Maison communale (Đình Làng: phần 2)

 

Version vietnamienne

Deuxième partie

On est habitué à dire : Cầu Nam, Chùa Bắc, Ðình Ðoài pour rappeler la réputation  des trois régions spécifiques de l’architecture traditionnelle vietnamienne. Ðình Ðoài insinue ainsi la région Ðoài (Hà Ðông, Sơn Tây) où figure un grand nombre de đinh réputés. (Tây Ðằng, Mông Phụ , Chu Quyến etc…). C’est dans cette région proche de la montagne et des forêts qu’on trouve du bois précieux, résistant et dur indispensable à la construction des đình.

Origine du mot Ðỉnh

Le mot đình vient de l’idéogramme chinois ting. Malgré cela, le đình dans l’architecture vietnamienne ne correspond pas à la description du ting des Chinois. Ceux-ci l’employaient au cours du temps pour désigner un pavillon isolé ayant pour but de goûter les joies culturelles (thưởng ngoạn văn hóa) ou une maison de repos (đình trạm) pour un voyageur ou  un mandarin en mission ou un temple pour le culte du génie des remparts à l’époque des Han. Dans ce sens, on retrouve le même type de ting au Vietnam avec le đình Trấn Ba au temple Ngọc Sơn (Hànội) ou Thủy Ðình ( Ðình sur l’eau) en face de la pagode Thầy (Chùa Thầy) (Hà Tây). En s’appuyant sur l’origine du mot Ðình, certains spécialistes n’hésitent pas à penser que le culte du ting chinois a inspiré celui du đình vietnamien. Pour l’écrivain et journaliste vietnamien Hữu Ngọc, le génie des remparts a été remplacé par le génie tutélaire du village pour s’adapter au goût des Vietnamiens. Mais il y a plusieurs raisons ne permettant pas de conforter cette hypothèse.

D’abord, le đình vietnamien qui doit sa solidité à un ingénieux système de colonnes, de tenons et de mortaises,  était édifié sur pilotis (sans fondation coulée). Cela permet de faciliter parfois son déplacement ou son ré-orientation au cas où son installation initiale n’apporte pas la prospérité et le bonheur au village après plusieurs décennies d’exploitation. Ce type de construction nous fait penser à certains chercheurs, en particulier au chercheur français Georges Coedès.   Pour lui, le đình vietnamien était influencé incontestablement par le style architectural « indonésien ».

Cela ne met pas en cause ce qu’on a déjà découvert sur les tambours de bronze vietnamiens avec la maison sur pilotis et un toit incurvé. (le tambour Ngọc Lữ ). On sait très bien que les Dongsoniens ( les ancêtres des Vietnamiens ) furent établis le long de la côte du Nord Vietnam (1er millénaire avant J.C.). Ils furent considérés comme des « Indonésiens » (ou Austroasiens (Nam Á en vietnamien)), les Bai Yue. Selon le chercheur vietnamien Trịnh Cao Tường, un spécialiste dans l’étude des maisons communales (đình) des villages vietnamiens, l’architecture de la maison communale vietnamienne exhaussée sur pilotis témoigne de l’écho de l’esprit des Dongsoniens continuant à se perpétuer encore dans la vie journalière des Vietnamiens. De plus, ce type d’édifice ressemble à la bâtisse commune sacrée rôong (nhà rồng) sur pilotis qu’on est habitué à trouver chez les populations austro-asiatiques, en particulier les ethnies du Tây Nguyên  (Hauts Plateaux du Centre du Vietnam ). Analogue à la maison communale des Vietnamiens, la bâtisse rôong cumule un grand nombre de fonctions sociales: salle de conseil du comité villageois, centre d’hébergement des visiteurs occasionnels, lieu de ralliement de tous les villageois etc…Certains đinh vietnamiens sont munis de planchers en bois servant de siège de réunion ou de divan pour les notables et les villageois. Ce n’est pas le cas des ting chinois.

Đình Mông Phụ (Sơn Tây)

Au XVIII ème siècle, on recensa à peu près 11.800 villages au Vietnam. Cela veut dire qu’il y a autant de maisons communales (ou đình) que de villages. Comme les Vietnamiens ont l’habitude de dire : l’eau qu’on boit rappelle la source (Uống nước nhớ nguồn), il y a toujours en eux une reconnaissance, une gratitude envers ceux qui leur ont rendu service ou envers leur pays. C’est pourquoi rien n’est surprenant de voir un grand nombre de personnages historiques (héros nationaux et locaux) ou légendaires (Génie de la Montagne Tản Viên par exemple) et de bienfaiteurs faisant partie des génies tutélaires des đình. Ceux qui ont accompli des actions d’éclat ne sont pas non plus oubliés. De plus, parmi ces génies tutélaires, il y a aussi les enfants, les mendiants et les voleurs. Ceux-ci meurent de mort violente  à une heure sacrée (ou giờ thiên), ce qui leur confère des pouvoirs surnaturels pour protéger les villageois contre tous les maux et tous les malheurs. Grâce à ces dieux communaux, le village retrouve non seulement la tranquillité et la prospérité mais aussi les règles, la justice et la morale. Ils sont en quelque sorte la personnification de cette autorité suprême qui puise toute sa force dans le village lui-même. En fonction de leur rôle plus ou moins rempli, ils peuvent recevoir des brevets royaux (sắc phong) qui leur accordent les grades de « génie du rang supérieur (ou Thượng đẳng thần) » ou de « génie du rang moyen (ou Trung đẳng thần) » ou du « génie du rang inférieur (Hạ đằng thần) ». Cette institution permet au roi de rétrograder ceux d’entre eux ne réussissant pas à remplir leur mission lorsqu’ils n’arrivent pas à rétablir l’ordre  au village ou en laissant périr les villageois. Etant gardés avec soin et jalousie dans le Hậu Cung (ou palais intérieur), ces brevets royaux sont la fierté indescriptible de tout le village. Si ce dernier n’a pas son génie tutélaire, il est obligé d’emprunter le génie tutélaire d’un autre village ou de le remplacer par le génie du sol (thổ thần). Au cas où les  deux villages sont unis par un culte commun au même génie tutélaire, ils doivent s’arranger de manière que le jour de fête soit fixé à une date convenue dans chaque village et que tout le monde puisse y participer par l’envoi d’une délégation lors de la procession. Contrairement aux temples construits et entretenus aux frais de l’état, les maisons communales sont aux frais des villages car il s’agit bien d’un culte local. Les richesses trouvées dans la décoration des đình et leurs dimensions dépendent à la fois de l’aisance financière et de la générosité des villageois. On trouve dans chaque village des parcelles de terre appelées rizières des rites (ou tế điền) ou rizières des génies (ruộng thần từ) dont l’exploitation sert à entretenir le đình et dont la superficie peut atteindre parfois  plusieurs dizaines de mẩu (ou 0,36 ha) dans certains villages d’avant 1945. C’est aux autorités hiérarchiques locales la responsabilité d’administrer le đình ainsi que le village comme « une petite cour« . Les règles, les mœurs et les traditions sont appliquées avec sévérité et elles sont plus respectées que l’autorité du roi à cette époque. Les femmes ne sont pas admises dans le đình. C’est pourquoi on a l’habitude de dire en vietnamien « Phép vua thua lệ làng » (L’autorité du roi cède devant la coutume du village). (Lire la suite)

 

Maison communale (Đình Làng: Phần 1)

English version

Vietnamese version
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Đình Làng

Première partie

Đình Làng, ce sont deux mots qu’il est difficile de séparer dans l’esprit des Vietnamiens car partout où l’on trouve un village vietnamien, il y a aussi quelque part une maison communale, un đình. Couvert toujours de tuiles, celui-ci est un bâtiment colossal en bois et construit sur pilotis. Contrairement à la pagode qui se ferme sur elle-même, le đình n’a ni portes ni mur et communique directement avec l’extérieur. Sa large toiture imposante ne peut pas passer inaperçue de loin avec ses angles rebroussés (đầu đao). Son emplacement est l’objet d’études minutieuses de géomancie. Sa construction est réalisée dans la plupart des cas sur un terrain assez aéré considéré comme un espace sacré et orientée de manière à avoir accès à une pièce d’eau ( lac, rivière , puits) dans le but de recueillir le summum du bien-être. ( tụ thủy, tụ linh, tụ phúc ). C’est le cas du đình Tây Ðằng avec une pièce d’eau remplie de lotus devant son entrée en été ou  đình Ðồng Kỵ ( Từ Sơn, Bắc Ninh) érigé en face d’une rivière ou đình Lệ Mật (Gia Lâm, Hànội) avec un large puits. La maison communale vietnamienne est édifiée souvent dans un cadre de verdure avec les banians centenaires, frangipaniers, aréquiers etc…

 © Đặng Anh Tuấn


On ne peut pas définir mieux son rôle que celui qui a été écrit sommairement par Paul Giran dans son ouvrage intitulé: Magie et Religion annamites, pp 334-335, 1912:

Le đình où demeure le génie protecteur de chaque village (thành hoàng) est le foyer de la vie collective de la communauté. C’est ici que se font les réunions des notables et que se traitent les questions d’administration ou de justice intérieure. C’est aussi ici que se font les cérémonies religieuses et que s’accomplissent tous les actes qui sont la vie de la société vietnamienne.


On peut dire qu’il est en quelque sorte la mairie d’une ville d’aujourd’hui. Mais il est mieux considéré que cette dernière car il est le lien affectif de toute la communauté du village. À travers lui, le Vietnamien peut retrouver non seulement ses racines mais aussi les aspirations et les souvenirs communs du village où il est né et il a grandi. Son attachement profond à son village, en particulier à son đình ne trahit pas l’expression de ses sentiments qu’on a l’habitude de trouver dans les chansons populaires suivantes:

Qua đình ngả nón trông đình
Ðình bao nhiêu ngói thương mình bấy nhiêu….

En passant devant la maison communale, j’incline mon chapeau conique pour la regarder
Autant elle a de tuiles, autant je t’aime ….

ou bien

Trúc xinh trúc mọc đầu đình
Em xinh em đứng một mình cũng xinh
……………………………
Bao giờ rau diếp làm đình
Gỗ lim ăn ghém thì mình lấy ta ….

Le joli bambou-ivoire pousse à l’entrée de la maison communale
Tu es jolie, ma mie même si tu te tiens toute seule.
……………………………………
Chaque fois que le đình peut être érigé à partir des laitues
et que le bois « lim » peut être comestible, nous pourrions nous marier …

L’image d’un đình est ancrée intimement dans le cœur des Vietnamiens car le đình est le symbole de leur identité et de leur origine. Déjà, au XIIème siècle, sous la dynastie des Lý, parut un édit stipulant que sur tout le territoire vietnamien, chaque village dut construire son propre đình. Celui-ci suivit les Vietnamiens au cours de leur marche vers le Sud du XIIème au XVIIIème siècle. D’abord il s’implanta dans le Centre du Vietnam en passant par les provinces Thanh Hóa et Nghệ An sous la dynastie des Lê, puis par les provinces Thuận Hóa et Quảng Nam sous les Mạc et enfin dans le delta du Mékong à la pointe de Cà Mau avec les seigneurs des Nguyễn. Sa construction évolua pour s’adapter non seulement au nouveau climat, aux nouvelles terres acquises et aux nouveaux matériaux disponibles trouvés sur place mais aussi aux traditions et aux mœurs locaux tout au long du parcours sur des milliers de kilomètres durant les 4 siècles d’expansion. Hormis les Hauts Plateaux, berceau de la culture ancestrale des minorités ethniques, le đình réussit à se distinguer dans la diversité avec un style et une architecture propre à tous les recoins du Vietnam.

Construit quelques siècles plus tôt, le đình du Nord reste le modèle de  référence pour la plupart des Vietnamiens car il est retenu non pas pour son caractère esthétique mais plutôt pour son caractère original. Il est le symbole authentique de la vie rurale des Vietnamiens au fil des siècles. C’est lui qui a été érigé le premier par la culture villageoise vietnamienne dans le delta du Fleuve Rouge. Le đình du Nord n’est pas seulement un assemblage de colonnes, d’arbalétriers et de toutes sortes d’éléments soudés par des mortaises et des tenons, reposant sur le sol ou  des fondations en pierre mais c’est aussi une armature en bois sur laquelle s’appuie la toiture qui la consolide de son propre poids. L’une des caractéristiques de la maison communale vietnamienne réside  dans le rôle des colonnes servant de soutien à la toiture.   Plus les colonnes sont grosses,  plus l’armature est stable. 

        Maison communale Ðình Bảng ( Tiên Sơn, Bắc Ninh )

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Son aspect est très imposant grâce à ces colonnes principales volumineuses. C’est le cas du đình Yên Đông détruit par un incendie (Quảng Ninh) et dont les colonnes principales atteignent 105 cm de diamètre. Cette impression est illustrée souvent par l’expression qu’on a l’habitude de dire en vietnamien: to như cột đình ( colossal comme la colonne du đình ). C’est ce qu’on trouve dans le fameux « Ðình Bảng » avec ses 60 colonnes en bois de fer (gỗ lim) et sa grande toiture terminée par les angles rebroussés en forme des pétales de lotus.     Lire la suite                                                      

Đình Bảng (Bắc Ninh)

Situles (Thạp đồng)

 

      Version vietnamienne

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      English version

Bien que la situle (ou thạp en vietnamien) soit considérée avec le tambour de bronze comme l’image et son ombre (hình với bóng), elle reste pourtant méconnue du public pour plusieurs raisons. D’abord il y a peu d’écrits sur la situle dongsonienne. Puis l’aire de diffusion des situles est très limitée. Contrairement aux tambours de bronze ayant essaimé partout en Asie du Sud Est et en Chine du Sud, les situles ont été retrouvées par contre en grande partie au Vietnam. Leur concentration se situe dans les bassins des fleuves Sông Hồng (ou fleuve Rouge), Sông Mã et Sông Cả qui délimitaient, selon la mythologie vietnamienne, le territoire du royaume de Văn Lang à l’époque des rois Hùng. En Chine, il y a un nombre infime de situles dongsoniennes trouvées provenant probablement d’échanges commerciaux et localisées surtout dans les provinces frontalières Kouang Si (Quảng Tây), Yunnan (Vân Nam) et Kouang Tong (Quảng Đông). C’est aussi le cas particulier de la situle Phong Ðiền (Thừa Thiên Huế) qu’on a retrouvée en même temps qu’un tambour de bronze dongsonien de type I de Heger, un objet d’échange avec la population de la culture contemporaine de Sa Huỳnh.

Musée d’histoire (Hànội)

 

 

Référence bibliographique:

Thạp Đồng Đông Sơn
Hà Văn Phùng
Nhà Xuất Bản Khoa Học Xã

Những dấu vét đầu tiên của thời đại đồ đồng thau  ở Việtnam, NXb Khoa học xã hội, Hànội,1963. Lê văn Lan, Phạm văn Kỉnh, Nguyễn Linh

 

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Le tigre attrape sa proie. C’est ce qu’on a vu sur le couvercle de la jarre en bronze de la sépulture Vạn Thắng. Hànội 2008

 

 

 

Mais c’est aussi l’unique situle découverte dans cette région Thừa Thiên Huế jusqu’en 2005. Plus d’un siècle écoulé, depuis la découverte du premier couvercle de la situle déposé dans le tambour de bronze Ngoc Lũ (1893-1894) jusqu’à aujourd’hui, sur 250 situles connues et inventoriées, il n’y a que 15 situles retrouvées en Chine (9 situles dans la tombe du deuxième roi de Nan Yue, Zhao Mei (Triệu Muội), 1 situle dans une tombe de la province Kouang Tong, 4 situles dans la tombe Luobowan (La Bạc Loan )(Kouang Si) ) et 1 situle dongsonienne dans la région de Tianzimiao (district de Cheng-gong, Yunnan). Les 235 situles restantes sont localisées entièrement dans les sites dongsoniens « purs » au Vietnam et réparties en deux catégories: 205 situles sans couvercle et 30 situles avec couvercle. C’est seulement en 1930 que la situle fut décrite d’une manière sommaire pour la première fois par un érudit japonais Umeshra Sueji . Puis elle fut évoquée ensuite par l’archéologue suédois Olov Jansé, un collaborateur temporaire de l’Ecole Française d’Extrême Orient (EFEO) en 1936 lors des fouilles archéologiques.

Enfin les situles appartiennent à l’aristocratie. C’est ce qu’on a constaté fréquemment lors les fouilles dans les sépultures appartenant jusqu’à lors aux nobles et aux seigneurs locaux. La situle n’est pas un emblème de pouvoir ou de puissance mais elle est un récipient (ustensile) à usages multiples (tính đa năng). Elle est employée

  •  pour contenir de diverses sortes de liquides (eau divine, vin d’autel ou huiles végétales),
  •  pour faire des réserves de nourriture (poissons, crabes, crevettes, viande de gibier etc ..) en vue de la disette,
  • pour contenir des vestiges de balle de riz avec la situle de Làng Vạc (Nghệ Tịnh),
  • pour servir de réceptacle d’inhumation (ou à ossements) où on trouve tantôt la dépouille d’un enfant avec la situle Hợp Minh découverte en 1995 à Yên Bái, tantôt un crâne, celui du défunt ou de la victime du sacrifice avec la situle trouvée en 1961 à Thiệu Dương (Thanh Hoá),
  • pour contenir les cendres humains lors de l’incinération avec la situle Đào Thịnh (Yên Bái) en 1960
  •  pour servir d’objet funéraire pour accompagner le défunt dans l’autre monde avec la situle Vạn Thắng (Phú Thọ) en 1962. 

D’une manière générale, la situle qui se rencontre au Vietnam dans les sépultures riches a un caractère rituel chez les Luo Yue (ou les Dongsoniens). Pour ces derniers, la situle était considérée non seulement comme un ustensile indispensable dans la vie journalière mais aussi un objet que le défunt ne pouvait pas manquer dans l’autre monde. Le passage d’un objet d’usage à un objet funéraire était très fréquent chez les Dongsoniens car il s’agit d’une notion de partage entre les proches du défunt et lui-même, une tradition qui se perpétue sous diverses formes depuis la nuit des temps dans les civilisations antiques, en particulier dans la civilisation dongsonienne. 

Thạp đồng

 


La situle dont la forme est cylindrique et réduite  légèrement au niveau du fond, peut avoir au niveau du col un fin rebord pour faciliter le dépôt d’un couvercle convexe. Elle est munie de deux anses en forme de U renversée avec doubles spirales.  Connue pour son caractère usuel, la situle n’est pas un ouvrage d’art très étoffé par rapport au tambour de bronze. D’une manière générale, on trouve sur le corps du récipient, un ornement décoratif  en léger relief organisé en registres avec les motifs géométriques classiques du répertoire décoratif dongsonien (cercles pointés reliés par des tangentes, frises de losanges ou de hachures verticales etc…) ou un ornement  très simple.

Mais on peut se retrouver avec des situles d’une beauté inégalée et dont la décoration est aussi sophistiquée que celle des tambours de bronze. C’est le cas des situles Đào Thịnh (Yên Bái), Vạn Thắng ( Phú Thọ), Hợp Minh (Yên Bái ) ayant chacune un couvercle orné d’une étoile en son centre ou couronné de figures humaines ou animales en relief dont la disposition s’effectue dans le sens inverse d’une montre. C’est ce qu’on découvre avec 4 couples en copulation sur le couvercle de la situle Đào Thịnh ou 4 fauves saisissant leur proie sur celui de la situle Vạn Thắng. Par contre, 4 pélicans figurent en relief sur celui de la situle Hợp Minh.

En comparant l’ornement  décoratif de pirogues  accompagnées  par des hommes emplumés sur le corps de la célèbre situle de Đào Thịnh avec celui des tambours de bronze de type I de Heger ( Ngọc Lũ, Hoàng Hạ, Cổ Loa, Sông Đà (Moulié) …), on a l’impression d’avoir des produits du même style artistique faits par des habiles bronziers issus de la même école,  ou provenant plutôt d’une  culture commune.  Cela prouve que ces produits ont été crées  par le même propriétaire qui n’est autre que la population de la civilisation Đồng Sơn depuis deux mille ans. Il est difficile d’établir une classification basée sur l’ornementation  car celle-ci porte le caractère symbolique  sur la plupart des situles.

Certains archéologues suggèrent la dimension comme critère de classification mais il y a une gamme de situles allant de la plus grande taille (Hợp Minh, Thiệu Dương, Xuân Lập etc …) jusqu’à la plus petite en miniature (mingqi ou minh khí en vietnamien) (situles retrouvées à Châu Can (Hà Nam), Núi Nấp ( Thanh Hoá ) etc …), ce qui ne permet pas d’avoir une classification souhaitée. Finalement, c’est la notion de couvercle qui a été prise en compte dans la classification des situles. La richesse et la sophistication du décor sont visibles sur toutes les situles possédant un couvercle. Ce n’est pas le cas des situles sans couvercle. Grâce à un léger ressaut au niveau de son col (gờ miệng), on peut identifier une situle avec couvercle ou non même si ce dernier a aujourd’hui disparu.

La situle constitue non seulement avec les tambours de bronze l’un des éléments représentatifs de la culture de Ðồng Sơn mais aussi la preuve irréfutable de l’origine locale dongsonienne au Vietnam.

Elle peut s’inspirer de la hotte (gùi en vietnamien) en osier qu’on retrouve encore aujourd’hui chez certaines minorités ethniques du Vietnam car cette dernière possède aussi des anses permettant de faciliter le fixage des cordons lors du déplacement. Pour certains archéologues, la situle est bien l’image de la hotte que les Dongsoniens avaient l’habitude d’utiliser autrefois avec le couvercle d’autant plus qu’elle était conçue au départ pour servir de réceptacle. Selon l’archéologue vietnamien Nguyễn Việt, certaines situles, en particulier celle exposée au musée de Barbier-Mueller à Genève (Suisse), attestent de la probable influence des habiles bronziers du royaume de Dian (Ðiền Quốc) au Yunnan (Vân Nam). Il est possible que la civilisation de Ðồng Sơn qui s’est développée dans un cadre très ouvert, a échangé réciproquement les informations et les objets avec le royaume de Dian au moyen du fleuve Rouge. En prenant la source au Yunnan, celui-ci était considéré autrefois comme la route de la soie fluviale. Mais cela n’empêche pas d’affirmer d’une manière catégorique que la situle dongsonienne est un objet étranger à la tradition chinoise et qu’elle est de facture locale (ou vietnamienne).

 

 

Royaume de Văn Lang

English version

Văn Lang désigne en fait l’époque semi légendaire de dix huit rois Hùng ou Lạc Vương (2879-257 avant J.C.) soit 2622 ans. C’est une légende et un mythe du Dragon et de l’Immortelle dont les Vietnamiens sont issus. Ce royaume était situé dans le bassin du fleuve Yang tsé (Sông Dương Tử) et était placé sous l’autorité d’un roi Hùng. Celui-ci était élu pour son courage et ses mérites. Il partageait son royaume en districts confiés à ses frères connus sous le nom « Lạc hầu » (marquis). Ses enfants mâles avaient le titre de Quan lang et ses filles celui de Mỵ nương. Son peuple était connu sous le nom « Lạc Việt ». Ses hommes avaient pour coutume de se tatouer le corps. Cette pratique « barbare », révélée souvent dans les annales chinoises, était si l’on croit les textes vietnamiens, destinée à protéger les hommes des attaques des dragons d’eau (con thuồng luồng)(ou giao long). C’est peut-être la raison que les Chinois les désignaient souvent sous le nom Qủi (démons). 

Pagne et chignon constituaient le costume habituel de ce peuple auquel étaient ajoutées des parures en bronze. Les Lạc Việt se laquaient les dents en noir, chiquaient du bétel et pilaient du riz à la main. Agriculteurs, ils pratiquaient la culture du riz en champs inondé. Ils vivaient dans les plaines et les régions littorales tandis que dans les régions montagneuses du Việt Bắc actuel et sur une partie du territoire de la province chinoise actuelle de Kouang Si vivaient les Tây Âu, les ancêtres des groupes ethniques Tây, Nùng et Choang disséminés actuellement dans le Nord Vietnam et en Chine du Sud. A cette époque, le peuple vietnamien vivait de pêche et de culture. Il savait déjà utiliser les écorces des arbres pour confectionner les vêtements, faire de l’alcool de riz , pratiquer la culture sur brûlis, s’alimenter du riz ordinaire ou du riz gluant, se loger sur pilotis pour éviter les animaux sauvages etc… De ces mœurs, sont nés bien des contes populaires vietnamiens (l’histoire du gâteau de riz gluant, celle du « Bétel et de la Noix d’Arec« , celle du « Génie des Monts et celui des Mers » etc…).

Il y a une part de réalité dans l’histoire de ce royaume. Les ruines de la citadelle Cổ Loa (Citadelle en colimaçon) située dans le district de Ðông Anh à 16 km au nord-ouest de Hanoï et le temple de ces rois Hùng témoignent de vestiges indiscutables au regard des historiens.

Galerie des photos(Temple des rois Hùng)

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Tambour de bronze (Première partie)

 

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Version vietnamienne

Première partie

Jusqu’à aujourd’hui, les tambours de bronze continuent à semer la discorde entre les communautés scientifiques vietnamiennes et chinoises. Pour les Vietnamiens, les tambours de bronze sont l’invention prodigieuse et géniale des métallurgistes paysans à l’époque des rois Hùng, pères fondateurs du royaume Văn Lang. C’est dans le delta du fleuve Rouge que l’archéologue français Louis Pajot exhuma à Ðồng Sơn (province de Thanh Hoá) en 1924 plusieurs de ces tambours parmi d’autres objets remarquables (statuettes, dagues de parade, des haches, des parures etc …) témoignant ainsi d’une métallurgie du bronze très sophistiquée et d’une culture datant de 600 ans au moins avant J.C. Les Vietnamiens retrouvent non seulement dans cette culture ré-exhumée (ou Dongsonien) leur origine mais aussi la fierté de renouer avec le fil de leur histoire. Pour le chercheur français Jacques Népote, ces tambours deviennent la référence nationale du peuple vietnamien. Pour les Chinois, les tambours de bronze furent inventés par les Pu/Liao (Bộc Việt), une minorité ethnique Yue de Yunnan (Vân Nam). Il est évident que la paternité de cette invention leur revient dans le but de montrer la réussite du processus de mixage et d’échange culturel parmi les groupes ethniques de la Chine et de donner à cette dernière la possibilité de créer et faire rayonner la culture multi-ethnique fascinante de la nation chinoise.

Malgré cette pomme de discorde, les Vietnamiens et les Chinois sont unanimes à reconnaître que l’aire où sont inventés les premiers tambours de bronze, embrasse seulement la Chine méridionale et le nord du Vietnam actuel bien qu’un grand nombre de tambours de bronze soient découverts incessamment dans une large zone géographique incluant la Thaïlande, le Cambodge, le Laos, la Birmanie, l’Indonésie jusqu’aux îles de la Sonde orientale. En dépit de leur dispersion et leur répartition sur un très vaste territoire, on relève des parentés culturelles fondamentales entre des populations à première vue très différentes, protohistoriques pour les unes et quasi contemporaines pour les autres. D’abord dans la province chinoise de Yunnan où le fleuve Rouge prend sa source, le tambour de bronze fut attesté depuis le VIème siècle avant notre ère et continua à être employé jusqu’au 1er siècle juste avant l’annexion du royaume de Dian (Điền Quốc) par les Han (ou Chinois). Les coffres de bronze destinés à contenir la monnaie locale (ou cauris), découverts à Shizhaishan (Jinning)  et portant sur leur partie supérieure une foule de personnages ou d’animaux dans des scènes de sacrifices témoignent évidemment des parentés indiscutables entre le royaume de Dian et le Dongsonien.

Puis chez les populations des Hauts Plateaux (les Joraï, les Bahnar ou les Hodrung) au Vietnam, on trouve à une date récente le culte du tambour. Conservé dans la maison commune bâtie sur pilotis, le tambour est décroché seulement pour convier les hommes au sacrifice du buffle et aux cérémonies funèbres. L’éminent anthropologue français Yves Goudineau a décrit et rapporté la cérémonie sacrificielle lors de ses observations multiples chez les Kantou de la chaîne annamitique Trường Sơn, une cérémonie comprenant les tambours de bronze (ou les Lakham) censés d’assurer la circularité et la progression des rondes nécessaires pour une ré-fondation cosmogonique.

Ces instruments sacrés sont perçus par les villageois kantou comme le legs d’une transcendance. La présence de ces tambours est visible aussi chez les Karen de Birmanie. Enfin plus loin du Vietnam, dans l’île d’Alor (Sonde orientale), on se sert du tambour comme emblème de pouvoir et de rang, de monnaie, de cadeau de mariage etc…. C’est ici que le tambour est connu sous le nom de « mokko« . Son rôle est proche de celui des tambours de bronze de Ðồng Sơn. Son prototype reste la fameuse « Lune de Pedjeng (Bali) dont le décor géométrique est proche de la tradition dongsonienne. Celle-ci est gigantesque et elle est près de 2 mètres de hauteur.

Plus de 65 citadelles réparties dans les territoires des Bai Yue ont répondu favorablement à l’appel du soulèvement des héroïnes vietnamiennes Trưng Trắc et Trưng Nhị. C’est peut-être pour cela que sous la domination chinoise, les Yue (dont faisaient partie les proto-Vietnamiens ou les Giao Chi) avaient caché et enfoui dans la terre tous les tambours de bronze sous peine d’être confisqués et détruits à la méthode radicale de Ma Yuan. Cela pourrait expliquer la cause de l’enterrement et de la localisation d’un grand nombre des tambours de bronze dans le territoire des Bai Yue (Bách Việt) (Kouang Si (Quãng Tây), Kouang Tong (Quãng Đông), Hunan (Hồ Nam), Yunnan (Vân Nam), Nord Vietnam (Bắc Bộ Việtnam) lors de la conquête des Qin et des Han. La parution de l’édit de l’impératrice Kao (Lữ Hậu) en 179 avant J.C. stipulant qu’il était interdit de livrer aux Yue des instruments aratoires  n’est pas étrangère  à la réticence des Yue face à l’assimilation forcée des Chinois.

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Culture de Đồng Sơn (Tambour de bronze)

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Version vietnamienne

Au début du XXème, les archéologues de l’Ecole française d’Extrême-Orient (Louis Pajot, Olov Jansen)  découvrirent un grand nombre d’objets de l’âge du Bronze dans la vallée du Mã, notamment dans le village de Ðồng Sơn.

Parmi ces découvertes figurent des instruments de musique, en particulier des tambours. Ceux-ci sont ornés de motifs figuratifs représentant des animaux stylisés et des scènes de la vie quotidienne. Mais le plus remarquable de ces tambours reste celui de Ngọc Lũ. Celui-ci est un cylindre de 63 cm de haut et de 79 cm de diamètre. Il fut acheté  par EFEO  lors de l’exposition et la vente aux enchères en 1902 à Hanoi pour le prix de 550 piastres à cette époque. On peut dire qu’il est le plus beau tambour trouvé à ce jour en Asie. On trouve sur sa face supérieure des motifs mélangés avec des sujets variés à vocation rituelle: troupeaux de cerfs, oiseaux aquatiques, maisons sur pilotis etc… L’archéologue autrichien Heine-Geldern est  le premier à proposer à cette culture  le nom du site Đồng Sơn. Depuis lors, cette culture est  connue sous le nom de « culture de Ðồng Sơn ou Dongsonien ».   Selon les chercheurs Louis Bezacier et Nguyễn Phúc Long, l’art de Đồng Sơn  représente seulement la phase finale d’une longue évolution de la métallurgie du bronze  des époques Gò Bông (Phùng Nguyên tardif) , Đồng Dậu et Gò Mun et correspond à la période où il atteint la perfection et acquiert un prestige et un rayonnement en Asie du Sud Est et dans le Pacifique. Selon le chercheur Hà Văn Tấn, la culture de Đồng Sơn prend sa source  parmi les cultures proto-dongsoniennes découvertes qui lui permettent d’avoir progressivement des créations remarquables.  L’art de Đồng Sơn  est apparu sur la base de l’industrie néolithique car on y trouve au début les premiers objets en bronze à côté des instruments en pierre taillée et des poteries ayant  un caractère  encore néolithique. Rechercher les origines du Dongsonien au nord ou à l’ouest du Vietnam comme l’avaient fait plusieurs chercheurs, c’est émettre une hypothèse sans fondement scientifique. Le Dongsonien  est en contact aussi avec l’art des Royaumes Combattants (les dagues du style Houai du royaume Wu-Yue).  Les bronzes anciens trouvés au Vietnam sont totalement différents de ceux des dynasties Shang et Chu en Chine tant dans la création des formes pleines de charme que dans la décoration et dans l’alliage.  On peut dire sans hésitation qu’il s’agit d’une production purement locale très peu influencée par les bronzes chinois.

Grâce aux découvertes des instruments aratoires  (socs de charrue) en bronze trouvés à Vạn Thắng et Sơn Tây signalées par les chercheurs vietnamiens dans leur ouvrage intitulé « Les premiers vestiges de l’Âge de bronze  au Vietnam p 110-113, Hànội 1963)(1),  les Proto-Vietnamiens savaient déjà labourer leur rizière avec la charrue. Cela rend caduque l’ancienne thèse des Chinois selon lesquelles les Proto-Vietnamiens ne connaissaient pas la charrue avant la conquête des Han. Ils devaient apprendre auprès des gouverneurs  Si Kouang (Tích Quan) et Ren Yan (Nhâm Diên)  la  culture du riz et manière de vivre et de s’habiller (Livre des Han postérieurs). L’une des caractéristiques du bronze dongsonien réside dans le mélange subtil des éléments cuivre, étain et plomb en fonction du type d’outil fabriqué (hache de guerre, gâchette d’arbalète, pointe de lance, soc de charrue, houe, poignard etc…). Selon le chercheur vietnamien Nguyễn Phúc Long, les anciens tambours de bronze trouvés au Nord Vietnam ont une teneur de plomb beaucoup plus élevée que ceux de la Chine archaïque  dans l’ordre de 27,8%  pour les premiers contre 0,55% pour les seconds.

La beauté et l’adresse ne sont pas absentes non plus dans la décoration des objets divers trouvés  avec les créatures  vivant dans les rizières ( crapaud, pélican, tortue, buffle  etc …). Depuis quelque temps, malgré la proximité d’un pays multi -culturel comme la Chine, on est unanime à accorder la singularité  à cette culture  millénaire issue des paysans riziculteurs, les pieds enfouis dans la boue des champs inondés et proche de la nature. Elle  est contemporaine de la culture de Sa Huỳnh et Đồng Nai dans le centre et le sud du Vietnam d’aujourd’hui.

Culture de Đồng Sơn

(500 B.C. – 43 A.C.)

dongsonien

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Version vietnamienne 

Vào đầu thế kỷ 20, các nhà khảo cổ học thuộc Trường Viễn Đông Bác cổ Pháp (Louis Pajot, Olov Jansen) đã phát hiện ra một số lượng lớn các đồ vật từ thời đại đồ đồng ở thung lũng Mã, đặc biệt là ở làng Ðồng Sơn.

Trong số những hiện vật phát hiện này có nhạc cụ, đặc biệt là trống đồng. Các trống nầy  được trang trí với các hoa văn tượng trưng các loài động vật và các quang cảnh được thấy trong cuộc sống hàng ngày. Nhưng có một trống đặc sắc nhất trong các trống đồng này đó là trống Ngọc Lũ. Nó có một hình trụ cao được  63 cm và đường kính 79 cm. Trống nầy đã được trường EFEO mua lại  trong cuộc triển lãm và được bán đấu giá vào năm 1902 ở Hà Nội với giá 550 đồng bạc vào thời điểm đó. Được cho là chiếc trống đẹp nhất được tìm thấy cho đến nay ở Châu Á. Chúng ta thấy trên mặt trên của trống có hoa văn được hoà lẫn với nhiều chũ đề khác nhau mang tính các nghi lễ: bầy hươu, chim nước, nhà sàn vân vân…. Nhà khảo cổ học người Áo Heine-Geldern là người đầu tiên đề xuất cho nền văn hóa này cái tên Đồng Sơn. Kể từ đó, nền văn hóa này được gọi là « Văn hóa Ðồng Sơn ». Theo các nhà nghiên cứu Louis BezacierNguyễn Phúc Long, mỹ thuật Đồng Sơn chỉ thể hiện cho giai đoạn cuối cùng trong quá trình phát triển lâu dài của  ngành luyện kim đồng từ các thời đại Gò Bông  (Phùng Nguyên muộn), Đồng Dậu và Gò Mun và tương ứng với thời kỳ mà nền văn hóa Đồng Sơn  đạt  được sự hoàn hảo và có được uy tín và ảnh hưởng ở Đông Nam Á và Thái Bình Dương. Theo nhà nghiên cứu Hà Văn Tấn, văn hóa Đồng Sơn có cội nguồn từ các nền văn hóa tiền Đông Sơn được phát hiện và nhờ đó tạo ra được từ từ những sản phẩm mỹ thuật tuyệt vời. Mỹ thuật Đồng Sơn được hình thành trên cơ sở kỹ nghệ đồ đá mới vì lúc đầu người ta có thể tìm thấy những đồ vật bằng đồng đầu tiên ở đó cùng với những dụng cụ bằng đá đã được đẽo gọt cùng các đồ gốm mang tính chất của thời kỳ đồ đá mới.

 Để tìm kiếm nguồn gốc của nền văn hóa Đồng Sơn ở phía bắc hoặc ở phía tây của Việt Nam, như một số nhà nghiên cứu đã làm, là chỉ đưa ra một giả thuyết không có cơ sở khoa học.(Hà văn Tấn, trang 129) Văn hóa Đồng Sơn cũng được tiếp xúc với nghệ thuật của thời Chiến quốc (dao găm kiểu Houai của vương quốc Ngô Việt). Đồ đồng cổ ở Việt Nam hoàn toàn khác với  các đồ đồng thời nhà Thương và nhà Chu ở Trung Quốc không những về cách tạo các hình dạng duyên dáng  mà còn luôn cả  trang trí và hợp kim. Có thể nói không lưỡng lự đây là sản phẩm thuần túy  của địa phương, ít có bị ảnh hưởng đến từ đồ đồng Trung Quốc.

Nhờ những khám phá các dụng cụ nông nghiệp bằng đồng (lưỡi cày) mà được tìm thấy ở Vạn Thắng, Sơn Tây  và được các nhà nghiên cứu Việt Nam báo cáo trong công trình mang tên « Những dấu tích đầu tiên của thời đại đồ đồng ở Việt Nam trang 110-113, Hànội 1963), chúng ta biết được rằng người Việt cổ đã biết cày ruộng với cái cày. Điều này làm luận điệu của người Trung Quốc không còn hiệu lực nữa vì họhường biện hộ là người Việt cổ không biết đến cái cày trước khi bị người Hán xâm lược, họ phải học từ người Trung Quốc. Các  thái thú Tích Quan và Nhâm Diên dạy cho họ biết cày lúa và  và cách ăn mặc (Hậu Hán thư). Một trong những đặc điểm của đồ đồng Đồng Sơn  nằm ở việc pha trộn tinh vi các nguyên tố đồng, thiếc và chì và còn  tùy theo vào loại công cụ được chế tạo (rìu chiến, lẫy nỏ, mũi giáo, cày, cuốc, dao găm, vân vân..). Theo nhà nghiên cứu Việt  Nguyễn Phúc Long, trống đồng cổ ở miền Bắc Việt Nam có hàm lượng chì cao hơn nhiều và được có 27,8% so với 0,55%  của  các trống đồng cổ của Trung Quốc.

Vẻ đẹp cũng như sự khéo léo cũng được tìm thấy trong việc trang trí các hiện vật khác nhau  với  các sinh vật sống trên đồng lúa nước (cóc, bồ nông, rùa, trâu vân vân…). Đã từ lâu, dù ở bên cạnh một nước đa dạng văn hóa như Trung Quốc, mọi người  cũng đồng tình nhận thấy  tính cách độc đáo  ở nền văn hóa cổ  của những người nông dân trồng lúa nước nầy,  chân lúc nào cũng vùi trong bùn và rất gần gũi với thiên nhiên. Văn hóa nầy nó cùng đồng thời với văn hóa Sa Huỳnh và Đồng Nai ở miền Trung và miền Nam Việt Nam ngày nay

Bibliographie:

Bezacier Louis, Manuel d’archéologie d’Extrême-Orient, tome I : Le Vietnam, Paris, ed. A.&J. Picard, 1972
Nguyễn Phúc Long: Les nouvelles recherches archéologiques au Vietnam. Complément au Vietnam de Louis Bezacier.
Hà Văn Tấn: Văn hóa Đồng Sơn ở Việt Nam. Nhà Xuất bản Khoa học xã hôi 1994.
Lê văn Lan, Phạm văn Kinh, Nguyễn Linh: những vết tích đầu tiên của thời đại đồ đồng thau ở Vietnam, Hànôi, p 131-134.
Le Vietnam des Royaumes. Cercle d’art 1995 Paris.
Bronzes du Vietnam. La symbolique de l’émotion. Galerie Christophe Hioco

Paris ngày 20/11/2020