Les chiffres Yin et Yang des Vietnamiens (Con số Âm Dương của người Việt)

 

Version vietnamienne

Version anglaise

On est habitué à dire en vietnamien : sống chết đều có số cả (Chacun a son jour J pour la vie comme pour la mort). Ði buôn có số, ăn cỗ có phần (On a sa vocation au commerce comme on a sa part au festin). Dans la vie courante, chacun a sa taille pour ses vêtements et pour ses chaussures. On s’aperçoit que contrairement aux Chinois qui adorent les nombres pairs, les Vietnamiens privilégient plutôt les nombres impairs  que les nombres pairs. 

On trouve l’utilisation fréquente des nombres impairs dans les locutions vietnamiennes : ba mặt một lời ( On a besoin d’être face à face en présence d’un témoin), ba hồn bảy vía ( trois âmes et 7 supports vitaux pour les hommes càd on est paniqué), Ba chìm bảy nổi chín lênh đênh ( très mouvementé), năm thê bảy thiếp ( avoir 5 épouses et 7 concubines càd avoir plusieurs femmes ), năm lần bảy lượt (plusieurs fois), năm cha ba mẹ ( hétéroclite), ba chóp bảy nhoáng (avec précipitation et sans soin ), Môt lời nói dối , sám hối 7 ngày (Une parole mensongère équivaut à sept jours de repentance), Một câu nhịn chín câu lành (Eviter une phrase vexante c’est avoir 9 phrases aimables) etc … ou celle des entiers multiples du nombre 9 : 18 (9×2) đời Hùng Vương ( 18 rois légendaires Hùng Vương ), 27 (9×3) đại tang 3 năm (27 tháng)(ou un deuil porté sur trois ans qui se traduit en fait par 27 mois seulement), 36 (9×4) phố phường Hànội (Hànội avec 36 quartiers ) etc.. On n’oublie pas de citer non plus les chiffres 5 et 9 ayant chacun un rôle très important. Le chiffre 5 est le chiffre le plus mystérieux car tout commence à partir de ce nombre. Le Ciel et la Terre ont les 5 éléments ou agents (Ngũ hành) donnant naissance aux mille choses et êtres. Il est placé au centre du Plan du Fleuve et de l’Ecrit de la rivière Luo qui sont à la base de la mutation des 5 éléments (Thủy, Hỏa, Mộc, Kim, Thổ)( Eau, Feu, Bois, Métal et Terre).

Il est associé à l’élément Terre dans la position centrale dont le paysan a besoin pour permettre de connaître la direction des points cardinaux. Cela revient ainsi à l’homme le centre dans la gestion des choses et des espèces et des quatre cardinaux. C’est pour cette raison que dans la société féodale, cette place est réservée  au roi car c’est lui qui a gouverné les gens. En conséquence, le chiffre 5 lui appartenait ainsi que la couleur jaune symbolisant la Terre. Cela explique la couleur qu’ont choisie les empereurs vietnamiens et chinois pour leurs habits.

Ho Tou Lo Chou

(Hà Đồ Lạc Thư)

Outre le centre occupé par l’homme, un animal symbolique est associé à chacun des quatre points cardinaux: le Nord par la tortue, le Sud par le phénix, l’Est par le tigre et l’Ouest par le dragon. Rien n’est étonnant de trouver au moins dans cette attribution les trois animaux vivant dans une région où la vie agricole joue un rôle considérable et l’eau est vitale. C’est le territoire des Bai Yue. Même un dragon si méchant dans d’autres cultures devient un animal gentil et noble imaginé par les peuples pacifiques des Bai Yue. Le chiffre 5 est connu encore sous le nom « Tham Thiên Lưỡng Đia » (ou ba Trời hai Ðất ou 3 Yang 2 Yin) dans la théorie du Yin et du Yang car l’obtention du nombre 5 provenant de l’assemblage des chiffres 3 et 2 correspond mieux au pourcentage raisonnable du Yin et du Yang que celle résultant de l’assemblage des chiffres 4 et 1.

Dans ce dernier, on s’aperçoit que le nombre Yang 1 est dominé beaucoup par le nombre Yin 4. Ce n’est pas le cas de l’assemblage des nombres 3 et 2 où le nombre Yang 3 domine légèrement le nombre (Yin) 2. Cela favorise le développement de l’univers dans une harmonie presque parfaite. Autrefois, le cinquième jour, le quatorzième jour (1+4=5) et le vingt-troisième jour (2+3=5) du mois étaient  réservés pour la sortie du roi. Il était interdit aux sujets de faire le commerce durant son déplacement et de troubler sa promenade. C’est peut-être la raison qui explique qu’un grand nombre de Vietnamiens d’aujourd’hui, influencés par cette tradition ancestrale continuent à ne pas choisir ces jours pour la construction des maisons, pour le voyage et pour les achats importants.On est habitué à dire en vietnamien : 

Chớ đi ngày bảy chớ về ngày ba
Mồng năm, mười bốn hai ba
Đi chơi cũng lỗ nữa là đi buôn
Mồng năm mười bốn hai ba
Trồng cây cây đỗ, làm nhà nhà xiêu

Il faut éviter de partir le 7ème jour et de rentrer le 3ème jour du mois. Pour le 5ème, le 14ème et le 23ème jour du mois, vous seriez perdant si vous faites une sortie ou le commerce. De même vous verriez la chute de l’arbre ou l’inclinaison de votre maison si vous le plantez ou vous la construisez.

Le chiffre 5 est cité fréquemment dans l’art culinaire vietnamien. La sauce la plus typique des Vietnamiens reste la saumure de poisson. Dans la préparation de cette sauce nationale, on note la présence de 5 saveurs classées selon les 5 éléments du Yin et du Yang: mặn ( salée ) avec le jus de poisson (nước mắm), đắng (amère) avec le zeste du citron (vỏ chanh), chua (acide) avec le jus du citron (ou du vinaigre), cay (piquante) avec les piments pilés en poudre ou coupés en miettes et ngọt (sucrée) avec du sucre en poudre. Ces cinq saveurs ( mặn, đắng, chua, cay, ngọt ) combinées et trouvées dans la sauce nationale des Vietnamiens correspondent respectivement aux 5 éléments définis dans la théorie de Yin et de Yang (Thủy, Hỏa , Mộc , Kim Thổ)(Eau, Feu , Bois, Métal et Terre ).

De même, on retrouve ces 5 saveurs dans le potage aigre-doux (canh chua) préparé avec du poisson: acide avec les graines de tamarin ou avec le vinaigre, sucré avec les tranches d’ananas, piquant avec les piments coupés en lamelles, salé avec le jus de poisson et amère avec quelques gombos (đậu bắp) ou avec les fleurs de fayotier (bông so đũa). Au moment où ce potage est servi, on lui ajoutera quelques herbes parfumées comme le panicaut (ngò gai), rau om (herbe ayant la flaveur proche de la coriandre avec une note citronnée en plus). C’est un trait caractéristique du potage aigre-doux du Sud-Vietnam et différent de ceux trouvés dans les autres régions du Vietnam.

On ne peut pas oublier de citer le gâteau de riz gluant que les Proto-Vietnamiens avaient réussi à léguer à leurs descendants au fil des millénaires de leur civilisation. Ce gâteau est la preuve intangible de l’appartenance de la théorie du Yin et du Yang et de ses cinq éléments aux Cent Yue dont les Proto-Vietnamiens faisaient partie car on retrouve dans la confection de ce gâteau le cycle d’engendrement de ces 5 éléments.

(Feu->Terre->Métal->Eau->Bois)

A l’intérieur du gâteau, on trouve un morceau de viande de porc de couleur rouge (le Feu) entouré par une sorte de pâte faite avec des fèves de couleur jaune (la Terre). Le tout est enveloppé par le riz gluant de couleur blanche (le Métal) pour être cuit avec de l’eau bouillante (l’Eau) avant de trouver une coloration verte sur sa surface grâce aux feuilles de latanier (le Bois).

Il y a un autre gâteau qui ne peut pas être manquant dans les mariages. C’est le gâteau susê ou phu-Thê (mari-femme) ayant la forme ronde à l’intérieur et enveloppé par des feuilles de bananier (couleur verte) en vue de lui donner l’apparence d’un cube ficelé avec un ruban de couleur rouge. Le cercle est placé ainsi à l’intérieur du carré (Dương trong âm)(Yang dans Yin). Ce gâteau est composé de la farine du tapioca, parfumé au pandan et parsemé de graines de sésame (vừng đen) de couleur noire. Au cœur de ce gâteau se trouve une pâte faite avec des haricots de soja cuits à la vapeur (couleur jaune), de la confiture des graines de lotus et de la noix de  coco râpée (couleur blanche). Cette pâte  ressemble énormément à la frangipane trouvée dans les galettes des rois. Sa texture collante rappelle le lien fort qu’on veut représenter dans l’union. Ce gâteau est le symbole de la perfection de l’amour conjugal et de la loyauté en accord parfait avec le Ciel et la Terre et les 5 éléments symbolisés par les cinq couleurs (rouge, verte, noire, jaune et blanche).

Ce gâteau est relaté par le conte suivant : autrefois, il y avait un commerçant s’adonnant aux débauches et ne pensant pas à retourner à la famille bien qu’avant son départ, sa femme lui donnât le gâteau susê et promît  de rester chaleureuse et doucereuse comme le gâteau. C’est pourquoi ayant appris cette nouvelle, sa femme lui envoya d’autres gâteaux phu thê accompagnés par les deux vers suivants :

Từ ngày chàng bước xuống ghe
Sóng bao nhiêu đợt bánh phu thê rầu bấy nhiêu

Depuis ton départ, autant des vagues étaient rencontrées par ton embarcation, autant d’afflictions étaient connues par le gâteau susê.

 
Lầu Ngũ Phụng

Dans l’architecture, le chiffre 5 n’est pas oublié non plus. C’est le cas de la porte méridienne de la citadelle de Huế qui est un puissant massif en maçonnerie percé de cinq passages et surmonté d’une élégante structure de bois à deux niveaux, le Belvédère des Cinq Phénix (Lầu Ngũ Phụng). 

Vu dans l’ensemble,  celui-ci  ressemble à  un groupement   de 5 phénix juchés intimement avec leurs ailes déployées. Ce belvédère possède cent colonnes en bois  de fer et peintes  en rouge permettant de supporter ses neuf toitures. Ce chiffre 100 a été  bien examiné par les spécialistes vietnamiens. Pour l’archéologue renommé Phan Thuận An, il correspond exactement au nombre total obtenu par l’addition des deux nombres trouvés respectivement dans le plan du Fleuve (Hà Ðồ) et l’Ecrit de la rivière Luo (Lạc thư cửu tinh đồ) et symbolisant ainsi l’harmonie parfaite de l’union du Yin et du Yang. Ce n’est pas l’avis d’un autre spécialiste Liễu Thượng Văn. Selon ce dernier, cela représente la force de 100 familles ou du peuple (bách tính) et reflète bien la notion dân vi bản (prendre le peuple comme base) dans la gouvernance de la dynastie des Nguyễn. La toiture du pavillon central est couverte de tuiles jaunes « lưu ly », les autres de tuiles bleues « lưu ly ». La porte principale, juste au milieu, c’est la porte méridienne (Ngọ Môn) pavée de pierres « Thanh » teintées en jaune, et consacrée au passage du roi. Des deux côtés, on trouve la porte de Gauche et la porte de Droite (Tả, Hữu, Giáp Môn) réservées aux mandarins civils et militaires. Puis les deux autres portes latérales Tả Dịch Môn và Hữu Dịch Môn sont prévues pour les soldats et les chevaux. C’est pourquoi on est habitué à dire en vietnamien :

Ngọ Môn năm cửa chín lầu
Một lầu vàng, tám lầu xanh, ba cửa thẳng, hai cửa quanh

La porte méridienne  possède 5 passages et neuf toitures dont l’une est vernissée en jaune et les 8 huit autres en vert. Il y a trois portes principales et deux latérales.

A l’est et à l’ouest de la citadelle, on trouve la Porte de l’Humanité et la Porte de la Vertu qui sont réservées respectivement pour les hommes et les femmes.
Le chiffre 9 est un nombre Yang (ou impair). Il représente la puissance du yang à son maximum et il est difficile de l’atteindre. C’est pourquoi autrefois l’empereur s’en servit souvent pour montrer sa puissance et sa suprématie. Il monta les neuf marches symbolisant l’ascension de la montagne sacrée où se trouvait son trône. Selon l’on-dit, la cité interdite de Huế comme celle de Pékin possédait 9999 pièces. Il est utile de rappeler que la cité interdite de Pékin a été supervisée par un Vietnamien de nom Nguyễn An exilé très jeune à l’époque des Ming. L’empereur comme chacun de ses palais, est tourné face au sud, à l’énergie Yang, afin que l’empereur reçoive le souffle vital du soleil car il est le fils du Ciel. Au Vietnam, on trouve les neuf urnes dynastiques de la citadelle de Huê, les neuf branches du fleuve Mékong, les neuf toitures du belvédère des Cinq Phénix etc…Dans le conte intitulé « Le génie des Montagnes et le génie des Fleuves (Sơn Tinh Thủy Tinh) », le dix-huitième (2×9) roi Hùng Vương proposa pour la dot du mariage de sa fille Mị Nương: un éléphant à 9 défenses, un coq à 9 ergots et un cheval à 9 crinières rouges. Le chiffre 9 symbolise le Ciel dont la date de naissance est le neuvième jour du mois Février.

Moins important que les chiffres 5 et 9, le chiffre 3 (ou Ba ou Tam en vietnamien) est lié étroitement à la vie quotidienne des Vietnamiens. Ceux-ci n’hésitent pas à l’évoquer dans un grand nombre d’expressions populaires. Pour signifier une certaine limite, un certain degré, ils ont l’habitude de dire:

Không ai giàu ba họ, không ai khó ba đời:
Nul ne peut prétendre s’enrichir jusqu’aux trois générations comme nul n’est  exigeant jusqu’aux trois vies successives.

Il  arrive souvent   aux Vietnamiens de ne pas accomplir une certaine chose en une seule fois, ce qui les oblige d’effectuer l’opération jusqu’à trois fois. C’est l’expression suivante qu’ils emploient fréquemment: Nhất quá Tam. C’est le chiffre trois, une limite qu’ils ne souhaitent pas outrepasser dans l’accomplissement de cette tâche. Pour dire que quelqu’un est irresponsable, ils le désignent sous le vocable « Ba trợn« . Celui qui est opportuniste est appelé Ba phải. L’expression  » Ba đá  » est réservée aux gens vulgaires tandis que ceux qui ne cessent pas de s’enchevêtrer dans de petites affaires ou des ennuis interminables reçoivent le titre  » Ba lăng nhăng« . Pour soupeser ses paroles, le Vietnamien a besoin de plier les trois pouces de sa langue. ( Uốn Ba tấc lưỡi ). 

Le chiffre Trois est synonyme aussi de quelque chose d’insignifiant et sans importance. C’est ce qu’on trouve dans les expressions populaires suivantes:

Ăn sơ sài ba hột: Manger peu. (Manger simplement trois grains).
Ăn ba miếng: idem
Sách ba xu: Bouquin sans valeur. (le bouquin ne valant que trois sous).
Ba món ăn chơi: Quelques plats à goûter. (Trois plats pour se divertir)

Analogue au chiffre 3, le chiffre 7 est cité souvent dans la littérature vietnamienne. On ne peut pas ignorer non plus l’expression Bảy nỗi ba chìm với nước non (Je surnage 7 fois et je sombre trois fois si on la traduit textuellement) que la poétesse Hồ Xuân Hương a employée et immortalisée dans son poème intitulé « Bánh trôi nước » :

Thân em vừa trắng lại vừa tròn
Bây nỗi ba chìm với nước non
……….
pour décrire les difficultés rencontrées par la femme vietnamienne dans une société féodale et confucéenne. Celle-ci n’épargnait pas non plus ceux qui avaient un esprit d’indépendance, de liberté et de justice. C’est le cas du lettré engagé Cao Bá Quát dégoûté de la scolastique de son époque et rêvant de remplacer la monarchie autoritaire des Nguyễn par une monarchie éclairée. Taxé d’être l’auteur de l’insurrection des Sauterelles (Giặc Châu Chấu) en 1854, il fut condamné à mort et n’hésita pas à donner jusqu’à  avant son exécution, sa réflexion sur le sort réservé à ceux qui osaient critiquer le despotisme et la société féodale dans son poème :

Ba hồi trống giục đù cha kiếp
Một nhát gươm đưa, đéo mẹ đời.
Trois coups de gong sont pour ce sort misérable
Une tranche de sabre achève cette vie de chien.

Si la théorie du Yin et du Yang continue à hanter leur esprit pour son caractère mystique et impénétrable, elle reste néanmoins un mode de pensée et de vie auquel un bon nombre des Vietnamiens ne renoncent pas à se référer quotidiennement pour les pratiques courantes et le respect des us et des traditions ancestrales.


Bibliographie

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-Richard Wilhelm : Histoire de la civilisation chinoise 1931
-Nguyên Nguyên: Thử đọc lại truyền thuyết Hùng Vương
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Village ancien Đường Lâm (Làng cổ)

Portail du village Đường Lâm

Version vietnamienne
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Ayant occupé  à peu près 800 ha, le village  Đường Lâm est localisé approximativement à 4km à l’ouest de la ville provinciale Sơn Tây. Il est consacré pratiquement à l’agriculture. Il est rare de trouver encore  aujourd’hui l’un des villages ayant conservé les traits caractéristiques d’un village traditionnel vietnamien.  Si la baie de Hạ Long est l’œuvre de la nature, Đường Lâm est par contre l’ouvrage crée par l’homme.  Il est plus riche de signification que la baie de Hạ Long. C’est ce qu’a remarqué le chercheur thaïlandais Knid Thainatis. Effectivement Đường Lâm est riche non seulement en histoire mais aussi en tradition.

Dans les temps anciens,  il s’appelait encore  Kẻ Mia (pays de la canne à sucre). Selon  une légende populaire,  le métier de fabriquer de la mélasse de canne à sucre à Đường Lâm rapportait  comment la princesse Mi Ê a trouvé une plante semblable à un roseau. Elle a pris une section de cette plante et a senti sa douceur fraîche et son goût aromatique. Elle a tellement aimé cette plante si bien qu’elle  a conseillé aux gens de la cultiver. Au fil du temps,  la canne à sucre poussait tellement dense qu’elle couvrait une grande surface comme le bois. La population locale a commencé à produire de la mélasse ainsi que des bonbons à partir de celle-ci. D’où le nom « Kẻ Miá ».

Grâce aux fouilles archéologiques aux  alentours des contreforts de la montagne Ba Vi, on découvre que  Đường Lâm était le territoire des Proto-Vietnamiens. Ces derniers y vivaient en grande concentration à l’époque de la civilisation de Sơn Vi. Ils continuaient à s’y établir encore durant les quatre cultures suivantes: Phùng Nguyên (2000-1500 BC), Đồng Dậu (1500-1000 BC), Gò Mun (1000-600 BC) et Đồng Sơn (700 BC-100 AD).

Le village  est aussi  la terre de deux rois célèbres Phùng Hưng et Ngô Quyền. Le premier, connu sous le nom « Bố Cái Đại Vương »  (ou Grand roi père et mère du peuple) est adulé comme le  libérateur de la domination chinoise à l’époque des Tang tandis que le deuxième a réussi à mettre fin à l’occupation chinoise de 1000 ans en défiant la flotte des Han du Sud (Nam Hán) sur le fleuve de Bạch Đằng. C’est aussi ici qu’on retrouve l’autel dédié à l’ambassadeur Giang Văn Minh auprès de la cour de Chine. Ce dernier fut tué par  l’empereur des Ming  Zhu Youjian (Sùng Trinh)  car il a osé l’affronter en lui répondant du tac au tac avec le vers mémorable suivant: 

Ðằng giang tự cổ huyết do hồng (Bạch Đằng từ xưa vẫn đỏ vì máu)
Le fleuve Bạch Ðằng continue à être teinté avec du sang rouge.

pour lui rappeler    les victoires éclatantes et décisives des Vietnamiens contre les Chinois sur le fleuve Bạch Ðằng,  suite au vers arrogant qu’il a reçu de la part de l’empereur chinois: 

Đồng trụ chí kim đài dĩ lục (Cột đồng đến giờ vẫn xanh vì rêu).
Le pilier en bronze continue à être envahi par la mousse verte. (évoquant ainsi la période de pacification du territoire vietnamien par le général chinois Ma Yuan à l’époque des Han).

 Làng cổ Đường Lâm 

L’une des caractéristiques de ce village  antique réside dans la préservation  de son  portail (porte principale) par lequel tout le monde doit passer. Le visiteur peut s’égarer facilement s’il n’arrive pas à repérer la maison communale Mông Phụ.  Celle-ci est un bâtiment colossal édifié au centre du village avec son imposante charpente en bois de fer (gỗ lim). La plupart des maisons sont protégées  par des blocs de murs en   latérite et leurs porches  sont parfois des petits chefs-d’œuvre qui ne peuvent pas laisser indifférent le visiteur.  Le village Đường Lâm continue à garder son charme séculaire face à l’urbanisation galopante qu’on ne cesse pas de voir dans d’autres villages.

Version vietnamienne

Có khoảng chừng 800 mẫu, làng cổ Đường Lâm nằm cách chừng 4 cây số về phiá tây của thị xã Sơn Tây.  Làng nầy chuyên sống về canh nông.  Rất hiếm còn tìm lại được ngày nay một trong những làng cổ còn giữ được những nét cá biệt của một làng Việtnam truyền thống. Nếu vịnh Hạ Long là một tác phẩm của tạo hóa thì làng cổ Đường Lâm ngược lại là một sản phẩm do con người tạo ra. Nó còn giàu có ý nghĩa  nhiều hơn vịnh Hạ Long. Đây là sự nhận xét của nhà nghiên cứu Thái Knid Thainatis. Thật vậy Đường Lâm rất phong phú không những về lịch sữ mà còn luôn cả tập quán. 

 Thời xưa, Đường Lâm  vẫn được gọi là Kẻ Mia (vùng đất trồng mía). Theo truyền thuyết, nghề làm mật mía ở Đường Lâm liên quan đến việc công chúa Mi E tìm thấy một loại cây giống cây sậy. Cô lấy một phần của cây này và ngửi thấy vị ngọt và hương vị thơm mát của nó. Cô rất yêu thích loài cây này nên đã khuyên mọi người nên trồng nó. Theo thời gian, cây mía mọc rậm rạp phủ kín cả một vùng rộng lớn như rừng. Người dân địa phương bắt đầu sản xuất mật mía cũng như kẹo từ nó. Do đó nó có tên là « Kẻ Miá« .

Nhờ các cuộc khai quật khảo cổ xung quanh ở chân núi Ba Vi, người ta phát hiện ra Đường Lâm là lãnh thổ của người Việt cổ. Những người sau này sống tập trung ở đây  trong thời kỳ của nền văn hóa Sơn Vi. Họ  vẫn tiếp tục định cư ở nơi nầy tiếp theo cho bốn nền văn hóa sau đây: Phùng Nguyên (2000-1500 TCN), Đồng Dậu (1500-1000 TCN), Gò Mun (1000-600 TCN) và Đồng Sơn (700 TCN-100 SCN).

Nơi nầy  cũng là đất của hai vua cự phách Phùng Hưng và  Ngô Quyền. Vua đầu tiên thường  gọi là « Bố Cái Đại Vương » rất  đuợc ngưỡng mộ vì ông là lãnh tụ khởi  cuộc nổi dậy chống lại sự đô hộ của nhà Đường còn Ngô Quyền thì có công trạng kết thúc sự đô hộ quân Tàu có gần một thiên niên kỹ qua cuộc thách thức hải quân Nam Hán trên sông Bạch Đằng.  Cũng chính nơi nầy mà cũng tìm thấy nhà thờ của thám hoa Giang Văn Minh. Ông đuợc đề cử sang Tàu xưng phong dưới thời Hậu Lê. Ông bị trảm quyết bỡi  vua Tàu Minh Tư Tông Chu Do Kiểm (tức hoàng đế Sùng Trinh) vì ông không để vua Tàu làm nhục Việtnam dám đối đáp thẳng thắn  với  một  vế đối lại như sau: Ðằng giang tự cổ huyết do hồng  (Bạch Đằng từ xưa vẫn đỏ vì máu) nhắc lại những chiến công hiển hách trêng sông Bạch Đằng khi nhận một vế  ngạo mạn của vua Tàu:  Đồng trụ chí kim đài dĩ lục (Cột đồng đến giờ vẫn xanh) vì rêu  ám chỉ đến cột đòng  Mã Viện , thời kỳ quân Tàu đô hộ nước Việt dưới thời Đông Hán. 

Một trong những  đặc trưng  của làng cổ nầy là  sự gìn giữ cái cổng làng mà bất cứ ai đến làng cũng phải đi qua cả.  Người du khách có thể bị lạc đường  nếu không nhận ra hướng đi đến đình Mông Phụ.   Đây là một toà nhà to tác được dựng ở giữa trung tâm của làng với một mái hiên oai vệ bằng gỗ lim.  Tất cả nhà ở làng nầy phân đông được bảo vệ qua các bức tường bằng đá ong và các cổng vào thường là những kiệc tác khiến làm du khách không thể thờ ơ được. Làng cổ  Đường Lâm tiếp diễn giữ  nét duyên dáng muôn thưở dù biết rằng  chính sách đô thị hoá vẫn phát triển không ngừng ở các làng mạc khác.

Version anglaise

Occupying about 800 hectares, the village of Đường Lâm is located approximately 4 km west of the provincial town of Sơn Tây. It is practically dedicated to agriculture. It is rare to still find today one of the villages that has preserved the characteristic features of a traditional Vietnamese village. While Ha Long Bay is the work of nature, Đường Lâm, on the other hand, is a creation made by man. It is richer in meaning than Ha Long Bay. This is what the Thai researcher Knid Thainatis noticed. Indeed, Đường Lâm is rich not only in history but also in tradition.

In ancient times, it was still called Kẻ Mia (land of sugarcane). According to a popular legend, the craft of making sugarcane molasses in Đường Lâm tells how Princess Mi Ê found a plant resembling a reed. She took a section of this plant and felt its fresh sweetness and aromatic taste. She liked this plant so much that she advised people to cultivate it. Over time, the sugarcane grew so densely that it covered a large area like a forest. The local population began to produce molasses as well as candies from it. Hence the name « Kẻ Miá« .

Thanks to archaeological excavations around the foothills of Ba Vi mountain, it was discovered that Đường Lâm was the territory of the Proto-Vietnamese. They lived there in large concentrations during the Sơn Vi civilization period. They continued to settle there during the following four cultures: Phùng Nguyên (2000-1500 BC), Đồng Dậu (1500-1000 BC), Gò Mun (1000-600 BC), and Đồng Sơn (700 BC-100 AD).

The village is also the land of two famous kings, Phùng Hưng and Ngô Quyền. The first, known as « Bố Cái Đại Vương » (or Great King Father and Mother of the People), is revered as the liberator from Chinese domination during the Tang dynasty, while the second succeeded in ending 1,000 years of Chinese occupation by defeating the Southern Han fleet on the Bạch Đằng River. It is also here that the altar dedicated to ambassador Giang Văn Minh to the Chinese court is found. He was killed by the Ming emperor Zhu Youjian (Sùng Trinh) because he dared to confront him with a sharp retort in the memorable verse:

Ðằng giang tự cổ huyết do hồng (The Bạch Đằng River has always been red because of blood)
The Bạch Đằng River continues to be stained with red blood.

This was to remind him of the brilliant and decisive victories of the Vietnamese against the Chinese on the Bạch Đằng River, following the arrogant verse he received from the Chinese emperor:

Đồng trụ chí kim đài dĩ lục (Cột đồng đến giờ vẫn xanh vì rêu).

The bronze pillar is still green because of moss.
The bronze pillar continues to be overgrown by green moss. (thus evoking the period of pacification of the Vietnamese territory by the Chinese general Ma Yuan during the Han dynasty).

One of the characteristics of this ancient village lies in the preservation of its main gate through which everyone must pass. Visitors can easily get lost if they fail to locate the Mông Phụ communal house. This is a colossal building erected at the center of the village with its imposing ironwood frame (gỗ lim). Most houses are protected by laterite wall blocks, and their porches are sometimes little masterpieces that cannot leave visitors indifferent. The Đường Lâm village continues to retain its centuries-old charm in the face of the rampant urbanization that is constantly seen in other villages.

Làng cổ Đường Lâm

Bibliographie: 

Lê Thanh Hương: An ancient village in Hanoi, Thế Giới publishers, Hànôi 2012

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Gia Long ( Founder of Nguyễn dynasty)

 

Gia Long

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Gia Long is the imperial title prince Nguyễn Phúc Ánh took in 1802 for his reign at the time of the reunification of the Vietnam empire which extended from the border of Lạng Sơn to the point of Cà Mau on the gulf of Siam.

Gia long results from the combination of two following words: Gia and Long (Gia being a word extracted from the name Gia Định, the ancient city of Saïgon and Long that of the name Thăng Long, the ancient capital Hànội). During the 25 years of fighting against the Tây Sơn, he roamed the whole Cochinchina. He knew perfectly well all the corners of the Mekong delta. Prince Nguyễn Ánh was so attached to the people of the South and in particular to Saigon city that he was khnown at the time as « General Gia Định« .

Before the unification of Vietnam (1801), the last survivor of the Nguyen was hunted down several times by the Tây Sơn ( or the people from the West ) of Nguyễn Huệ. He owed his safe life to a French missionary Pierre Joseph Pigneaux de Behaine who shared with him his meal brought in by a confidant, P. Paul Nghi, and who did not hesitate to organize his escape in the Cancau principality of Mạc Thiên Tứ, the son of his allied Mạc Cửu Hà Tiên region) after the assassination of Nguyễn Huệ. Vương by the Tây Sơn, which is told by the British John Barrow in his book «  Voyage in Cochichina » in 1793.

The tough life he experienced during his years of vicissitude gave his partisans an occasion to interpret later his exploits and perils that he succeeded in overcoming as a sign of God’s will in helping him to regain the throne. The grotto of coins (Hang Tiên) in the region of Ha Tien, accessible nowaday by boat, evokes the souvenir of the young prince Nguyễn Ánh, who took shelter there with his troops while waiting for French reinforcements. One  finds coins left by pirates. Vietnamese sayings go with his exploits, such as:

« Kỳ đà cản mũi »

The varanus is in front of the prow

to mean a task cannot be done because of the obstruction of someone. Thanks to the presence of a monitor that blocked his junk on its way to the sea, he was narrowly saved because his enemies were waiting for him there. Another time in the region of Ha Tien, his junk was bothered by the presence of snakes. He was forced to give order to his subordinates to row faster so as not to be pursued by the snakes. This allowed him to reach Phú Quốc island sooner and avoid the trap set by his adversaries. That is why a Vietnamese saying goes:

« Gặp rắn thì đi, gặp qui thì về »

to mean it is possible to keep going when encountering snakes and it is better to go back when encountering turtles.

Thoughout historical accounts, it is noted that Nguyen Anh was lucky during the years of fighting with the Tây Sơn. One time he was chased by the enemies. He was forced to cross a river by swimming. He was aware that the river was infested with crocodiles. He had to resort to buffaloes that splashed about the riverside to take him over. Even the perilous rescue of his boat engulfed by waves by the young intrepid Lê Vân Duyệt (15 years of age ) who later became his talented general, in a stormy night was the object of prophecy discussed for so many years by the people of Long Hưng Tây village before the event took place.

In spite of these facts having something to do with legitimizing by divine protection the struggle led by Nguyễn Ánh, it is not fair to ignore the qualities in this outstanding personage. He did not have the genius of strategy of his adversary, general Nguyễn Huệ. But he had an incommensurable patience parallel only to that of Gou Jian (or Cẩu Tiễn in Vietnamese ), the prince of Yue in the North at the episode of Spring and Autumn ( thời Xuân Thu )( 476 B.C ) who waited long years to get ready for revenge against Fu Chai (Phù Sai) the Wu State’s sovereign ( nuớc Ngô của Ngũ Tử Tư ).

He was gifted at being able to recruit as subordinates individuals of valor ( Võ Tánh, Lê Văn Duyệt, Nguyễn Văn Thành etc.) and grant to frienship a particular signification during his reign, which has been noted towards French missionary Pigneaux de Behaine or his French lieutenants Jean Baptist Chaigneau ( Nguyễn Văn Thắng), Philippe Vaniera, Olivier Puymanel or Siamese king Rama I ( or Chakkri ).

In acknowledgement of the debt that Nguyễn Ánh had let him go back safe and sound with his army to rescue his imprisoned family, the latter was fast to offer many years of hospitality to prince Nguyễn Ánh and his suite when he was forced to take refuge in Bangkok after his scathing defeats against the Tây Sơn at Mỹ Tho (1785).

Nguyễn Ánh was a brave and tough man. With him it seems like there is no one in the South who dares to oppose him. To repay the debt toward his family assassinated by the Tay Son, he remained unruffled before the tortures he reserved for his adversaries. The vanquished enemies were put to death by appalling tortures. Men were torn and women and children were stamped by elephants. Their corpses were thown in the field for crows to eat. It was the fate reserved for the female general Bùi Thị Xuân, the son of emperor Nguyễn Huệ, king Nguyễn Quang Toản etc.

This pact of friendship was born in a military confrontation between his lieutenant Nguyễn Hữu Thùy and Chakkri which was still a general sent by the Siamese king Taksim (Trịnh Quốc Anh ).

Before the volte-face of Taksim imprisoning his family, Chakkri was forced to compromise with Nguyen Anh and return to Bangkok to overthrow Taksim. To recognize this debt and to assist Nguyen Anh to recover the throne, Chakkri sent an army of 50,000 men which was completely decimated in 1785 by the strategist Nguyễn Huệ in the western Mékong (Mỹ Tho).

For political reasons, he did not hesitate to kill people who had served him with devotion when he was still a young prince hunted down by the Tây Sơn. It is the case of Nguyễn Văn Thành, Ðặng Trần Thường. That is why he was ofen compared to Liu Bang (Lưu Bang), the great Han emperor having reserved the same treatment toward his comrades-in-arm. Despite that, he was also seen as a man of the heart. He was fast to render great homage to his comrade-in-arm Nguyễn Văn Thành whom he forced to commit suicide for a calomnious insinuation and burst into tear before the altar set up in honor of the latter. He ordered freedom for his family and restitution of confiscated possessions and titles. One also finds his profound attachment to his subordinates’ lives through the message addressed to his brother-in-law, general Võ Tánh in charge of defending Qui Nhơn or to Pigneaux de Behaine, his spiritual father, military advisor through the ceremony arranged at the funeral of the latter, which was reported by Father Lelabrousse at the Missions Etrangeres on April 24, 1800.

He was also a seducing warrior. His consideration toward queen Ngọc Bích, the young wife of his adversary, young king Cảnh Thịnh (son of king Quang Trung) was exemplary. She was crying out when she saw a very majestuous man standing in front of her:

-General Gia Ðịnh, what do you want of me?

He smiled and answered her with kindness:

Don’t be afraid and stop crying please. General Gia Dinh will be more gentle than a Tay Son one. This residence remains the same for you despite of the change of ownership.

Since his gentleness and his will to conquer the heart of the queen was so strong the latter could not resist. She became thus his first rank concubine and had two sons with him. She was married two times to two kings (Cảnh Thình and Gia Long) and was the last daughter of the Lê kings. That is why the two implacable adversaries became « brothers-in-law » because Nguyễn Huệ was the spouse of Ngọc Hân and Gia Long that of Ngọc Bích. It is also for the latter that a Vietnamese saying goes:

Số đâu mà số lạ lùng
Con vua mà lấy hai chồng làm vua

What a bizarre fate she has
Daughter of a king, she got twice married to kings.

In spite of his reputation of being a warrior hardened by years of war and vicissitudes, he was also as vulnerable as any ordinary man. A great number of worries has come upon him that he did not wish to hide and reveal to his confidant, Frenchmen Jean-Baptiste Chaigneau: 

Ruling country is easier than managing a harem.
This was revealed by Michel, the son of J.B. Chaigneau in his journal « Le Moniteur de la Flotte » in 1858.

Despite the treaty initialed at Versailles in 1787 by Counts de Vergennes and de Montmorin for king Louis XVI and by his son Nguyễn Phúc Cảnh witnessed by bishop of Adran, Pigneaux de Behaine, the collaboration of a great number of French subordinates in his ranks and his interest in science and Western techniques, he continued adopting a very ambiguous policy toward the Europeans, in particular the missionaries. Was this benevolent attitude due to the friendship he tried to honor toward his friend Pigneaux de Behaine or to his open mindedness like KangXi in China aiming at better utilizing the catholic missionaries’s competences?

One keeps asking these questions up to now. However, one knows that throughout the construction of the Purple City, the maintenance of the mandarinal system, the reform of the Le code based on that of the Qing in China, he appeared to be more than never an admirer of the Ming and Qing dynsties, a convinced Confucianist and a more retrograde emperor. During his last years, he began a policy of folding back by choosing as his successor prince Nguyễn Phúc Ðảm supported by most of the Confucianist mandarins in lieu of the children of prince Cảnh who deceased of an illness. The prince known under the name of Minh Mang did not hesitate to do away with the children and wife of Cảnh (Mỹ Ðường) and gave the Europeans an opportunity, especially the French government to intervene militarily, by deliberately leading an anti-western and anti-catholic policy and thus renewing a policy in line with the Chinese policy. Nguyen Anh could have become a great emperor at the image of a Japanese « Meiji » when he had the advantage of being circled by a great number of Frenchmen including his private physician (a certain Despiaux) and he had an open mind to Western techniques and sciences.

It is a shame for Vietnam to have lost an opportunity to enter the era of modernization.

It was unfortunate for the Vietnamese people to have written later their history with blood and tears

He does not deserve being forgotten in our history because he arrived at enlarging our territory and unifying the country under his banner. But he is no longer a great emperor of Vietnam because grandeur is measured by not only the enlargement of Vietnam but also by the good deeds he brought to the Vietnamese people and by the magnanimity toward his adversaries.

It is regrettable to say so because Nguyễn Ánh with the qualities he showed us during his 25 years of vicissitude could have done better to his country and people more than any other kings of Vietnam (including king Quang Trung).

 

Galerie des photos

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Concubines under the Nguyễn dynasty (Cung tần mỹ nữ)

French version

 

 

Trong cunq quế âm thầm chiếc bóng
Ðêm năm canh trông ngóng lần lần
Khoảnh làm chi bầy chúa xuân
Chơi hoa cho rữa nhị dần lại thôi.

In the royal genaeceum, I stay alone with my shadow,
All night long, I eagerly wait for his visit.
Instantly, many springs have gone by,
He ceased coming in as this flower is withering.

Ôn Như Hầu

Except Gia Long, the founder and Bảo Ðại, the last emperor of the Nguyen dynasty no emperors of this dynasty granted a title to their principal spouse during their reign. No historic documents found today show why there was that systematic refusal since the application of Minh Mang’s decree. On the contrary, only this spouse received her title after her disappearance.

First imperial concubine ( Nhất giai Phi ) ( 1st rank )
Second imperial concubine ( Nhị Giai Phi ) (  2nd rank )
Superior concubines ( from 3rd to  4th rank ) (Tam Giai Tân và Tứ Giai Tân ), simples concubines ( from 5th to 9th rank ) ( Ngũ Giai Tiếp Dư , Lục Giai Tiếp Dư, Thất Giai Quí Nhân, Bát Giai Mỹ  Nhân, Cữu Giai Tài Nhân ).

Then came the Ladies of the Court, next, the subordinate servants. It was estimated that those women along with the eunuchs, the queen mothers and the emperor made up a purple forbidden society of Huế. The status of those women (even that of the servants) no matter what it was, went up considerably when they gave birth to a son.
Speaking of those concubines, it is impossible not to evoke the love story of Nguyễn Phi, the future empress Thừa Thiên Cao Hoàng Hậu with prince Nguyễn Ánh, the future emperor Gia Long. This one, beaten by the Tây Sơn (or the peasants of the West) in the Fall of 1783, had to take refuge on the Phú Quốc Island. He had to send his son Nguyễn Phúc Cảnh, 4 years old, accompanied by archbishop Pigneau de Behaine to France to ask for military aid before king Louis XVI (Treaty of Versailles 1787), and took refuge in Bangkok ( Thailand) waiting for French reinforcement. Before the time of separation, he hastened to cut a gold bar into two halves and gave one to his spouse, Nguyễn Phi telling her:

Our son has already gone. I am about to leave you to resettle in Thailand. You stay here to take care of our queen mother. I do not know the date of my return nor the place of our reunion . I leave with you this half gold bar as the token of our love. We will have the chance to see each other later if God helps us to defeat the Tây Sơn.

During Nguyễn Anh’s years of exile and setback in his reconquest of power, Nguyên Phi continued to take care her mother-in-law, queen Hiếu Khương (spouse of Nguyễn Phúc Luân ) and to make uniforms for recruits. She arrived at overcoming all the difficulties destined to her family and showed her courage and bravery in escaping traps set up by their adversaries.

Thanks to his perseverance and stubbornness, Nguyễn Ánh succeeded in defeating the Tây Sơn in 1802 and became our emperor Gia Long. The day following their touching reunion, he asked her about the other half of the gold bar he had given her at the moment of their separation. She went looking for it and gave it back to him. Seeing the half of the bar in the state of shining, emperor Gia Long was so touched he told his spouse Nguyễn Phi:

This gold that you succeeded in keeping in its splendor during our difficult and eventful years shows well the blessings and grace of God for our reunion today. We should not forget that and should talk about it to our children.

Then he reassembled the two halves of the gold bar to make it whole again and gave it to Nguyễn Phi. This gold bar later became under the reign of Minh Mạng, not only the symbol of eternal love between Nguyễn Ánh and his spouse Nguyễn Phi but also an object of veneration found on the altar of emperor Gia Long and empress Thừa Thiên Cao Hoàng Hậu in the Ðiện Phụng Thiên temple in the purple city of Huê.

No one was surprised that thanks to his daughter Ngô Thị Chánh, former Tây Sơn general Ngô Vân Sở was spared from summary execution by emperor Gia Long during the victory over the Tay Son, because his daughter was the favorite concubine of his crown prince Nguyễn Phúc Ðảm, our future emperor Minh Mang. When this one acceded to power, he did not hesitate to grant her all the favors uniquely reserved up until then for his principal spouse. This concubine, when alive, often had the chance to tell the emperor:

Even you love me as such, the day I decease, I will be alone in my tomb empty-handed.

That was why when she died a few years later, the emperor followed her to the place of burial taking with him two ounces of gold. He then asked the eunuch to open the two hands of the concubine. The emperor himself put an ounces of gold in each hand saying with emotion:

I give you two ounces of gold so that you do not go empty-handed.

One found this love fifty years later in poet emperor Tự Ðức. At the funeral of his favorite concubine, he composed a poem entitled « Khóc Bằng Phi » whose two following verses immortalized love and affection emperor Tự Ðức reserved for his concubine Bằng Phi:

Ðập cổ- kính ra, tìm lấy bóng
Xếp tàn-y lại để dành hơi

I break the old mirror to find your shadow
I fold your fading clothes to keep your warmth.

Cung tần mỹ nữ

 
Under the Nguyen dysnasty, the genaeceum took an important dimension. To consolidate his authority and gain fidelity from his subordinates, emperor Gia Long himself did not hesitate to establish the politics of alliance in taking for concubines most of the daughter of the subordinates. This was revealed by his confidant, the French mandarin J.B. Chaigneau in his  » Souvenirs of Huế 1864 « . But sometimes the concubine of the emperor may be issue of a different medium. It is the case of the concubine of emperor Thành Thái, the father of Duy Tân. This concubine was the rower of a ferry boat in the region of Kim Long known for the charm and grace of its inhabitants. That is why people did not hesitate to sing the following popular song to evoke the idyllic love that emperor Thanh Thai reserved for the charming rower of the ferry and his audacity to disguise himself as a common traveler to visit Kim Long.

Kim Long có gái mỹ miều
Trẩm yêu trẩm nhớ trẩm liều trẩm đi

Kim Long is known for its charming girls
I love, I miss, I dare and I go.

One beautiful morning of our new year, Thành Thái intrigued by the charm of the Kim Long region decided to go there alone. He disguise himself as a young traveler to visit that famous region. On his way back, he had to take the ferry the rower of which was a charming girl. Seeing her timid in gait with her red cheeks under the overwhelming sun, emperor Thành Thái began to flirt with her and tease her with this idea, saying:

Miss, do you like to marry the emperor?

Stunned by this hazardous proposal, the girl looked attentively at him and replied with sincerity: Don’t you talk nonsense, they are going to cut off you head.

Seeing her in a fearful state, the emperor was determined to bother her more: That’s right, what I have proposed with you. If you agree, I will be the intermediary in the matter! Caught by a sense of decency, she hid her face behind her arm. On the ferry, among the passengers, there was an older and well dressed person. This one, having heard their conversation, did not hesitate to push on by saying to the girl:

Miss, just say « Yes » and see what happens!

Encouraged by the daring advice, the ferry rower responded promptly: Yes Happy to know the consent of the rower, Thành Thái stood up, went toward the rower and said with tenderness:

My dear concubine, you may rest. Let me take care of rowing the ferry for you.

Everyone was surprised by that statement and finally knew that they were in front of young emperor Thành Thái, known for his anti-French activities, deposed and exiled later by the French authorities to the Reunion island because of his excess in « madness ». When the ferry reached the Nghinh Lương dock, Thành Thái ordered the passengers to pay for their tickets and led the young rower into the forbidden city.

Generally speaking, the concubines lived surrounded by Ladies of the Court, eunuchs and devoted their time in embroidering and weaving. Some died without ever having received the emperor’s favor, or having got out of the palace.

A famous poet of 18th century Nguyễn Gia Thiều known under the name of Ôn Như Hầu (because of his title), had denounced the injustice inflicted upon these women, their sadness and isolation, in his work  » Cung Oán Ngâm Khúc » (or Sadness of the Palace ). Others enjoyed their status of a favorite but none was equal to Ỷ Lan, the favorite of Lý Thánh Tôn of the Lý dynasty, who had assumed brilliantly the regency of the kingdom during her husband’s campaign against Champa.

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Concubines sous la dynastie des Nguyễn (Cung tần mỹ nữ)

English version

Vietnamese version

Trong cunq quế âm thầm chiếc bóng
Ðêm năm canh trông ngóng lần lần
Khoảnh làm chi bầy chúa xuân
Chơi hoa cho rữa nhị dần lại thôi.

Dans le gynécée royal, je suis toute seule avec mon ombre
Tout le long de la nuit, j’attends avec impatience sa visite
Plusieurs printemps ont été partis instantanément
Il cessait de venir et je suis comme une fleur qui se fane.

Ôn Như Hầu Lire la suite

Politique de rapprochement avec le Vietnam (Thaïlande)

Version vietnamienne

Version anglaise

L’hospitalité que Rama 1er a réservée à Nguyễn Ánh servira de base plus tard au développement de la future relation entre les deux pays. Elle n’est pas étrangère à la conduite attentionnée de Nguyễn Ánh dans la recherche d’une solution adéquate pour gérer la double suzeraineté sur le Laos et sur le Cambodge avec les Thaïs. Selon le checheur vietnamien Nguyển Thế Anh, ces pays furent considérés à cette époque comme des enfants élevés ensemble par le Siam et le Vietnam, le premier s’arrogeant le titre du père et le second le titre de mère. Cette double dépendance est connue en langue thaïe sous le nom « song faifa« . Selon les sources siamoises, Nguyễn Ánh envoya 6 fois de Gia Định à Bangkok des arbres d’argent et d’or, signe d’allégeance entre 1788 et 1801. (2). Dans une lettre adressée à Rama 1er avant son retour à Gia Đinh, Nguyễn Ánh accepta d’être placé sous le protectorat du Siam au cas où il réussirait à rétablir son pouvoir. Le Đại Nam (ancien nom du Vietnam) accepta-t-il d’être un état de mandala? Il y a plusieurs raisons de réfuter cette hypothèse. D’abord le Đại Nam n’était pas sous l’influence du bouddhisme théravadà et n’avait pas non plus la culture indianisée comme cela a été avec le Cambodge et le Laos car le rôle religieux joue un rôle important dans le mandala défini par le chercheur O. Wolter. Le Siam tenta d’étendre jusqu’alors son influence et son emprise dans les régions où les Thaïs étaient plus ou moins implantés et où la culture indianisée était visible.

Ce n’est pas le cas du Vietnam. Chakri et son prédécesseur Taksin ont déjà échoué dans cette démarche en Cochinchine qui était pourtant une terre neuve car il y avait une colonie vietnamienne importante de culture différente. La vassalité paraît improbable. On ne connait jamais la vérité mais on peut s’appuyer sur le fait que pour reconnaître les bienfaits du Ralma 1er, Nguyễn Ánh pourrait adopter ce comportement compréhensible qui n’était jamais incompatible à son tempérament et surtout à son esprit confucianiste dont l’ingratitude ne faisait pas partie. On trouve toujours en lui la reconnaissance et la gentillesse qu’on ne pourra pas réfuter plus tard avec Pigneau de Béhaine ayant consacré beaucoup d’effort pour le convaincre de se convertir au catholicisme. Sous son règne, il n’y avait pas la persécution des catholiques qu’on peut interpréter comme une reconnaissance envers Pigneau de Béhaine. De ce point de vue, on peut voir en lui le principe d’humanité (đạo làm người) en honorant à la fois la gratitude envers ceux qui l’avaient protégé durant les 25 années de vicissitudes et la vengeance envers ceux qui avaient tué tous ses proches et sa famille. (thù phải trả, nợ phải đền)

Au moment de son intronisation en 1803 à Huế, Nguyễn Ánh reçut une couronne offerte par le roi Rama 1er mais il la lui retourna tout de suite car il n’accepta pas d’être traité comme un roi vassal et de recevoir le titre que le roi siamois Rama 1er était habitué à accorder à ses vassaux. Ce comportement déjuge l’accusation qu’on a toujours sur Nguyễn Ánh.

Pour certains historiens vietnamiens, Nguyễn Ánh est un traître car il fait venir les étrangers et leur donne l’occasion d’occuper le Vietnam. On aime à coller l’expression vietnamienne « Đem rắn cắn gà nhà » (Introduire le serpent pour mordre le poulet de la maison) à Nguyễn Ánh. Il est injuste de le taxer de trahison car dans le contexte difficile où il était, il n’y a aucune raison de ne pas agir comme lui en tant que humain lorsqu’il était au gouffre du désespoir. Probablement l’expression suivante « Tương kế tựu kế ( Combiner un stratagème de circonstance) lui convient mieux bien qu’il y ait un risque de faire le jeu des étrangers. Il faut rappeler aussi que les Tây Sơn eurent l’occasion d’envoyer un émissaire auprès de Rama 1er en 1789 dans le but de neutraliser Nguyễn Ánh avec le stratagème ( Điệu hổ ly sơn ( Éloigner le tigre loin de la montagne) mais cette tentative fut vaine à cause du refus de Rama 1er. (3)

Etant intelligent, courageux et résigné à l’image du roi des Yue Gou Jian (Cẫu Tiển) de la période des Printemps et des Automnes (Xuân Thu), il devrait connaître les conséquences de son acte. Il y a non seulement Gia Long mais aussi des milliers de gens ayant accepté de le suivre et d’assumer cette lourde responsabilité de faire venir les étrangers dans le pays pour contrer les Tây Sơn. Sont-ils tous des traîtres? C’est une question épineuse à laquelle il est difficile de donner une réponse affirmative et une condamnation hâtive sans avoir au préalable le sens de l’équité et sans se laisser convaincre par des opinions partisanes lorsqu’on sait que Nguyễn Huệ reste toujours le héros le plus adulé par les Vietnamiens pour son génie militaire.

Déçu par le refus de Gia Long, Rama 1er, ne montra aucun signe de rancune mais il trouva la justification dans la différence culturelle. On trouve en Rama 1er non seulement la sagesse mais aussi la compréhension. Il voudrait traiter désormais d’égal à égal avec lui. Ce traitement égalitaire peut être interprété comme une relation bilatérale « privilégiée » entre l’aîné et le jeune dans le respect mutuel. Chacun d’eux devrait savoir qu’il avait besoin de l’autre même il s’agit d’une alliance de circonstance. Leurs pays étaient guettés respectivement par des ennemis redoutables qu’étaient la Birmanie et la Chine.

Leur relation privilégiée ne s’estompa pas au fil du temps du fait que Rama 1er tomba amoureux entre-temps de la sœur de Nguyễn Ánh. On ne sait pas ce qu’elle deviendrait (sa femme ou sa concubine). Par contre il y avait un poème d’amour que Rama 1er lui a dédié et qui continuait à se chanter encore dans les années 1970 durant la procession annuelle des barques royales.

Quant à Nguyễn Ánh ( ou Gia Long ), durant son règne, il évita d’affronter militairement la Thaïlande sur les problèmes épineux cambodgien et laotien. Avant sa mort, Gia Long ne cessa pas de rappeler à son successeur Minh Mạng de perpétuer cette relation d’amitié qu’il avait réussi à établir avec Rama 1er et de considérer le Siam comme un allié respectable dans la péninsule indochinoise (4). Cela se justifiera plus tard par le refus de Minh Mạng d’attaquer le Siam à la demande des Birmans.

Selon le chercheur Nguyễn Thế Anh, dans l’Asie du Sud Est continentale, sur une vingtaine de principautés importantes vers 1400, il ne restait que trois royaumes qui réussirent à s’imposer au début du XIXème siècle en tant que puissances régionales parmi lesquelles figuraient le Siam et le Đại Việt, l’un entamant la marche vers l’Est et l’autre vers le Sud au détriment des états hindouisés (Laos, Cambodge, Champa). Ce conflit d’intérêts s’intensifia de plus en plus à la disparition de Rama 1er et de Nguyễn Ánh.

Leurs successeurs ( Minh Mạng, Thiệu Trị du côté vietnamien et Rama III du côté siamois) furent empêtrés par le problème de succession des rois cambodgiens qui ne cessaient pas de se battre entre eux et de solliciter leur aide et leur protection. Ils furent guidés dès lors par la politique de colonialisme et d’annexion qui les amena à se confronter militairement 2 fois en 1833 et en 1841 sur les territoires cambodgien et vietnamien et à trouver à la fin de chaque confrontation un compromis d’entente en leur faveur et au détriment de leurs protégés respectifs. L’alliance de circonstance n’est plus prise en compte. La rivalité qui devenait de plus en plus visible entre les deux pays concurrents Đại Nam et Siam, éloigne désormais tout rapprochement et toute alliance possible. Même leur politique est tout à fait différente, l’un s’alignant sur le modèle chinois pour éviter tout contact avec les colonialistes occidentaux et l’autre sur le modèle japonais pour prôner l’ouverture des frontières.

La capitale khmère Phnom Penh fut occupée à une certaine époque par l’armée vietnamienne du général Trương Minh Giảng tandis que les régions de l’Ouest cambodgien ( Siem Reap, Battambang, Sisophon) étaient aux mains des Thaïs. Selon l’historien français Philippe Conrad, le roi du Cambodge était considéré comme un simple gouverneur du roi de Siam. Les insignes royaux ( épée d’or, sceau de la couronne) étaient confisqués et détenus à Bangkok. L’arrivée des Français en Indochine mit fin à leur double suzeraineté sur le Cambodge et le Laos. Elle permit aux protégés cambodgien et laotien de récupérer une partie de leur territoire aux mains des Vietnamiens et des Thaïs. Le Đại Nam de l’empereur Tự Đức dut faire face aux autorités coloniales françaises qui avaient annexé les six provinces de Nam Bộ (Cochinchine). Grâce à la clairvoyance de leurs rois (en particulier celle de Chulalongkorn ou Rama V) , les Thaïs s’appuyant sur la politique de rivalité entre les Anglais et les Français, réussirent à garder leur indépendance au prix de leurs concessions territoriales (les territoires birmans et malais occupés rendus aux Anglais et les territoires laotien et khmer aux Français). Ils optèrent une politique étrangère flexible (chính sách cây sậy) comme le roseau qui s’adapte au gré du vent. Ce n’est pas un hasard de voir l’union sacrée des trois princes thaïs aux prémices de la nation thaïe en 1287 et la soumission face aux troupes sino-mongoles de Kubilai Khan.

C’est cette politique synthétique d’adaptation qui leur permet d’être à l’écart des guerres coloniales, de se ranger toujours du côté des vainqueurs et d’exister jusqu’à aujourd’hui en tant que nation florissante malgré leur émergence tardive ( datant du début du 14ème siècle ) dans l’Asie du Sud Est continentale

Photos de Venise de l’Orient (Vọng Các)

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(1) Bùi Quang Tùng: Professeur, membre scientifique de EFEO. Auteur de plusieurs ouvrages sur le Vietnam.

(2) P.R.R.I, p. 113.

(3) Pool, Peter A.: The Vietnamese in Thailand, p 32, note 3.

Conflits larvés avec le Việtnam (Thaïlande)

Version vietnamienne

Version anglaise


Il y a des victoires et des défaites de chaque côté. En conduisant une armée de 20.000 hommes et une flotte, Taksin réussit à chasser après un siège de dix jours, Mo Shi-Lin (Mạc Tiên Tứ en vietnamien) le fils de Mạc Cửu) de Hà Tiên. C’est un allié chinois de poids des seigneurs Nguyễn et le protecteur du fils du dernier roi de la dynastie d’Ayutthaya, Chao Chuy (Chiêu Thúy). Celui-ci continue à être l’un des compétiteurs éventuels à la couronne et un sujet d’inquiétude journalière pour Taksin. À cause de ses revers militaires à Châu Đốc et dans la région de Sadec, Taksin fut obligé d’accepter le traité de paix offert par Mạc Thiên Tứ et d’abandonner Hà Tiên en ruines en échange du retour du prince Chiêu Thúy, de la remise en liberté de la fille de Mạc Thiên Tứ capturée au moment de la chute de Hà Tiên et du maintien sur le trône cambodgien un roi pro-Thaï de nom Ang Non.

Dès son retour, Chiêu Thúy fut exécuté ainsi que son frère capturé au Cambodge. Quant au seigneur Nguyễn Phúc Thuần (connu plus tard sous le nom Duệ Tông ), mis en difficulté par la révolte des frères « Tây Sơn (Paysans de l’Ouest) », il fut obligé de cautionner cet accord et de laisser temporairement aux Thaïs le champ libre dans leur politique d’expansion territoriale sur le Laos et le Cambodge. Mais le trêve fut de courte durée pour Mạc Thiên Tứ car entre-temps, il fut poursuivi par les Tây Sơn ayant réussi à prendre Gia Định (ou Saïgon) en 1776 et à capturer le seigneur Nguyễn Phúc Thuần à Cà Mau. Il dut trouver refuge avec sa famille et ses subordonnés auprès de Taksin à Thonburi (Thailande). Mais ce dernier, obsédé et habité par tant de soupçons et de méfiance, finit d’exécuter sa famille et ses subordonnés parmi lesquels figurait le prince Tôn Thất Xuân. Pour préserver sa dignité et son honneur, Mạc Thiên Tứ se suicida en septembre 1780 en avalant une rondelle d’or. La méfiance de Taksin est de plus en plus envahissante jusqu’au point où elle devient une maladie mentale accompagnée par un comportement paranoïaque et tyrannique.

Rạch Gầm- Xoài Mút

Tableau du Musée national de Saïgon

C’est l’un des traits communs des grands hommes politiques (Ts’ao Ts’ao ( Tào Tháo) des Trois Royaumes, Qin Shi Huang Di (Tần Thủy Hoàng) par exemple). C’est cette méfiance qui le pousse à emprisonner plus tard ses proches en particulier la famille de son gendre Chakri qui était en train de s’engager dans une campagne militaire au Cambodge contre les Vietnamiens du jeune prince Nguyễn Ánh. Chakri ( futur roi Rama 1er) fut obligé de pactiser avec les lieutenants de Nguyễn Ánh, Nguyễn Hữu Thùy et Hồ văn Lân. Ceux-ci lui envoyèrent un couteau, une épée et un drapeau en signe de leur soutien contre Taksin. Ayant réussi de rentrer à temps au moment où éclata un coup d’état renversant ce dernier, le général siamois Chaophraya Mahakasatsuk (ou Chakri) devint ainsi le roi Rama I et le fondateur de la dynastie Chakri.

Son avènement permet de clore la dynastie de Thonburi et de la remplacer par la nouvelle dynastie avec le transfert de la capitale à Bangkok. C’est ici que le roi Rama 1er tenta de restaurer le style Ayutthaya à travers son palais royal (Bangkok). L’installation de la nouvelle capitale ne correspond pas à un renouvellement de l’art siamois. Rama 1er s’intéressa à poursuivre l’oeuvre inachevée de Taksin le Grand dans la marche vers l’Est. Il n’hésita pas à monter une expédition militaire pour aider le prince héritier Nguyễn Ánh dans sa lutte contre les Tây Sơn. Malheureusement, cette expédition vietnamo-siamoise fut écrasée en 1783 dans les arroyos Rạch Gầm- Xoài Mút de la province Tiền Giang d’aujourd’hui par le roi stratège Nguyễn Huệ. De l’armée siamoise constituée d’au moins de 50.000 hommes et de 300 jonques au départ, il ne restait que 2000 hommes ayant réussi de passer par le Cambodge pour rentrer en Thailande.

Profitant de la méconnaissance géographique du terrain (đia lợi) et de la sous-évaluation militaire des ennemis, Nguyễn Huệ évita l’engagement frontal à Sadec et réussit à faire échouer très vite l’invasion siamoise dans les arroyos proches de Mỹ Tho. Nguyễn Huệ avait besoin d’une victoire éclair car il savait que les Trịnh au Nord Vietnam pouvaient profiter de cette occasion pour envahir Qui Nhơn dans le centre du Vietnam.

Traqué comme une bête fauve et plongé dans l’abîme de tristesse, Nguyễn Ánh fut obligé de s’exiler à Bangkok, accompagné d’une trentaine de mandarins et d’environ 200 soldats pour une courte durée (de 1785 à 1787). Puis il fut rejoint plus tard par les 5000 soldats du général Nguyễn Huỳnh Đức. Selon le professeur vietnamien Bùi Quang Tùng (1), beaucoup de réfugiés préférèrent de rester en Thaïlande et de se marier avec les Siamoises.

Politique de rapprochement avec le Việtnam

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(1) Bùi Quang Tùng: Professeur, membre scientifique de EFEO. Auteur de plusieurs ouvrages sur le Vietnam.


Bibliographie

Pool, Peter A.: The Vietnamese in Thailand, Cornell University Press. 1970. 180pp

The diplomatic worldviews of Siam and Vietnam in the pre-colonial period (1780s – 1850s). Morragotwong Phumplab, National university of Singapore, 2011.

Đại Nam Thực Lục (7 fascicules).

 

Une longue histoire commune avec les Vietnamiens (Thaïlande)

English version

 

Le mythe Lạc Long Quân-Âu Cơ insinue avec adresse l’union et la séparation de deux ethnies Yue, l’une de branche Lạc ( les proto-Vietnamiens) descendant dans les plaines fertiles en suivant les cours d’eau et les rivières et l’autre de branche Âu ( les proto-Thaïs) se réfugiant dans les régions montagneuses. Il y a les Mường dans cet exode. Proches des Vietnamiens au niveau linguistique, les Mường ont réussi à garder les coutumes ancestrales car ils étaient refoulés et protégés dans les montagnes. Ceux-ci ont eu une organisation sociale semblable à celle des Tày et des Thaïs.

Situé dans les provinces Kouang Tong (Quãng Đông ) et Kouang Si (Quãng Tây), le royaume de Si Ngeou (Tây Âu) n’est autre que le pays des proto-Thaïs (les ancêtres des Thaïs). C’est ici que se réfugia le prince de Shu Thục Phán avant la conquête du royaume Văn Lang. Il faut rappeler aussi que l’empereur chinois Shi Houang Di dut mobiliser à cette époque plus de 500.000 soldats dans la conquête du royaume de Si Ngeou après avoir réussi à défaire l’armée du royaume de Chu (ou Sỡ) avec 600.000 hommes. On doit penser qu’outre la résitance implacable de ses guerriers, le royaume de Si Ngeou devrait être de taille importante et assez peuplé pour que Shi Houang Di (Tần Thủy Hoàng) engage une force militaire importante.

Malgré la mort prématurée d’un roi Si Ngeou de nom Yi-Hiu-Song (Dịch Hu Tống), la résistance menée par les Yue de branche Thai ou (Si Ngeou)(Tây Âu) réussit à obtenir quelques succès escomptés dans la région du Kouang Si méridional avec la mort d’un général T’ou Tsiu (Uất Đồ Thư) à la tête d’une armée chinoise de 500.000 hommes, ce qui a été noté dans les annales du Maître Houa-nan (ou Houai–nan –tseu en chinois ou Hoài Nam Tử en vietnamien ) écrites par Liu An (Lưu An), petit-fils de l’empereur Kao-Tsou (ou Liu Bang), fondateur de la dynastie des Han entre les années 164 et 173 avant notre ère.

Si Ngeou était connu pour la valeur de ses guerriers redoutables. Cela correspond exactement au tempérament des Thaïs d’autrefois décrit par l’écrivain et photographe français Alfred Raquez:(3)

Les Siamois d’autrefois, belliqueux et coureurs d’aventures, furent presque continuellement en guerre avec leurs voisins et souvent virent leurs expéditions couronnées de succès. À la suite de chaque campagne heureuse, ils emmenaient avec eux des prisonniers et les établissaient sur une partie du territoire de Siam, aussi éloignée que possible de leur pays d’origine.

Après la disparition de ce royaume et celle de Âu Lạc, les proto-Thaïs qui restèrent au Vietnam à cette époque sous le giron de Zhao To (un ancien général chinois des Tsin devenu plus tard le premier empereur du royaume de Nanyue) avaient leurs descendants formant bien aujourd’hui la minorité ethnique Tày du Vietnam. Les autres proto-Thaïs s’enfuirent vers le Yunnan où ils s’unirent au VIII ème siècle au royaume de Nanzhao (Nam Chiếu) puis à celui de Dali (Đại Lý) où le bouddhisme du grand véhicule (Phật Giáo Đại Thừa) commença à s’implanter. Malheureusement, leur tentative fut vaine. Les pays Shu, Ba, Si Ngeou, Âu Lạc (5), Nan Zhao, Dali font partie de la liste des pays annexés l’un après l’autre par les Chinois durant leur exode. Dans ces pays soumis, la présence des proto-Thaïs était assez importante. Face à cette pression chinoise sans relâche et à la barrière inexorable de l’Himalaya, les proto-Thaïs furent obligés de redescendre dans la péninsule indochinoise (4) en s’infiltrant lentement en éventail dans le Laos, le Nord-Ouest du Vietnam (Tây Bắc), le nord de la Thailande et la haute Birmanie.

Le mythe Lạc Long Quân-Âu Cơ insinue avec adresse l’union et la séparation de deux ethnies Yue, l’une de branche Lạc ( les proto-Vietnamiens) descendant dans les plaines fertiles en suivant les cours d’eau et les rivières et l’autre de branche Âu ( les proto-Thaïs) se réfugiant dans les régions montagneuses. Il y a les Mường dans cet exode. Proches des Vietnamiens au niveau linguistique, les Mường ont réussi à garder les coutumes ancestrales car ils étaient refoulés et protégés dans les montagnes. Ceux-ci ont eu une organisation sociale semblable à celle des Tày et des Thaïs.

Situé dans les provinces Kouang Tong (Quãng Đông ) et Kouang Si (Quãng Tây), le royaume de Si Ngeou (Tây Âu) n’est autre que le pays des proto-Thaïs (les ancêtres des Thaïs). C’est ici que se réfugia le prince de Shu Thục Phán avant la conquête du royaume Văn Lang. Il faut rappeler aussi que l’empereur chinois Shi Houang Di dut mobiliser à cette époque plus de 500.000 soldats dans la conquête du royaume de Si Ngeou après avoir réussi à défaire l’armée du royaume de Chu (ou Sỡ) avec 600.000 hommes. On doit penser qu’outre la résitance implacable de ses guerriers, le royaume de Si Ngeou devrait être de taille importante et assez peuplé pour que Shi Houang Di (Tần Thủy Hoàng) engage une force militaire importante.

Malgré la mort prématurée d’un roi Si Ngeou de nom Yi-Hiu-Song (Dịch Hu Tống), la résistance menée par les Yue de branche Thai ou (Si Ngeou)(Tây Âu) réussit à obtenir quelques succès escomptés dans la région du Kouang Si méridional avec la mort d’un général T’ou Tsiu (Uất Đồ Thư) à la tête d’une armée chinoise de 500.000 hommes, ce qui a été noté dans les annales du Maître Houa-nan (ou Houai–nan –tseu en chinois ou Hoài Nam Tử en vietnamien ) écrites par Liu An (Lưu An), petit-fils de l’empereur Kao-Tsou (ou Liu Bang), fondateur de la dynastie des Han entre les années 164 et 173 avant notre ère.

Si Ngeou était connu pour la valeur de ses guerriers redoutables. Cela correspond exactement au tempérament des Thaïs d’autrefois décrit par l’écrivain et photographe français Alfred Raquez:(3)

Les Siamois d’autrefois, belliqueux et coureurs d’aventures, furent presque continuellement en guerre avec leurs voisins et souvent virent leurs expéditions couronnées de succès. À la suite de chaque campagne heureuse, ils emmenaient avec eux des prisonniers et les établissaient sur une partie du territoire de Siam, aussi éloignée que possible de leur pays d’origine.

Après la disparition de ce royaume et celle de Âu Lạc, les proto-Thaïs qui restèrent au Vietnam à cette époque sous le giron de Zhao To (un ancien général chinois des Tsin devenu plus tard le premier empereur du royaume de Nanyue) avaient leurs descendants formant bien aujourd’hui la minorité ethnique Tày du Vietnam. Les autres proto-Thaïs s’enfuirent vers le Yunnan où ils s’unirent au VIII ème siècle au royaume de Nanzhao (Nam Chiếu) puis à celui de Dali (Đại Lý) où le bouddhisme du grand véhicule (Phật Giáo Đại Thừa) commença à s’implanter. Malheureusement, leur tentative fut vaine. Les pays Shu, Ba, Si Ngeou, Âu Lạc (5), Nan Zhao, Dali font partie de la liste des pays annexés l’un après l’autre par les Chinois durant leur exode. Dans ces pays soumis, la présence des proto-Thaïs était assez importante. Face à cette pression chinoise sans relâche et à la barrière inexorable de l’Himalaya, les proto-Thaïs furent obligés de redescendre dans la péninsule indochinoise (4) en s’infiltrant lentement en éventail dans le Laos, le Nord-Ouest du Vietnam (Tây Bắc), le nord de la Thailande et la haute Birmanie.


(4) Indochine au sens large. Ce n’est pas l’Indochine française.

(5) Le royaume Âu Lạc de An Dương Vương fut annexé par le général chinois Zhao To (Triệu Đà) devenant plus tard le fondateur du royaume de Nanyue. Celui-ci passera à son tour sous le contrôle des Han un demi-siècle plus tard.


Bibliographie:

(3): Comment s’est peuplé le Siam, ce qu’est aujourd’hui sa population. Alfred Raquez, (publié en 1903 dans le Bulletin du Comité de l’Asie Française). In: Aséanie 1, 1998. pp. 161-181.

Literature (Văn chương)

 

litterature

French version
Vietnamese version

Vietnam possesses an important literature, ancient as well as modern. Because of Chinese influence, the ancient literature was written in Chinese characters. It was only in about 13th century that the « nôm » began to replace the Chinese characters. Although the « nom » remains the expression of the common Vietnamese, it supposes the mastering of classical Chinese penmanship and the Vietnamese pronunciation of Chinese characters.

The Vietnamese literature tried to develop and freed itself from the Chinese model since 15th century, not only in style but also in theme. Nguyễn Trãi is one of the poets the most known by Vietnamese people. We owe him a collection of 254 poems in national language ( Quốc Âm Thi Tập ), whose translation into French language under the direction of P. Schneider is found in the Edition of CNRS, 1978, Paris. Nguyễn Trãi famous was his Bình Ngô Ðại Cáo ( Great Proclamation of The Pacification of The Ngô ). It is one of the most beautiful monuments of the Vietnamese literature.

But the most famous poems remain Chinh phu ngâm of poetess Ðoàn Thị Ðiểm and Kim Vân Kiều of Nguyễn Du ( 1756-1820 ). The latter composed during his retirement a novel composed of 3254 verses which symbolises for the majority of Vietnamese the heart and soul of the nation .

Everyone of Vietnamese knows it or many parts of it by heart. It is important to note that this masterpiece of the Vietnamese literature is also one of the masterpieces of world literature.

It is a poignant love story adapted from a Chinese novel, depicting an abundance of thoughts on the meaning of life, war, love and above all the purity of the soul inaccessible to bodily taints. The three key characters in this novel are Kim, Vân and Kiều. Separated from Kim by cruel circumstances and after so many years of suffering and humiliation, Kiều was rescued from suicide by fishermen who fished her from the river where she had wanted to drown herself. Following is an excerpt of this novel that describes the reunion of Kim and Kieu at the temple where she had spent her peaceful days.

In the joy of their reunion, they are moved by thought of their love of days before,
From the time their youth blossomed, tender like a lotus, delicious like a peach,
Fifteen years have gone by and now the dream has come true.

The detachment from the Chinese models has been accelerated by the development of the « quốc ngữ » ( Vietnamese writing in Roman alphabet ) favored by the colonization. In 1932, motivated by Nguyễn Tường Tam also known as Nhat Linh, writing club Tự Lực Văn Ðoàn was founded. This movement endeavored itself to the creation of a national literature starting from traditional bases and the most acceptable foreign influences. It relied on a review called Ngày Nay whose editors team was made of known writers such as Khái Hưng, Thạch Lam, Thế Lữ etc.

The Vietnamese literature written in French began with Phạm Quỳnh through articles of reflection on Vietnamese culture and the difficulty of dialogue between eastern and western cultures. Phạm Duy Khiêm published legends and an autobiographic novel. Phạm Văn Ky elicited in a profound manner the dialogue of the East and the West in his romanesque works ( Blood Brothers, 1947; Those Who Will Reign, 1954 etc.). While historical evolution and mostly the war seemed to drain that literature, the arrival in France of several refugees has revived a literature of witnessing ( Kim Lefèvre ) and also one in search of identity.

 

Nguyễn Trãi (Version anglaise)

French version

Vietnamese version

I would like to give to this great Vietnamese politician a great homage by slightly modifying the two verses he composed in his poem « Improvisation » translated into French by Nguyễn Khắc Viện in Anthology of the Vietnamese Literature:

A thousand Autumns have passed, water keeps its face
A thousand generations have watched the moon similar to itself;

by my two following verses:

A thousand Autumns have passed, Vietnam keeps its independence
A thousand generations have venerated Nguyễn Trãi similar to himself.

© Đặng Anh Tuấn


One can sum up the life of this great politician by means of verse 3248 of the Vietnamese literature great classical of Nguyễn Du in 18th century:

Chữ Tài liền với chữ Tai một vần
The word Tài (Talent) rhymes perfectly with the word Tai ( Misfortune ).

to evoke not only his incredible talent but also his tragic end regretted by so many Vietnamese generations. Facing the brutal force that represented emperor Chenzu of the Ming ( Minh Thánh Tổ ) under the command of Tchang Fou ( Trương Phụ ) during his invasion of Đại Việt ( ancient name of Vietnam) in the ninth month of the year Binh Tuất (1406), Nguyễn Trãi knew how to give what Lao Tseu had said in the Book of Life and Virtue:
 

Nothing is more supple and soft in the world than water
However to attack what is hard and strong
Nothing surpass it and nobody can match it.
That the weak surpasses the strong
That the supple surpasses the hard
Everyone knows.
But nobody put this knowledge into practice
 

a tremendous conceptualization and elaborated an ingenious strategy allowing the Vietnamese, weak in number to come out victorious during that confrontation and regain their national independence after 10 years of struggle. With the landowner Lê Lợi, known later as Lê Thái Tổ and 16 comrades-in-arms tied by a pledge at Lung Nhai (1406 ), and 2000 peasants at mount Lam Sơn in the mountainous region West of Thanh Hoá, Nguyễn Trãi arrived at turning the insurrection into a war of liberation and converting a band of ill-armed peasants into a people’s army of 200,000 men strong a few years later.

The strategy known as « guerilla » was shown very effective because Nguyen Trai was successful in putting into practice the doctrine advocated by the Chinese Clausewitz, Sun Zi (Tôn Tữ) in the Spring and Autumn ( Xuân Thu ) era, based on the following variables: Virtue, Time, Land , Leadership, and Discipline in the conduct of the war. Nguyễn Trãi had an opportunity to say he preferred winning the heart of the people to citadels . When there is harmony between the leaders and the people, the latter will accept to fight until their last breath. The cause will be heard and won because Heaven takes side with the people, which Confucius had the opportunity to recall in his Canonical Books: 

Thiên căng vụ dân, dân chi sở dục, thiên tất tòng chí
Trời thương dân, dân muốn điều gì Trời cũng theo
Heaven loves people so much it grants what people ask for.

One can say that with Nguyễn Trai, the humanist inclination of Confucian doctrine has taken its full development. To make sure of the support and adhesion of the people in his war for independence, he did not hesitate to take advantage of his people’s superstition and credulity. He asked his close relations to climb up trees and use toothpicks and honey to carve the following sentence on the leaves. 

Lê Lợi vì dân, Nguyễn Trãi vì thân
Lê Lợi for the people, Nguyễn Trãi for Lê Lợi 

This attracted ants to eat the honey leaving the message marked on the leaves which were blown off by the wind into streams and other bodies of water. When people picked up the leaves as such, they believed that the message came from the will of Heaven and massively joined he war of liberation.

Humanist by conviction, he always thought not only of the sufferings of his people but also that of his enemies. He had the opportunity to emphasize in his letter to Chinese General Wang Toung ( Vương Thông ) that the duty of a commander is to dare make a decision, undo hatred, save human lives and cover the world with good deeds in order to bequeath a great name to posterity ( Quân Trung Từ Mệnh Tập ). He let defeated Chinese generals Wang Toung ( Vương Thông ), Mã Anh, Fang Chen ( Phương Chính ) go back to their country with 13000 captured soldiers, 500 junks and thousands of horses. Concerned about peace and the happiness of his people, in his masterpiece « Proclamation of the Ngô Pacification » ( Bình Ngô Ðại Cáo ) that he wrote after winning the war and driving the Chinese army out of Vietnam, he recalled that it was the time to act with wisdom for the safety of the people.

To make China not to feel humiliated by the bitter defeat and to restore above all a long lasting peace and happiness for his people, he proposed China a vassal pact with a tribute of two real-sized statues in fine metal every three years ( Ðại thần kim nhân ) in compensation for the two Chinese generals Liou Cheng ( Liễu Thăng ) and Leang Minh ( Lương Minh ) who died in combat.

In the first years of the struggle, Nguyễn Trãi knew biting and bleeding defeats many times (the death of Lê Lai, Ðinh Lễ etc… ), which forced him to take refuge at Chi Linh three times with Lê Lợi and his partisans. Despite of that, he never felt discouraged because he knew that the people fully supported him. He often compare the people with the ocean. Nguyễn Trãi had the opportunity to tell his close relations:

Dân như nước có thể chở mà có thể lật thuyền.
The people is like water which can move and sink the ship.

The remark made by his father Nguyễn Phi Khanh, captured and brought to China with other educated Vietnamese including Nguyễn An, the future builder of the forbidden Citadel in Peking, during their separation moment at the Sino-Vietnamese border, continued to be vivid in his mind and made him ever more determined in his unwavering conviction for the his just cause: 

Hữu qui phục Quốc thù, khóc hà vi dã
Hãy trở về mà trả thù cho nước, khóc lóc làm gì
You’d better go back and avenge the country, it doesn’t help crying. 

He spent whole nights in search of a strategy permitting to counter the Chinese army at the zenith of its force and terror. Being updated on the dissensions within the ranks of its adversaries, the difficulty that emperor Xuanzong of the Ming was having at the northern border with the Hungs after the disappearance of Chengzu in 1424 and the damages that the Chinese army suffered during the last military engagements in spite of their territorial success, Nguyễn Trãi did not hesitate to propose a truce to general Ma Ki. The truce was voluntarily accepted by both sides because each side thought they could take advantage of this respite either to consolidate their army in waiting for reinforcements from Kouang Si and Yunnan and a larger scale military engagement ( for the Ming ), or to rebuild an army already suffering important losses of lives and to     change the strategy in the struggle for liberation ( for the Viet ).

Taking advantage of the unfamiliarity of the terrain by the Chinese reinforcing army coming from China, he was fast in his maneuvering putting into work the  » the full and the void  » doctrine advocated by Sun Zi who had said in his work « The Art of War »:

The arm must be similar to water
Since water avoids heights and falls into hollows,
The army avoids the full and attacks the void.

which permitted him to decapitate Liou Cheng and his army in the « void » of Chi Lăng defined by Sun Zi, in the mountainous and quagmire narrow pass near Lang Son. He did not give any respite to Liou Cheng’s successor, Leang Minh to regroup the remainder of his Chinese army by setting a trap around the city of Cần Trạm. Then he took advantage of the success to rout the reinforcing army of the Chinese general ( Mộc Thanh ), which force the latter to drive off and go back alone to Yunnan ( Vân Nam )

Fearing to lose the bulk of his troops in a confrontation and worrying about saving the blood of his people, he chose to implement the policy of isolating big cities such as Nghệ An, Tây Ðô, Đồng Quan ( ancient name of the capital Hànội ) by investing all forts and small cities surrounding them, by incessantly harassing the supply troops and by neutralizing all reinforcing Chinese troops. In order to prevent the eventual return of the invaders and to disorganize their administrative structure, he placed in the liberated cities a new administration led by young and educated recruits. He did not stop sending emissaries to Chinese or Vietnamese governors of these towns to convince them to surrender under penalty of being brought to justice and sentenced to death in case of resistance. This turned out to be fruitful and rewarding because it compelled generalissimo Wang Toung and his lieutenants to surrender unconditionally as he was aware that it was impossible to hang on to Ðồng Quang any longer without reinforcement and supply. It was not only a war of liberation but also a war of nerves that Nguyen Trai has successfully conducted against the Ming.

Independence regained, he was appointed Minister of the Interior and member of the Secret Council. Known for his righteousness, he was fast to become the privileged target of the courtesans of king Lê Thái Tổ who began to take offense at his prestige. Feeling the risk of having the same fate reserved for his comrade in arms Trần Nguyên Hản and imitating the Chinese senior advisor Zhang Liang ( Trương Lương or Trương Tử Phòng ) of Han Emperor Liu Bang ( Lưu Bang or Hán Cao Tổ ), he requested king Lê Lợi to allow him to retire to mount Côn Sơn, a place he had spent his whole youth with his grand father Trần Nguyên Ðán, a former great minister regent of the Tran king, Trần Phế Ðế and the great grand son of general Trần Quang Khải, one of the Vietnamese heroes in the struggle against the Mongols of Kubilai Khan. 

It was here that he wrote a series of composed writings that recalled not only his profound attachment to nature which he made a confidant of, but also his ardent desire to give up honors and glory and to regain serenity. It was also through his poems that one finds in him a profound humanism, an extraordinary simplicity, an exemplary wisdom and an inclination to retreat and solitude. There, he has insisted that a man’s life lasted only one hundred years at the most. Sooner or later one will return to sand and dust. What counts in a man is his dignity and honor such as a blue blanket ( symbol of dignity ) that had been defended energetically by the learned Chinese Vương Hiền Chi of the Tsin dynasty during the intrusion of a burglar to his home, in his poem  » Improvisation on a Summer day » ( Hạ Nhật Mạn Thành ) or his freedom such as that of the two Chinese hermits Sào Phú and Hua Dzo of the Antiquity in his poem  » The Côn Sơn Song » ( Côn Sơn Ca ). 

In spite of his early retirement, he was accused of killing the king a few years later and was tortured in 1442 with all his family members because of the death of he young king Lê Thái Tông, in love with his young concubine Nguyễn Thị Lộ and accompanied by her to the lichee garden. One knows everything except the human heart that stays unfathomable, that was what he said in his poem « Improvisation » ( Mạn Thuật ) but that was what happened to him in spite of his foresight. His memory was restored only a few dozen years later by the great king Lê Thánh Tôn. One can keep in this scholar not only the love he always carried for his people and his country but also the respect he always knew how to keep toward his adversaries and nature. To this talented learned Vietnamese, his memory should be honored by quoting the phrase that Yveline Féray wrote in the foreword of her novel « Ten thousand Springs« : 

The tragedy of Nguyễn Trãi is that of a so great man living in a too little society