nghiệp, đặc biệt là ở Việt Nam, nơi mà công nghệ nông nghiệp chưa phát triển mạnh mẽ.Tại vài nước , nếu con chó là người bạn thân thiết nhất của con người thì con trâu lại là bạn đồng hành chí thiết của người nông dân Việt Nam. Nếu không có loài nhai lại này, người dân Việt sẽ  thiếu mọi thứ vì chính trâu giúp họ cày đất mỗi ngày, gánh vác, thay thế họ làm những công việc nặng nhọc và bạc bẽo. Loài động vật nhai lại này cũng là loài vật mà người Thượng Tây Nguyên thường hiến tế để xin thần linh ban ơn cho mùa màng thuận lợi.

Con trâu là loại thú được xem đem lại nhiều lợi ích cho  nông dân Việt. Đây là lý do tại sao nó là con  động vật thường được nhắc đến trong các bài ca dao và tục ngữ phổ biến. Nó là một trong những đề tài làm phong phú thêm nền thi văn Việt Nam. Đối với người nông dân, con trâu là một phần di sản của họ. Bởi vậy ta thường nói: Ruộng sâu, trâu nái để hàm ý chỉ người giàu có trong làng.

Việc tậu trâu là một đề tài quan trọng như cất nhà hay kiếm vợ. Hai câu thơ dưới đây minh họa tâm trạng của người nông dân khó mà chọn lựa :

Tậu trâu, lấy vợ, làm nhà
Trong ba việc đó trong là khó thay.

Cũng như nuôi cá, nuôi trâu là phương án làm giàu nhanh chóng. Đây là lý do mà tại sao người ta thường có thói quen trích dẫn trong một  của những bài hát nổi tiếng hai câu thơ như sau: 

Muốn giàu thì nuôi trâu cái,
Muốn lụn bại thì nuôi bồ câu.

Để chỉ con trâu, người ta có thói quen dùng chữ Ngưu không thôi nhưng thật sự không đúng. Theo nhà nghiên cứu văn học Lại Nguyên Ân đây là một sai lầm cần phải biết. Trâu duy có xứ nóng mới có. Phương bắc nước Tàu không có trâu, hình như chỉ có Quảng Đông Quảng Tây mới có mà thôi lúc mà người Hoa thôn tính được  Bách Việt. Sách vở Tàu đời xưa toàn do người phương bắc làm, cho nên chỉ nói ngưu để chỉ con bò.  Còn con trâu thì trong tự điển mới gọi là thủy ngưu vì nó là con bò lội nước rất giỏi. Một sự thật  cần phải biết.

Hình ảnh con trâu  thường được gắn liền với phong cảnh nông thôn của nước Việt. Chúng ta hay  quen nhìn thấy trâu thường xới đất sau khi cày trên ruộng lúa. Đó là lý do tại sao nhiệm vụ cực nhọc vất vã của con trâu được miêu tả trong một trong những bài thơ sau đây:

Trâu ơi ta bảo trâu này
Trâu ra ngoài ruộng trâu cày với ta.
Cầy cấy vốn nghiệp nông gia
Ta đây trâu đấy ai mà quản công.

hay là

Trên đồng cạn dưới đồng sâu,
Chồng bừa vợ cấy con trâu đi cày.

Sáng sớm trâu ở ngoài đồng, chiều tối trâu được mục đồng dẫn về nông thôn sau một ngày vất vã. Ai cũng có dịp được biết cuộc sống mộc mạc ở  đồng quê mà  nhà thơ lỗi lạc, bà Huyện Thanh Quan đã mô tả  trong bài thơ Cảnh chiều hôm:

Chiều trời bảng lảng bóng hoàng hôn
Tiếng ốc xa đưa lẫn trống đồn.
Gác mái ngư ông về viễn phố,
Gỏ sừng mục tử lại cô thôn…

Trong lịch sử Việt Nam, có hai danh nhân lúc thưở nhỏ đã từng làm mục đồng tức là làm nghề giữ trâu. Họ vì nghèo chớ không phải thất học dù họ chân lắm tay bùn cần kề với trâu. Đó là Đinh Bộ LĩnhĐào Duy Từ. Đinh Bộ Lĩnh có công dẹp được loạn sứ thần, thống nhất đất nước và trở thành hoàng đế đầu tiên của một nước Việt Nam độc lâp sau một ngàn năm Bắc thuộc. Còn Đào Duy Từ thì có một thời vào nam phải đi chăn trâu cho một phú ông ở xã Tùng Châu nhưng phú ông biết Đào Duy Từ không phải người thường nên giới thiệu ông với Trần Đức Hoà. Nhận thấy ông học rộng tài cao nên  Trần Đức Hòa gã con gái cho ông và giới thiêu ông với chúa Sãi Nguyễn Phúc Nguyên. Nhờ thế ông mới giúp chúa Sãi  đắp lũy Trường Dục  và lũy Định Bắc Trường thành dọc theo song Nhật Lê tục gọi là lũy thầy Đồng Hới để ngăn chặn quân Trịnh. Ông là một công thần của nhà Nguyễn và được chúa Sãi xem như  một người thầy được kính mến.

Tóm lại, qua hình ảnh con trâu chúng ta nhận thấy ra một phần lớn hình ảnh của đất nước Việt Nam chúng ta. Đối với người dân  Việt ở hải ngoại, gặp được lại con trâu là tìm lại được đất nước Việt Nam. Con trâu là một trong những biểu tượng đại diện Việt Nam cùng với cây tre. Con trâu thể hiện  sự dịu dàng của cuộc sống và sự kháng cự kiên định của người dân Việt.

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Costumes des minorités ethniques du Vietnam

Costumes des minorités ethniques du Vietnam.

Costumes of ethnic minorities in Vietnam

Váy của phụ nữ Hmong ( Jupe de femme Hmong)

 

  

Y phục dân tộc thiểu số

  

          1°)  Lolo        2°)  Hà Nhi          3°) La Chi        4°)  Pa Thẻn         5°)  Mảng  

Photos prises au musée d’ethnographie (Hànội)

 

Hội An et ses maisons historiques (3ème partie)

 

Schéma de la double toiture d’une maison traditionnelle

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Nét duyên dáng của  nhà cổ

Version anglaise

Version vietnamienne

Une autre caractéristique importante de la maison traditionnelle de Hội An est la présence d’une paire de « yeux du dragon » en bois accrochés souvent au dessus de sa porte d’entrée. Parfois on les retrouve à l’intérieur de la maison. On recense au moins une vingtaine de modèles ayant chacun une forme différente: un rond, un octogone etc. mais le plus commun trouvé reste le chrysanthème à huit pétales correspondant aux 8 caractères trouvés dans le Yi King (Kinh Dịch) et ayant à son centre le symbole du Yin et du Yang (Âm Dương). Ces yeux du dragon sont aussi un détail important que l’architecte polonais Kazimierz Kwiatkowsky (Kazik) n’a pas laissé s’échapper au moment où il avait l’occasion d’examiner l’architecture de Hội An, en particulier celle de ses maisons traditionnelles. Certains spécialistes trouvent dans ces yeux l’incarnation de l’âme de la ville Hội An tandis que d’autres attribuent à cette paire l’allégorie de la culture et de la tradition orientale. Selon l’écrivain Hữu Ngọc, les chercheurs ont trouvé leur origine à partir des clous en bois dont on est habitué à voir la fixation dans les linteaux des portes d’accès aux temples bouddhistes dans le Sud de la Chine. Personne ne conteste cette explication relative à leur origine mais on est amené à penser que cette paire d’yeux revêt plutôt une signification très spéciale, un caractère spirituel ou religieux que le propriétaire aimerait lier à son destin lors de son installation. Pour ce dernier, ces yeux ont la faculté d’entendre les réflexions de chaque membre au sein de la famille et de capter aussi tout ce qui s’est passé autour de la maison et au coeur même de sa propre vie. Il faut se rappeler qu’avant d’être sinisés, les gens de la région du Sud de la Chine faisaient partie du groupe Bai Yue (Cent Yue). Analogues aux Vietnamiens, ils étaient animistes car ils croyaient qu’il existe une force vitale, une âme animant tous les êtres naturels ou non (y compris les objets). (Vạn vật hữu linh). Ce culte perdura depuis la nuit des temps. Ces yeux du dragon sont en quelque sorte ceux du génie protecteur de la maison.

Une autre particularité retient l’attention de ceux qui ont l’occasion de visiter les maisons anciennes de Hội An. Ce sont les tuiles tubulaires yin yang  (ngói ống âm dương) qu’on est habitué à trouver souvent dans les bâtiments imposants des grandes surfaces commerciales en Asie. Ces tuiles ayant la forme d’un quart de cylindre, sont disposées de manière qu’une tuile convexe est reliée à une tuile concave, ce qui leur permet de recevoir le nom de « tuiles yin-yang » grâce à l’équilibre trouvé dans le Yin et le Yang.. Elles sont en terre cuite et sont divisées toujours en quatre pièces courbes, avant d’être déposées dans une moule cylindrique et soumises au  séchage et au cuisson.

Quant aux maisons traditionnelles « nhà rường« , elles sont plus spacieuses et plus confortables car elles peuvent comporter de 3 jusqu’à 5 bâtiments. Ells ont souvent à l’arrière du premier bâtiment, un jardin privé en miniature où le propriétaire, en temps de repos et de loisir, vient fumer du tabac, prendre du thé avec ses amis et contempler le paysage. Il vous manque seulement la visite pour apprécier les attributs distinctifs des maisons traditionnelles de Hội An et leurs valeurs du passé.  [Return HOI AN]

Version anglaise

Another important feature of the traditional Hội An house is the presence of a pair of wooden « dragon eyes » often hung above its entrance door. Sometimes they are found inside the house. At least twenty models have been recorded, each with a different shape: a circle, an octagon, etc., but the most common one found remains the chrysanthemum with eight petals corresponding to the 8 characters found in the Yi King (Kinh Dịch) and having at its center the symbol of Yin and Yang (Âm Dương). These dragon eyes are also an important detail that the Polish architect Kazimierz Kwiatkowsky (Kazik) did not overlook when he had the opportunity to examine the architecture of Hội An, particularly that of its traditional houses. Some specialists see in these eyes the embodiment of the soul of the city of Hội An, while others attribute to this pair the allegory of Eastern culture and tradition. According to the writer Hữu Ngọc, researchers have traced their origin to wooden nails commonly seen fixing the lintels of entrance doors to Buddhist temples in southern China. No one disputes this explanation regarding their origin, but one is led to think that this pair of eyes rather carries a very special meaning, a spiritual or religious character that the owner would like to link to their destiny upon settling in.

For the latter, these eyes have the ability to hear the thoughts of each family member and also to capture everything that has happened around the house and at the very heart of their own life. It should be remembered that before being sinicized, the people of the southern region of China were part of the Bai Yue group (Hundred Yue). Similar to the Vietnamese, they were animists because they believed in a vital force, a soul animating all natural or non-natural beings (including objects). (Vạn vật hữu linh). This cult has lasted since time immemorial. These dragon eyes are in a way those of the protective spirit of the house.

Another particularity catches the attention of those who have the opportunity to visit the old houses of Hội An. These are the yin yang tubular tiles (ngói ống âm dương) often found in the imposing buildings of large commercial areas in Asia. These tiles, shaped like a quarter of a cylinder, are arranged so that a convex tile is connected to a concave tile, which allows them to be called « yin-yang tiles » thanks to the balance found in Yin and Yang. They are made of terracotta and are always divided into four curved pieces before being placed in a cylindrical mold and subjected to drying and firing.

As for the traditional « nhà rường » houses, they are more spacious and comfortable because they can consist of 3 to 5 buildings. They often have, at the back of the first building, a miniature private garden where the owner, during rest and leisure time, comes to smoke tobacco, have tea with friends, and contemplate the landscape. All that is missing is your visit to appreciate the distinctive attributes of Hội An’s traditional houses and their values from the past.

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Version vietnamienne

Một đặc điểm quan trọng khác của ngôi nhà truyền thống Hội An là sự hiện diện của một cặp « mắt rồng » bằng gỗ thường được treo phía trên cửa ra vào. Đôi khi chúng được tìm thấy bên trong ngôi nhà. Ít nhất hai mươi mô hình đã được ghi nhận, mỗi mô hình có một hình dạng khác nhau: hình tròn, hình bát giác vân vân  nhưng mô hình phổ biến nhất được tìm thấy vẫn là hoa cúc với tám cánh hoa tương ứng với 8 ký tự được tìm thấy trong Kinh Dịch và có biểu tượng Âm Dương ở trung tâm. Những đôi mắt rồng này cũng là một chi tiết quan trọng mà kiến ​​trúc sư người Ba Lan Kazimierz Kwiatkowsky (Kazik) không bỏ qua khi ông có cơ hội nghiên cứu kiến ​​trúc của Hội An, đặc biệt là kiến ​​trúc của những ngôi nhà truyền thống. Một số chuyên gia nhìn thấy ở đôi mắt này sự hiện thân của linh hồn thành phố Hội An, trong khi những người khác lại cho rằng cặp mắt này là ẩn dụ về văn hóa và truyền thống phương Đông.

Theo nhà văn Hữu Ngọc, các nhà nghiên cứu đã lần ra nguồn gốc của chúng từ những chiếc đinh gỗ thường thấy trên các thanh ngang cửa ra vào của các ngôi chùa Phật giáo ở miền Nam Trung Quốc. Không ai tranh cãi về lời giải thích này về nguồn gốc của chúng, nhưng người ta cho rằng đôi mắt rồng này mang một ý nghĩa rất đặc biệt, một đặc điểm tâm linh hoặc tôn giáo mà chủ nhân muốn gắn kết với vận mệnh của mình khi định cư. Đối với người theo chủ nghĩa này, đôi mắt rồng có khả năng nghe được suy nghĩ của từng thành viên trong gia đình và cũng có thể nắm bắt mọi thứ đã xảy ra xung quanh ngôi nhà và ngay trong chính cuộc sống của họ. Cần nhớ rằng trước khi bị Hán hóa, người dân miền Nam Trung Quốc thuộc nhóm Bách Việt (Bách Việt).

Tương tự như người Việt Nam, họ theo thuyết vật linh vì họ tin vào một sức sống, một linh hồn điều khiển mọi sinh vật tự nhiên hoặc phi tự nhiên (bao gồm cả đồ vật). Tín ngưỡng này đã tồn tại từ xa xưa. Đôi mắt rồng, theo một cách nào đó, là linh hồn bảo vệ ngôi nhà.Một điểm đặc biệt khác thu hút sự chú ý của những ai có dịp ghé thăm những ngôi nhà cổ Hội An. Đó là những viên ngói ống âm dương thường thấy trong các tòa nhà đồ sộ của các khu thương mại lớn ở châu Á. Những viên ngói này, có hình dạng như một phần tư hình trụ, được sắp xếp sao cho một viên lồi nối với một viên lõm, nhờ vào sự cân bằng giữa Âm và Dương mà chúng được gọi là « ngói ống âm dương » (gạch âm dương). Chúng được làm bằng đất nung và luôn được chia thành bốn phần cong trước khi được đặt vào khuôn hình trụ, sấy khô và nung. Đối với những ngôi nhà rường truyền thống, chúng rộng rãi và thoải mái hơn vì có thể bao gồm 3 đến 5 tòa nhà. Chúng thường có một khu vườn riêng thu nhỏ ở phía sau tòa nhà đầu tiên, nơi chủ nhà, trong thời gian nghỉ ngơi và giải trí, đến hút thuốc lá, uống trà với bạn bè và ngắm cảnh. Điều duy nhất còn thiếu là chuyến thăm của bạn để cảm nhận những nét đặc trưng của những ngôi nhà truyền thống Hội An và những giá trị của chúng từ quá khứ. 

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À la recherche de la civilisation éteinte (3ème partie)

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Troisième partie

Les temples et les tours Chàm sont construits avec des briques en terre cuite. Celles-ci sont associées à des ornements en grès: jambages, pilastres, linteaux, antes etc .. De dimensions variées, ces briques dont les formes sont souvent parallélépipédiques sont chauffées à petit feu. Malgré l’absence du mortier, elles continuent à rester soudées les unes des autres au fil des siècles, ce qui permet aux tours et aux temples de résister tant bien que mal aux attaques des intempéries. Cela constitue encore une énigme pour la plupart des scientifiques et cela prouve que la technique de fabrication et d’utilisation des briques a atteint chez les Chàms un très haut niveau. 

Par contre, selon un grand chercheur vietnamien, spécialiste de l’art Chàm, Trần Kỳ Phương, l’extraordinaire solidité de ces énormes blocs de briques agrégés entre eux provient de l’utilisation d’un mélange d’huile (dầu rái) (résine de Pipterocarpus Alatus Roxb) et de la chaux provenant de la cuisson des coquillages et de la poudre de brique. D’autres chercheurs n’hésitent pas à reprendre la vieille idée qui est pourtant abandonnée depuis longtemps. C’est celle d’une cuisson de l’édifice tout entier en une seule fois. C’est l’hypothèse émise par un chercheur vietnamien Ngô Văn Doanh dans son ouvrage intitulé « La culture du Champa, Editions Culture et Informations, Hanoï , 1994 » (Văn Hóa Chămpa, Thông Tin , Hànội ).

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En admirant ces tours, le voyageur ne peut pas retenir sa tristesse de voir disparaître l’une des civilisations brillantes d’Indochine dans les tourbillons de l’histoire. C’est à nous, les Vietnamiens de redonner à ce peuple vaincu la place et la dignité qu’il mérite dans notre société et de lui montrer notre attachement à sa culture. C’est seulement dans cet esprit d’ouverture et de tolérance que le Vietnam est fier d’être une mosaïque de 54 ethnies. C’est un apport culturel inouï à notre richesse culturelle millénaire.


Références bibliographiques:

Introduction à l’étude de l’Annam et du Champa (Hanoi 1934). I.Y. Claèys
Les états hindouisés d’Indochine et d’Indonésie. (Paris 1948). G. Coedès.
Les ruines Cham. (Thế Giới, Hà Nội, 1993) (Trần Kỳ Phương).
Le royaume du Champa (Paris 1928) G. Maspéro
Indochine, carrefour des arts (Paris, 1981) B. Groslier.
Histoire du Việt-Nam (Hà Nội, 1957) Ðào Duy Anh (1)
La culture du Champa (Editions Culture et Informations, Hanoi, 1994) Ngô Văn Doanh

Bái Đính (Ninh Bình)

 

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Complexe paysager de Tràng An

English version
Version vietnamienne
 

Pagode Bái Đính

Étant située sur la chaîne de montagnes karstiques Tràng An de Ninh Bình, la pagode Bái Đinh a connu une longue existence datant de plusieurs siècles. Sa renommée est attestée depuis longtemps sous les dynasties successives: Đinh, Lê antérieur et Lý.  Aujourd’hui, elle  devient un complexe religieux où on trouve non seulement le temple ancien mais aussi de nouveaux temples en cours de construction depuis 2003. La pagode Bái Đính est considérée en Asie du Sud Est comme la pagode possédant la statue gigantesque Bouddha coulée en bronze et importée de la Russie.  Celle-ci a une   hauteur  de 16 mètres et un poids de 100 tonnes. Les  500 arhats  en marbre blanche  de la pagode sont répartis à peu près sur 2 kilomètres tout le long d’un couloir. Ce complexe a une superficie totale de 539 ha dont on attribue 27 ha pour l’ancienne pagode, 80 ha pour les nouveaux temples, un centre d’études bouddhiques, des espaces d’accueil et des parkings ainsi qu’un système de lacs. 

Patrimoine culturel  mondial du Vietnam

Chùa Bái Đính

nằm trên sườn núi đá Tràng An của Ninh Bình  là một chùa đã có lâu đời. Chùa được nổi tiếng dưới ba triều đại: Đinh, Tiền Lê và Lý. Ngày nay, chùa Bái là một quần thể tôn giáo gồm có không những ngôi đền cổ mà còn có thêm các ngôi đền khác được xây dựng từ 2003. Chùa Bái Đính được xem ở Đông Nam Á là chùa có tượng Phật bằng đồng dát vàng lớn nhất nhập từ Nga Sô. Tượng nầy có bề cao là 16 thước và nặng 100 tấn. 500 La Hán bằng cẩm thạch trắng được phân phối dộc theo hành lang dài gần 2 cây số. Quân thể nầy có một diện tích tổng cộng là 539 ha mà trong đó 27 ha dành cho chùa cổ, 80 ha cho các đền mới xây cất, một khu học viện Phật giáo,  một khu đón tiếp du khách và các bãi đậu xe chưa kể đến các hồ nước.

Ninh Bình (Hạ Long cạn)

Langue (Ngữ)


mecon

Ngữ

English version

Vietnamese version

À cause de l’influence chinoise durant 1000 ans, la langue vietnamienne s’est appropriée un grand nombre de mots chinois. Le vietnamien est une langue monosyllabique tonale. Un syllabe peut se prononcer sur six tons distincts et constitue pour chacun un sens différent. Cela crée une difficulté énorme pour un débutant. De plus, à l’écrit, ces tons sont indiqués par des accents diacritiques, ce qui confère au vietnamien une grande musicalité. L’exemple de la syllabe suivant ma apporte une signification différente selon son accentuation. (ma: fantôme, má: maman, mã: cheval, mạ: semis, mà : où etc.). Si la même langue est parlée partout, il y a quand même une différence d’accent énorme entre le Nord, le Centre et le Sud.

Jusqu’en 1648, la langue vietnamienne écrite fut dominée par l’utilisation massive des caractères chinois (ou chữ nho). Le vietnamien fut phonétiquement romanisé par le jésuite français Alexandre de Rhodes qui publia, en 1651, le premier et célèbre Dictionnaire vietnamien, portugais et latin en quốc ngữ. Cette transcription alphabétique fut employée d’abord par l’Eglise catholique et devint obligatoire seulement en 1906 dans l’enseignement secondaire. En 1919, elle devint l’écriture nationale. C’est le seul pays du Sud-est asiatique qui possède une écriture romanisée malgré une influence chinoise omniprésente.

English version

Because the Chinese influence for 1000 years, the Vietnamese language has adopted a large number of Chinese words. Vietnamese is a monosyllabic tonal language. A syllable can be pronounced in six distinct tones, each of which has a different meaning. This creates a huge challenge for a beginner. Furthermore, in writing, these tones are indicated by diacritical accents, which gives Vietnamese a great musicality. For example, the following syllable ma has a different meaning depending on its accentuation. (ma: ghost, má: mother, mã: horse, mạ: seed, mà: where, etc.). While the same language is spoken everywhere, there is still a huge difference in accent between the North, the Center, and the South.

Until 1648, the written Vietnamese language was dominated by the massive use of Chinese characters (or chữ nho). Vietnamese was phonetically romanized by the French Jesuit Alexandre de Rhodes, who published the famous first Vietnamese, Portuguese and Latin Dictionary in quốc ngữ in 1651. This alphabetical transcription was first used by the Catholic Church and only became compulsory in secondary education in 1906. In 1919, it became the national script. It is the only Southeast Asian country with a romanized script, despite the omnipresent Chinese influence.

Version vietnamienne

Do chịu ảnh hưởng của tiếng Trung Hoa trong 1000 năm, tiếng Việt đã tiếp thu một lượng lớn từ vựng tiếng Trung. Tiếng Việt là ngôn ngữ đơn âm tiết có thanh điệu. Một âm tiết có thể được phát âm bằng sáu thanh điệu riêng biệt và mỗi thanh điệu có một ý nghĩa khác nhau. Điều này gây ra sự khó khăn rất lớn cho người mới bắt đầu học tiếng Việt. Hơn nữa, trong văn viết, các thanh điệu này được biểu thị bằng dấu phụ, mang lại cho tiếng Việt có tính nhạc tuyệt vời. Ví dụ về âm tiết ma sau đây mang lại ý nghĩa khác nhau tùy thuộc vào trọng âm của nó. (ma: ma, : mẹ, : ngựa, mạ: hạt giống,: đâu vân.vân.). Mặc dù cùng một ngôn ngữ được nói ở khắp mọi nơi, vẫn có sự khác biệt rất lớn về giọng giữa miền Bắc, miền Trung và miền Nam.

Cho đến năm 1648, chữ viết của Việt Nam chủ yếu sử dụng chữ Hán (hay chữ nho). Tiếng Việt được phiên âm theo tiếng La-tinh bởi tu sĩ dòng Tên người Pháp Alexandre de Rhodes, người đã xuất bản cuốn Từ điển tiếng Việt, tiếng Bồ Đào Nha và tiếng La-tinh đầu tiên và nổi tiếng bằng tiếng Quốc Ngữ vào năm 1651. Hệ thống phiên âm theo loại chữ này lần đầu tiên được Giáo hội Công giáo sử dụng và chỉ  bắt buộc trong giáo dục trung học vào năm 1906. Năm 1919, nó trở thành chữ viết quốc gia. Đây là quốc gia duy nhất ở Đông Nam Á có chữ viết La Mã mặc dù chịu ảnh hưởng sâu sắc của chữ Hán.

Maison communale (Đình Làng: phần 4)

 

Art de décoration dans les Ðình

Version vietnamienne
Version anglaise

Grâce à la maison communale (đình), on découvre que la vie villageoise s’introduit intimement dans l’art de décoration. Celui-ci tente de se libérer non seulement des modèles conventionnels classiques rencontrés jusqu’alors mais aussi du carcan confucianiste qu’a connu le Vietnam dans le système féodal. C’est ce qu’on voit dans les sculptures sur bois qui occupent tous les espaces libres rencontrés à l’intérieur du đình, de la charpente de la toiture jusqu’aux colonnes. 

Tous les défauts de la construction sont cachés avec adresse grâce à cette technique d’embellissement. Dans chaque pièce sculptée, le motif que ce soit un animal, un personnage, une fleur etc. est unique et ne se retrouve nulle part même s’il s’agit du même thème. Par contre, on découvre dans ces sculptures la coexistence à travers des siècles de deux cultures, l’une nationale et savante et l’autre populaire. On trouve non seulement dans la première tous les motifs relatifs aux quatre animaux hiératiques (Rồng, Lân, ,Rùa, Phượng) ( Dragon, Licorne, Tortue, Phénix) aux plantes nobles, aux fées, aux animaux (tigres, éléphants etc.) mais aussi la fantaisie, l’imagination, l’innovation de la part du paysan-sculpteur malgré son obéissance stricte aux normes fixées.

Dans les sculptures populaires, le maître artisan qui est avant tout un paysan,  tente de « se libérer lui-même » et  se laisse guider par ses inspirations personnelles, ses émotions sincères, ses frustrations, sa spontanéité et ses sentiments dans la réalisation de son oeuvre avec réalisme et humour. Il réussit à échapper à la censure des mœurs par une habilité peu commune en procédant à la description des scènes grivoises dans son oeuvre: une jeune fille se baignant nue dans la mare aux lotus ou assise d’une manière indiscrète  sur une tête de dragon (đình Phụ Lão, Bắc Giang) , un jeune homme pelotant le corps d’une femme sous le regard complice d’un compère (đình Hưng Lộc), un mandarin dérangeant un fille au moment de la baignade et profitant de mettre la main sous sa camisole (đình Ðệ Tam Ðông, Nam Ðịnh) etc.

Le dragon aux aspects multiples dans les đình

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Il ose dénoncer les malversations des mandarins corrompus. C’est ce qu’on voit dans la pièce sculptée du đình Liên Hiệp. Ce sont les interdits et les tracasseries rencontrés tous les jours dans la société confucéenne vietnamienne. Tout ce qui est trouvé dans cette sculpture populaire reflète en grande partie la liberté d’expression de l’artiste ainsi que les aspirations communes  du village. Le paradoxe est visible car le đình est à la fois le gardien de l’ordre confucéen qui s’est solidement implanté au fil des siècles  dans l’infrastructure familiale et sociale vietnamienne et le lieu où le paysan peut retrouver sa liberté d’expression et dénoncer le carcan confucéen. Avec ses sculptures et son architecture, le đình constitue un trésor inestimable pour le peuple vietnamien.

On a l’habitude de dire en vietnamien: làng nước ( Village Nation ) car la nation vietnamienne s’est formée au fil des siècles par l’essaimage des villages dont le đình est à la fois le centre spirituel et administratif, social et culturel. Dès lors, le đình est non seulement l’âme du village mais aussi celle de la nation vietnamienne.


Bibliographie:
Trịnh Cao Tường: Kiến trúc đình làng.  Khảo cổ học, 2/1981, trang 56-64.
A la découverte de la culture vietnamienne. Hữu Ngọc.  Editions Thế Giới. Hànôi 2011
Le Ðình, maison communale du Viêt Nam. Hà Văn Tấn, Nguyễn Văn Kự, Editions Thế Giới, 2001

Maison communale (Đình Làng: phần 3)

 

Version vietnamienne

Troisème partie

Outre les cérémonies fixées dans l’année en l’honneur du génie tutélaire, les villageois accordent une grande importance aux anniversaires de sa naissance et de sa mort. Mais il y a aussi d’autres sacrifices occasionnels provoqués souvent par un mariage, une nomination, une promotion ou une noce d’or ou d’argent (khao lão). Cela permet de donner lieu à des ripailles dans le village et permet de fêter en grande pompe le culte du génie tutélaire. Celui-ci peut-être un homme ou une femme. Il est facile de l’identifier au moment de la procession. Pour le génie-homme, il y a toujours la présence d’un cheval en bois laqué rouge (ngựa sơn mài màu đỏ) ou blanc ( trắng). Celui-ci est de grandeur naturelle et monté sur une plaque rectangulaire en bois munie de roulettes. Il est richement caparaçonné et il est censé de porter l’âme du génie. Au cas où le génie est une femme, ce cheval est remplacé par la palanquin de chanvre rouge (võng đào) suspendu à une palanche aux bouts sculptés en tête de dragon.

Pendant la durée de la fête, on honore le génie tutélaire avec solennité en promenant son char ( kiệu) accompagné par un grand nombre d’objets de culte, d’armes de parade, de dais (tán) et d’oriflammes (cờ) , du đình au nghè (son lieu de résidence) (1) ou d’un village à un autre village allié au cas où ceux-ci sont unis par le culte du même génie et en organisant des divertissements multiples: combats de coqs, de buffles et d’oiseaux, jeux d’échecs aux pions humains  etc…

Il y a aussi un rite important qui rappelle les traits saillants de la vie du génie. Connu sous le nom hèm en vietnamien et tenu secret, il est toujours célébré la nuit pour les génies n’ayant pas accompli un acte honorable (génie voleur, génie aux coups de poing, génie ramasseur des fumiers etc. ) Par contre, il est célébré au grand jour pour les génies ayant une qualité ou un acte de bravoure. On évite de prononcer aussi le nom du génie durant le rite en modifiant la prononciation ou en le remplaçant par un synonyme. C’est le cas du génie Linh Lang par exemple. On est obligé de dire « khoai dây » à la place de « khoai lang » (patates), « thầy lương » pour « thầy lang » (médécin) etc… Ce rite singulier est l’un des traits essentiels des cultes communaux. La négligence de ce rite pourrait mettre en péril la prospérité du village. 

Đình Mị Nương ( Citadelle du coquillage)

La construction des đình s’opère toujours selon une disposition bien définie et reconnaissable grâce à certains caractères chinois Nhất, Nhị, Tam, Ðinh, Công, Vương etc.. Un đình qui se tient tout seul avec un bâtiment principal rectangulaire ( đại đình ) évoque le caractère Nhất. C’est le cas du đình Tây Ðằng. Par contre, on est amené à reconnaître le caractère Nhị en ajoutant à la construction principale un deuxième bâtiment (tiền tế) (ou bâtiment antérieur pour les sacrifices ) parallèle à la première construction et la précédant dans la nouvelle disposition. C’est le cas du đình Liên Hiệp. Il est rare de retrouver les caractères Tam et Đinh dans la construction du « đình ».  D’une manière générale, le đình est rencontré fréquemment dans la forme du caractère Công. Le bâtiment postérieur Hậu Cung y est relié à la construction principale par un petit corridor ou une petite cour (Ống muống) . C’est le cas des maisons communales Đình Bảng, Mộng Phụ. Pour le caractère Vương, il suffit de relier les trois bâtiments Hậu Cung, Đại Đình, Tiền Tế) avec deux corridors (Ống muống). C’est dans ce dernier bâtiment Tiền Tế que les notables au costume bleu font la cérémonie officielle pour le génie tutélaire pendant les jours de fête.( Lire la suite: art de décoration des maisons communales)


(1) ghè: lieu de résidence du génie situé souvent à l’entrée du village. Au moment de la fête, on invite le génie à rejoindre le « đình ». Il est ramené à son « ghè » une fois la fête terminée.

Bibliographie:

Le Ðình, maison communale du Viêt Nam.
Hà Văn Tấn, Nguyễn Văn Kự,
Editions Thế Giới, 2001

Đình Làng miền Bắc
The village Dinh in northern Vietnam
Le Thanh Đức. Editeur Mỹ Thuật