Central Highlands gongs (Cồng Chiêng Tây Nguyên)

congchien

French version

First part

Since the dawn of time, the  gong culture  is the preferred approach used by the populations of the Central Highlands (Vietnam) living from agriculture in communication with the spirit world. According to their shamanistic and animist beliefs, the gong is a sacred instrument because it secretly houses a genius supposed to protect not only the owner but also his family, his clan and his village. Its âge not only improves its sound but also the power and  magical potency of the occupier genius. In addition, the gong will acquire a special patina over the years. This percussion instrument cannot be considered as an standard musical instrument. It is present at all the important occasions of the village. It is inseparable from the social life of highland tribes. The newborn baby is invited to listen the sound of the gong played by the elder village from the first month of his birth, which allows him to recognize the voice of his tribe and his clan. He become now an element of his ethnic community. Then he grows over years to the rhythm of gong sound which carries him away with the fermented rice alcohol (rượu cần) in the evening meetings around a jar and fire and in the village festivals (offerings, marriages, funeral, celebrations of the new years’s day or the victory, inauguration of the new housing, family reunion, agricultural ritual (paddy germination, ear initiation, feast of the agricultural close etc.). Finally, at his death, he is accompagnied by the rolling of the gongs to the burial with solemnity.

According to the Edê, a life without gong is a life without rice and salt. Each family must have at least a gong because this instrument proves not only its fortune but also with its authority and prestige in its ethnic community and its region. In function of each village, the set of instruments can be simply represented by two gongs but you can find sometimes up to 9, 12, 15 or 20 gongs. Each of these is called by a name that indicates its position in a hierarchy similar to that found in a matriarchal family. According to  French ethnomusicologist Patrick Kersale, the gongs reflect the image of the family structure with matrilineal inflection. For the Chu Ru, there are three gongs in a set. (Gong-mother, gong-aunt and gong-daughter). By contrast, for the Ê Đê Bih , the set of gongs consists of three pairs of gongs. The first pair is called under the name of gongs grand-mothers. And then the second pair is reserved for the gong-mothers and the last pair is for the gong-daughters.

In addition, there is a drum played by the oldest person to give the tempo. For peoples living in the south of the Highlands, there are also 6 gongs in a set but the gong-mother (chiền mẹ) remains the most important and is maintained slighty in the lower position compared with the other gongs. It is always accompanied by the gong-father followed then by the gong-children and gong-grandchildren. Due to their large size, the two gongs mother and father produce low sounds and nearly identical, which allows them to serve as a constituent basis to the orchestra.

In speculating about the provenance of gongs,we note  they are found not only in India but also in China and in the region of Southeast Asia. Despite their mention in the Chinese inscriptions around the year 500 after Jesus Christ (period of Đồng Sơn civilization), there is a tendency to attribute to the Southeast Asia region their origin because the gong  culture  embraces only the regions where live Austro-asiatic and Austronesian peoples. (Vietnam, Kampuchea, Thailand, Myanmar, Java, Bali, Mindanao (Philippines) etc …). According to some Vietnamese scholars, the gongs are linked closely to the the aquatic rice cultivation. For the Vietnamese researcher Trần Ngọc Thêm, the gongs are used to imitate the noise of thunder. They have a sacred role in the annual ceremonies of rain making rituals, with the aim of having a good harvest. In addition, we find in these gongs an intimate binding with the Đồng Sơn culture because the gongs were present visibly on some bronze drums (Ngọc Lữ for example). The gongs had to be considered a sacred instrument in  ritual celebrations so that they were honored by the Dongsonian on their drums. Among the Mường who are « close cousins » to the Vietnamese, one continues to associate the bonze drums (character Yang) with the gongs (character yin) which the Mường still regard as a stylized representation of the woman chest in religious festivals. These gongs are in some way the symbol of fertility. According to the Vietnamese musician Tô Vũ, the Mường forced back in the inaccessible mountainous regions, could continue to keep carefully these gongs against the Chinese conquerors. This is not the case of the Dongsonian (the ancestors of the Vietnamese) during the Chinese conquest led by the general Ma Yuan (or Mã Viện) of West Han dynasty after the sisters Trưng Trắc and Trưng Nhị revolt.   More reading (Tiếp theo)

 


Bibliographic references

  • Recherche de l’identité de la culture vietnamienne. Trần Ngọc Thêm, Editions Thế Giới,Hànôi 2008
  • Les Mnong des hauts-plateaux, Centre-Vietnam: Vie matérielle. Albert-Marie Maurice, Tome 1, Editeur L’Harmattan. 1993 Cồng chiêng Tây Nguyên. Di sản phi vật thể thế giơí. Trần Văn Khê. Vietsciences, 01/01/2006.
  • Vài nẻt đặc thù của cồng chiêng Tây Nguyên. Giáo Sư Trần Văn Khê. 2009
  • Người ÊĐê ở Việt Nam. The Ede in Vietnam. Editeur Thông Tấn 2010
  • La chanson de Damsan. Légende recueillie chez les Rhade de la province de Darlac. Texte et traduction. Louis Sabatier. BEFEO, 1933, Tome 33, n°33, pp: 143-302
  • Tranh luận về cồng chiêng Tây Nguyên. SGTT 2012
  • Sur l’origine géographique des langues Viet Muong. Michel Fergus, Môn Khmer Studies, 18-19: 52-59
  • Độc Đáo cồng chiêng Tây Nguyên. Bùi Trọng Hiền. Nguyễn Quang Vinh Tạp chí Ngày Nay. 28/02/2011
  • Gongs de tous les pouvoirs. DVD documentaire de Patrick Kersalé.2009

Les Mnong (Dân tộc Mnong): 2ème partie

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Version vietnamienne

Version anglaise

Deuxième partie

Quand on décide d’aller à l’étranger ( càd dans les autres villages voisins), on a besoin d’être accompagné par un entremetteur recruté de préférence sur les kuang du village. Un kuang est en fait un homme puissant et réputé qui ne se mesure pas à la fortune accumulée mais au nombre de sacrifices de buffles qu’il a organisés et accomplis. Grâce aux dépenses grandioses qu’il a entamées dans les sacrifices des buffles pour ses proches, ses invités jôok et son village, il a acquis du même coup un énorme prestige. Cela lui a permis d’élargir progressivement son réseau de relations, d’avoir du poids dans les délibérations du village et de devenir un rpuh kuang (ou un buffle mâle) au niveau de la puissance sexuelle.

Même les cornes de son « âme-buffle ( ou hêeng rpuh ) » élevée par les génies se sont allongées en fonction du nombre de sacrifices accomplis. Son cercueil pèse d’autant plus lourd que ces cornes ont atteint une taille imposante. Un grand kuang est celui qui ose pratiquer la stratégie de l’endettement. Plus il thésaurise pour dépenser dans les sacrifices des buffles et dans les achats, plus son prestige s’accroît. Il a toujours quelque dette à la traîne.

Il n’attend pas de rembourser l’intégralité de ses achats pour en faire d’autres car cela lui vaut l’admiration et la renommée. Un villageois mnong devient un kuang avec le premier sacrifice de buffle. Il devient ainsi l’homme « indispensable » sur lequel on s’appuie pour s’assurer non seulement la sécurité routière mais aussi la réussite dans les transactions commerciales lors du déplacement hors du village. C’est avec lui qu’on mettra au point l’itinéraire. C’est lui qui présentera, grâce à son réseau de relations, le jôok local du village destinataire qui connait tous les habitants et qui sait parmi ces derniers lequel intéressé par les objets entrant dans la transaction tout en présentant les garanties de solvabilité.

Analogues aux Bahnar, les Mnong sont des animistes. Ils pensent que toute chose a une âme même dans les ustensiles à usages rituels (les jarres à bière par exemple). L’univers est peuplé de génies (ou yaang).

C’est pourquoi l’appel aux divinités ne se cantonne pas dans un endroit particulier mais il s’éparpille partout soit dans le village soit dans les bois soit dans les monts et les eaux. Aucun recoin n’est épargné. Il sera soit évoqué collectivement soit honoré d’un culte spécial dans des circonstances particulières. C’est le cas du génie du riz auquel un petit autel est dédié au milieu du ray. Durant la saison des semailles, le Mnong viendra placer ses offrandes. La moisson collective ne peut pas commencer sans un rite spécial connu sous le nom de « Muat Baa » ou ( nouage du paddy ). Comme le paddy a une âme, il faut éviter de le faire courroucer et de le faire fuir en prenant soin d’un grand nombre de précautions: éviter de siffler, de pleurer, de chanter sur les champs ou de s’y disputer, de manger des concombres, des citrouilles, des œufs, des êtres glissants etc. Une poule sera sacrifiée près de la hutte miniature de l’âme du riz perchée sur un bambou lui-même cerné par des bambous portant des nids à offrandes. Au génie de la pluie, le Mnong offrira sur une minuscule plateforme des œufs. Pour calmer la colère des génies végétaux de la forêt avant le défrichement d’un pan, on procède à de grands soins rituels et de prières. Un long piquet de bambou à la pointe recourbée duquel a été suspendu un poisson pêché est planté sur le lieu consacré dans le défrichement à brûler.

Au moment où le feu commence à jaillir, deux « hommes sacrés »( croo weer ) implorent la protection des génies tandis qu’un troisième oint le piquet au poisson et appelle les génies. Même il y a des divinités censées d’être les gardiens de l’âme de l’individu. Celui-ci se compose d’un corps matériel et de plusieurs âmes (ou heêng). Celles-ci prennent des formes multiples: une âme-buffle élevée dans un étage des cieux par les génies, une âme-araignée dans la tête de l’individu, une âme-quartz qui loge tout droit derrière le front. Il y a même l’âme-épervier (kuulêel) symbolisé par une ficelle faite de brins de coton rouges et blancs et tendue au dessus du corps de défunt entre deux bambous pour distinguer le kuulêel de l’épervier ordinaire. Cette âme-épervier prend son envol à la mort de l’être humain. Un mal subi par l’une de ces âmes se répercute sur les autres. Les génies peuvent rendre malade quelqu’un en attachant son âme-buffle à leur poteau de sacrifice céleste. Le recours au chamane s’avère indispensable car lui seul peut établir le dialogue avec les génies lors de la séance de cure (mhö). Il tente de marchander le prix que les génies exigent pour libérer l’âme-buffle du malade sinon le malade meurt et l’un de ses autres âmes rejoint le premier des étages du monde souterrain. L’âme disparaît totalement lorsqu’il arrive à atteindre le septième étage souterrain au bout de la septième mort.

L’au delà est conçu comme souterrain. Le rite de guérison n’a pas de côté festif. Cela entraîne peu de frais à engager à part le buffle immolé et l’honoraire payé ( équivalent au nombre de hottées de paddy) au chamane qui reçoit en plus une cuisse de la bête sacrifiée. Chez les Mnong, la notion d’immortalité de l’âme n’existe pas. Par contre, la notion de réincarnation fait partie de la tradition des Mnong. Il peut arriver que l’ancêtre maintenu au premier étage souterrain se réincarne dans l’un de ses descendants.

Les hommes de la forêt

Musée d’ethnologie du Vietnam (Hanoi)

Dans la tradition mnong, le buffle est un animal sacré. Les Mnong ont recours au buffle comme monnaie d’évaluation. C’est aussi dans le système de croyances mnong que le buffle est l’équivalent de l’homme dont l’une de ses âmes est l’âme-buffle (hêeng rput) élevé au ciel par les génies à sa naissance et ayant un rôle prépondérant sur les autres âmes de l’individu. Avant d’être inhumé, le décédé est déposé dans un cercueil prenant approximativement la forme d’un buffle. Les Mnong n’organisent pas des funérailles et ils abandonnent le tombeau après un an d’inhumation. D’une manière générale, la maison de funérailles est construite sur une butte et elle est décorée avec des figurines sculptées en bois ou des motifs variés peints en noir, rouge ou blanc. La puissance d’un individu se mesure au nombre de bucrânes de buffles sacrifiés empilés et maintenus par des poteaux. Selon le mythe mnong, le buffle a remplacé l’homme dans le sacrifice. C’est pourquoi on voit dans ce sacrifice l’aboutissement suprême de tous les rites dont il se détache par le faste rituel animé par les processions de gongs, des jeux de tambours, des invocations d’appel aux esprits, des chants etc … et accompagné par des libations de bière, ce qui en fait un événement majeur et exceptionnel dans la vie villageoise.

Personne ne peut se soustraire à cet événement. Le village devient une aire sacrée où on doit s’amuser collectivement, bien boire, bien manger et éviter de se disputer car on pourrait courroucer les esprits. Les Mnong sont divisés en plusieurs sous-groupes ( Mnông Gar, Mnông Chil, Mnông Nông, Mnông Preh, Mnông Kuênh, Mnông Prâng, Mnông Rlam, Mnông Bu đâng, Mnông Bu Nor, Mnông Din Bri , Mnông Ðíp, Mnông Biat, Mnông Bu Ðêh, Mnông Si Tô, Mnông Káh, Mnông Phê Dâm ). Chaque groupuscule a une dialecte différente mais d’une manière générale, les Mnong issus de ces groupuscules différents arrivent à se parler sans aucune difficulté apparente.

Ceints d’un long pagne de coton indigo dont l’extrémité frangée de cuivre et de laine rouge leur retombe à mi-cuisse comme un petit tablier (suu troany tiek)(3) , les Mnong se présentent souvent sous l’aspect des hommes fiers aux membres longs et au torse nu musclé et bronzé malgré les souffrances d’une vie précaire. Cette ceinture-tablier sert à porter toutes sortes d’objets: le couteau, l’étui à tabac, le poignard et les talismans individuels (ou pierres-génies ). Ils se servent d’une veste soit courte soit longue ou d’une couverture comme manteau à la saison froide. On trouve sur leurs têtes un turban noir ou blanc ou un chignon où est piqué souvent un couteau de poche en acier et à manche recourbé. Ils sont habitués à porter une hache pour abattre les troncs d’arbres.

Les femmes mnong aux seins nus portent une jupe courte (suu rnoôk) enroulée au niveau du bas-ventre. Les Mnongs adorent les parures. Ils portent au cou des pectoraux, des colliers de fer ou en perles de verre ou des dents de chiens provenant d’un rite exorciste qui leur confèrent des propriétés protectrices.

Des bobines d’ivoire enfilées dans les lobes percés de leurs oreilles battent leurs maxillaires. Les femmes aiment particulièrement les colliers en verre de perles. Les lobes de leurs oreilles sont distendus souvent par de gros disques en bois blanc. On trouve encore dans la plupart des groupuscules mnong l’abrasion des dents de devant (de la mâchoire supérieure). Les hommes comme les femmes fument du tabac et consomment beaucoup de bière de riz. Celle-ci est non seulement un élément indispensable dans toutes les fêtes et dans les cérémonies rituelles mais aussi une boisson d’hospitalité. En l’honneur de son hôte, une jarre de bière de riz est débouchée quelques instants avant d’être offerte. Sa consommation se fait collectivement à l’aide d’un ou plusieurs chalumeaux en bambou plantés dans la jarre. Le nombre de mesures est imposé au buveur par la tradition de chaque ethnie. ( 2 chez les Mnongs Gar, 1 chez les Edê ). Pour maintenir le niveau de la jarre, on est obligé d’y verser de l’eau, ce qui dilue progressivement l’alcool de la bière de riz et qui transforme ce dernier en une boisson inoffensive.

Analogues aux Bahnar, les Mnong (ou les Hommes de la Forêt) sont fiers d’être des gens libres. C’est ce qu’a constaté l’ethnologue célèbre G. Condominas auprès des Mnongs Gar. Dans le village de Sar Luk où il a fait un an d’immersion complète avec les Mong Gar, il n’y avait pas de chef de village mais un groupe de trois ou quatre hommes sacrés qui sont des guides rituels notamment en matière agricole. La perte de leur liberté peut être le catastrophe que redoutent les Mnong. On trouve toujours en eux deux particularités qui les différencient des autres groupes ethniques du Vietnam: leur esprit d’abnégation et de solidarité et leur absence de s’enrichir égoïstement.

Malgré les souffrances de leur vie précaire, les Mnong démunis connaissent encore la notion de partage que nous, les gens dits civilisés, avons oubliée depuis longtemps.

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Références bibliographiques

De la monnaie multiple. G. Condominas. Communications 50,1989,pp.95-119

Essartage et confusionisme: A propos des Mnong Gar du Vietnam Central. Revue Civilisations. pp.228-237

Les Mnong Gar du Centre Vietnam et Georges Condominas. Paul Lévy L’homme T 9 no 1 pp. 78-91

La civilisation du Végétal chez les Mnong Gar. Pierre Gourou. Annales de géographie. 1953. T.62 pp 398-399

Tiễn đưa Condo của chúng ta, của Tây Nguyên. Nguyên Ngọc

Chúng tôi ăn rừng …Georges Condominas ở Việtnam. Editeur Thế Giới 2007

Ethnic minorities in Vietnam. Đặng Nghiêm Vạn, Chu Thái Sơn, Lưu Hùng . Thế Giới Publishers. 2010

Mosaïque culturelle des ethnies du Vietnam. Nguyễn Văn Huy. Maison d’édition de l’Education. Novembre 1997

Les Mnongs des hauts plateaux. Maurice Albert-Marie 1993. 2 tomes, Paris, L’Harmattan, Recherches asiatiques.

Lac de l’épée restituée (Hồ Hoàn Kiếm)

Le lac de l’épée restituée

Version vietnamienne
Version anglaise
Liste des photos
Seconde liste des photos

Étant lié étroitement à l’histoire du peuple vietnamien, ce lac situé au cœur de la capitale est un lieu incontournable pour la plupart des Hanoïens. Il est le symbole de l’indépendance nationale car c’est ici que selon la légende, le roi Lê Lợi , après avoir vaincu les Ming, a restitué à la tortue dorée la précieuse épée qu’il avait reçue auparavant. Il est le lac des souvenirs car il garde le secret des amours intenses et des douleurs nées des sentiments perdus, ce qui le rend plus romantique et plus languissant avec ses saules pleureurs, ses eaux vertes colorées par une algue, son temple Ngọc Sơn plongé souvent dans des brumes matinales. Les mots ne suffisent plus. Il n’y a que les photos qui permettent d’immortaliser ces rêveries romantiques.

  • Khả liên ngũ bách văn chương địa
  • Thượng hữu cô sơn thạch nhất quyền
  • Năm trăm năm cũ nơi văn vật
  • Còn sót hòn non non một nắm trơ

        Nguyễn Khuyến

        Traducteurs: Lê Tư Thục, Nguyễn văn Tú

  • C’est ici que furent établies les traditions culturelles,
  • Il y a cinq cents ans.
  • Il ne reste qu’aujourd’hui une petite motte de terre.   

Hồ gươm

Version vietnamienne

Được xem  có  liên quan mật thiết với lịch sữ Việtnam và  nằm ở trung tâm thủ đô, hồ nầy  là một địa điểm  mà người Hànội không thể không biết đến  được.  Hồ còn  là một biểu tượng độc lập quốc gia  vì chính ở nơi nầy, theo truyền thuyết, vua Lê Lợi  sau khi thắng được quân Minh, trả lại gươm báu cho Rùa thần mà ông đã nhận được trước đó. Với  bao nhiêu kỷ niệm vui buồn, hồ nầy   âm thầm chôn vùi  biết  bao nhiêu mối tình nồng nàn và đau đớn khi tình yêu  nó bị rạn nứt  càng làm nó   lãng mạn và tương tư với các thùy liễu rũ rượi,  màu nứớc xanh biếc  từ các rong biển, đền Ngọc Sơn chìm đắm trong sương mù buổi sáng. Dù có bao  từ diễn tả chăng nửa cũng không bằng những ảnh chụp để nó gợi đến muôn thưở những mơ mộng lãng mạn.

  • Khả liên ngũ bách văn chương địa
  • Thượng hữu cô sơn thạch nhất quyền
  • Năm trăm năm cũ nơi văn vật
  • Còn sót hòn non non một nắm trơ

        Nguyễn Khuyến

Version anglaise

Closely linked to the history of the Vietnamese people, this lake located in the heart of the capital is a must-visit place for most Hanoians. It is a symbol of national independence because it is here that, according to legend, King Lê Lợi, after defeating the Ming, returned the precious sword he had previously received to the golden turtle. It is the lake of memories because it holds the secret of intense loves and the pains born from lost feelings, which makes it more romantic and more languid with its weeping willows, its green waters colored by algae, and its Ngọc Sơn temple often shrouded in morning mist. Words are no longer enough. Only photographs can immortalize these romantic reveries.

  • Khả liên ngũ bách văn chương địa
  • Thượng hữu cô sơn thạch nhất quyền
  • Năm trăm năm cũ nơi văn vật
  • Còn sót hòn non non một nắm trơ

        Nguyễn Khuyến

  • It is here that cultural traditions were established,
  • Five hundred years ago.
  • Today, only a small mound of earth remains.

 

Pictures gallery

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Le Caodaïsme (Cao Đài Giáo)

 

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Cao Đài gíáo được xem là một tôn giáo quan trọng đứng hàng thứ ba  ở Việtnam sau Phật giáo và Công giáo. Cao Đài  tức là nơi cao mà Thượng  để ngự trị.  Cao Đài giáo là một tôn giáo có tính pha trộn rất nhiều các tôn giáo lớn mà chủ yếu là Phật giáo, Công giáo,  Ấn Độ giáo, Hồi giáo,  Do Thái giáo,  Đạo giáo và nhất là kính trọng các truyền thống Vietnam. Tín đồ Cao Đài tin rằng Thượng đế là đấng chí cao  sáng lập ra các tôn giáo và luôn cả vũ trụ này và thường gọi tôn giáo của mình là Đạo Trời. Toà thánh Tây Ninh được tọa lạc tại thị trấn Hòa Thành, huyện Hòa Thành, tỉnh Tây Ninh và cách xa khoảng 90 cây số  về phía đông nam của thành phố Saïgon. Số tín đồ theo đạo Cao Đài ước chừng 7 triệu người ở Việtnam và 30.000 ở hải ngoại nhất là ở Á Châu, Úc Châu, Gia Nã Đại, Âu Châu và Mỹ quốc.

Có 3 thời kỳ quan trọng trọng lịch sữ của đạo nầy.   Thời kỳ đầu và nhì được diễn ra ở thế kỷ 6 TCN.  Lần đầu thường được gọi là Nhất kỳ Phổ độ, Thượng đế xuất hiện dưới hình dạng của người lãnh tụ của Do Thái giáo, Đức  Phật  (Nhiên Đăng cổ Phật) ở Ấn Độ và Phục Hi ở Trung Hoa.  Lần thứ nhì thường gọi Nhị kỳ Phổ độ, ngài đến với Phật giáo qua  Sakyamuni, Khổng Giáo với Đừc Khổng Tử, Công Giáo với Đức Chúa Giêsu, Đạo giáo với Lão Tử và Hồi giáo với Mahomet.  Lần sau cùng là  Tam kỳ Phổ độ, ngài quyết định xuất hiện để truyền giảng cho tín đồ một cách trực tiếp qua hình thức cơ bút. Tất cả tôn giáo được xuất hiện trước Cao Đài giáo chỉ thể hiện dưới  các hình dạng khác nhau (tôn giáo) nhưng  cùng một chân lý mà còn tùy ở thời đại, nơi  phát hiện, phong tục tập quán của dân gian nhằm  để giáo dục nhân loại và dẫn đến con đường nhân nghĩa  hạnh phúc  dưới sự dìu dắt của Thầy.  Triết lý và niềm tin tín ngưỡng mà đạo Cao Đài giảng dạy rất giản dị nhưng tạo ra không ít sự hoang mang vì  đạo nầy rất thích hợp  với đạo lý nhiều hơn là mang tính chất huyền bí.  

  • –Thờ cúng tổ tiên.
  • -Luyện tập thiền định.
  • -Thực tập ăn chay trong đời sống
  • -Bất  bạo động
  • -Tôn trọng mọi  hình thức tín ngưỡng
  • -Tu tập giải thoát luân hồi

Tránh làm 5 điều tối kỵ như sau:

  • Không giết bất cứ sinh vật
  • Không có gian dối
  • Không có uống rượu
  • Không có ngoại tình
  • Không có làm tổn thương qua lời nói

Cầu nguyện một lần trong ngày và ăn chay ít nhất  10 ngày trong tháng.  Các lễ  cầu nguyện được diễn ra  ở  toà thánh Tây Ninh mỗi ngày với các giờ chỉ định: 6 giờ, 12 giờ, 18 giờ và 24 giờ. 

Version française

Le caodaïsme est la troisième religion importante au Vietnam après le bouddhisme et le christianisme. Cao signifie « Haut » et Ðài  » Palace ». Cao Đài est la suprême palace où règne Dieu. Le caodaïsme est une religion syncrétique qui englobe et combine plusieurs éléments à partir des religions principales: le Bouddhisme, le Confucianisme, le Catholicisme, l’Hindouisme, l’Islam, le Judaïsme et le Taoïsme tout en prenant en compte les traditions vietnamiennes. Le Saint Siège se trouve à Tây Ninh, à 90 km du Nord-Ouest de Saigon. Le nombre de ses fidèles s’élève à 7 millions au Vietnam et 30.000 à l’étranger, en particulier en Asie, Australie, Canada, Europe et les Etats-Unis.

Galerie des photos

Article: Être caodaïste (Tôi là người Cao Đài)

img_9502 On trouve dans l’histoire de cette religion les trois périodes importantes de révélations. La première et la deuxième avaient lieu VIème siècle avant notre ère. Au cours de la première manifestation, Dieu fut apparu sous les trois formes du leader judaïste en Moyen-Orient, de Bouddha Dipankara en Inde et de Fou-Hi symbolisant le culte de l’humanité en Chine. Au cours de la deuxième manifestation, le bouddhisme réapparut sous la forme Sakyamuni, le confucianisme sous celle de Confucius, le christianisme sous celle de Jésus-Christ, le taoïsme sous celle de Lao- Tseu et l’Islam sous celle de Mahomet. Quant à la troisième manifestation, Dieu a décidé de se révéler lui-même. Cette troisième manifestation basée sur le bouddhisme est appelée souvent sous le nom « Ðại Ðạo Tam Kỳ Phổ Ðộ« . Toutes les religions qui ont précédé la révélation du caodaïsme ne sont que des formes différentes issues de la même vérité  suivant l’époque, les lieux de révélations, les us et coutumes des peuples en vue d’éduquer l’humanité et de l’amener vers le chemin du Bien dans la voie de Dieu. La philosophie et la profession de foi du caodaïsme sont d’une simplicité déconcertante, plus proche de la morale que de la transcendance mystique.

  • -Respect du culte des ancêtres
  • -Pratique de la méditation.
  • -Pratique du végétarisme.
  • -Suppression de la violence
  • -Respect de toutes les formes religieuses.
  • -Recherche de la libération du cycle de réincarnations

Respect des 5 interdictions suivantes:

  • Ne tuer aucune vie
  • Ne pas être malhonnête
  • Ne pas boire
  • Ne pas commettre l’adultère
  • Ne pas offenser par des mots

Prier au moins une fois par jour et pratiquer un régime végétarien au moins 10 jours par mois. La messe a lieu au saint siège de Tây Ninh tous les jours et se déroule à des heures bien précises:
6h, 12 heures, 18 heures et 24 heures.

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Les gongs des Hauts Plateaux: 2ème partie

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Deuxième partie

Ce général tenta de briser toutes les velléités de résistance vietnamienne en faisant fondre tous les tambours de bronze, symbole de leur puissance au combat. Probablement, dans cette destruction, il y avait aussi les gongs dongsoniens car ils étaient en bronze. Selon Nguyễn Việt, directeur du centre de la Préhistoire d’Asie du Sud Est de Hànội, le couvercle de la situle dongsonienne dont le centre est légèrement renflé et orné d’une étoile, ressemble étrangement au gong à bosse des Hauts Plateaux. Il possède aussi des anses avec lesquelles on peut passer des cordes pour le pendre au mur d’une pièce comme un gong. Il est peut-être le prédécesseur des gongs des Hauts Plateaux.

On n’écarte pas non plus l’hypothèse selon laquelle les Dongsoniens tentaient de les cacher à tout prix et de les écouler dans les régions montagneuses grâce à l’échange culturel et économique avec les peuplades des Hauts Plateaux. En s’appuyant sur les recherches linguistiques en particulier celles du chercheur français Michel Ferguson, un spécialiste des langues austro-asiatiques, on est amené à penser que les Viet-Mường étaient présents à l’est de la Cordillère annamitique et sur les rives de la Mer de l’Est (Biển Đông) avant les débuts de notre ère. Pour ce chercheur, le groupe Viet-Mường vivait ensemble non seulement avec les Tày mais aussi avec les peuplades des Hauts Plateaux (les Khamou, les Bahnar etc.). car il y a l’importance du vocabulaire Tày dans la langue vietnamienne et les similitudes de la structure féodale de Giao Chỉ avec celles des Thaïs actuels (descendants des proto-Tày). De plus, il y a dans le vocabulaire des Khamou une strate d’emprunt à une ou plusieurs langues viet-mường.

Selon la suggestion de ce chercheur, le royaume de Tang Ming pourrait être l’ancien habitat du groupe Việt-Mường. Cela conforte l’hypothèse selon laquelle les Dongsoniens pourraient être les pourvoyeurs des gongs aux peuplades des Hauts Plateaux par le biais des trocs car ces dernières ne fabriquaient pas elles-même ces gongs malgré leur caractère sacré. Probablement cela est dû au fait qu’étant des agriculteurs sur brûlis, elles n’avaient pas une industrie métallurgique leur permettant de mouler ces gongs. Jusqu’à aujourd’hui, elles les procurent auprès des Kinh (ou Vietnamiens), des Cambodgiens, des Laotiens, des Thaïlandais etc .. avant de les donner à leur musicien à l’ouïe fine. En les martelant avec des coups de maillets de bois dur, ce dernier réussit à donner à ces gongs de provenance diverse un ensemble d’harmoniques remarquable en accord avec les thèmes villageois et tribaux.

Le rajustement du son d’un gong est plus important que son achat car il faut rendre le gong en harmonie avec l’ensemble des gongs de l’orchestre et il faut savoir lui donner une âme, une sonorité particulière. Selon le musicologue vietnamien Bùi Trọng Hiền, le fait de ramasser et d’accorder les gongs d’origine diverse et de les rendre harmonieux et conformes à leur esthétique dans un jeu constitue un art grandiose. Le gong doit être sacré avant son utilisation par une cérémonie rituelle pour permettre à son corps de posséder désormais une âme.

Certaines ethnies bénissent du sang des gongs au même titre que les jarres, les tambours etc. C’est le cas des Mnong Gar signalé par exemple par l’ethnologue Georges Condominas. Le caractère « sacré » des gongs ne peut pas laisser indifférents les Vietnamiens. Pour donner à ces gongs une portée significative, les Vietnamiens ont l’habitude de dire:

Lệnh ông không bằng cồng bà ( Le tambour d’ordonnance de Monsieur ne résonne pas aussi fort que le gong de Madame). Cela explique aussi que l’autorité de Monsieur est moins importante que celle de Madame.

La culture des gongs est localisée dans les 5 provinces du centre (Đắc Lắc, Pleiku, Kontum, Lâm Đồng et Đắk Nông). Une vingtaine d’ethnies (Bahnar, Sedang (Xơ Đăng), Mnongs, Cơ Ho, Rơ Mam, Êđê, Jarai (Giarai), Radhés etc ..) sont recensées dans l’utilisation de ces gongs. Selon l’illustre musicologue vietnamien Trần Văn Khê, dans les autres pays de l’Asie du Sud Est, le joueur de gong reste toujours assis et peut jouer plusieurs instruments associés en même temps. Ce n’est pas le cas des joueurs des gongs des Hauts Plateaux du Vietnam. Chaque joueur peut jouer un seul gong. Il y a autant de gongs que de joueurs dans un jeu. Lire la suite (Tiếp theo)

Les Lôlô ( Dân tộc Lôlô)

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Etant connus en Chine sous le nom de Yi et appelés aussi Mùn Di, Màn Di, La La, Qua La, Ô Man, Lu Lộc Mà par les Vietnamiens, les Lô Lô font partie du groupe linguistique tibéto-birman. Ils vivent nombreux dans les régions montagneuses de la Chine (Sichuan, Yunnan, Guizhou et Kouang Si) sauf une petite minorité originaire de Yunnan qui s’installa dans le Haut Tonkin du Vietnam (Hà Giang,  Đổng Vạc, Cao Bằng et Lào Cai)  lors des deux flux migratoires ayant eu lieu au 15ème et au 18ème siècle. La population de ce groupe ethnique s’élève actuellement à peu près de 4300 individus au Vietnam. Selon les ethnologues, les Lô Lô sont les descendants du peuple nomade et éleveur de moutons Qiang ( Khương tộc ) ayant émigré du sud est du Tibet pour s’établir au Sichuan (Tứ Xuyên)  et au Yunnan (Vân Nam). 

L’une des 54 minorités ethniques au Vietnam


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À l’époque des Printemps et Automne (Xuân Thu), ce peuple était toujours en guerre avec les habitants du fleuve Jaune (Hoàng Hạ), les ancêtres des Chinois. Leur expansion fut stoppée par le duc de Mu (Tần Mục Công) qui régna sur l’état du Qin entre -660 et -621 et qui fut l’un des cinq hegémons (Bá chủ) célèbres de cette période grâce au concours apporté par son chancelier talentueux Baixi Li (Bá Lý Hệ).

Dans le groupe ethnique Lô Lô, il y a deux groupuscules: les Lô Lô bariolés (Lô Lô Hoa) et les Lô Lô noirs (Lô Lô đen). On arrive à les discerner car chaque groupe porte des vêtements légèrement  différents. Si le costume  féminin des  Lô Lô bariolés est marqué par une veste  au col rond, fendue sur la poitrine et décorée de plusieurs morceaux de tissus  triangulaires ou carrés ayant des couleurs époustouflantes (rouges, vertes, pourpres) visibles sur le corps et sur le dos, un bonnet finement orné et un pantalon de couleur indigo  tandis que celui des femmes Lô Lô par une  veste courte et noire au col carré et aux manches colorées (bandes jaunes, roses ou vertes), un fichu et  une jupe. Quant aux hommes,  la tenue est très sobre. Tous vivent de la riziculture inondée et de la culture sédentaire sur brûlis avec le maïs, le riz gluant et le riz ordinaire  dans les districts Đồng Văn, Mèo Vạc,  Bảo Lạc (Cao Bằng) et Mường Khương (Lào Cai).  Ils utilisent dans certains endroits  les champs en terrasses. Leur nourriture principale reste la farine de maïs moulue cuite au bain-marie. Le bouillon ne peut pas être manquant dans leur repas, ce qui nécessite toujours l’usage des bols et des cuillères en bois.                  

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D’une manière générale, les maisons des Lô Lô sont situées dans des endroits  à la fois hauts et secs et surplombant les vallées. Ils préfèrent de vivre à proximité des forêts denses car pour eux les forêts et les ruisseaux sont considérés comme les lieux d’habitation du génie du sol. Ce sont des gens qui aiment vivre en harmonie avec la nature. Ils se servent des hottes à deux bretelles en rotin ou en bambou (giang) pour transporter leurs affaires.  Ils préfèrent de se marier avec les gens de leur ethnie. Ils pratiquent aussi l’exogamie au cas où le mariage a lieu entre les gens des lignages différents. Les Lô Lô sont monogames. La jeune mariée vit dans la famille de son mari. L’adultère est condamnée dans leurs traditions. Par contre, le lévirat est toléré car le jeune frère du décédé peut prendre pour épouse sa belle-sœur. De même, le fils de la tante paternelle est permis d’épouser la fille de l’oncle maternel (cô cậu) mais il est strictement interdit de faire le contraire.

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Dans la famille, tout est décidé par le mari. Les filles héritent des bijoux de leur mère et reçoivent au moment de leur mariage une dot. Quant à l’héritage proprement dit, il revient aux enfants mâles de la famille. Quand une personne est décédée, la famille organise une cérémonie rituelle pour aider son âme de retrouver le chemin qui la conduit vers ses ancêtres. Connue sous le nom de « danse des esprits« , cette manifestation rythmée est dirigée par son beau-fils portant sur son épaule un sac contenant une balle en tissu représentant la tête du défunt. Parfois on trouve à la place de la balle  une courge ou un bout de bois sur lequel est dessinée la figure du défunt. Cela montre que les traces de la coutume de la chasse aux têtes restent encore vivaces chez les Lô Lô. Lors des funérailles, ce beau-fils doit porter l’une des extrémités du cercueil. Il lui revient ainsi qu’aux frères de la veuve de jeter les premières poignées de terre dans la tombe du défunt.

Les Lô Lô font une distinction très nette entre les ancêtres proches (moins de 5 générations) et les ancêtres éloignés. (au delà de sixième génération). Pour les ancêtres proches, il y a toujours un autel propre dans chaque famille tandis que pour les ancêtres éloignés, les rites ont lieu dans la maison du chef de la lignée (trưởng tộc).  Analogues aux Vietnamiens, les Lô Lô ont les tambours de bronze dont ils se servent seulement lors des funérailles. Ces tambours sont toujours en couple: un mâle et une femelle. Ceux-ci sont placés sur des supports à côté des pieds du défunt de manière que leurs tympans soient opposés l’un à l’autre. Puis un joueur se tient entre eux et les bat alternativement avec une seule baguette. Un battement pour le tambour-mâle, un autre pour le tambour-femelle, le tout est dans une cadence régulière.

Le joueur doit être un célibataire ou un homme marié dont la femme n’est pas enceinte au moment des funérailles. Etant considéré comme un instrument sacré, le tambour est enterré ou caché dans un endroit à la fois propre et discret. Il n’y a que le chef de la lignée familiale qui connait cet emplacement. Pour les Lô Lô, il y a une légende relative au tambour de bronze:

Il y avait une fois une inondation ayant englouti le pays et ses habitants. Ayant eu pitié pour une fille et son petit frère qui étaient sur le point de mourir, le Ciel se porta à leurs secours en mettant respectivement la fille dans le grand tambour de bronze et le jeune frère dans le petit tambour.  Ces instruments ne furent pas noyés par cette inondation, ce qui permit de les sauver. Après le déluge, ils se réfugièrent dans les montagnes et se marièrent. Ils  étaient devenus ainsi les ancêtres des humains ressuscités.

Analogues aux Vietnamiens et aux Chinois, les Lô Lô fêtent leur nouvel an auquel s’ajoutent d’autres fêtes et d’autres  rites (rite du riz nouveau par exemple). On n’oublie pas de citer aussi la danse au clair de lune, une danse pouvant durer toute la nuit et  réunissant soit une majorité de filles et de garçons du village, soit un groupe de jeunes filles ou de femmes mariées. La danse commence par la formation d’un cercle par les danseurs (ou danseuses). Ceux-ci mettent  les mains  sur les épaules des autres et ils sont accompagnés par des chants et des mouvements simulant les activités quotidiennes comme le pilage et le vannage du riz, la cueillette des fruits ou la broderie etc.  Etant la distraction préférée des jeunes, la danse au clair de lune a lieu sur un terrain proche ou au milieu du village et elle peut durer parfois jusqu’à la pointe du jour.

butvietBien que les Lô Lô ne soient pas nombreux au Vietnam, ils se distinguent facilement des autres ethnies par le flamboiement de leurs vêtements et l’attachement profond à la nature. 

minorité Lo Lo (en format pdf)


Références bibliographiques:

  • Ethnic minorities in Vietnam. Đặng Nghiêm Vạn, Chu Thái Sơn, Lưu Hùng . Thế Giới Publishers Hànội 2010
  • Mosaïque culturelle des ethnies du Vietnam. Nguyễn Văn Huy. Maison d’édition de l’éducation. 1997
  • Notes sur quelques danses de minorités ethniques du Nord Vietnam. Phạm Thị Điền. Etudes vietnamiennes. Tome 39 n°3

 

Maisons des minorités ethniques

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Maisons des minorités ethniques du Vietnam.

Houses of ethnic minorities in Vietnam.

Version française

Version anglaise

Ở Tây Nguyên, sự giàu có của các dân tộc thiểu số thường thể hiện qua số  vò rượu mà họ có và được phô bài trong nội thất. Các vò  nầy  khác biệt với nhau nhờ hình dáng, kích thước và màu sắc. Có nhiều vò làm nổi bật các hoa văn được  chạm nổi  một cách tinh vi  và  thông thường được trông thấy  nhờ các bông hoa và các con rồng. 

La richesse des minorités ethniques vivant sur les Hauts Plateaux (Tây Nguyên) du Vietnam se mesure au nombre de jarres de bière de riz trouvées à l’intérieur de leurs maisons. Ces jarres se distinguent par leurs formes, leurs tailles et leurs couleurs. Certaines sont gravées avec des bas -reliefs illustrés souvent par des fleurs ou des dragons.

The wealth of ethnic minorities living in the Tay Nguyen Highlands of Vietnam is measured by the number of rice beer jars found inside their homes. These jars are distinguished by their shapes, sizes, and colors. Some are engraved with bas-reliefs, often depicting flowers or dragons.

Galerie des photos

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Hội An sommaire (2ème partie)

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English version

Version vietnamienne

Deuxième partie

Contrairement aux Japonais, les Chinois ont connu Hội An depuis longtemps, à l’époque où cette ville appartenait encore au Champa. Ils étaient venus en bateaux pour y chercher du sel, d’or et de cannelle mais ils avaient besoin de se ravitailler aussi en bois de chauffage et en eau potable car Hội An se trouvait  sur leur route maritime. Celle-ci était la route de la soie à travers l’océan. Les vaisseaux marchands arabes et chinois avaient l’habitude de fréquenter, vers le 8ème siècle après J.C., les côtes de la Chine et de l’Asie du Sud-Est. Avant de s’établir à Hội An, les commerçants chinois ont pénétré en nombre limité dans les bras du fleuve Thu Bồn pour construire leurs premiers quartiers soit au port Trà Nhiêu soit à l’embouchure Thanh Hà. Puis survint la menace fréquente de la piraterie japonaise sur les côtes chinoises allant de Shangai jusqu’à l’île de Hainan. En prenant prétexte de cette menace, les empereurs des Ming commencèrent à interdire toutes les communications maritimes excepté l’Asie du Sud Est à partir 1433. Cette politique fut connue en vietnamien sous le nom « Thốn Bản Bất Hạ Bản (Pratiquer la politique de la porte fermée). Malgré cela, les Chinois avaient besoin d’un certain nombre de marchandises de première nécessité. Cela les amenait à se procurer ces produits en Asie du Sud Est, en particulier à Hội An. Il fallait attendre deux événements importants dans la deuxième moitié du XVIIème siècle pour que la communauté chinoise devînt importante à Hội An. D’abord l’avènement des Qing (Mandchous) en Chine provoqua l’exode et l’installation des réfugiés chinois au Vietnam (y comprise la ville Hôi An). En 1679, de nombreuses embarcations des partisans de la dynastie déchue accostèrent Đã Nẵng et Hội An.

Face à l’ampleur de l’exode, le gouverneur Nguyển Phúc Tần, très expéditif en affaires, n’hésita pas à proposer aux partisans des Ming dirigés par les deux généraux Dương Ngạn Địch et Hoàng Tiến de s’installer dans la basse Cochinchine (Mỹ Tho, Thủy Chân Lạp) et de défricher des terres incultes, ce qui lui donna l’occasion d’agrandir son territoire et d’éviter un affrontement éventuel avec une armée décimée comprenant 50 embarcations et 3000 soldats. Puis il permit aux nouveaux réfugiés chinois de fonder Minh Hương (village des Ming) dans le but de remonter leur moral et de leur rappeler qu’ils étaient toujours les partisans émigrés des Ming.

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Quartier français ( Rue Nguyễn Thái Học)

Version vietnamienne

Phần thứ nhì

Ngược lại với người Nhật, người Hoa biết Hội An từ lâu từ thời mà vùng nầy còn thuộc về vương quốc Chămpa. Họ đến đây để mua muối, vàng và quế và để dự trữ củi và nước vì Hội An nằm trên con đường biển của họ mà họ thường gọi là con đường tơ lụa trên biển Đông. Người Hoa và người Á Rập hay thường dùng con đường nầy để dọc theo các bờ biển của Trung Hoa và Đông Nam Á vào thế kỷ thứ 8 sau Công Nguyên. Trước khi ở Hội An, thường thấy một số ít thương gia Hoa định cư ở nhánh sông Thu Bổn hay ở bến cảng Trà Nhiêu hay là cửa sông Thanh Hà. Trước sự đe dọa thường xuyên của các cướp biển người Nhật dọc theo bờ biển Trung Hoa đến đảo Hải Nam, các vua chúa nhà Minh mới ra chỉ thị vào năm 1433 cấm các cuộc giao tiếp đường biển chỉ trừ Đông Nam Á. Đó là chính sách hải cấm với khẩu hiệu là “Thốn Bản Bất Hạ Hải” áp dụng với Nhật Bản. Tuy nhiên người Hoa vẫn cần dùng các thương phẩm cần thiết nên họ phải tìm ở Đông Nam Á nhất là ở Hội An.

Có hai biến cố quan trọng về sau, vào giữa thế kỷ 17 khiến cộng đồng người Hoa trở thành yếu tố chính ở Hội An. Đó là sự sụp đổ triều đại nhà Minh khiến có một cuộc di tản và định cư đáng kể của người Hoa ở Việtnam (luôn cả ở Hội An). Rồi vào năm 1679, có nhiều thuyền của thành phần theo nhà Minh đến Đà Nẵng và Hội An. Để tránh sự đối đầu có thể xảy ra với 3000 quân lính được trang bị vũ khí đầy đủ và 50 chiếc thuyền của các thành phần theo nhà Minh do hai tướng Dương Ngạn Địch và Hoàng Tiến chỉ huy và mở rộng thêm bờ cỏi Vietnam với những vùng đất hoang vu ở Chân Lạp (Cao Miên), chúa Hiền (Nguyễn Phúc Tần) rát khéo léo và khôn ngoan đề nghị họ nên định cư ở vùng Nam Bộ (Mỹ Tho, Thủy Chân Lạp) và cho phép họ thành lập các làng Minh Hương để tưởng nhớ triều đại Minh và giúp họ phấn khởi trong việc định cư.

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English version

[Two part]

Unlike the Japanese, the Chinese have known Hội An for a long time, back when this city still belonged to Champa. They came by boat to seek salt, gold, and cinnamon but also needed to replenish supplies of firewood and drinking water because Hội An was on their maritime route. This was the silk route across the ocean. Arab and Chinese merchant ships were accustomed, around the 8th century AD, to frequent the coasts of China and Southeast Asia. Before settling in Hội An, Chinese merchants entered in limited numbers into the arms of the Thu Bồn River to build their first quarters either at Trà Nhiêu port or at the Thanh Hà estuary. Then came the frequent threat of Japanese piracy on the Chinese coasts from Shanghai to Hainan Island. Using this threat as a pretext, the Ming emperors began to prohibit all maritime communications except with Southeast Asia from 1433. This policy was known in Vietnamese as « Thốn Bản Bất Hạ Bản » (Practicing the closed-door policy). Despite this, the Chinese needed a certain number of essential goods. This led them to procure these products in Southeast Asia, particularly in Hội An.

It was necessary to wait for two important events in the second half of the 17th century for the Chinese community to become significant in Hội An. First, the rise of the Qing (Manchus) in China caused the exodus and settlement of Chinese refugees in Vietnam (including the city of Hội An). In 1679, many boats of supporters of the fallen dynasty landed in Đà Nẵng and Hội An.

Faced with the scale of the exodus, the governor Nguyễn Phúc Tần, very efficient in affairs, did not hesitate to propose to the Ming supporters led by the two generals Dương Ngạn Địch and Hoàng Tiến to settle in lower Cochinchina (Mỹ Tho, Thủy Chân Lạp) and to clear uncultivated lands, which gave him the opportunity to expand his territory and avoid a possible confrontation with a decimated army comprising 50 boats and 3,000 soldiers. Then he allowed the new Chinese refugees to found Minh Hương (village of the Ming) in order to raise their morale and remind them that they were still the émigré supporters of the Ming.

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