Les tombes des princes: en quête d’immortalité.

Version vietnamienne

Analogue à leur prédécesseur Qin Shi Huang Di, les empereurs de la dynastie des Han envoyèrent, durant leur règne, des émissaires à la recherche des endroits paradisiaques dans le but de chercher l’immortalité et d’accéder au monde divin. Ces terres mythiques sont  associées souvent à l’île Penglai (đảo Bồng Lai) située à l’est et au mont Kunlun (Côn Lôn) à l’ouest dans les croyances de l’époque des Han. C’est la montagne où demeure la Reine Mère de l’Ouest (Tây Vương Mẫu)(Xiwangmu) ayant détenu l’élixir d’immortalité. C’est pour cette raison qu’on trouve sa présence récurrente dans le décor des tombes des Han. Cela témoigne non seulement de sa popularité mais aussi de la conception taoïste liée à la prolongation de la vie au-delà la mort. Selon certaines rumeurs non vérifiées et injustifiées, Zhang Quian fut chargé au départ par Wudi pour rechercher les recettes d’immortalité du côté du mont Kunlun, la demeure occidentale des immortels. Vêtus toujours d’une tunique longue, ceux-ci ont un visage allongé et anguleux, une large bouche au dessus d’un menton pointu, des sourcils arqués et de larges oreilles, ce qui leur donne une silhouette assez étrange et un aspect émacié. Une fois le dao atteint, ils ont des ailes aux épaules. Dans la conception taoïste de l’au-delà, pour garder l’intégrité physique du défunt et l’immortalité de son âme, il faut obturer les 9 orifices de son corps par les pièces en or et en jade. (bouche, oreilles, yeux, narines, urètre, rectum). Puis il faut faire porter au défunt un masque ou un costume de jade dont l’utilisation est régie par un protocole hiérarchique très strict. Pour les empereurs, le costume de jade est cousu de fils d’or. Quant aux rois et autres dignitaires moins importants, leur costume de jade n’a que des fils en argent ou en cuivre. L’emploi du costume reflète la croyance des Han en la pérennité de l’âme dans l’au-delà car on attribue  au jade des propriétés apotropaïques permettant de favoriser l’immortalité de l’âme.

À l’époque des Han, la conception dualiste de l’âme fut évoquée dans plusieurs textes chinois comme le Huainanzi de Liu  An (Hoài Nam Tữ). Chaque individu a deux âmes: l’une appelée hun va au ciel et l’autre appelée po disparaît physiquement avec le défunt. Pour empêcher l’âme hun de s’échapper par les orifices du visage, le masque ou le costume s’avère indispensable.

Cette conception dualiste de l’âme est-elle vraiment chinoise ou empruntée à une autre civilisation, celle des Baiyue? On la trouve chez les Mường, les cousins des Vietnamiens, vivant dans les coins les plus refoulés des régions montagneuses du Vietnam. Pour les Mường, il y a dans un être humain plusieurs âmes qu’ils nomment wại. Celles-ci se divisent en deux catégories: wại kang (les âmes fastueuses) et wại thặng (les âmes dures). Les premières sont supérieures et immortelles tandis que les secondes, attachées au corps, sont mauvaises. La mort n’est que la conséquence de l’évasion de ces âmes.

Il est important de rappeler que la culture du royaume de Chu (Sỡ Quốc) conquis par Qin Shi Huang Di lors de l’unification de la Chine avait une originalité particulière, une langue propre, celle des Bai Yue. Il existe à partir de l’époque des Qin-Han, une institution impériale, les fangshi qui étaient des lettrés locaux considérés comme des magiciens spécialisés dans les rites aux étoiles et dans les recettes du gouvernement.

Leur rôle consistait à recueillir chacun dans son territoire propre, les procédés rituels, les croyances, les médecines locales, les systèmes de représentations, les cosmologies, les mythes, les légendes au même titre que les produits locaux et à les soumettre à l’autorité politique afin que celle-ci pût les retenir ou non et les incorporer sous forme de règlements dans le but d’augmenter la puissance impériale dans une nation ethnologiquement très diversifiée et de donner à l’empereur les moyens de sa vocation divine. Tout devait être collecté et ajouté au service du fils du Ciel dans le but d’asseoir sa légitimité sur des territoires récemment conquis aux barbares.

___C’est l’un des traits caractéristiques de la culture chinoise : Elle sait accepter et absorber les cultures étrangères sans qu’on puisse jamais parler de vacillation ou de modifications culturelles.___

C’est ce qu’a écrit le célèbre philosophe chinois du XXème siècle Liang Shuming dans l’introduction de son ouvrage intitulé « les idées maîtresses de la culture chinoise » (traduction de Michel Masson). Cela rejoint la remarque suivante qu’a soulignée l’ethnologue et sinologue française Brigitte Baptandier dans son texte de conférence lors d’une journée d’étude de l’APRAS sur les ethnologies régionales à Paris en 1993:

La culture chinoise s’est donc formée au cours des siècles comme une sorte de mosaïque de cultures. II faut une lente perfusion de sang barbare à la Chine  en réadaptant cette belle formule de l’historien F. Braudel pour la France.



Les brûle-parfum boshanlu (encensoir en forme de montagne Bo) étaient censés de représenter les montagnes mythiques baignées de nuages et de vapeurs qi (énergie cosmique vitale). La popularité de ces brûle -parfums était due en grande partie à la pensée des Han sur l’immortalité et au culte des monts sacrés.

Boshanlu


Selon l’estimation du doyen des archéologues chinois Wang Zhongsu, depuis 1949 il y a plus de 10.000 tombes fouillées pour la seule dynastie des Han. Grâce aux découvertes archéologiques majeures des tombes de Mme Dai et de son fils à Mawangdui (Mã Vương Đôi) (Changsa, Hunan), (168 av. J.C.) ou de la tombe du fils de l’empereur Jindi, le prince Han Liu Sheng et de son épouse Dou Wan (Mancheng, Hebei) (113 av. J.C.) ou encore de la tombe de Zhao Mo (Triệu Muội), petit-fils de Zhao Tuo (Triệu Đà) et roi de Nanyue (Xianggang, Guangzhou) (120 av. J.C.), les archéologues commencent à mieux connaître l’art des Han à travers des milliers d’objets d’exception en jade, en fer et en bronze, des céramiques, des laques etc… Ceux-ci témoignent de l’opulence et de la puissance des cours princières sous les Han. Ils sont parfois des exemplaires uniques révélant non seulement le travail technique de belle facture et la préciosité des matériaux mais aussi la particularité régionale. Lors des fouilles, les archéologues ont constaté qu’il y a une rupture dans l’art chinois, un changement profond correspondant historiquement au développement des empires unifiés (Qin et Han) et au contact des influences étrangères. La présence des objets séculaires, en particulier celle de la vaisselle en bronze qu’on est habitué à retrouver à l’époque des Zhou, cède la place au développement de l’art figuratif et des représentations imagées. Il y a incontestablement l’influence notable des autres sphères culturelles dans le domaine de l’art Han, en particulier celui de la culture matérielle. Désormais, le culte des ancêtres ne se déroulait plus au temple comme cela avait été effectué à l’âge du bronze mais il avait lieu même dans les tombes et dans les sanctuaires proches de celles-ci. De plus, à l’image de l’empereur Qin Shi Houang Di, les empereurs Han et leurs princes avaient tendance de faire de la tombe une réplique de leur demeure royale terrestre.

Cette conception remonta à l’époque des Zhou (Nhà Châu) et fut illustrée fréquemment dans les pratiques funéraires des élites du royaume de Chu.(Sỡ Quốc). Analogues à ces dernières, les Han croyaient en la pérennité de l’âme dans le monde de l’au-delà. La vision de la mort était considérée comme une continuité de la vie. Cette croyance continue à être vivace aujourd’hui en Chine lors de la fête de Qingming (lễ thanh minh) avec les sacrifices offerts aux ancêtres: des billets factices et des objets funéraires brûlés. C’est pour cette raison qu’on retrouve lors des fouilles, tout ce qu’ils possédaient de leur vivant: des objets préférés, des figurines en terre cuite représentant leur domesticité ainsi que des linceuls de jade permettant de réduire la mort à néant. Les tombes impériales des Han sont signalées par la présence d’un haut tumulus artificiel situé dans une enceinte rectangulaire où se trouvent également les sépultures et les fosses annexes. La structure de leurs tombes devient de plus en plus complexe et rivalise souvent avec celle de leur palais avec des fosses séparées et ayant chacune une fonction distincte (magasin, écurie, cuisine, salle de banquet etc…). C’est le cas du site de Liu Qi connu sous le nom d’empereur Jindi et de sa femme, l’impératrice Wang dans la banlieue Xian. C’est dans ces fosses qu’on retrouve des objets de luxe (vases, bassins, brûle-parfums, miroirs, poids pour les nattes, chaudrons, lampes, poignards etc…) ou de la vie quotidienne (céréales, tissus, viande etc…) du défunt qui laissent pantois et muets d’admiration les archéologues, à côté des figurines (ou mingqi) de terre cuite. Celles-ci peuvent être soit des figurines d’animaux domestiques soit des statuettes humaines.

Grâce à la route de la soie et à l’expansion chinoise, un grand nombre de traditions artistiques régionales, de modes étrangères et de produits nouveaux contribuaient à la floraison artistique des Han. Le cosmopolitisme joua certainement un rôle important à cette époque. La splendeur des objets de luxe retrouvés dans les tombes révèle non seulement le faste et le raffinement des cours princières mais aussi le goût de l’exotisme.

Les danses et musiques de Chu, les chants de Dian, l’art des baladins d’Asie Centrale renouvellent les divertissements de la cour. Les contacts avec les arts de la steppe favorisent l’enrichissement du répertoire décoratif.

Analogue au jade, le bronze était l’un des matériaux très prisés par les Chinois. A l’époque des Han, la popularité du bronze commença à décliner car pour le culte des ancêtres, on n’eut plus besoin des ensembles complets de vases rituels en bronze mais on préféra à leur place des objets en laque à l’imitation du royaume de Chu. Ce dernier avait eu l’occasion de les décorer fréquemment avec des motifs ou des figures d’une grande imagination selon sa mythologie propre à l’époque des Royaumes Combattants. Malgré le déclin visible dans les tombes des princes Han, le bronze était très utilisé dans les ornements de char et dans les objets de luxe retrouvés.

 

 ART DE VIVRE (SUITE)

Empire de Han Wu Di ( Đế Chế Hán Vũ Đế)

Empire de Han Wu Di

Version vietnamienne

Sur le plan politique, l’empire de Wudi commença à être mieux affermi dans la mesure où la rénovation du confucianisme offrait la possibilité aux gens ambitieux et brillants de la couche populaire d’accéder à des postes importants dans l’administration qui était jusque-là détenue par la vieille garde constituée essentiellement par les nobles, les taoïstes et les tenants du huanglao. Grâce au concours d’examen, le mérite remplaçait désormais les privilèges de la naissance. Mais son empire n’était pas encore à l’abri d’une rébellion et des rivalités qui continuaient à aller bon train dans la cour des Han. L’échec du séparatisme (en -122 avant J.C.) du seigneur Liu An, connu pour son oeuvre encyclopédique Huainanzi (Hoài Nam Tử) sur les connaissances de l’époque, témoigna de la difficulté de mettre au pas la noblesse, même après une quinzaine d’années de règne de Wudi.

Comme son père, l’empereur Jindi (Hán Cảnh  Đế) , eut connu sous son règne, la révolte organisée par la coalition de sept royaumes montée en -154 avant J.C. par le prince Wu, Wudi décida de mener à son terme le démantèlement systématique des fiefs des seigneurs dans le but de parer à toute tentative de rébellion. Désormais, l’apanage ne revenait pas seulement au fils aîné du roi vassal décédé mais il devait être partagé entre tous les fils de ce dernier. Ceux-ci ne jouaient aucun rôle politique à part le privilège de la fortune que leur fief leur procurait. Par ce morcellement astucieux, il suffit de quelques générations de succession pour faire disparaître des principautés importantes et disperser leurs forces. De plus, il nomma pour chaque région, un inspecteur itinérant (thứ sử) chargé de contrôler et de superviser non seulement les familles puissantes mais aussi les préfets. Quant aux rivalités de la cour, Wudi sut en tirer parti avec habileté en favorisant la confrontation et la compétition de ses conseillers dans les débats parfois stériles afin de consolider un pouvoir central puissant mais juste et moral.

En nommant un secrétariat chargé d’examiner les rapports et les pétitions des ministres, il ôta de facto le rôle du premier ministre. C’est dans cette optique qu’il renforça le caractère autocratique de son règne. Il ne pardonna aucune faute lorsque l’un de ses conseillers ou de ses généraux l’ont commise.

C’est le cas de l’extraordinaire archer Li Guang (Lý Quảng) surnommé « le général volant » par les Xiongnu. Il fut dégradé pour commettre la faute de s’être égaré dans le désert avec ses soldats lors d’un engagement contre les Xiongnu. Mais sa peine put être commuée par une amende de substitution. Le rachat des peines et des amendes était très fréquent à l’époque Han. Même la plaidoirie de la défense risqua de mettre en péril également la vie du défenseur car il était accusé de tromper l’empereur. C’est le cas de l’historien célèbre Sima Qian (Tư Mã Thiên) qui  fut condamné à la castration pour défendre la famille de l’officier Li Ling (Lý Lăng), petit-fils du général Li Guang, taxé de rejoindre les Xiongnu. Les mesures prises par Wudi dans bien des domaines témoignèrent des pires méthodes légistes. Ses conseillers et ses généraux étaient à la merci de ses appréciations. Ils purent  être démis facilement de leur fonction pour des fautes vénielles avant d’être promus ailleurs. Récompenses et punitions faisaient partie de la ligne de conduite que Wudi adopta pour ses collaborateurs. Leur crainte permit à Wudi de développer son art de gouverner à bon escient. Il est rare de trouver sous le règne de Wudi des officiels conservant leur poste au delà de cinq ans excepté Gongsunhe, son ministre des équipages pouvant garder son poste pendant plus trente ans. Il n’y a que l’érudit Dong Zhongdhu qui sut se retirer de la cour au bon moment pour éviter la disgrâce.

Sur le plan économique, sur les conseils de Sang Hongyang (Công Tôn Hoằng), il abolit la loi permettant les riches de battre la monnaie, d’extraire du sel par évaporation et de couler de la fonte. Désormais, l’état monopolisa ces opérations afin d’accroître ses revenus. Pour aider les paysans, l’état achetait certaines marchandises en surabondance lorsque leurs prix baissèrent et les revendit à meilleurs prix en cas de pénurie. Cette mesure avait pour but de contrôler les fluctuations des prix et d’empêcher les spéculations des grands marchands. C’est aussi à l’état d’assurer le contrôle de la circulation des denrées par l’intermédiaire des junshu (ou bureaux des transports de l’état). Wudi créa une taxe sur les biens ( charrettes, bétail, bateaux etc..) des commerçants et des usuriers qui étaient responsables de la déclaration de leurs capitaux. En cas de fraude, ils risquèrent de perdre leurs biens et d’être punis par deux ans de service militaire à la frontière. Selon les documents de l’historien Sima Qian, le début de son règne fut favorisé par les six décennies de la reprise graduelle des forces productives encouragée par ses prédécesseurs. La caisse de l’état accusait un excédent. La population était bien vêtue et nourrie. Ce début de règne était connu comme la période yang où il y avait la stabilité politique en même temps que l’abondance de la nourriture pour toute une population estimée à plus de 50 millions d’habitants selon le premier recensement à grande échelle en l’an 2 après J.C. évoqué par Sima Qian dans ses mémoires historiques. Selon le sinologue français, Marcel Granet, la politique adoptée par Wudi réflètait bien le caractère révolutionnaire. Wudi sut s’intéresser seulement à son intérêt immédiat, tenta de trouver des solutions au cas par cas aux problèmes urgents, délaissés une fois résolus et se servit des collaborateurs pour une courte durée dans le but d’obtenir le résultat escompté. Lorsque ceux-ci étaient connus pour leurs exploits et devenaient trop « dangereux », il décida de les éliminer. La méfiance d’un tyran entouré par des conseillers légistes n’ayant aucune grande profondeur d’esprit, ne permit pas à la Chine de saisir à cette époque la rare opportunité de devenir un pays solide et organisé.

Son empire pouvait vaciller du jour au lendemain. Les Xiongnu constituaient toujours un souci majeur pour Wudi malgré la politique de heqin adoptée jusque-là par ses prédécesseurs. Leur insoumission et leur insolence continuaient à humilier les Han. Pour défaire un ennemi aussi invisible comme les Xiongnu, Wudi fut obligé de réorganiser son armée et de la rendre plus apte à la mobilité dont l’objectif consiste à déloger l’adversaire et saisir son bétail au coeur de son campement par des raids rapides avec un nombre restreint de cavaliers comme cela a été opéré par les Xiongnu. Pour cela, l’usage du char est abandonné dans les engagements militaires. Puis il faut abandonner la tradition des officiels de porter la robe traditionnelle au profit d’un pantalon pour ne pas être gênés dans leur chevauchée et vaincre les réticences des militaires de monter les chevaux car leur position jambes écartées est assimilée à la position accroupie employée par les gens ordinaires. Cette tactique permet de porter des coups aux Xiongnung mais elle n’arrive pas à les soumettre définitivement. C’est pourquoi Wudi dut opter d’autres mesures parmi lesquelles figurent l’amélioration du réseau routier qui est non seulement l’épine dorsale du système économique mais aussi la clé du succès dans le transport des troupes et des vivres. Il y a désormais sur les routes Han des relais postaux, des écuries pour les chevaux, des auberges pour les fonctionnaires, des hôtelleries pour les voyageurs ordinaires et même des geôles pour les prisonniers. Le réseau routier devient ainsi au fil des siècles le facteur clé de l’expansion militaire et l’outil efficace de la pénétration culturelle des Han. Il n’a d’égal que le réseau romain.


Le règne de Wudi marque l’âge d’or de la dynastie des Han. C’est sous ce règne que le Vietnam fut annexé en 111 avant J.C. C’est la première domination chinoise durant presque 1000 ans. 

Références bibliographiques.

  • Précis d’histoire de Chine. Editions de langues étrangères. Beijing
  • Văn Hóa Nam Chiếu-Đại Lý. Nhà xuất bản văn hóa thông tin. Hànội 2004
  • La grande époque de Wudi. Editions You Feng. Dominique Lelièvre. 2001
  • Lịch sử văn minh Trung Hoa. Will Durant. Nguyễn Hiến Lê dịch. NBX Nhà văn hóa thông tin. 2006

Ce réseau routier nécessite en plus, tout le long de la frontière nord dans la région Gansu, l’installation de plusieurs ganisons, autour de leurs tours de guet dont certaines sont hautes de 18m dans le but de surveiller le mouvement des Xiongnu, de le signaler avec les signaux de fumée, de protéger ceux qui empruntent la route et d’engager des actions défensives en coordination avec l’état major. La victoire des Han dépend d’autres facteurs aussi importants que ce réseau routier. L’approvisionnement des vivres pour les garnisons est souvent un défi quotidien sans parler des difficultés majeures rencontrées par l’armée de Wudi dans la poursuite des Xiongnu au de là de la frontière vers des régions inconnues. Cela exige l’engagement d’un nombre élevé de chevaux et la connaissance du terrain améliorée progressivement par le tracé des cartes et le repérage des points d’eau ainsi que la collaboration des populations locales. Parfois, il est indispensable de reconstituer rapidement la cavalerie en cas de perte importante. On peut citer l’exemple de la campagne du Ferghana contre le Dayuan (Đại Uyển) en l’an 104 avant J.C. Sur les 60.000 soldats engagés et 3000 chevaux emmenés, le général de Wudi, Li Guanli (Lý Quảng Lợi) revint avec 10.000 soldats et 1000 chevaux. Pour cela, la cour des Han dut encourager les gens à élever les chevaux pour la remonte, fixer le prix d’un étalon à un prix standard assez élevé et promouvoir l’introduction de races nouvelles des contrées occidentales. La reconstitution rapide de la cavalerie s’avère indispensable dans les expéditions lointaines. Elle n’est pas étrangère au nombre de haras en constante augmentation et à l’amélioration des fourrages par la plantation de luzerne (Chi linh lăng) dont les graines ont été ramenées par Zhuang Qian (Trương Khiên) lors de sa mission d’exploration en Asie centrale. C’est par celle-ci que Zhuang Qian a découvert dans la vallée de Ferghana (Ouzbékistan d’aujourd’hui) les magnifiques chevaux qui suaient le sang (*)(ngựa hãn huyết) et a ramené en -114 avant J.C. quelques spécimens de la même race offerts par les Wusun, les alliés de Wudi en Asie centrale. Leur taille, leur vitesse et leur force plurent tellement au grand amateur de chevaux qu’était Wudi. Mais leur exploit est supposé moins performant que celui des Dayun (Ferghana). Grâce aux sabots plus durs, les chevaux des Dayun peuvent parcourir mille li par jour. Envieux d’avoir les chevaux de ces derniers, Wudi organisa l’expédition militaire contre le Dayuan ayant eu tort de refuser de les lui offrir en échange des cadeaux. Il n’hésita pas à donner plus tard à ces équidés le nom de « chevaux célestes »(tianma)(thiên mã).

Ceux-ci devenaient ainsi le symbole de puissance et de prestige car Wudi se sentit humilié et vexé par le refus d’un petit royaume perdu dans la vallée de Ferghana. Le coût de l’expédition militaire était exorbitant non seulement en équipement et chevaux mais aussi en vies humaines pour un bilan assez mitigé avec une trentaine de chevaux célestes et trois mille étalons et juments plus ordinaires. Pourtant l’armée de Wudi fut triée sur le volet en prenant en grande partie de véritables soldats de métier et des condamnés ainsi que les cavaleries fournies par les commanderies des régions frontalières. Ces soldats enrôlés devaient être capables d’avoir une remarquable endurance physique, d’effectuer de longues marches et d’investir une ville. Selon l’historien Sima Qian, ce n’était pas la mort au combat ou le manque de vivres qui étaient responsables de ces pertes importantes mais seulement la soif et l’obsession des généraux de vouloir gagner la guerre à tout prix car leur vie dépendait de la victoire ou de l’échec de ces opérations. Récompenses et punitions sévères voire condamnations à mort faisaient partie des lots que Wudi leur réservera sans aucune illusion dès leur retour en Chine. Des généraux valeureux furent obligés de se suicider ou se rendre à l’ennemi ( Li Quian, Li Ling, Li Guanli etc…). La campagne de Ferghana était bouclée seulement en un an (Printemps de l’année -102 -Printemps de l’année -101).

Naissance de la route de la soie

Désormais, après la campagne du Ferghana, tous les royaumes situés sur le passage emprunté par l’armée Han ( connu plus tard sous le nom de la « route de la soie » ) acceptaient la vassalité de la Chine excepté les Xiongnu. Pour combattre ces derniers, Wudi tenta de chercher d’abord des alliances avec les ennemis de Xiongnu, les Da Yuezhi (ou grands Yuezhi) en envoyant une délégation conduite par Zhuang Qian en Asie centrale en -139. Finalement ce dernier ne réussit pas à remplir sa mission car il fut retenu par les Xiongnu pendant 10 ans avant de parvenir à s’évader pour découvrir durant sa fuite le Ferghana (Dayuan), la Sogdiane (région de Samarcande), la Bactriane (l’actuel Turkménistan) et le nord de l’actuel Afghanistan. Par contre, lors de son retour en Chine en l’an -126 avant J.C., il fit le rapport à Wudi. Cela lui permit de découvrir les pays que Zhuang Qian a visités et lui évoquer non seulement la possibilité de rejoindre le royaume de Shendu (l’Inde) à partir de Shu (Sichuan, Tứ Xuyên) mais aussi la puissance d’un empire lointain de nom Daquin (empire romain). À défaut de trouver des alliés contre les Xiongnu, il était possible de trouver désormais des partenaires commerciaux s’intéressant aux produits chinois: soie, objets en laque, outils en fer etc.. en échange du jade, des chevaux et de la fourrure. La route de la soie était ainsi née et devenait le lien entre l’Orient et l’Occident. C’est seulement en l’an -115 que Zhuang Qian fut chargé de nouveau par Wudi pour une nouvelle mission diplomatique dans les contrées occidentales. Cette fois, il réussit à ramener non seulement la grande variété des plantes et des produits naturels (luzerne, le vin, le raisin, les noix, les grenades, les fèves, les lainages, les tapis etc… ) mais aussi des éleveurs de chevaux, les Wusun. Impressionnés par la splendeur et la richesse de la cour des Han, ceux-ci acceptèrent de s’associer plus tard à l’entreprise proposée par Wudi et reconnurent implicitement la suzeraineté de la Chine. Cette alliance fut suivie par l’envoi d’une princesse chinoise de sang royal au roi des Wusun qui avait l’occasion de signaler deux fois à Wudi les intentions belliqueuses des Xiongnu durant cette alliance.

DEUX MONDES, DEUX EMPIRES:

Vers l’an 100 après J.C., l’empire des Han était comparable à celui de Rome. L’économie du premier était basée essentiellement sur les paysans tandis que celle du second reposait sur l’esclavage.

 

 

 


(*) Cette sueur est liée à la présence d’un parasite provoquant des hémorragies.

Les bronzes de Sanxingdui: 2ème partie (Di chỉ Sanxingdui: phần 2)

Version vietnamienne (2ème partie)


D’autres traits caractéristiques trouvés à Sanxingdui n’ont pas d’équivalent dans l’art des Shang. C’est le cas de la décoration végétale illustrée par le martelage des feuilles en or ou en cuivre et par la forme d’arbres ou de boutons de fleurs. Une autre source d’inspiration majeure se retrouve dans le thème de l’oiseau. Qu’il s’agisse d’hommes ou d’animaux, l’artiste de Sanxingdui réussit à leur donner avec agilité non seulement une stylisation assez poussée mais aussi des formes d’expression très naturalistes. Ce n’est le cas de l’art des Shang où l’artiste tend à transformer l’aspect ou la forme de l’animal par une stylisation assez excessive, loin de la réalité


Repères chronologiques

 

Vers 1900-1500: culture d’Erlitou. Début de l’âge du bronze en Chine. Période des Xia? (Nhà Hạ)

Vers 1500-1300: phase Erligang de la dynastie des Shang (Nhà Thương)

Vers 1300-1050: phase Anyang de la dynastie des Shang (Nhà Ân)

Vers 1200 av. J.C: Fosses n°1 et n°2 de Sanxingdui. Sichuan

Vers 1200-1000 av. J.C: phase d’occupation du site de Jinsha, Chengdu, Sichuan.

Vers 1050-256 av. J.C.: dynastie des Zhou (Nhà Châu).

316 av. J.C.: conquête du Sichuan par les armées de la principauté de Qin (Nhà Tần).


Trouvailles archéologiques de la dynastie des Shang

 Musée Cernusci

Lors de la fouille des fosses n°1 et n°2, on s’aperçoit que malgré la période contemporaine des Shang, la tradition de Sanxingdui diffère complètement de celle de ces derniers car elle présente plusieurs traits spécifiques et originaux. D’abord les élites de Sanxingdui n’ont pas utilisé les vases zun de la même manière que les Shang. Elles s’en ont servi pour stocker certains biens de prestige et de valeur comme les cauris marins, une sorte de monnaie d’échange en raison de leur rareté. C’est ce qu’on a découvert grâce à la statue d’un personnage portant une vase zun trouvée dans la fosse n°2. Ce n’est pas le cas des Shang dont les vases zun aux formes diverses possèdent chacune un rôle très précis afin d’honorer le culte de leurs ancêtres: servir et boire du vin, présenter les mets, cuire les offrandes de viande etc… Puis la représentation de la figure humaine fait partie de l’art de Sanxingdui. Le nombre de têtes et de masques est impressionnant et ne peut pas passer inaperçu pour les visiteurs et les archéologues lors de la première découverte de cet art. Par contre, dans l’art des Shang, l’homme n’est pratiquement pas représenté.

© Đặng Anh Tuấn

Contrairement aux bronziers des Shang qui étaient connus pour la fabrication des vases rituels dont certaines pouvaient atteindre 1 mètre de hauteur, ceux de Sanxingdui ont préféré les sculptures souvent audacieuses à la demande des élites locales. Ils ont été obligés d’adapter les techniques importées et de créer de nouveaux procédés, en particulier la soudure pour leurs propres réalisations.

En examinant les objets trouvés dans les fosses de Sanxingdui, les archéologues ont été amenés à la conclusion que les traditions de Sichuan et d’Anyang s’opposent nettement dans leurs pratiques sacrificielles respectives. Contrairement aux dirigeants d’Anyang honorant seulement le culte des ancêtres, les élites de Sanxingdui vénéraient à la fois les ancêtres et le soleil. Le fait de découvrir plus tard à Jinsha considéré par les archéologues comme le site assumant la continuité de la culture de Sanxingdui, le regroupement de quatre oiseaux entourant le soleil sur un ornement en or ou la statue debout en bronze ayant sa coiffe en forme du soleil, atteste incontestablement le culte du soleil. Celui-ci était une pratique très courante dans les anciennes civilisations du monde. Selon le chercheur chinois Shi Jingsong, toutes les trouvailles de la fosse n°2 peuvent se répartir en deux groupes: le premier ayant trait à des objets dont les motifs sont similaires à ceux trouvés sur les récipients en bronze dans la plaine centrale des Shang, le second identifié par des figurines ou par des motifs décoratifs relatant le soleil. Pour lui, il n’y a aucun doute sur le partage du pouvoir entre le roi et le prêtre et la coexistence des temples religieux et ancestraux dans la civilisation de Sanxingdui. Il s’agit probablement d’un royaume civilisé investi de pouvoirs théocratiques, ce qui permet de supposer un système religieux et social à échelons multiples à travers ses vestiges découverts.

 

Références bibliographiques

Les bronzes du Sichuan. Chine

Connaissance des Arts

Alain Thote.

Paris Juillet 2017

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Di chỉ Tam Tinh Đôi phần 2 (Les bronzes de Sanxingdui: 2ème partie)


version française

Có những nét đặc trưng khác  tìm thấy ở di chỉ Tam Tinh Đôi  mà  không có nét tương đương như vậy ở trong nghệ thuật của triều đại Thương. Đó là việc trang trí thực vật được biểu lộ qua các lá bằng vàng hay đồng và các hình dáng cây  cỏ hoặc các đọt bông.  Một nguồn cảm hứng khác trọng đại được gặp gỡ lại ở trong đề tài  chim. Dù  hiện vật là người hay thú, nghệ nhân cũng đạt được kết quả  mỹ mãn với sự khéo léo trong việc tạo  ra  một phong cách khá tiên tiến mà còn có những biểu hiện rất tự nhiên.  Ngược lại trong nghệ  thuật của nhà  Thương thì nghệ nhân thường có khuynh hướng biến đổi   một cách quá đáng hình dáng con vật khiến  trông thấy  không có thực tế.
 


 

Thứ tự thời gian

Từ 1900-1500:  Văn hóa Erlitou. Khởi đầu thời kỳ đồ đồng . Nhà Hạ?

Từ 1500-1300: Giai đọan  Erligang của nhà Thương.

Từ 1300-1050:  Giai đọan  An Dương (Nhà Ân-Thương)

Từ 1200 TCN: Hầm  số 1  và 2 của Tam Tinh Đôi . Tứ Xuyên

Từ 1200-1000 TCN: Giai đọan  định cư ở di chỉ  Jinsha (Thành Đô, Tứ Xuyên)

Từ 1050-256  TCN : Triều đại Nhà Châu.

316  TCN:  Thôn tính Tứ Xuyên  bởi  quân nhà Tần.


Lúc khai  quật các hầm số 1 và 2 thì các nhà khảo cổ mới nhận thấy dù cùng thời với nhà Thương, truyền thống ở di chỉ Tam Tinh Đôi hoàn toàn khác hẳn vì nó có nhiều nét độc đáo và cá biệt.  Trước hết các dòng qúi tộc ở Tam Tinh Đôi không dùng các chậu zun tựa như triều đại nhà Thương.  Họ chỉ dùng các chậu nầy để trữ các vật có giá trị hay có mang tính cách quyền lực và uy tín chẳng  hạn võ óc, một thứ  tiền để trao đổi vì hiếm có. Cụ thể là pho tượng đội một  cái chậu « zun » tìm thấy  khi lúc khai quật hầm số 2. Ngược lại với triều đại nhà Thương thì các chậu zun dù  có  nhiều hình dáng  không giống nhau nhưng mỗi chậu có vai trò rõ ràng trong việc cúng tế tổ tiên:  dùng và uống rượu,  trưng bày các thức ăn,  nấu các đồ cúng vân vân …  Mặt con người được thể hiện không ít trong nghệ thuật của Tam Tinh Đôi.  Số lượng tượng đầu người  và mặt nạ rất đáng kể và không thể nào  không làm các  du khách và các nhà khảo cổ không để ý  khi đến  khám phá lần đầu nghệ thuật nầy.  Ngược lại trong nghệ thuật của nhà Thương, con người hầu như không có được sự tượng trưng  nào cả. 
 

Cổ vật nhà Thương

 Bảo tàng viện Cernuschi (Paris)

© Đặng Anh Tuấn
  
Ngược lại các nghệ nhân của nhà Thương biết đến qua sự sáng tạo các chậu nghi lễ mà có cái có thể cao đến 1 thước , các thợ đồng của Tam Tinh Đôi thường  liều lĩnh chọn làm các tác phẩm điêu khắc theo sự đòi hỏi của tầng lớp ưu tú nội địa.  Họ buộc lòng phải làm thích hợp các kỷ thuật du nhập và sáng tạo các phương pháp mới đặc biệt là việc hàn nối để thực hiện các công trình riêng tư.

Khi khám nghiệm các cổ vật tìm thấy trong các hố của di chỉ Tam Tinh Đôi, các nhà khảo cổ  đi đến kết luận  rằng các phong tục có ở Tam Tinh Đôi và An Dương  rất tương khắc rõ ràng trong việc tế lễ.  Ngược lại các lãnh đạo ở An Dương chỉ có lòng tôn kính tổ tiên thì các tầng lớp chính trị ở Tam Tinh Đôi rất sùng kính tổ tiên lẫn mặt trời.  Việc khám phá sau nầy  Jinsha được các nhà khảo cổ xem là di chỉ có nhiệm vụ đảm nhận việc tiếp tục văn hóa Tam Tinh Đôi và việc tập hợp lại 4 con chim xung quanh mặt trời trên một cổ vật trang trí bằng vàng hay là pho tượng đứng thẳng bằng đồng có cái mũ hình dáng mặt trời , minh chứng không phủ nhận được việc sùng kính tôn thờ mặt trời. Đây là một thói quen được  phổ biến trong các nền văn minh cổ đại ở trên thế giới.  Theo nhà nghiên cứu Trung Hoa Shi Jingsong, tất  cả hiện vật tìm thấy trong hố số 2 được chia ra thành hai loại:  loại thứ nhất có liên quan đến các hiện vật mà các mô típ tựa như các mẫu hình đựợc trông thấy trên các đồ đựng bằng đồng thuộc về vùng trung nguyên  của nhà Thương còn loại thứ nhì được nhận dạng nhờ các tượng nhỏ hay các mô típ trang trí liên quan mặt trời.  Theo ông , không có sự nghi vấn   trên  sự phân chia quyền lực giữa vua và thầy tế lễ nhất là thể hiện việc cùng tồn tại các đền thờ tôn giáo và tổ tiên trong văn hóa Tam Tinh Đôi. Chắc chắn đây là một vương quốc văn minh có một chế độ thần quyền vì vậy có thể giả  định một hệ thống tôn giáo và xã hội có nhiều bậc cấp qua các cổ vật được khám phá.
 

 

Tài liệu tham khảo

Les bronzes du Sichuan. Chine

Connaissance des Arts

Alain Thote.

Trở lại phần đầu

Di chỉ Tam Tinh Đôi (Les bronzes de Sanxingdui)

Version française

Từ khi khám phá tình cờ được  một số đồ ngọc tinh xảo từ cái cuốc của một người nông dân  vào  năm 1929, kế tiếp  sau đó  với  cuộc khai quật hai hầm làm tế  lễ  rất quy mô bởi các nhà khảo cổ Trung Hoa vào năm 1986, di chỉ Tam Tinh Đôi mới tiết lộ ra một phần quan trọng  của nền văn minh của Tứ Xuyên mà chưa được ai biết đến. Cho đến giờ, qua các văn bản  cổ Trung Hoa  thì văn minh  Trung Quốc  được khởi đầu ở đồng bằng trung tâm của Hoàng Hà  với  An Dương, thủ đô  của nhà Thương,  được công nhận là một triều đại đầu tiên  trong lịch sử Trung Hoa. Chính ở trong truyền thống biên  sử, vua Đại Vũ, một vị vua  ở thời cổ đại,  có tiếng  phát triển kỹ thuật chinh phục  sông ngòi  và được xem là vị vua sáng lập triều Hạ đã có công sáng chế ngành kim khí ở lưu vực sông Hoàng Hà. Từ nay, các nhà khảo cổ buộc lòng phải kiểm điểm  lại cái nhìn của họ về những phát triển đầu tiên của thời kỳ đồ đồng vì    còn  có những trung tâm  văn hóa khác rất độc đáo và cùng thời với triều đại nhà Thương .

Sichuan (Tứ Xuyên)

Hình ảnh lí tưởng của văn hóa Trung Hoa xuất phát từ An Dương bị vở nát  từ khi các nhà khảo cổ khám phá được di chỉ Tam Tinh Đôi. Mặc dầu nằm ở trong vùng man rợ nhưng di chỉ Tam Tinh Đôi   có được một nền văn hóa rất  tinh vi cũng như  triều đại nhà Thương,  nhất là không được biết đến qua các tài liệu và các sử gia Trung Hoa. Theo nhà khảo cổ  Task Rosen  của  viện bảo tàng  Anh  “British Museum”, việc khám phá nầy  có thể nói  làm nổi bật  hơn việc khám phá các kỵ  binh và ngựa   bằng đất nung  của Tần Thủy Hoàng ở Trường An (Xian). Bốn thẻ khảm ngọc lam tìm thấy ở trong một hố của Tam Tinh Đôi  giống  như những thẻ được xem thấy ở vùng Erlitou (tỉnh Hà Nam)  thường được các nhà khảo cổ coi là cái nôi văn hóa của thời đồ  đồng của Trung Hoa. Sự quan hệ  nầy  chứng nhận một cách  hiển nhiên  việc  giao lưu  hàng hóa  và  trao đổi  kiến thức kỹ thuật tinh vi từ đồng bằng Trung Nguyên đến Tứ Xuyên.  Theo nhà  Hán học Alain Thote,   vùng trung lưu của con sông xanh (hay là Dương Tữ Giang) có thể   là  trạm dùng đến   trong việc giao lưu   nầy. Những kết quả  thu gặt được chất chì  qua sự phân tích  đồng  vị ở những nơi  như  di chỉ Tam Tinh Đôi ,  hay mồ của nữ hoàng chiến binh Phụ Hảo,  vợ của vua Vũ Đinh nhà Thương ở An Dương  (Hà Nam) hay là mộ ở  Tân Can (Giang Tô) đều xác nhận rõ ràng sự hiện diện của chất chì  có nguồn gốc đến  từ Vân Nam (Yunan). Trong ba nơi nầy , kỹ thuật chế tạo đều dùng các khuôn mẫu  đất sét phân cắt nhiều   đoạn trong việc nấu luyện  đã có ở thế kỷ 16 trước Công Nguyên với văn hóa Erlitou (Thời kỳ nhà Hạ?). Dựa trên các kết quả nầy,  chúng ta có thể  phỏng đoán rằng đã có sự thiết lập trao đổi ở  nhiều vùng ở giữa thời kỳ hai ngàn năm trước công Nguyên.  Các cuộc tương tác văn hóa cũng không còn là một câu hỏi hay nghi vấn chi nửa  trên toàn lãnh thổ Trung Hoa. Nhà Thương cũng không còn là một triều đại duy nhất có quyển lực toàn thế thường được  nói đến trong các văn bản Trung Hoa mà  họ có những nước  lân cận cũng hùng cường như họ mà  họ có  thiết lập liên kết chặc chẽ ít nhiều. 

Nằm cách xa 40 cây số về phía bắc của thủ đô Thành Đô (Tứ Xuyên),  gần thành phố Quãng Hán, di chỉ  Tam Tinh Đôi  thường được gọi buổi đầu là nơi có đất đầm nhất là có sự thành hình của ba gò đất  (Ba Sao).  Chỉ nhờ sự khám phá của hai hố vào năm 1986 mà các nhà khảo cổ mới bất đầu lưu ý nhiều đến nơi nầy và khi khai quật vào năm 1996 thì họ mới biết nơi nầy là môt thành phố được xây dựng đã có khoảng chừng 1800 năm trước Công Nguyên và được lan rộng trên mười mấy cây số. Hai hố nầy cách xa nhau cở ba chục thước. Mỗi hố có độ sâu khoảng chừng 1 thước rưởi và niên tuổi xa cách cở chừng vài chục năm (30 năm khoảng chừng). Hố thứ nhất có tất cả 420 cổ vật, các mảnh xương bị cháy, các ngà voi , các vỏ sò (ốc tiền) vân vân … trong lúc đó ở hố thứ hai thì không những có một số cổ  vật ba lần  gấp hơn  (1300 khỏang chừng)  mà còn có những bảo vật khổng lồ (pho tượng của một người có  thân hình thon và cao, các  cây « thần » đúc bằng đồng và các mặt nạ đen).  Không có sự thứ tự  rõ ràng trong việc chất  đặt  các món vật nầy.  Ngược lại các lễ vật cúng thì được tập hợp lại  và   phân chia  theo loại nhưng đều bị đánh vỡ và  cố tình   bị đốt cháy phần đông trong hai hố.  Trong những bảo vật tìm thấy ở di chỉ  thì những hiện vật đẹp nhất  vẫn là pho tượng của một người cao khoảng chừng một thước bảy chiều cao và đứng vững chắc trên một bệ trang trí  gồm có bốn mặt nạ  đầu thú   lật  ngược và theo giả thuyết của vài nhà khảo cổ, có cầm trong  hai tay một cao một thấp không tương xứng,  một hay nhiều vật có hình dáng  cây trụ hoặc là một ngà voi  và một cây « thần » bằng đồng  có chiều cao đến bốn thước sau khi đượ c khôi phục  lại và chỉ  dùng để thờ thần  mặt trời. Nhưng chính các mặt nạ kinh ngạc bằng đồng nó làm lưu ý đến nhiều  các nhà khảo cổ lúc khai quật cái hố tế lễ  số 2  vì các tượng đầu bằng đồng nầy mỗi cái có một hình dáng kỳ cục so với các khuôn mặt của con người, lỗ tai  to tướng của các con voi, chiếc mũi  thẳng, khuôn mặt thì vuông,  một cái miệng hẹp nhưng rộng với chiều ngang của khuôn mặt  và  đôi mắt hình quả hạnh nhân được phóng đại. Tìm thấy  tổng cộng  được mười ba cái tượng  đầu người như vậy. Ngược lại triều đại Thương để lại văn  khắc trên các hiện vật bằng đồng, di chỉ Tam Tinh Đôi  không có lưu lại một chữ viết nào cả. Các nhà khảo cổ buộc lòng  gán cho di chỉ Tam Tinh Đôi tính chất hoàn toàn tôn giáo và tế lễ. Họ dựa vào một số tập quán dẫn chứng  qua các mặt nạ, các tạo vật lai căng giữa người và thú, các con rồng, các người chim, các vật tế lễ tìm  thấy  trong các hố, nhất là  không có các  đồ trang trí và   các đồ tế lễ  đều bị hoàn toàn hũy phá và sau cùng là cách thức đầm đất  qua nhiều lớp biểu lộ ý định niêm phong vĩnh viễn di chỉ Tam Tinh Đôi. Theo  Niannian Fan, một nhà khoa học chuyên nghiên cứu về sông ngòi ở đại học Tứ Xuyên (Thành Đô), di chỉ Tam Tinh Đôi bị chôn vùi bởi trận bùn lở do  cường độ nước dâng lên và rút xuống mau lẹ  của  sông  Minjiang  từ một trận động đất quan trọng  xảy ra có hơn  3000 năm. Niannian Fan dẩn chứng giả thuyết của ông bằng cách tìm trong các văn bản cổ về lịch sử, có xảy ra vào năm 1099 một  thảm họa  trọng đại ở thủ đô nhà Châu (Shaanxi). Theo ông, các dân cư ở Tam Tinh Đôi buộc lòng đời đô thời đó  về di chỉ Jinsha, cách đó 50 cây số  và nằm trên bờ sông Modi. Gỉa thuyết động đất và bùn lở không có gì thuyết phục cả nhất  là ông không có giải thích các lý do  khiến  các hiện vật tế lễ  đều bị hủy phá một cách cố tình trước khi được vứt xuống hố của Tam Tinh Đôi vào thời mà nơi nầy bị ruồng bỏ.

Theo nhà Hán học Pháp Alain Thote, chính vì  các cơn thinh nộ mà  con sông chảy qua nơi nầy  nó  xoá đi một phần nào  vết  tích của di chỉ   Tam Tinh Đôi. Ngoài những lý do không hiểu được về việc từ bỏ vụt chốc  di chỉ Tam Tinh Đôi và   thay thế nó sau nầy bởi di chỉ Jinsha được khám phá vào năm 1996 trong vùng ngọai ô nằm ở   hướng tây cũa Thành Đô (Chengdu), việc khám phá vẫn còn mang  nhiều  bí ẩn  và đánh thức thêm  sự quan tâm và  lòng  khao khát về sự  thật của các nhà khảo cổ. Có các hiện vật tìm được sự giải thích  chính đáng  còn có  nhiều hiện vật vẫn không có sự giải đáp  nào cả cho  đến ngày hôm nay. Lâu nay, chúng ta tưởng rằng Thục Quốc chỉ thuộc về huyền thọai nhưng sự khám phá di chỉ Tam Tinh Đôi  làm  cho chúng ta biết được không những Thục Quốc có thật  cách đây khoảng 5000 đến 3000 năm mà nó còn có những nghi lễ rất phức tạp qua các hiện vật quyến rũ và dị thường. Phần đông các  hiện vật nầy là các  tượng đầu người được chế trong một hệ thống  rất tĩ mĩ  dựa trên những tập tục riêng biệt của nghệ thuật Tam Tinh Đôi  với chủ đích làm các  hiện vật có khoảng cách   để tránh sự chiếu phản  chính  xác của thế giới hiện tại. Ngược lại không có  tìm thấy sự cá biệt hóa nào trong các  tượng đầu người. Hố số 1 có được 13  tượng đầu người bằng đồng còn trong hố số 2 có được 44 tượng đầu người trong đó có 4 tượng đầu được phủ che  một phần trên mặt bằng vàng lá  rất mỏng được cắt  rạch hay  gò theo  kỹ thuật được thường dùng trong nghề kim hoàn (technique du repoussé) để có hình nổi (hay phù điêu). Vàng lá  được tìm thấy  được  ở  hai hầm của di chỉ Tam Tinh Đôi và ở di chỉ Jinsha qua  các vật trang trí của cây « thần » bằng đồng hoặc ở các mặt nạ hay là ở cây quyền  trượng dài 142 cm . Theo sự hiểu biết của các nhà khảo cổ,  vàng lá  dùng làm  các cổ vật tế lễ  thường mỏng, nhẹ và ít có trang trí. Vã lại kỹ thuật dùng mẫu sáp để nấu  vàng không có dùng.  Vàng lá nầy  chắc chắn đến từ các mỏ vàng của Tứ Xuyên   vì vùng nầy được biết  thưở xưa là nơi có giàu có tài nguyên khoáng sản. Đây là một trong những đăc  tính  của nghệ thuật Tam Tinh Đôi vì vàng vẫn chưa có  dùng đến  vào cuối  2000 năm TCN ở  thủ đô An Dương của triều đại nhà Thương.

Gươm  tế lễ  Zhang

Thường được gọi là  Zhang, các gươm tế lễ  bằng ngọc thạch hay được đẽo trong  các đá có hình dáng giống ngọc thạch  thường có một  hoặc  hai  mũi nhọn ở  đầu và   được xem  là đặc tính thứ nhì trong nghệ thuật của Tam Tinh Đôi. Những ngưòi có cái gươm  nầy phải có một  cương vị  rõ ràng trong đẳng cấp  xã hộị.   Các gươm tế lễ nầy  được  có một thời đóng một vai trò quan trọng trong các nghi lễ tập tục dành cho giới lãnh đạo của Tam Tinh Đô. Họ phải dùng gươm nầy bằng hai tay để trước ngực trong tư thế tôn kính trước mặt vua hay là   dâng  lễ trước các thần thánh.  Theo nhà Hán học Alain Thote, không  có sự quyết đoán  minh bạch nào về hai giả thuyết nầy cho đến ngày hôm nay.

Nhờ qua số lượng hình dáng và sự phong phú  biểu lộ  trong việc trang trí khéo léo với những nét khắc  tĩ mĩ  bằng kim, việc   trọng dụng các cây gươm  nầy  mang  lại sự thành công tuyệt vời ở Sanxingdui.  Điều nầy  chứng tỏ trong việc chế tạo,  ý định   tìm kiếm tối đa  sự thẫm mỹ và sáng tạo  riêng biệt  để  có sự so sánh với các gươm  đựợc tìm thấy ở miền trung và bắc  của Trung Hoa .  Tuy nhiên, qua bản đồ ghi các  cuộc khám phá mà được nghiên cứu thì  được biết  cái loại gươm nầy có nguồn gốc  xuất phát từ miền bắc của nước Trung Hoa và   sự hiện diện của nó không có  ở các nơi của vùng trung lưu của con sông xanh.  Như vậy    càng làm  giả thuyết  lưu truyền  trực tiếp  của các  cây gươ m tế lễ  nầy  từ đồng bằng trung nguyên đến Tứ Xuyên  trong thờì kỳ 2 thiên  niên kỷ  có lý hơn để rồi  các nhà lãnh đạo của Tam Tinh Đôi độc quyền  làm  sở hửu trong viêc trọng dụng   về sau nầy.  

[Di chỉ Tam Tinh Đôi (Tiếp  theo phần 2)]


Tài liệu tham khảo

Re-examination of the artifact pits of Sanxingdui. Shi Jingsong. Chinese archeology

New research exploring the origins of Sanxingdui. Rowan Flad. Backdirt 2008

Art et archéologie de la Chine impériale. Alain Thote, Robert W. Bagley. Livret annuaire 2002-2003-2004, pp 362-369

La redécouverte de la Chine ancienne. Corinne Debaine-Francfort. Découvertes Gallimard.


 

Les bronzes de Sanxingdui (Di chỉ Tam Tinh Đôi)

Version vietnamienne

Depuis la découverte d’un grand nombre d’éléments de jade par le hasard à partir  d’un coup de pioche effectué en 1929 par un fermier, suivie ensuite par les deux fouilles sacrificielles en 1986 par les archéologues chinois, Sanxingdui révèle un pan inconnu de la civilisation de Sichuan. Jusqu’alors, selon les textes chinois, la civilisation chinoise émerge seulement dans la plaine centrale dont le coeur antique reste Anyang, l’ancienne capitale des Shang. C’est dans l’historiographie traditionnelle, que Yu le Grand, (Đại Vũ) le dompteur des eaux et le fondateur de la dynastie mythique des Xia, aurait le mérite d’inventer la métallurgie dans la vallée du fleuve jaune. Désormais, les archéologues sont obligés de réévaluer leurs idées sur les premiers développements de l’âge du bronze car il y avait à cette époque  d’autres foyers de civilisation aussi originaux et contemporains des Shang.

Sichuan (Tứ Xuyên)

L’image idéale d’une civilisation chinoise issue de ce « coeur » s’effrite depuis la découverte du site Sanxingdui car ce dernier, situé dans une périphérie barbare, révèle une culture aussi sophistiquée que celle des Shang et ignorée jusque-là par les historiens chinois et par les écrits. Selon l’expert en archéologie Task Rosen du « British Museum », la découverte de la culture de Sanxingdui semble être plus remarquable que celle des guerriers et des chevaux en terre cuite de Qin Shi Huang Di à Xian. Les quatre plaques incrustées de turquoise et trouvées dans la fosse de Sanxingdui sont très similaires à celles rencontrées dans la région d’Erlitou (province de Henan) que les archéologues ont considéré jusqu’alors comme le berceau de la culture  du bronze chinois. Cette parenté témoigne évidemment de l’échange commercial et de la transmission de savoirs techniques sophistiqués de la plaine centrale vers le Sichuan.  Cette région du cours moyen du fleuve Bleu (ou Yangzi Jiang)(Dương Tữ Giang) a joué  peut-être, selon le sinologue Alain Thote, le relais dans cette transmission. Les résultats de l’analyse isotopique du plomb dans le bronze, que ce soit celui du site Sanxingdui, de la tombe de la reine guerrière Fu Hao (Phụ Hảo) de la dynastie des Shang à Anyang (An Dương) dans la province de Henan ou de Xin’gan au Jiangxi confirment la présence irréfutable du même plomb venant de la province de Yunnan. Dans ces trois régions, la technique de fabrication est la technique de la fonte renversée dans des moules d’argile segmentés, née au XVI ème siècle avant notre ère dans la culture d’Erlitou (Période Xia?)(Nhà Hạ). Sur la base de ces résultats, on est amené à supposer que ces échanges aient été établies entre différentes régions vers le milieu du II ème millénaire avant J.C. Les interactions culturelles ne sont plus mises en doute sur une vaste étendue de la Chine ancienne. Les Shang n’étaient pas les seuls à détenir le pouvoir universel comme cela a été donné par les écrits chinois mais ils avaient des voisins aussi puissants qu’eux et avec lesquels ils échangeaient des liens plus ou moins étroits.

Situé à une quarantaine de kilomètres au nord de la capitale Chengdu (Thành Đô) de Sichuan, le site archéologique Sanxingdui, proche de la ville de GuangHan (Quãng Hán) est désigné au début comme un endroit de terre damée où se trouve la formation de trois buttes (Trois Etoiles). C’est seulement lors de la découverte des deux célèbres fosses en 1986 que les archéologues commençaient à s’intéresser à ce site qui, grâce à la fouille en 1996, se révélerait être l’ancienne occupation d’une cité remontant aux environs de 1800 avant J.C. et s’étendant sur une dizaine de kilomètres. Ces deux fosses sont situées à trente mètres l’une de l’autre et ont chacune une profondeur d’environ 1,5 m et un écart d’âge de quelques décennies (30 ans au moins). La première contient un total de 420 objets, des fragments d’os carbonisés, de défenses d’éléphants, de coquillages marins (cauris) etc… tandis que dans la deuxième il y a non seulement un nombre de pièces trois fois plus important (1300 environ) mais aussi des pièces imposantes (une gigantesque statue verticale et mince  en bronze, , des arbres sacrés en bronze et des masques anthropomorphes). Aucun ordre précis n’est établi lors du dépôt de ces pièces. Par contre ces offrandes regroupées par catégories d’objets, ont été brisées et brûlées volontairement en grande partie dans les fosses. Parmi les trouvailles archéologiques du site Sanxingdui, les plus beaux éléments restent la statue d’un personnage monumental haut d’environ 1,71 m et debout sur un socle à décor masqué (constitué de quatre masques têtes d’animaux  renversés)  et portant selon certains archéologues, dans ses mains disproportionnées, soit un ou des objets de forme cylindrique soit une défense d’éléphant et un arbre des esprits en bronze brisé, pouvant atteindre 4 m de haut dans sa reconstitution et relatant le culte du soleil.

Mais ce sont plutôt les masques saisissants de bronze qui retiennent l’attention des archéologues lors la fouille de la fosse sacrificielle n°2 car ces têtes de bronze ont chacune un aspect plus grotesque que les figures humaines, de grandes oreilles d’éléphants, un nez droit, un visage carré,  une bouche étroite occupant la largeur du visage  et des yeux un peux exagérés  ayant la forme de la graine de  l’amande. On en a retrouvé treize  au total au moment de la découverte de cette fosse.

Contrairement aux Shang laissant des inscriptions sur leurs bronzes, le site de Sanxingdui n’a donné aucune trace écrite. Les archéologues ont été contraints de lui attribuer méthodiquement le caractère profondément religieux et sacrificiel. Leur justification s’appuie d’abord sur un faisceau dense de croyances à travers les masques, les créatures hybrides entre l’homme et la bête, les dragons, les hommes-oiseaux, les objets rituels trouvés dans les fosses, puis sur l’absence d’ornements et l’état des offrandes délibérément détruites et rendues inutilisables et surtout sur le tassement de la terre de remblai en plusieurs couches marquant l’intention de vouloir sceller pour toujours  ce site. Selon Niannian Fan, un scientifique spécialisé dans l’étude des rivières à l’université de Sichuan (Chengdu), le site Sanxingdui a été enseveli par le glissement du terrain dû à la montée et descente hâtive du lit de la rivière Minjiang lors d’un séisme majeur ayant eu lieu il y a plus de 3000 ans. Niannian Fan tente de conforter son hypothèse en trouvant dans les anciens écrits historiques, un catastrophe majeur survenu en 1099 dans la capitale des Zhou (Shaanxi). Pour lui, les habitants de Sanxingdui furent obligés de transférer à cette époque leur cité à Jinsha, distant de 50 km de Sanxingdui et situé sur les berges de la rivière Modi. Malgré cela, l’hypothèse du séisme et du glissement du terrain n’est pas très convaincant car il ne peut pas expliquer les raisons pour lesquelles les objets rituels ont été cassés délibérément avant d’être jetés dans les fosses de Sanxingdui à l’époque où ce dernier fut abandonné.

Selon le sinologue français Alain Thote, du fait de ses débordements, la rivière traversant  le site était certainement responsable de la disparition d’une partie des vestiges située  au coeur de la cité Sanxingdui. Outre les raisons inconnues de l’abandon précipité  du site Sanxingdu et de son futur remplacement par le site Jinsha découvert en 1996 dans la banlieue ouest de Chengdu, la découverte continue à être empreinte de mystère et éveiller l’intérêt et la soif de la connaissance de la vérité. Certains objets ont trouvé une explication probante, d’autres restant en suspens jusqu’à aujourd’hui. Depuis longtemps, on a cru que le royaume de Shu (Thục Quốc) appartenait à la légende mais la découverte de Sanxingdui révèle désormais non seulement son existence datant d’au moins de 5000 ans à 3000 ans mais aussi la complexité de ses rites à travers ses artefacts fascinants et étranges. Ceux-ci sont principalement les têtes humaines fabriquées dans un système très élaboré de conventions propres à l’art de Sanxingdui dans le but de les mettre à distance par rapport au monde réel et  d’éviter de refléter exactement ce dernier. Par contre, aucun souci d’individualisation n’est trouvé dans toutes ces têtes. La fosse n°1 contenait 13 têtes humaines en bronze tandis que dans la deuxième fosse, il y avait quarante quatre dont quatre étaient partiellement recouvertes d’une feuille d’or. De faible épaisseur, celle-ci était découpée et incisée ou martelée selon une technique proche du repoussé. Sa présence est décelée soit sur les ornements de l’arbre en bronze, soit sur les masques ou sur une canne longue de 142 cm dans les deux fosses de Sanxingdui et sur le site de Jinsha. En l’état des connaissances des archéologues,  les feuilles d’or associées aux objets rituels étaient à la fois minces,  légères et assez peu décorées. De plus, l’or n’était pas fondu à la cire perdue. Ce matériau précieux provenait probablement des gisements aurifères de Sichuan connue autrefois comme une région riche en ressources minières. C’est l’une des caractéristiques de l’art de Sanxingdui car l’or n’était pas utilisé encore à la fin du II ème millénaire avant notre ère à la capitale Anyang des Shang contemporains dans leur art.

Lame de cérémonie zhang

Connues sous le nom de « zhang », les lames en jade ou taillées dans des pierres ayant l’aspect du jade se terminent   en une ou deux pointes et constituent la deuxième caractéristique trouvée dans l’art de Sanxingdui. Leur possession témoigne de l’appartenance à un certain rang dans la société de Sanxingdui. Elles semblaient revêtir à cette époque, une importance particulière dans les cérémonies rituelles réservées aux élites de Sanxingdui.   Ces dernières devaient s’en servir en les prenant à deux mains en avant de leur poitrine, dans une attitude déférente en présence du roi ou dans un geste d’offrande devant les dieux. Selon le sinologue Alain Thote, rien n’est  permis de trancher encore entre ces deux théories.

Leur emploi connut un succès inouï révélé à Sanxingdui par la multitude des formes et l’enrichissement du décor finement incisé à l’aiguille. Cela témoigne incontestablement de la volonté de développer une recherche esthétique très poussée et de la créativité originale dans leur réalisation par rapport aux zhang trouvés en Chine du Nord et du Centre. Pourtant, selon l’étude de la carte des découvertes, associée à une analyse chrono-typologique, on sait que cette pièce est originaire  de la Chine du Nord et elle est absente sur les sites de la région du cours moyen du fleuve Bleu. Cela conforte l’hypothèse d’une transmission directe de cet objet rituel, de la plaine centrale à Sichuan au cours du deuxième millénaire pour laisser à la fin de sa diffusion, aux élites de Sanxingdui,  la prééminence d’en faire un très large usage.

[Les bronzes de Sanxingdui: Partie 2(Suite)] 


Références bibliographiques

Re-examination of the artifact pits of Sanxingdui. Shi Jingsong. Chinese archeology

New research exploring the origins of Sanxingdui. Rowan Flad. Backdirt 2008

Art et archéologie de la Chine impériale. Alain Thote, Robert W. Bagley. Livret annuaire 2002-2003-2004, pp 362-369

La redécouverte de la Chine ancienne. Corinne Debaine-Francfort. Découvertes Gallimard.


 

Cité interdite de Pékin (2ème partie)

Version vietnamienne

Cité interdite de Pékin (2ème partie)

 Malgré le nom qu’il porte, ce palais de la Pureté céleste est témoin de plusieurs intrigues, de rivalités, de complots, de volte-faces et d’assassinats. De plus, derrière le trône, au dessus du paravent, est toujours accroché un panneau transversal portant en épigraphe la devise suivante du troisième empereur des Qing, Shunzhi (ou Thuận Trị en vietnamien): Quang minh chính đại (ou La très grande rectitude). Elle est accompagnée plus tard par les commentaires flatteurs de son successeur, l’empereur Kangxi (Khang Hi): C’est une belle composition de tout temps, rayonnante et éternelle, méritant d’être l’exemple pour la postérité. Malheureusement, derrière ce panneau se cachent depuis toujours les conflits latents de la famille impériale.

Durant les 500 ans de règne des deux dynasties Ming et Qing, on relève plusieurs événements importants ayant eu lieu dans ce palais. D’abord l’empereur Jiajing (Gia Tĩnh) des Ming (1507-1567) connu pour sa débauche et sa cruauté indescriptible, a failli de mourir asphyxié par ses domestiques. Humiliées par son comportement paranoïaque et profitant du sommeil profond de ce dernier, celles-ci ont tenté de le tuer un soir en l’assommant et en serrant son cou avec sa ceinture. Mais à cause de la dénonciation de l’une d’entre elles auprès de l’impératrice, l’empereur fut sauvé in extremis. Ces domestiques furent exécutées sur le champ y comprise la concubine favorite de l’empereur. Puis l’empereur Taichang (Thái Xương) des Ming (1582-1620), de son nom personnel Zhu Changluo (Chu Thường Lạc) mourut subitement après un mois d’intronisation. On lui prête des abus sexuels ou un empoisonnement. Cela provoque une lutte implacable entre les clans pour la prise du pouvoir et d’influence. Cette affaire est connue sous le nom « Affaire des pilules roses » (Án Hồng Hoàn) car avant de mourir subitement, l’empereur a avalé des pilules. Enfin l’avant-dernier des empereurs des Ming, le fils de Taichang, Zhu Youjiao (Chu Do Hiệu) (1605-1628) connu sous le nom de règne Tianqi ( Thiên Hỷ ), se laissa  empêtré dans l’affaire connue sous le nom « Án di cung (Affaire des palais ) ». Profitant du jeune âge de l’empereur, la concubine de son père, Ly Tuyen Thi continua à faire pression sur lui. Elle s’entêta à résider dans le palais Qianqing (Càng Thanh). Elle demanda à l’empereur de lui accorder le titre d’impératrice douairière dans le but de pouvoir s’ingérer dans les affaires d’état. Face à la protestation de la cour et à la  fermeté de l’empereur, elle fut  contrainte de quitter le palais et de vivre dans un autre palais brûlant  complètement quelques semaines plus tard. Heureusement, elle s’en sortit  indemne avec sa fille. On vit dans cette affaire la mainmise de l’empereur malgré sa contestation. Les historiens chinois ont l’habitude de regrouper ces trois affaires ci-dessus et de les désigner sous le nom « Vãn Minh Tam Án (Trois Affaires à la fin de la dynastie des Ming ) ».

Sous le règne des empereurs Qing, on note deux événements majeurs. Malgré son despotisme éclairé, Kangxi (Khang Hi) connut la fin de son règne ternie par les intrigues qui opposaient ses héritiers présomptifs. En nommant au départ son fils Yinreng comme prince héritier à 2 ans, Kangxi décida de changer d’avis et de choisir finalement pour lui succéder son 14 ème fils, le prince Dân Trinh (Yinti). 

Il rangea  secrètement derrière le panneau transversal portant la devise « La très grande rectitude », une boîte contenant ses recommandations suivantes: Truyền vị thập tứ tử ( léguer le pouvoir à mon 14 ème fils) car c’est son fils préféré. Selon l’on-dit, lorsque Kangxi était  gravement malade et éloigné de son fils Yinti en campagne dans la région de Xinjiang, son quatrième fils, le prince Yingzheng profita de cette situation pour saisir la boîte et modifier le contenu en supprimant le mot « thập »(dix), ce lui permit de devenir empereur. Selon certaines rumeurs, après la modification, il se réfugia dans le jardin pour vérifier l’état de santé de Kangxi. Il lui donna entre-temps à boire un bol de ginseng douteux. Pour certains historiens, la mort subite de Kangxi est attribuée à la responsabilité de Yingzheng (Dân Chính) et continue à alimenter les conversations des gens. A peine intronisé en 1723 sous le nom de Yongzheng (Ung Chính), il s’empressa d’éliminer ou d’exiler tous ses opposants potentiels (ses demi-frères et leurs partisans). Soucieux du problème de succession dont il prit connaissance lors de son propre avènement, il mit en place un système ingénieux permettant au souverain en titre de choisir secrètement et sans contestation son successeur en rédigeant une lettre de recommandation désignant le successeur en deux exemplaires, l’un rangé dans une boîte placée derrière le fameux panneau transversal, l’autre porté toujours par l’empereur en titre. En cas du décès de celui-ci, il est possible de chercher l’exemplaire rangé dans la boite et de le comparer avec celui que portait l’empereur décédé pour introniser le nouveau empereur. Aucune contestation n’est possible. Ce système de nomination continue à être maintenu jusqu’au règne de Xianfeng (Hàm Phong). Il est tombé en désuétude car l’empereur Xianfeng avait avec l’impératrice Ci xi, un seul fils, l’empereur Tongzhi (Đồng Trị). Afin de maintenir astucieusement la régence, elle abolit carrément ce système par la désignation successive des empereurs enfants Guangxu (Quang Tự) et Pu Yi (Phổ Nghi).  (SUITE)

 

 

Cité interdite Pékin (Tử Cấm Thành, Bắc Kinh)

Cité interdite (Tử Cấm Thành)

Version vietnamienne

Après avoir vaincu son neveu Jianwen dont la mort continue à rester une énigme pour les historiens , le troisième empereur de la dynastie des Ming, Chou Di connu sous le nom de règne Yong Le (Vĩnh Lạc), décida de transférer la capitale à Pékin à la place de Nankin pour des raisons stratégiques. Face à la menace mongole toujours pesante sur l’empire, il aimerait riposter rapidement à toute tentative du raid. Il chargea l’architecte en chef Ruan An d’origine vietnamienne (Nguyễn An en vietnamien) de superviser la construction de la Cité interdite sur les ruines de la capitale impériale mongole Khanbalik (ville du Khan) créée par Kubilai Khan en 1267 et décrite par Marco Polo dans son « Devisement du Monde, le livre des Merveilles », en 1406 selon un protocole bien défini. Deux cent mille ouvriers ont été employés à cette tâche gigantesque qui dura 14 ans.

 

Cố Cung

Outre la participation d’un grand nombre de provinces chinoises dans la fourniture des matériaux: le marbre de Xuzhou (Jiangsu), les briques de Linqing (Shandong), la pierre des carrières de Fangshan et de Panshan non loin du Pékin, le bois de charpente nanmu provenant du Sichuan (Tứ Xuyên), les colonnes du Guizhou (Qúi Châu) et du Yunnan (Vân Nam) etc.., on relève également la restauration du grand canal impérial datant de l’époque de la dynastie des Sui (nhà Tùy). Cette voie d’eau s’avère indispensable pour l’acheminement de ces matériaux et des denrées alimentaires jusqu’à la capitale, Pékin. Entre 1420 et 1911, un total de 24 empereurs de deux dynasties Ming et Qing y ont résidé. Le dernier empereur vivant dans cette cité était Pu Yi

 On se pose des questions sur le maintien et la conservation de la cité par les Qing lors de leur prise au pouvoir car jusque-là, dans la tradition chinoise, les vainqueurs avaient l’habitude de détruire systématiquement tous les palais des dynasties précédentes. On peut prendre exemple sur le fondateur des Ming, Zhu Yuanzhang (Chu Nguyên Chương) connu sous le nom de règne Hongwu (Hồng Vũ). Celui-ci a donné l’ordre à ses troupes de détruire la ville de Khan (Khanbalik) à Pékin et a tranféré la capitale à sa ville natale Nankin (Nam Kinh). On ignore les raisons qui ont poussé les Qing à conserver la cité de leurs prédécesseurs. Malgré l’effort de ces derniers de rénover les palais de la cité, d’y ajouter d’autres édifices et de les marquer de leur sceau, la cité continue à garder éternellement l’empreinte de son fondateur Yong Le. Celui-ci, l’un des trois illustres empereurs de la Chine impériale (avec Wu Di des Han, Tai Zhong des Tang) chargea l’amiral eunuque Zheng He (Trinh Hòa) d’entreprendre dans l’océan indien de grandes voyages d’exploration dont les récits ont été rapportés plus tard par son compagnon de route, Ma Huan (Mã Hoàng ) dans son livre intitulé « Merveille des océans ». Profitant de l’usurpation de pouvoir de Hồ Qúi Ly, il annexa le Viêt-Nam en 1400. Sans les 10 années de résistance du peuple vietnamien avec Lê Lợi, le Viet Nam serait probablement une province chinoise.
 

© Đặng Anh Tuấn
Etant une véritable ville dans une ville et construite dans une zone rectangulaire  de 960 m sur 750 m, la cité est divisée en deux parties: la cour extérieure (waichao) (2)(ou Tiền triều en vietnamien) dévolue à la vie cérémonielle et la cour intérieure (neichao)(3)(ou Hậu tẩm en vietnamien), réservée à la demeure de l’empereur et de sa famille. Trois pavillons sont trouvés dans la partie extérieure: le palais de l’Harmonie Suprême (Taihe)(ou Thái Hòa en vietnamien), le palais de l’Harmonie Parfaite (Zhonghe) (Trung Hoa Ðiện) et le palais de l’Harmonie Préservée (Baohe) (ou Bảo Hòa en vietnamien)  tandis que la partie intérieure abrite le palais de la Pureté Céleste (Qianqing)(ou Cung Càn Thanh en vietnamien), la salle de l’Union (Jiaotai)(Ðiện Giao Thái en vietnamien) et le palais de la Tranquillité Terrestre (Kunning) (Khôn Ninh en vietnamien ) entourés respectivement par les « six Palais de l’Est » et les « Six Palais de l’Ouest »(Tam Cung Lục Viện en vietnamien).   

En visitant la cité interdite, on doit  emprunter la porte du Midi (ou porte du Méridien)(Ngọ Môn).  Celle-ci est la principale porte de la cité interdite. Elle fut témoin à une époque, de nombreuses cérémonies liées au départ ou retour triomphal de l’armée et à  la promulgation d’un nouveau calendrier .  Elle est l’unique porte ou plutôt un édifice en forme de U , haut  de  8 mètres et surmonté de cinq pavillons  aux doubles corniches   en tuiles vernissées de couleur et possédant cinq passages. Cet ensemble architectural porte le surnom imagé de « Cinq Tours du Phénix »(Lầu Ngũ Phụng) car il ressemble à l’image d’un phénix. Derrière la porte du Midi, se trouve  une grande cour traversée  par une rivière à 5 ponts richement décorés, la rivière aux eaux d’or.  Celle-ci est  bordée des deux côtés des balustrades en marbre sculptées de dragons et de phénix qui se poursuivent tout le long de son parcours.

Du fait que la cour extérieure est caractérisée par le principe Yang, ses palais sont surélevés par rapport à ceux de la cour intérieure de principe Yin (Âm) grâce à la construction et à l’élévation d’un même soubassement  à trois paliers, en marbre blanc sculpté. Cela fait ressortir non seulement la splendeur de ses palais mais aussi le caractère imposant du principe Yang. De même dans la cour intérieure, le palais de la pureté céleste (Càn Thanh) où l’empereur vivait et travaillait, est surélevé par rapport aux autres palais du fait qu’il est caractérisé par le principe Yang. On voit ici un exemple concret du principe Yang dans le principe Yin. (Dương trong Âm). Entre le palais de la pureté céleste (Yang) et le palais de la tranquillité terreste (Yin), se trouve la salle Jiaotai. Etant le trait d’union du Yin et du Yang représentés respectivement par le palais Qianqing (Càn Thanh) (demeure de l’empereur) et le palais Kunning (demeure de l’impératrice), cette pièce témoigne de l’harmonie parfaite entre ces principes pour souligner implicitement la paix. Tous les bâtiments de la cité sont orientés vers le Sud pour bénéficier des bienfaits de l’énergie Yang.


1 Porte du Midi (Ngọ Môn)

2 Cours  extérieure (Waichao)(Tiền triều)

  • Palais de l’Harmonie Suprême (Taihe)(ou Thái Hòa en vietnamien),
  • Palais de l’Harmonie Parfaite (Zhonghe) (Trung Hoa Ðiện)
  • Palais de l’Harmonie Préservée (Baohe) (ou Bảo Hòa en vietnamien)

3 Cours intérieure (Neichao)(Hậu tẩm)

  • Palais de la Pureté Céleste (Qianqing)(Cung Càn Thanh)
  • Salle de l’Union (Jiaotai)(Giao Thái)
  • Palais de la Tranquillité Terrestre (Kunning)(Khôn Ninh)

4) Six Palais de l’Ouest (Lục viện)

5) Six Palais de l’Est (Luc viện)


 

Ordonnée par la géomancie traditionnelle chinoise, la cité est limitée au nord par la colline artificielle Jingshan (colline du charbon) et par la Muraille de Chine dans le but de se protéger des effets néfastes du souffle Yin du Nord (vents froids, guerriers de la steppe, mauvais génies etc …). De même, on signale au sud, la présence des fossés remplis d’eau et la rivière aux eaux d’or, ce qui permet de faire circuler ainsi l’énergie enfouie dans le sol, le Qi dont la fuite est empêchée par la création de différents niveaux au sol. C’est cette forme d’aménagement qu’on trouve dans la construction d’un même soubassement de marbre à trois gradins pour les trois palais réservés aux cérémonies officielles. Le Qi est ainsi ramené par la construction d’un passage en pente descendante puis remontante entre les palais dans le but de rompre la monotonie de la platitude du sol et de le véhiculer trois fois de suite vers le sommet où se dresse le trône de l’empereur dans le palais de l’harmonie suprême (Điện Thái Hoà) . Étant le trait d’union entre le Ciel et la Terre, celui-ci est assis  face au sud, dos au nord, son côté gauche à l’est et son côté droit à l’ouest. Chaque point cardinal est sous la protection d’un animal sacré: l’oiseau vermeil pour le Sud, la tortue noire pour le nord, le dragon bleu pour l’est et le tigre blanc pour l’ouest. Au plafond, dans l’axe vertical du trône, se trouve au dessus de la tête de l’empereur, la voûte céleste représentée par un caisson richement décoré à l’intérieur duquel deux dragons dorés jouent avec une perle géante. C’est ici que le touriste, lors de sa visite, se pose des questions sur le nombre des dragons utilisés dans l’ornementation de ce palais car  cet animal sacré est présent partout. Selon certaines sources, il y a en tout 13844 dragons de toute taille et de tout genre  à l’intérieur et à l’extérieur du palais, ce qui  donne à cet édifice un air solennel et respectueux, difficile à trouver dans les autres palais de la cité.

Figurines sur les toits des édifices dans la cité interdite

Située sur l’axe sud-nord,  la cité interdite obéit en fait à la loi des nombres et au choix des couleurs. La sélection des nombres impairs (Yang) est apparue dans l’agencement des figurines sur les arêtes des toitures, dans la décoration et l’ornementation des portes de la cité interdite par la présence visible des clous dorés et dans la disposition maximale de pièces que compte la cité.   Groupées toujours en nombre impair  1-3-5-7-9, les figurines  marquent non seulement l’importance de l’édifice impérial mais aussi la fonction qu’occupe le propriétaire dans la hiérarchie impériale. Le nombre des figurines est fixé par le recueil de lois et de décrets de la dynastie des Qing connu sous le nom « Da Qing Hui Dian »( Đại Thanh hội điển). Les figurines  représentant chacune un symbole et une qualité, sont établies dans un ordre très précis: dragon, phénix, lion, destrier céleste (thiên mã), hippocampe (hải mã), yaju (áp ngư), douniu (đấu ngưu), suanni (toan nghê), Xiezhi (hải trãi), hangshi (khỉ) . Elles sont toujours précédées par un immortel taoïste appelé parfois « prince Min » sur le dos d’un coq ou d’un phénix. À côté de ces animaux chimériques, du côté du faîte, se trouve toujours une tête d’animal cornu à gueule ouverte (neuvième fils du dragon) . Il y a une exception à cette règle d’alignement. C’est le cas du palais de l’harmonie suprême Taihe (Ðiện Thái Hòa) où 10 figurines sont toutes présentes sur l’arête de sa toiture car c’est ici que l’empereur a organisé les festivités importantes (intronisation, mariage, anniversaire,nouvel an, solstice d’hiver etc ..). L’utilisation de ces figurines est destinée à protéger les édifices contre les esprits malfaisants et à montrer la puissance et la suprématie de l’empereur. Par contre, pour le palais de la Pureté Céleste (Qianqing) (ou Càn Thanh en vietnamien) le rôle est moins important que celui du palais de l’harmonie suprême. Bien que l’empereur y travaille, on ne dénombre que neuf figurines sur l’arête de sa toiture. Quant au palais de tranquillité terrestre (Kunning) (ou Khôn Ninh en vietnamien), on ne trouve que sept figurines car c’est la demeure de l’impératrice  à l’époque des Ming. Mais c’est aussi l’endroit où étaient honorées les divinités chamaniques  en parfait accord du Yin dans le  Yang à l’époque des Qing. Avant de conquérir la Chine des Ming, ces derniers d’origine mandchoue conservaient leurs croyances religieuses. [Cité interdite: Partie 2]

 

 

 

Dynastie des Han orientaux (Đông Hán)

 

Dynastie des Han orientaux (Nhà Đông Hán)

titre_dynhan_9Au musée des arts asiatiques  Guimet (Paris)

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Chronologie des Han orientaux

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 Đông Hán

25-57: Règne de Guangwudi

57-75: Règne de Mingdi

75-88: Règne de Zhandi

88-106: Règne de Heidi

106: Règne de Shangdi

106-125: Règne de Andi.

125: Règne de Shaodi.

125-144: Règne de Chongdi.

145-146: Règne de Zhidi.

146-168: Règne de Huandi.

168-189: Règne de Lingdi

184: Révolte des turbans jaunes

189: Destitution de Shaodi

189-220: Règne de Xiandi.

190: Montée et puissance du général Cao Cao (Tào Tháo)

220: Mort de Cao Cao et de Xiandi.

Fin de la dynastie des Han

Première domination chinoise

Dans les territoires conquis par les Han, notamment dans le Sud de la Chine, la sinisation continua à battre son plein. C’est pourquoi les révoltes se succédèrent d’abord dans le royaume de Dian (Điền Quốc) (86, 83 av. J.C., 14 apr. J.C., de 42 à 45 ). Elles furent réprimées avec sévérité. Ces soulèvements étaient dûs en grand partie aux exactions des fonctionnaires Han et aux comportements des colons chinois de prendre possession des sols fertiles et de refouler les populations locales dans les coins perdus de leur territoire. De plus, ces dernières devaient adopter la langue, les coutumes, les croyances religieuses des fils des Han. En l’an 40, une grave rébellion éclata dans la province Jiaozhou (ou Giao Châu en vietnamien) incluant à cette époque une partie du territoire de Kouang Si (Quảng Tây) et de Kouang Tong (Quảng Đông). Elle fut menée par les filles d’un préfet local, Trưng Trắc (Zheng Cè) l’aînée et Trưng Nhị (Zheng Èr) sa cadette. Comme le mari de l’aînée Shi Suo (Thi Sách) s’opposait à la politique d’assimilation chinoise menée brutalement par le proconsul chinois Tô Định (Su Ding), ce dernier n’hésita pas à l’exécuter pour faire un exemple contre les insurgés yue, notamment les Vietnamiens. Cette exécution exemplaire révolta les sœurs Trưng et déclencha immédiatement le mouvement d’insurrection dans les territoires yue.

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Poids de natte

destiné à maintenir les bords de la natte grâce à son poids.

 

 

Les deux sœurs Trưng réussirent à y enlever 65 citadelles dans un laps de temps très court. Elles se proclamèrent reines sur les territoires conquis et s’établirent à Meiling (ou Mê Linh). En l’an 41, elles furent vaincues par le général Ma Yuan (Mã Viện, Phục Ba Tướng Quân) (Dompteur des flots) et préférèrent le suicide à la reddition en se jetant dans la rivière Hát. Elles devinrent ainsi le symbole de la résistance des Vietnamiens. Elles continuent à être vénérées aujourd’hui non seulement au Vietnam mais aussi dans certains endroits des territoires Yue de la Chine (Kouangsi et Kouang Tong). Ma Yuan commença à appliquer une politique de terreur et de sinisation à marche forcée en plaçant à tous les échelons de l’administration, des hommes de confiance chinois et en imposant le chinois comme langue officielle dans tout le territoire des Vietnamiens. C’est la première domination chinoise durant presque 1000 ans avant la guerre de libération entamée par le général Ngô Quyền. Entre-temps, Guangwudi (Quang Vũ Đế) réussit à apporter la prospérité et la stabilité dans son empire en réduisant l’impôt au niveau des récoltes et des bénéfices. Après sa mort, analogue à Wudi (Vũ Đế), son fils Mingdi poursuivit la politique d’expansion en lançant une offensive contre les Xiongnu septentrionaux (Hung nô) dans le but de libérer les états d’Asie centrale de la tutelle de ces derniers et de rétablir au profit de la Chine la sécurité de la Route de la Soie (con đường tơ lụa). Le général Ban Chao (Ban Siêu), frère de l’historien Ban Gu (Ban cố) (*) de cette époque, fut chargé de cette expédition militaire. Il réussit à atteindre la mer Caspienne et à soumettre les Yuezhi (Nguyệt Chi hay Nhục Chi) grâce au concours des Kusana.

© Đặng Anh Tuấn


(*) Auteur des Annales de Han (ou Hanshu) (Hán Sử)

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