Duy Tân (1907-1916)

duytan_empereur

English version

Vietnamese version

Un grand hommage à l’homme ayant consacré toute sa vie pour son pays et pour son peuple. 

Một đời vì nước vì dân
Vĩnh San đứa trẻ không cần ngôi vua
Tù đày tủi nhục khi thua
Tử rồi khí phách ông vua muôn đời

Avec l’accord des autorités vietnamiennes, les cendres de l’empereur Duy Tân enterré jusqu’ici en République Centrafricaine, furent ramenés en grande pompe le 4 Avril 1987 à Huế, la ville des mausolées impériaux de la dynastie des Nguyễn. Cela mit fin un très long et douloureux bannissement qu’avait eu le prince Vĩnh San connu souvent sous le nom « Duy Tân (ou L’Ami des Réformes ) depuis que son projet de soulèvement contre les autorités coloniales eut été découvert le 4 Mai 1916 à cause de la trahison d’un collaborateur Nguyễn Ðình Trứ .

Duy Tân est un personnage hors du commun qu’aucun des derniers empereurs de la dynastie des Nguyễn ne pourrait égaler. On ne peut que regretter sa disparition subite due à un accident d’avion qui a eu lieu à la fin de l’année 1945 lors de son retour de mission au Vietnam. Sa mort continue à alimenter le doute et reste l’un des mystères non élucidés jusqu’à aujourd’hui. On trouva non seulement en lui, à cette époque, la popularité inégalée qu’il a su acquérir auprès de son peuple, la légitimité royale mais aussi une francophilie indéniable, une solution de rechange que le général De Gaulle envisagea de proposer au dernier moment au peuple vietnamien pour contrer le jeune révolutionnaire Hồ Chí Minh en Indochine. S’il était encore en vie, le Vietnam ne connaîtrait pas probablement les dernières décennies néfastes de son histoire et ne serait pas victime de la confrontation Est-Ouest et de la guerre froide. C’est un regret profond que chacun des Vietnamiens ne peut que ressentir en parlant de lui, de sa vie et de son destin. C’est aussi un malheur pour le peuple vietnamien de perdre un grand homme d’état, d’écrire son histoire avec du sang et des larmes durant les dernières décennies.

Son intronisation reste un cas unique dans les Annales de l’histoire du Vietnam. Profitant des agissements suspects anti-français de son père, l’empereur Thành Thái et de la folie déguisée de ce dernier, les autorités coloniales obligèrent celui-ci à abdiquer en 1907 et à s’exiler à la Réunion à l’âge de 28 ans. Elles demandèrent au premier ministre Trương Như Cương d’assumer la régence. Mais ce dernier refusant d’une manière catégorique cette proposition, continuait à demander aux autorités coloniales de respecter strictement l’engagement défini dans le traité de protectorat de Patenôtre (1884) qui a stipulé que le trône revenait à l’un des fils de l’empereur si ce dernier avait cessé de régner (Phụ truyền tử kế).Face à la pression populaire et à la fidélité infaillible de Trương Như Cương à la dynastie des Nguyễn, les autorités coloniales furent obligées de choisir comme empereur, l’un de ses fils. Elles ne cachèrent pas leur intention de choisir celui qui parut docile et sans envergure. Hormis Vĩnh San, tous les autres fils de l’empereur Thành Thái, une vingtaine en tout, furent présentes au moment de la sélection faite à la volée par le résident général Sylvain Levecque. Le nom de Vĩnh San manqua à l’appel, ce qui obligea tout le monde à le chercher partout.

On le trouva enfin sous la poutre d’une charpente avec un visage couvert de boue et trempé de sueur. Il était en train de chasser les grillons. En le voyant dans cet état sordide, Sylvain Levecque ne cacha pas sa satisfaction car il pensa que ce serait sot pour quelqu’un de choisir le jour d’intronisation pour aller chasser les grillons. Il décida de le désigner, sur les recommandations de son proche collaborateur M. J. E. Charles, comme l’empereur d’Annam car il trouva en face de lui un enfant de sept ans timide, réservé, n’ayant aucune ambition politique et ne pensant qu’à s’adonner aux jeux comme les jeunes enfants de son âge. C’était un jugement erroné rejoignant ainsi l’observation constatée par un journaliste français de cette époque dans son journal local:

Un jour de trône a complètement changé la figure d’un enfant de 8 ans.

On s’aperçut quelques années plus tard que ce journaliste a eu raison car Duy Tân a consacré toute sa vie pour son peuple et pour son pays jusqu’au dernier souffle de sa vie.  Au moment de son intronisation, il n’avait que 7 ans. Pour lui accorder la stature d’un empereur, on fut obligé de lui accorder un an de plus. C’est pourquoi dans les Annales de l’histoire du Vietnam, il fut intronisé à l’âge de huit ans. Pour parer à cette désignation erronée, les autorités coloniales mirent en place un conseil de régence constitué des personnalités vietnamiennes proches du résident général Sylvain Levecque (Tôn Thất Hân, Nguyễn Hữu Bài, Huỳnh Côn, Miên Lịch, Lê Trinh et Cao Xuân Dục) pour assister l’empereur dans la gestion du pays et demandèrent à Eberhard, le beau-père de Charles d’être le précepteur de Duy Tân. C’était une façon de surveiller de tout près toutes les activités de ce jeune homme.

Trần Cao Vân

Malgré cela, Duy Tân réussit à s’échapper du réseau de surveillance mis en place par les autorités coloniales. Il fut l’un des partisans farouches de la révision des accords de Patenôtre (1884). Il fut l’artisan de plusieurs réformes: diminution des impôts et des corvées, suppression des protocoles de la cour ayant trait au gaspillage, réduction de son salaire etc.. Il protesta énergiquement contre la profanation de la tombe de l’empereur Tự Ðức par le résident général Mahé dans la recherche de l’or, auprès du gouverneur d’Indochine Albert Sarraut. Il réclama un droit de regard sur la gestion du pays, ce qui marqua le prélude des dissensions qui apparurent de plus en plus visibles entre lui et le résident supérieur français. Il fomenta le 4 Mai 1916, avec Trần Cao Vân et Thái Phiên, une rébellion qui fut découverte et matée à cause de la traîtrise de l’un de ses collaborateurs. Malgré sa capture et malgré les conseils flatteurs du gouverneur de l’Indochine lui demandant de réexaminer son comportement et sa conduite, il continuait à rester impassible et à dire:

Si vous m’obligiez de rester l’empereur d’Annam, il faut me considérer comme un empereur adulte. Je n’ai besoin ni d’un conseil de régence ni de vos conseils. Je dois traiter les affaires sur le même pied d’égalité avec tous les pays étrangers y comprise la France.

Face à sa conviction inébranlable, les autorités coloniales furent obligées de charger le ministre de l’enseignement de cette époque, le beau-père du futur empereur Khải Ðịnh, Hồ Ðắc Trung d’intenter un procès contre sa trahison envers la France. Pour ne pas compromettre Duy Tân, les deux vieux collaborateurs Trần Cao Vân et Thái Phiên, firent connaître à Hồ Ðắc Trung leur intention d’accepter volontairement le verdict à condition que l’empereur Duy Tân fût sauvé de sa peine capitale. Ils ne cessaient pas de répéter:

Le ciel est encore là. La terre et la dynastie le sont aussi. Nous souhaitons une longue vie à l’empereur.

 

 

Fidèle à la dynastie des Nguyên, Hồ Ðắc Trung ne condamna que l’empereur à l’exil en justifiant le fait que l’empereur était encore mineur et que la responsabilité du complot revenait à ses deux vieux collaborateurs Trân Cao Vân et Thái Phiên.  Ceux-ci furent guillotinés à An Hoà. Quant à l’empereur Duy Tân, il fut condamné à s’exiler à la Réunion le 3 Novembre 1916 à bord du paquebot Avardiana. La veille de son départ, le représentant du résident général lui rendit visite et lui demanda:

Sir, si vous avez besoin de l’argent, vous pouvez le prendre dans la caisse d’état.

Duy Tân répondit sur un ton très poli:

L’argent que vous trouvez dans la caisse est destiné à aider le roi à gouverner le pays mais il ne m’appartient pas en aucun cas surtout à un prisonnier politique.

Pour distraire le roi, le représentant n’hésita pas à lui rappeler qu’il était possible de choisir les livres préférés de sa bibliothèque et de les emmener avec lui durant son exil car il savait que le roi aimait lire beaucoup. Celui-ci acquiesça à cette proposition et lui répondit:

J’aime bien la lecture. Si vous avez l’occasion de prendre les livres pour moi, n’oubliez pas de prendre l’intégralité de tous les volumes de l’Histoire de la Révolution Française de Michelet. 

Duy_Tan

Son exil marqua non seulement la fin de la résistance impériale et de la lutte monopolisée et animée jusqu’alors par les lettrés pour la défense de l’ordre confucéen et de l’état impérial mais aussi le début d’un mouvement national et l’émergence du nationalisme d’État mis en grand jour par le grand lettré patriote Phan Bội Châu. C’était aussi une occasion perdue pour la France de ne pas savoir prendre l’initiative de donner sa liberté au Vietnam en la personne de Duy Tân, un francophile de première heure.

Son destin est  celui du peuple vietnamien. Depuis un certain temps toutes les rues portant son nom dans les grandes villes ( Hànôi, Huế, Sàigon ) du Vietnam n’existent plus mais on ne peut pas effacer à jamais son nom chéri dans le cœur de son peuple et dans notre mémoire collective. Il n’est jamais le rival de personne mais il est toujours par contre

 le dernier grand empereur
du Vietnam.

À ce titre, je lui dédie mes quatre vers en six-huit:

Toute sa vie est  consacrée pour son pays et pour son peuple
Duy Tân est l’enfant qui ne s’attache jamais au trône
Il ne connait que l’exil et l’humiliation après l’échec de son soulèvement
Sa grandeur d’âme continue  à perpétuité au delà de sa mort.

Thành Thái (1879-1954)

Vietnamese version

English version

Thành Thái 

Sa folie pour l’amour de son pays et de son peuple.

En hommage à l’homme ayant consacré toute sa vie pour son pays et pour son peuple à travers mes quatre vers en Six-huit:

Ta điên vì nước vì dân
Ta nào câm điếc một lần lên ngôi
Trăm ngàn tủi nhục thế thôi
Lưu đày thể xác than ôi cũng đành

Je suis fou pour l’amour de mon pays et de mon peuple
Je ne peux pas rester muet et sourd, une fois sur le trône
J’accepte d’avoir pitié de moi-même et de me sentir humilié ainsi
Je ne me plains pas de laisser mon corps languir avec tant d’années d’exil.

Avant de devenir l’empereur Thành Thái, il fut connu sous le nom Bửu Lân. Il était le fils de l’empereur Dục Ðức qui avait été assassiné ignoblement par les deux mandarins confucianistes Tôn Thất Thuyết et Nguyễn Văn Tường et le petit-fils du mandarin Phan Ðinh Bình. Comme ce dernier s’opposa maladroitement à l’intronisation de l’empereur Ðồng Khánh par les autorités coloniales, Ðồng Khánh ne tarda pas à se venger en éliminant lâchement ce vieux mandarin et en mettant en résidence surveillée Bửu Lân et sa mère au palais Trần Võ dans l’enceinte de la cité pourpre pour éviter tous les germes de la révolte. C’est pour cela qu’à la mort de Ðồng Khánh et à l’annonce du choix de son fils comme successeur par les autorités coloniales, la mère de Bửu Lân fut surprise et fondît en larmes car elle était toujours obsédée par l’idée que son fils connaîtrait probablement le même sort que son mari, l’empereur Dục Dức et son père, le mandarin Phan Ðình Bình. Si Bửu Lân fut préféré à la place des autres princes, cela revint incontestablement à l’ingéniosité de Diệp Văn Cương, l’amant présumé de sa tante, la princesse Công Nữ Thiện Niệm car Diệp Văn Cương était le secrétaire particulier du résidant général Rheinart, chargé par ce dernier de mener les transactions auprès de la Cour impériale en vue de trouver un compromis sur la personne à choisir pour succéder à l’empereur Ðồng Khánh. 

Il devint involontairement ainsi notre nouvel empereur connu sous le nom Thành Thái. Il ne tarda pas à se rendre compte que son pouvoir était très limité, que le traité de Patenôtre n’était jamais respecté et qu’il n’avait aucun droit de regard sur la conduite et l’avenir de son pays. Contrairement à son prédécesseur Ðồng Khánh, proche des autorités coloniales, il tenta de mener une résistance passive en contrecarrant d’une manière systématique la politique de ces dernières par ses propos provocants et  ses gestes inamicaux. On nota sa première altercation virulente avec le résident général Alexis Auvergne au moment de l’inauguration du nouveau pont enjambant la Rivière des Parfums. Fier de la prouesse technique et sûr de la solidité du pont, Alexis Auvergne n’hésita pas à dire à Thành Thái avec son  ton arrogant:

Quand vous aurez vu ce pont s’écrouler, votre pays sera indépendant.

Pour montrer l’importance que les autorités coloniales ont donnée à ce nouveau pont, elles lui octroyèrent un nouveau nom « Thành Thái ». Cela rendit l’empereur furieux car en prenant le prétexte que tout le monde put piétiner sur sa tête par le passage de ce pont, il interdît à ses sujets de l’appeler avec le nouveau nom et les incita se servir de l’ancien nom  « Tràng Tiền« .


Pont Tràng Tiền

Quelques années plus tard, lors du passage d’une tempête violente, le pont s’écroula. Thành Thái ne tarda pas à rappeler à Alexis Auvergne ce qu’il lui avait dit avec son humour noir. Alexis Auvergne rougit de honte et fut obligé de déguerpir devant ces propos gênants. La mésentente avec les autorités s’amplifiait de jour en jour avec le remplacement de l’ancien résident général par Sylvain Levecque. Celui-ci ne tarda pas mettre en place son réseau de surveillance étroite depuis qu’il avait appris que Thành Thái continuait à se rapprocher de son peuple par le biais de ses réformes et de ses déguisements en civil dans les villages. C’est le premier empereur du Vietnam prenant l’initiative de se faire couper les cheveux et s’habiller à l’européenne, ce qui étonna tant de ses mandarins et de ses sujets lors de sa première apparition publique. Mais c’est aussi le premier empereur qui incita à ses sujets à suivre l’enseignement français. Il fut l’artisan de plusieurs réalisations architecturales (marché Đông Ba, lycée d’élite Huế, pont Tràng Tiền etc.). Il est aussi le premier empereur de la dynastie des Nguyễn qui s’intéresse énormément à la vie quotidienne de ses sujets et connait leurs difficultés journalières. On rapporta que lors de l’une de ses excursions escortées, il rencontra sur son passage un pauvre gens qui était en train de porter un fardeau pesant de bambous  Son garde du corps eut l’intention de dégager le passage mais il l’empêcha de le faire en lui disant:

On n’est ni citoyen ni empereur comme il le faut dans ce pays. Pourquoi doit-on le chasser? Lors de ses excursions, il était habitué à s’asseoir entouré souvent  par des villageois sur une natte  et à discuter avec eux sur toutes les questions posées. C’est par l’une de ses excursions qu’il ramena à la Cité pourpre une jeune rameuse acceptant de l’épouser et devenant ainsi sa concubine. Il était très connu pour exceller dans le battement de tambour.

C’est pourquoi il n’hésita pas à faire venir dans la cité pourpre tous les meilleurs batteurs de tambour du pays, leur demander de jouer au tambour devant sa cour et les récompenser énormément selon leur mérite. On rapporta qu’un beau jour, il rencontra un batteur de tambour ayant l’habitude de secouer sa tête au moment où il jouait au tambour. En voulant l’aider à corriger cette manie inesthétique, il lui dit avec plaisanterie:

Si tu continues à jouer encore de cette manière, je suis obligé d’emprunter ta tête.

Dès lors, le batteur de tambour, se souciant incessamment de la prochaine convocation, fut accaparé par ses angoisses et mourut d’une crise cardiaque. En apprenant un beau jour, le décès de ce batteur de tambour, Thành Thái fut pris de remords, convoqua sa famille et donna à cette dernière une grande somme d’argent pour subvenir à ses besoins quotidiens.

Sa manière de plaisanter, ses déguisements fréquents, son comportement quelquefois étrange et incompréhensible par les autorités coloniales, donnaient à ces dernières l’opportunité de le taxer de folie.

Semblable à Sun Bin (Tôn Tẩn ) qui vivait au premier siècle de la période des Royaumes Combattants en Chine et qui, grâce à sa folie déguisée, réussît à s’échapper de son ami ingrat Pang Juan ( Bàng Quyên ) et à défaire le royaume de Wei ( Nước Ngụy ) quelques années plus tard, Thành Thái, au lieu de se défendre contre cette calomnie intentionnelle, pensa aussi que la folie était le moyen le plus efficace pour se mettre à l’abri et pour contrarier la politique des autorités coloniales par ses actes insensé. Cela lui permit d’agir dans la coulisse par le recrutement d’une armée de jeunes filles dont le rôle ne fut jamais éclairci et par l’attente du moment propice à l’insurrection populaire. Mais il n’eut jamais le temps de réaliser son ambition car avec le consentement du premier ministre de cette époque, Trương Như Cương, les autorités coloniales profitèrent de sa folie déguisée pour l’obliger à abdiquer et comptèrent sur ce ministre pour mettre en place la régence sous leur direction. Devant le refus catégorique de Trương Như Cường, sa fidélité infaillible envers la dynastie des Nguyễn et sa réclamation de respecter strictement le traité de Patenôtre, les autorités coloniales furent obligées de choisir l’un des fils de Thành Thái comme successeur , le prince Vĩnh San connu plus tard sous le nom Duy Tân.

Quant à Thành Thái, il fut déporté d’abord à Vũng Tàu (ancien cap St Jacques) à l’automne de l’année 1907 puis plus tard à l’île de la Réunion avec son fils, l’empereur Duy Tân en 1916. Il lui fut permis de retourner seulement au Vietnam en 1945 après la mort de Duy Tân et de rester retenu dans le Sud Vietnam à Vũng Tàu durant les dernières années de sa vie.

Est-il possible de le taxer de folie lorsqu’on sait qu’à travers son poème intitulé « Hoài Cổ (Retour vers le passé) , Thành Thái était tellement lucide et n’arrêtait pas de gémir de douleur devant la situation alarmante de son pays? D’autres huitains de vers de sept pieds que nous connaissons tels que «  La tempête de l’année du Dragon en 1904 ( Vịnh Trận Bão năm Thìn ) » ou « Profession de foi ( Cảm Hoài ) » montrent non seulement la maîtrise parfaite de Thành Thái dans l’application stricte des règles prosodiques et difficiles de la poésie vietnamienne mais aussi la fierté d’un empereur patriote. Malgré l’exil forcé durant presque un demi-siècle ( 1907-1954 ) par les autorités coloniales, il continuait à afficher sa conviction inébranlable dans la libération de son pays et de son peuple. On sent déjà qu’à travers lui se forgent sur cette terre des légendes les instruments de la future révolte.

Pour lui, sa maladie incurable n’avait que le but de vouloir réaliser son grand dessein, de vouloir rendre à son peuple la dignité tant attendue depuis si longtemps et de vouloir montrer à la postérité le sacrifice et le prix que même celui qui était considéré jusqu’alors comme une personne aliénée par les autorités coloniales devait payer pour ce pays ( 47 ans d’exil ). Il ne pourrait pas se relever de cette « maladie » dans le contexte politique de cette époque.


Jusqu’à nos jours, aucun document historique ne nous prouve la démence de Thành Thái mais il nous révèle plutôt la folie d’un grand empereur pour l’amour de son pays et de son peuple, l’affliction sempiternelle d’un grand patriote face au destin de son pays.


[Return DYNASTY]

Gia Long (Fondateur de la dynastie des Nguyễn)

Gia Long

English version
Version vietnamienne
Galerie des photos

Gia Long est le titre impérial que prit en 1802 le prince Nguyễn Phúc Ánh pour son règne  lors de l’unification de l’empire du Vietnam qui s’étendait de la frontière de Lạng Sơn jusqu’à la pointe de Cà Mau sur le golfe de Siam. Gia Long résulte de la combinaison de deux mots suivants: Gia et Long (Gia étant un mot extrait du nom Gia Định, l’ancienne ville Saïgòn et Long celui du nom Thăng Long, l’ancienne capitale Hanoï).  Durant les 25 années de combats contre les Tây Sơn, il parcourut toute la Cochinchine. Il connut parfaitement tous les recoins du delta du Mékong. Le prince Nguyễn Ánh était tellement attaché à des gens du Sud et en particulier à la ville Saïgon qu’il fut connu à l’époque sous le nom « Général Gia Định ».

Avant l’unification du Vietnam (1801), le dernier survivant des Nguyễn fut traqué à maintes reprises par les Tây Sơn (ou les Paysans de l’Ouest) de Nguyễn Huệ. Il dût la vie sauve à un missionnaire français Pierre Joseph Pigneaux de Béhaine qui partagea avec lui sa nourriture apportée par son homme de confiance, P. Paul Nghi et qui n’hésita à organiser sa fuite dans la principauté de Mang Khảm de Mạc Thiên Tứ, le fils de son allié Mạc Cửu (région Hà Tiên) après que le seigneur Nguyễn Huệ Vương fut assassiné par les Tây Sơn, ce qu’a raconté l’anglais John Barrow dans son livre « Voyage à la Cochinchine » en 1793.

Pierre Joseph Pigneaux de Béhaine (Bá Đa Lộc)

La vie de galère qu’il connut durant les années de vicissitudes donnait l’occasion à ses partisans d’interpréter plus tard ses exploits et ses périls qu’il réussît à surmonter comme des signes de volonté du Ciel de vouloir l’aider à reconquérir le trône. La grotte des pièces de monnaie (Hang Tiên) dans la région Hà Tiên, accessible aujourd’hui par le bateau, évoque le souvenir du jeune prince Nguyễn Ánh se réfugiant avec ses troupes dans l’attente des renforts français. On y découvre des pièces de monnaie laissées par les corsaires. Des dictons vietnamiens sont nés avec ses exploits. On a l’habitude de dire en vietnamien :

Kỳ đà cản mũi
Le varan est devant la proue du bateau.

pour signifier qu’on est empêché d’agir ou d’accomplir une tâche à cause de l’obstruction de quelqu’un. Grâce à la présence d’un varan empêchant  l’accès à la mer de sa jonque, cela lui permet d’être sauvé de justesse car ses ennemis l’y attendent avec impatience. Une autre fois dans la région de Hà Tiên, sa jonque fut gênée par la présence des serpents. Il fut obligé de donner l’ordre à ses subordonnés de ramer plus vite pour ne pas être poursuivi par ces serpents. Cela lui permet d’atteindre l’île de Phú Quốc plus tôt et d’éviter le piège tendu par ses adversaires. C’est pourquoi on aime à dire en vietnamien:
« Gặp rắn thì đi, gặp qui thì về« 
pour dire qu’il est possible de partir lorsqu’on rencontre les serpents et qu’il vaut mieux rentrer lorsqu’on rencontre les tortues.

À travers ces récits historiques, on constate que Nguyễn Ánh est chanceux durant ses années de combats contre les Tây Sơn. Une fois, il fut poursuivi par ses ennemis. Il fut obligé de traverser le fleuve à la nage. Il se rendit compte que le fleuve était infesté de crocodiles. Il dut recourir au buffle qui pataugeait au bord du fleuve pour entreprendre la traversée. Même le sauvetage périlleux de sa jonque engloutie par les vagues, par le jeune intrépide Lê Văn Duyệt (15 ans ) devenu plus tard son général talentueux, dans une nuit orageuse était l’objet d’une prophétie entretenue depuis tant d’années par les gens du village Long Hưng Tây avant que l’événement eût lieu.

En dépit de ces faits ayant trait à légitimer par la protection divine, la lutte  menée par  Nguyễn Ánh, il n’est pas juste d’ignorer les qualités en ce personnage hors du commun. Il n’avait pas le génie de stratégie de son adversaire, le général Nguyễn Huệ mais il avait une patience incommensurable qu’on ne pouvait comparer qu’à celle du prince des Yue du Nord Gou Jian (ou Cẩu Tiễn en vietnamien) à la période des Printemps et des Automnes (476 avant J.C.) (thời Xuân Thu). Ce dernier  n’hésita pas à attendre de longues années pour se préparer à la revanche contre le souverain Fu Chai (Phù Sai ) de l’état Wu (Nước Ngô của Ngủ Tử Tư ). Il avait le don de recruter comme subordonnés des gens valeureux (Võ Tánh, Lê Văn Duyệt , Nguyễn văn Thành etc.) et accordait à l’amitié une signification particulière durant son règne, ce qu’on a constaté envers le missionnaire français Pigneaux de Béhaine ou envers ses lieutenants français Jean-Baptiste Chaigneau ( Nguyẽn Văn Thắng), Philippe Vannier, Olivier Puymanel ou envers le souverain siamois Rama I (ou Chakkri).

En reconnaissance de la dette que Nguyễn Ánh a laissée à ce dernier de repartir sain et sauf avec son armée pour sauver sa famille emprisonnée, Chakkri n’hésita pas à offrir de l’hospitalité de longues années au prince Nguyễn Ánh et à sa suite lorsqu’il fut obligé de se réfugier à Bangkok après ses défaites cinglantes contre les Tây Sơn à Mỹ Tho en 1785. Ce pacte d’amitié  était né lors d’un affrontement militaire sur la terre cambodgienne entre son lieutenant Nguyễn Hữu Thùy et Chakkri qui fut encore à cette époque un général envoyé par le souverain siamois Taksim (Trịnh Quốc Anh). 

Devant le volte-face de ce dernier d’emprisonner sa famille, Chakkri fut obligé de se pactiser avec Nguyễn Ánh et retourner à Bangkok pour renverser Taksim. C’est aussi pour cette dette et pour seconder Nguyễn Ánh de recouvrer le trône que Chakkri envoya une armée de 50.000 hommes qui fut décimée complètement en 1785 par le roi stratège Nguyễn Huệ et sa troupe dans l’Ouest du Mékong (Mỹ Tho).

Nguyễn Ánh était un homme courageux et téméraire. Avec lui, on avait l’impression qu’aucune personne du Sud n’osait s’opposer à lui. Pour acquitter sa dette à l’égard de sa famille assassinée par les Tây Sơn, il restait imperturbable devant les supplices réservées à ses adversaires. Les ennemis vaincus furent mis à mort par des tortures épouvantables. Les hommes furent écartelés par des éléphants et les femmes et les enfants furent piétinés par des éléphants. Leurs corps furent jetés en pâture aux corbeaux. C’est le sort réservé à la femme général Bùi Thị Xuân, au fils de l’empereur Nguyễn Huệ, le roi Nguyễn Quang Toản etc…

Pour des raisons politiques, il n’hésita pas tuer les gens  l’ayant servi avec dévouement lorsqu’il était encore un jeune prince traqué par les Tây Sơn. C’est le cas de Nguyễn Văn Thành, Ðặng Trần Thường. C’est pour cette raison qu’on le compare souvent à Liu Bang (Lưu Bang), l’empereur fondateur des Han ayant réservé le même traitement à l’égard de ses anciens compagnons de route. Malgré cela, on s’aperçoit qu’il était aussi un homme de cœur. Il ne tarda pas à rendre un grand hommage à son compagnon de route Nguyễn Văn Thành qu’il a obligé de se suicider pour une insinuation calomnieuse et à larmoyer devant l’autel érigé en l’honneur de ce dernier. Il donna l’ordre de libérer sa famille et restitua à celle-ci tous les biens et les titres confisqués. On trouve aussi son attachement profond à la vie de ses subordonnés à travers le message qu’il avait adressé à son beau-frère, le général Võ Tánh chargé de défendre Qui Nhơn ou à Pigneaux de Béhaine, son père spirituel et son conseiller militaire à travers la cérémonie organisée à la mort de ce dernier, ce que rapporta le père Lelabrousse aux Missions Étrangères, le 24 Avril 1800.

Il était aussi un guerrier séducteur. Son égard envers la reine Ngọc Bích, la jeune femme de son adversaire, le jeune roi Canh Thình (fils du roi Quang Trung) fut exemplaire. Celle-ci s’écria lorsqu’elle aperçut un homme fort majestueux se tenant debout devant elle:
-Général Gia Ðịnh, que voulez-vous de moi?
Celui-ci sourit et lui répondit avec gentillesse:
-N’ayez pas peur et ne pleurez plus, s’il vous plaît. Le général Gia Ðịnh sera plus doux que celui des Tây Sơn. Cette résidence restera la même pour vous en dépit du changement du propriétaire.

Comme sa gentillesse était si grande et sa volonté de conquérir le cœur de la reine était si forte que celle-ci ne pouvait pas résister longtemps. Elle devenait ainsi sa concubine du premier rang et avait avec lui deux garçons. Elle s’était mariée en deux fois avec deux rois (Canh Thình et Gia Long) et était la dernière fille du roi des Lê. C’est pour cela deux adversaires irréductibles Nguyễn Huệ et Gia Long devinrent ainsi des « beaux – frères » car Nguyễn Huệ était l’époux de la princesse poète Ngọc Hân et Gia Long, celui de la princesse Ngọc Bích. C’est aussi pour cette dernière que est né ce dicton vietnamien:

Số đâu mà số lạ lùng
Con vua mà lấy hai chồng làm vua
Le sort est tellement bizarre
La fille du roi est mariée en deux fois avec deux rois.

En dépit de sa réputation d’être un guerrier endurci par les années de guerre et de vicissitudes, il était aussi vulnérable comme un homme ordinaire. Il lui arrivait un grand nombre de soucis qu’il ne cachait pas à révéler à son confident, le Français Jean-Baptiste Chaigneau:
Gouverner le pays est plus facile que diriger le harem.
C’est ce que révélait Michel, le fils de J. B. Chaigneau dans le journal « Le moniteur de la Flotte » en 1858.

Malgré le traité paraphé à Versailles en 1787 par les Comtes De Vergennes et De Montmorin pour le roi Louis XVI et par son fils Nguyễn Phúc Cảnh assisté de l’évêque d’Adran, Pigneaux de Béhaine, la collaboration d’un grand nombre des subordonnés français dans ses rangs et son intérêt porté pour les sciences et les techniques de l’Occident, il continuait à adopter une politique très ambiguë envers les Européens, en particulier envers les missionnaires. Cette attitude bienveillante était-elle due à l’amitié qu’il tentait d’honorer envers son ami Pigneaux de Béhaine ou à son esprit d’ouverture comme Kang Xi en Chine dans le but de mieux utiliser les compétences des missionnaires catholiques?

Prince Nguyễn Phúc Cảnh

On continue à se poser des questions jusqu’à nos jours. Pourtant on sait qu’à travers la construction de la Cité pourpre, le maintien du système des mandarins, la réforme du code des Lê basé essentiellement  sur celui des Qing en Chine, il apparut plus que jamais comme un admirateur de la dynastie des Ming et des Qing, un confucianiste convaincu et un empereur plus rétrograde. Il entama au cours de ses dernières années une politique de repli en choisissant comme successeur, le prince Nguyễn Phúc Ðảm soutenu par la plupart des mandarins confucianistes à la place des enfants du prince Cảnh décédé à cause d’une maladie. Ce prince connu sous le nom de règne Minh Mạng n’hésita pas à faire mourir les enfants et la femme du prince Cảnh (Mỹ Ðường) et laissa une opportunité aux Européens, en particulier au gouvernement français d’intervenir militairement en menant une politique délibérément anti-occidentale et anti-catholique et renoua ainsi une politique d’alignement sur les lignes directrices de la politique chinoise. Nguyễn Ánh pourrait devenir un grand empereur à l’image d’un « Meiji  » japonais lorsqu’il avait l’avantage d’être entouré par un grand nombre de français y compris son médecin particulier (un certain Despiaux) et il avait un esprit très ouvert aux techniques et aux sciences de l’Occident.

C’est un grand dommage pour le Vietnam de perdre une occasion d’entrer dans l’ère de modernisation. C’est aussi un malheur pour le peuple vietnamien d’écrire plus tard son histoire avec du sang et des larmes. Il ne mérite pas d’être oublié dans notre histoire car il réussît à agrandir notre territoire et à unifier le pays sous sa bannière. Mais il n’est pas non plus un grand empereur du Vietnam car la grandeur ne se mesure pas non seulement par l’agrandissement du Vietnam mais aussi par les bienfaits qu’il apporte au peuple vietnamien et par la magnanimité envers ses adversaires.

C’est navrant de le dire ainsi car Nguyễn Ánh avec les qualités qu’il nous a montrées durant ses 25 années de vicissitudes pourrait faire encore mieux pour son pays et pour son peuple plus que tout autre roi du Vietnam (y compris le roi Quang Trung).

Tử Cấm Thành  (Cité interdite de Huế)

[Return DYNASTIE]

Langue (Ngữ)


mecon

Ngữ

English version

Vietnamese version

À cause de l’influence chinoise durant 1000 ans, la langue vietnamienne s’est appropriée un grand nombre de mots chinois. Le vietnamien est une langue monosyllabique tonale. Un syllabe peut se prononcer sur six tons distincts et constitue pour chacun un sens différent. Cela crée une difficulté énorme pour un débutant. De plus, à l’écrit, ces tons sont indiqués par des accents diacritiques, ce qui confère au vietnamien une grande musicalité. L’exemple de la syllabe suivant ma apporte une signification différente selon son accentuation. (ma: fantôme, má: maman, mã: cheval, mạ: semis, mà : où etc.). Si la même langue est parlée partout, il y a quand même une différence d’accent énorme entre le Nord, le Centre et le Sud.

Jusqu’en 1648, la langue vietnamienne écrite fut dominée par l’utilisation massive des caractères chinois (ou chữ nho). Le vietnamien fut phonétiquement romanisé par le jésuite français Alexandre de Rhodes qui publia, en 1651, le premier et célèbre Dictionnaire vietnamien, portugais et latin en quốc ngữ. Cette transcription alphabétique fut employée d’abord par l’Eglise catholique et devint obligatoire seulement en 1906 dans l’enseignement secondaire. En 1919, elle devint l’écriture nationale. C’est le seul pays du Sud-est asiatique qui possède une écriture romanisée malgré une influence chinoise omniprésente.

English version

Because the Chinese influence for 1000 years, the Vietnamese language has adopted a large number of Chinese words. Vietnamese is a monosyllabic tonal language. A syllable can be pronounced in six distinct tones, each of which has a different meaning. This creates a huge challenge for a beginner. Furthermore, in writing, these tones are indicated by diacritical accents, which gives Vietnamese a great musicality. For example, the following syllable ma has a different meaning depending on its accentuation. (ma: ghost, má: mother, mã: horse, mạ: seed, mà: where, etc.). While the same language is spoken everywhere, there is still a huge difference in accent between the North, the Center, and the South.

Until 1648, the written Vietnamese language was dominated by the massive use of Chinese characters (or chữ nho). Vietnamese was phonetically romanized by the French Jesuit Alexandre de Rhodes, who published the famous first Vietnamese, Portuguese and Latin Dictionary in quốc ngữ in 1651. This alphabetical transcription was first used by the Catholic Church and only became compulsory in secondary education in 1906. In 1919, it became the national script. It is the only Southeast Asian country with a romanized script, despite the omnipresent Chinese influence.

Version vietnamienne

Do chịu ảnh hưởng của tiếng Trung Hoa trong 1000 năm, tiếng Việt đã tiếp thu một lượng lớn từ vựng tiếng Trung. Tiếng Việt là ngôn ngữ đơn âm tiết có thanh điệu. Một âm tiết có thể được phát âm bằng sáu thanh điệu riêng biệt và mỗi thanh điệu có một ý nghĩa khác nhau. Điều này gây ra sự khó khăn rất lớn cho người mới bắt đầu học tiếng Việt. Hơn nữa, trong văn viết, các thanh điệu này được biểu thị bằng dấu phụ, mang lại cho tiếng Việt có tính nhạc tuyệt vời. Ví dụ về âm tiết ma sau đây mang lại ý nghĩa khác nhau tùy thuộc vào trọng âm của nó. (ma: ma, : mẹ, : ngựa, mạ: hạt giống,: đâu vân.vân.). Mặc dù cùng một ngôn ngữ được nói ở khắp mọi nơi, vẫn có sự khác biệt rất lớn về giọng giữa miền Bắc, miền Trung và miền Nam.

Cho đến năm 1648, chữ viết của Việt Nam chủ yếu sử dụng chữ Hán (hay chữ nho). Tiếng Việt được phiên âm theo tiếng La-tinh bởi tu sĩ dòng Tên người Pháp Alexandre de Rhodes, người đã xuất bản cuốn Từ điển tiếng Việt, tiếng Bồ Đào Nha và tiếng La-tinh đầu tiên và nổi tiếng bằng tiếng Quốc Ngữ vào năm 1651. Hệ thống phiên âm theo loại chữ này lần đầu tiên được Giáo hội Công giáo sử dụng và chỉ  bắt buộc trong giáo dục trung học vào năm 1906. Năm 1919, nó trở thành chữ viết quốc gia. Đây là quốc gia duy nhất ở Đông Nam Á có chữ viết La Mã mặc dù chịu ảnh hưởng sâu sắc của chữ Hán.

Exil

 

exil

Version anglaise

Version française

Lưu đày đôi khi đối với những người linh hoạt và nhạy cảm  là một nhục hình tàn nhẫn hơn nhiều so với cái chết. Tiểu thuyết gia Staël đã nói không sai như vậy. Lưu đày chỉ là phương sách cuối cùng mà người Việt không còn khả năng sống tự do theo sự hiểu biết  của họ  hoặc khi cảm thấy thất vọng hay  bất lực như ông tướng về hưu mà được  nhà văn tài ba Nguyễn Huy Thiệp miêu tả ở  một đất nước dành lại được  từ thế lực  ngoại bang sau bao nhiêu năm nỗ lực và hy sinh để chìm vào tự thuộc địa hoá mình.

Lưu đày nó không chỉ là sự khởi đầu của một cuộc sống mới mà nó còn là sự khởi đầu của một niềm  hy vọng mới. Đôi khi nó còn là một sự  an toàn nhất để bảo vệ bản thân để  tránh khỏi mọi mối đe dọa và ngờ vực.

Đây là trường hợp của quận công Nguyễn Hoàng. Ông là người chiến thắng chống lại quân nhà Mạc và trở thành sau vài năm mối lo ngại cho người anh rể Trịnh Kiểm vào cuối năm 1554. Để tự mình độc chiếm quyền lực, Trịnh Kiểm  không ngần ngại loại trừ  Nguyễn Uông, em của Nguyễn Hoàng.

Trước ý đồ thâm độc này, Nguyễn Hoàng lo lắng và cùng quẫn nên đã bí mật cử sứ giả đến gặp sĩ phu lừng lẫy thời bấy giờ là Nguyễn Bỉnh Khiêm mà được xem là nhà tiên tri Việt nam của  chúng ta để có được lời khuyên dạy của ông.

Khi đến nơi ẩn cư Bạch Vân am, sứ giả đặt một trăm lượng vàng trước mặt Nguyễn Bỉnh Khiêm và cầu xin ông ta cho lời khuyên bảo. Nhưng ông vẫn tiếp tục thản nhiên.

Chỉ đến cuối cuộc hội kiến,  ông ta mới đứng dậy chống gậy và đi ra vườn. Sau đó, nhìn một cách ngưỡng mộ vào một ngọn núi nhân tạo được thu nhỏ và trang trí  có đến hàng chục viên sỏi chằng chịt  mà trên đó có vài  con kiến ​​đang leo lên, ông ta mới bắt đầu nói:

Hoành sơn nhất đái vạn đại dung thân
Một dãy Hoành Sơn có thể dung thân được ở đó.

Sứ thần báo cáo lại cho Nguyễn Hoàng những điều mà nhà bác học Nguyễn Bỉnh Khiêm đã nói. Có được ý tưởng sáng suốt này, ông ta giả điên và nhờ chị gái là Ngọc Bảo, người mà được Trịnh Kiểm yêu thích,  can thiệp vào để ông  được cử ra làm tổng đốc phủ Thuận Hóa-Quảng Nam, được biết  là  khu vực bệnh hoạn và nguy hiểm nhất mà  cũng  là nơi sinh sống của những kẻ man rợ và các loài động vật hoang dã.

Nhưng cũng chính  ở  tại đây, quân nhà Mạc vẫn tiếp tục chiến đấu. Xảo quyệt, Trịnh Kiểm chấp nhận lời thỉnh cầu này không chút do dự vì ông nắm lấy cơ hội này không chỉ diệt trừ  được Nguyễn Hoàng qua trung gian của quân nhà Mạc mà còn khẳng định được danh chính ngôn thuận  của ông trước những người ủng hộ cha vợ của ông đã qua đời đó  là tướng Nguyễn Kim.

Nhờ xảo kế này, Nguyễn Hoàng đã cứu được gia đình và sau này lập ra triều đại 9 đời chúa Nguyễn ở phương Nam, để cho một người con cháu của ông là Nguyễn Ánh (hay vua Gia Long) bắt đầu cuộc nam tiến và lập ra sau này triều đại nhà Nguyễn.Ngay cả Nguyễn Ánh cũng phải lưu vong mấy năm ở Vọng Các(Thái Lan) trước khi giành lại được ngai vàng. L ưu đày không phải lúc nào cũng là xứ c ực l ạc (Eldorado) như người ta vẫn c òn tin ngày nay ở Việt Nam, mà đôi khi lưu đày đấy là khởi đầu của một cuộc phiêu lưu đầy hiểm nguy và một cơn ác mộng khủng khiếp bất tận. Hơn 200.000 thuyền nhân Việt Nam đã bỏ mạng trong cuộc phiêu lưu này  ở  biển Đông và bởi hải tặc Thái Lan trong những năm đầu tiên khi Sàigòn thất thủ (1975). Có những người khác thì còn sống nhưng tiếp tục bị nhốt làm tù nhân trong các trại ở Thái Lan, Mã Lai hoặc Nam Dương  trong những năm 1990. Lưu đày cũng là sự khởi đầu của một thời kỳ bị biệt xứ  lâu dài, kết thúc sự thăng trầm của quốc gia và một cuộc trải nghiệm sống.

Đây là trường hợp của vua Hàm Nghi. Sau ba năm đấu tranh ở vùng rừng núi Quảng Bình, ông ta bị bắt sống vào ngày 1 tháng 11 năm 1888 sau sự phản bội của một tù trưởng Trương Quang Ngọc.  Dù ông bị bắt, ông ta vẫn tiếp tục gây ra sự  nghi ngờ cho chính quyền thuộc địa vì họ thấy trước mặt họ là một cậu bé 18 tuổi, chiều cao trung bình, dáng đi rất mảnh khảnh và nhất là có học vấn, điều này mâu thuẫn với thực tế rằng Hàm Nghi theo tin đồn, là một nhân vật tầm thường  và thô lỗ được quan nhiếp chính Tôn Thất Thuyết đưa lên ngôi.

Không hề có dấu hiệu yếu đuối và mệt mỏi trên khuôn mặt dù ông đã trải qua 3 năm bị lùng bắt, khổ sở và đói khát ở các  vùng núi này. Ông ta tiếp tục không chỉ thản nhiên mà còn im lặng về danh tính của mình khi ông đối mặt với những cuộc thẩm vấn không ngừng của những người cai ngục.

Một số quan lại được cử đến tại chỗ để xác định xem người trẻ tuổi bị bắt có phải là vua Hàm Nghi hay không nhưng không ai có thể lay chuyển được ông, ngoại trừ  sĩ  phu già  Nguyễn Thuận.

Nhìn thấy vua tiếp tục giả vờ như vậy, ông nầy  rơm rớm nước mắt, bỏ gậy xuống và quỳ trước mặt vua.

Đối mặt  sự xuất hiện đột ngột của sĩ phu  này, nhà vua quên mất vai trò của mình đối với những người cai ngục, lại đỡ  dậy ông nầy và quỳ xuống trước mặt ông ta mà nói: Xin thầy đừng vậy.

Ngay lúc đó, vua nhận ra mình đã sai lầm khi nhận ra điều này vì Nguyễn Thuận là gia sư của ngài khi ngài còn nhỏ. Ngài không bao giờ hối hận về cử chỉ này vì đối với ngài, sự kính trọng thầy của mình được xem là quan trọng hơn trước mọi việc khác.

Nhờ sự công nhận này, chính quyền thực dân đã chắc chắn bắt được vua Hàm Nghi, từ đó  họ mới  bình định được  Việt Nam. Về phần vua Hàm Nghi, ngài  bị trục xuất lúc năm 18 tuổi sang Algerie.  Ngài vĩnh viễn không thấy lại Việt Nam. Thậm chí, thi hài của ngài không được đưa về Việt Nam mà được an táng hiện nay  tại Sarlat (Dordogne, Pháp)

Sự gắn bó của mỗi người Việt với quê hương đất nước sâu đậm đến nỗi không thể ai không nghĩ đến một ngày được trở về Việt Nam và chết ở nơi đó.

Lưu đày chỉ là một giai đoạn nhất thời của cuộc đời nhưng nó không bao giờ là sự kết thúc ở bản thân cả.

Version française

L’exil est quelquefois pour les gens de  caractère vif et sensible un supplice beaucoup plus cruel que la mort. La romancière Staël a raison de le dire ainsi. L’exil n’est que l’ultime recours envisagé par le Vietnamien quand il n’a plus la possibilité de vivre librement à sa connaissance ou il se sent frustré ou impuissant comme le général à la retraite du romancier talentueux Nguyễn Huy Thiệp dans un pays arraché aux pouvoirs étrangers après tant d’années d’efforts et de sacrifices pour choir dans une morne auto-colonisationL’exil est non seulement le commencement d’une nouvelle vie mais c’est aussi le début d’un nouvel espoir. Quelquefois, il est le moyen le plus sûr pour se mettre à l’abri de toute menace et de tout soupçon. C’est le cas du duc Nguyễn Hoàng. Celui-ci, qui en quelques années sortira victorieux de plusieurs batailles éclatantes contre les Mạc, devint un sujet d’inquiétude pour son beau-frère Trịnh Kiểm vers la fin de l’année 1554. Pour accaparer à lui tout seul le pouvoir, ce dernier n’hésita pas à éliminer Nguyễn Uông, le frère de Nguyễn Hoàng.

Face à cette intention malveillante, Nguyễn Hoàng, inquiet et désemparé fut obligé d’envoyer secrètement un émissaire auprès du lettré illustre de ce temps, Nguyễn Bỉnh Khiêm, notre Nostradamus vietnamien pour lui demander ses conseils. Arrivé sur le lieu de sa retraite Bạch Vân am, l’émissaire déposa une centaine de taëls d’or devant ce lettré et le supplia de lui donner des conseils. Mais le lettré continua à rester impassible. Seulement vers la fin de l’entrevue, il se releva avec sa canne et se dirigea vers le jardin. Puis en regardant admirablement une montagne artificielle décorative en miniature constituée d’une douzaine de cailloux enchevêtrés et sur laquelle quelques fourmis continuaient à grimper, il commença à dire:

Hoành sơn nhất đái vạn đại dung thân
Một dãy Hoành Sơn có thể dung thân được ở đó.

On peut trouver le refuge du côté de la Cordillère Annamitique.

L’émissaire rapporta à Nguyễn Hoàng ce qu’avait dit le lettré Nguyễn Bỉnh Khiêm. Saisi par cette idée géniale, il fit semblant d’être atteint par la folie et demanda à sa soeur, Ngọc Bảo, la favorite de Trịnh Kiểm d’intervenir auprès de ce dernier pour qu’il fût envoyé sur le champ comme gouverneur de la province Thuận Hóa- Quảng Nam, connue comme le coin le plus insalubre et dangereux, habité par les barbares et infesté de fauves. Mais c’était aussi ici que les troupes des Mạc continuaient à guerroyer. Machiavélique, Trịnh Kiểm accepta cette requête sans hésitation car il se saisit de cette occasion pour liquider non seulement Nguyễn Hoàng par l’intermédiaire des Mạc mais pour asseoir également sa légitimité face aux partisans de son beau-père décédé, le général Nguyễn Kim. Grâce à ce stratagème, Nguyễn Hoàng arriva à sauver sa famille et fonda plus tard la dynastie de neuf seigneurs Nguyễn au Sud, ce qui permit à l’un de ses descendants de nom Nguyễn Ánh (ou Gia Long) d’entamer la longue marche vers le Sud et de fonder plus tard la dynastie des Nguyễn.

De même, Nguyễn Ánh dut passer plusieurs années en exil à Bangkok (Thaïlande) avant de pouvoir reconquérir le trône. L’exil n’est pas toujours l’Eldorado comme on continue à le croire encore aujourd’hui au Vietnam mais il arrive des fois que l’exil est le début d’une aventure périlleuse et d’un cauchemar effroyable sans fin. Plus de 200.000 de boat-people vietnamiens ont péri dans cette aventure à la merci de la mer de l’Est et des pirates thaïlandais durant les premières années de la chute de Saïgon (1975). D’autres qui arrivèrent à s’en sortir vivants continuèrent à être parqués comme des prisonniers dans des camps en Thaïlande, Malaisie ou Indonésie durant les années 90. L’exil est aussi le début d’un long bannissement, la fin d’un sursaut national et d’une expérience vécue.

C’est le cas du roi Hàm Nghi. Après trois années de lutte dans les régions montagneuses du Quảng Bình, il fut capturé vivant le 1er novembre 1888 à la suite de la trahison d’un chef Mường Trương Quang Ngọc. Malgré sa capture, il continua à alimenter le doute parmi les autorités coloniales car elles trouvèrent en face d’elles un jeune garçon âgé de 18 ans, de taille moyenne, si svelte dans sa démarche et si cultivé surtout, ce qui contredit le fait que selon les rumeurs, Hàm Nghi fut un personnage vulgaire et grossier placé sur le trône par le régent Tôn Thất Thuyết.                                     

Hàm Nghi

Aucun signe de faiblesse et de fatiguehamnghi n’apparut sur son visage malgré ses trois années de traque, de misère et de faim dans ces régions montagneuses. Il continua à rester non seulement impassible mais muet aussi sur son identité devant les interrogatoires incessants de ses geôliers. Plusieurs mandarins furent envoyés sur place pour identifier si le jeune captif en question était bien le roi Hàm Nghi ou non mais aucun n’arriva à émouvoir ce dernier sauf le vieux lettré Nguyễn Thuận. 

En voyant le roi qui continua à faire ce simulacre, celui-ci, les larmes aux yeux, se prosterna devant lui en laissant tomber sa canne. Face à l’apparition subite de ce lettré, le roi oublia le rôle qu’il avait joué contre ses geôliers, releva ce dernier et s’agenouilla devant lui: « Je vous prie, mon maître « . A ce moment, il se rendit compte qu’il commit un erreur en reconnaissant celui-ci car Nguyễn Thuận était son précepteur quand il était encore jeune. Il ne regretta jamais ce geste car pour lui, le respect envers son maître passait avant toute autre considération. Grâce à cette reconnaissance, les autorités coloniales étaient sûres de capturer bien le roi Hàm Nghi, ce qui leur permit de pacifier le Vietnam. Quant au roi Hàm Nghi, il fut déporté à l’âge de 18 ans en Algérie. Il ne revit plus le Vietnam pour toujours. Même son corps ne fut pas ramené au Vietnam mais il fut enterré à Sarlat (Dordogne, France). 

L’attachement de tout Vietnamien à sa terre natale est si profond qu’il est impossible pour lui  de ne pas penser  à retourner un jour au Vietnam et à y mourir.

L’exil n’est qu’une période transitoire de sa vie

mais il ne constitue jamais une fin en soi.

 

Le vieux quartier de Hànội (Phố Cổ Hànội)

 

English version

Version vietnamienne

Le « vieux quartier de Hanoï »  confère au fil du temps une impression d’enchantement romantique et charmant malgré la vétusté de ses maisons tubulaires (nhà ống) et de son vieux quartier de 36 rues et corporations. Ce dernier qui s’étend sur une surface de 82 ha, fut établi à cette époque selon les critères mentionnés par la géomancie, une discipline asiatique permettant de trouver les conditions idéales dans la recherche de l’équilibre et l’harmonie entre l’eau et la terre et surtout entre le souffle bienfaisant (Dragon Bleu) et le souffle malfaisant (Tigre Blanc). Chaque rue a sa spécialité: rue de la soie aux écharpes multicolores, rue des médicaments au parfum d’herbes aromatiques etc., c’est ce qu’a raconté Roland Dorgelès dans son livre  » Sur la Route mandarine« . Dans son livre intitulé « Une description du royaume de Tonkin », le commerçant anglais Samuel Baron en a parlé avec ses illustrations et ses descriptions intéressantes. 
Malgré sa taille insignifiante par rapport à celle du Vietnam, le vieux quartier de Hanoï témoigne incontestablement de la culture commerciale et urbaine des Vietnamiens au fil de plusieurs siècles. C’est un modèle dont on a besoin pour connaître d’une manière approfondie la structure traditionnelle de la « ville » dans le monde rural des Vietnamiens.

Phố Cổ Hà Nội

Galerie des photos

titre_vieux_hanoi_1

Vieux  quartier de Hanoï

Le vieux quartier de Hanoï a mille ans d’histoire même si ce dernier  est chaotique. Hanoï  a été prévue par le roi Lý Thái Tổ pour dix mille générations à venir lors du transfert de la capitale. Hanoï reste non seulement la capitale éternelle des Vietnamiens mais aussi la seule ville de l’Asie du Sud-Est ayant  réussi à garder sa cité marchande au fil des siècles.

Au fil de la nuit

Version vietnamienne

Trãi qua nhiều thế kỷ, dù  rất cũ kỹ với các căn nhà ống và khu 36 phố phường, phố cổ Hànội vẫn lưu lại đươc  cho những  ai có dịp đến tham quan một cái cảm giác lãng mạn và thú vị không sao diễn tả được. Tuy có một diên tích quá nhỏ hẹp 82 ha, phố cổ buôn bán Hànội đựợc xây cất ở thời kì phong kiến dựa trên các tiêu chí đựơc giãi bày theo khái niệm Phong Thủy để có được những điều kiện thuận lợi trong việc tìm kiếm sự thăng bằng và hoà điệu giữa nước và đất,  nhất là giữa dương và âm khí. Đặc trưng của mỗi con đường ở phố cổ là nó có nghề nghiệp riêng biệt: Hàng Đào với các khăn quang cổ bằng tơ lụa đủ màu, Hàng Thuốc Bắc với mùi hương của các loại thảo mộc vân vân… đó là những lời đựọc ghi kể lại của nhà văn hào Pháp Roland Dorgelès trong quyển sách truyện  » Sur la Route mandarine« . Trong quyển được mang tên là  » Une description du royaume de Tonkin ( Miêu tả  về vương quốc Bắc Kỳ ) », ông Samuel Baron, một thương gia người Anh có nhắc đến phố cổ qua một số tài liệu hình ảnh và những mô tả thú vị. Tuy rằng nhỏ hẹp so với diện tích của Việtnam, khu phố cổ Hànội nó là một minh chứng tiêu biểu của  nền văn hóa thương mại và đô thị của người Việt qua nhiều thế kỷ. Đây là một kiểu mẫu mà cần thiết phải biết tường tận để hiểu được cái cấu trúc truyền thống của đô thị trong thế giới làng mạc của người Việt.

Phố cổ Hànội đã có nghìn năm lịch sử dù nó trãi qua bao nhiêu biến cố thăng trầm. Với chiếu dời đô, Lý Thái Tổ trù liệu Hànội sẽ là kinh đô của muôn đời sau. Hànội không những là thủ đô đời đời của người Việt mà  nó còn là  một thành phố duy nhất ở Đông Nam Á còn giữ được một khu phố buôn bán qua nhiều thế kỷ.

 

 

Capitale Hanoï (Thủ đô)

 

Thăng Long muôn thưở 

English version
Version française
Galerie des photos

Đúng như tên được gọi trong chữ Hán, Hà Nội có nghĩa là « thành phố ở  phiá bên sông » (Hà có nghĩa là sông,  nội là ở trong). Không tựa như các thành phố khác ở Việt Nam, Hà Nội có một lịch sử lâu dài và nhiễu nhương. Định mệnh của nó cũng là định mệnh của dân tộc Việt Nam. Nó  có một thời kỳ  bị thất sủng khi Nguyễn Ánh thành công trong việc thành lập triều Nguyễn vào năm 1802 sau 20 năm chiến đấu chống với nhà Tây Sơn và quyết định dời  thủ đô về Huế (hay Phú Xuân).

Nó đã chứng kiến ​​nhiều trận chiến quyết định trong cuộc giành lại độc lập, đặc biệt là trận Đống Đa do hoàng đế Quang Trung lãnh đạo vào năm 1789. Nhờ cuộc chiến  chớp nhoáng chống lại quân Thanh (Trung Quốc) và nhờ  chiến lược tài ba  của Quang Trung chọn ngày Tết của người  dân Việt để tập kích bất ngờ  quân thù Trung Hoa, Hà Nội  được giải phóng cũng toàn thể nước Việt Nam. Đây cũng là  thành phố mà được Hồ Chí Minh chọn để tuyên bố  sự độc lập của Việt Nam vào ngày 2/9/1945 tại quảng trường Ba Đình. Cũng tại Hà Nội, một ngôi chùa  một cột được xây dựng vào năm 1049 bởi vua  Lý Thái Tôn  theo phong cách của những ngôi đền cổ xưa.

Hànội vắng những cơn mưa

Saxophoniste Quyền Văn Minh

Theo truyền thuyết, nhà vua đau buồn vì không có hậu duệ,  nằm mơ thấy được Phật bà Quan Âm ngồi trên một  toà sen trao cho ông một đứa con trai. Ít lâu sau, một phụ nữ nông dân trẻ mà ông yêu thích, đã sinh cho ông một người thừa kế. Để bày tỏ lòng biết ơn, ông dựng ngôi chùa này ở giữa một cái ao có hình bông hoa sen.

Tọa lạc gần sông Hồng, mỗi năm Hànội là nạn nhân của  các lũ lụt của sông và các  mưa gió mùa và các trận bão lớn. Mặc dù vậy, Hà Nội vẫn tiếp tục là thủ đô của Việt Nam thống nhất mãi mãi. Không ai dám tranh cãi di sản chính trị và văn hóa mà thủ đô đã để lại cho người dân Việt Nam.  Đối với tất cả người dân Việt Nam Hà Nôi  không chỉ là một biểu tượng đoàn kết dân tộc mà còn là niềm tự hào của một dân tộc nông dân dũng cảm hiên ngang chống lại thời tiết khắc nghiệt và tham vọng của quân xâm lược.

Trước khi trở thành kinh đô của Việt Nam, Hà Nội là trụ sở hành chánh của quân xâm lược Trung Quốc vào năm 607 và mang tên « Tống Bình ». Vào năm 866, nơi  này có được  một bức tường của Đại La,  hiện nay còn  có một số dấu tích. Thành phố nầy được chọn bởi người sáng lập triều đại Lý, nhà vua Lý Công Uẩn vào năm 1010 và trở thành là  kinh đô mới của Việt Nam thay thế kinh đô Hoa Lư. Theo truyền thuyết, trong giấc mơ, nhà vua nhìn thấy một con rồng vàng bay lên  ở khu vực này. Chính vì lý do này mà Hà Nội được gọi vào thời điểm đó là « Thăng Long » (con rồng bay lên). Địa điểm này được xem thuận lợi so với các địa điểm khác bởi vì nó nằm giữa hà và sơn, nước và núi, ở giữa những cánh đồng lúa và được bảo vệ tránh các lũ lụt nhờ các con  đê. Vào thế kỷ 15, Hà Nội lấy tên là Đông Kinh. Sau đó, lấy lại tên Thăng Long cho đến khi kinh đô được dời  về Huế. Sau đó, nó được đặt tên là Thành Tích, rồi đến tên  Bắc Thành trước khi trở lại với tên  Hà Nội chỉ vào năm 1931. Nó trở thành thủ đô của Bắc Việt Nam sau hiệp định Genève năm 1954 và trở thành từ  sau biến cố  năm 1975, là thủ đô của Việt Nam thống nhất. 

Hànôi  gồm có 913  cây số vuông. Nội thành của nó (40 cây số vuông) được chia thành bốn quận: Quận Hoàn Kiếm, Quận Hai Bà Trưng, ​​Quận Đống ĐaQuận Ba Ðình. Nó cũng có 6 huyện ngoại thành và nhiều ngôi làng nằm ở trong  phạm vi ranh giới của nó.

Linh hồn Hà Nội được thấy  thông qua  phố cổ của nó. Bà Huyện Thanh Quan, một nhà thơ của thế kỷ 19 có nhắc đến Hànội trong một tác phẩm của bà. Điều mà được thấy ở khu phố cổ này là 36 phố (hay đường) mà đặc trưng là mỗi phố nó có một  nghề nghiệp riêng biệt: hàng đào với các khăn quàng cổ bằng tơ lụa đủ màu, hàng thuốc bắc với mùi hương của các loại thảo mộc vân vân…Nhà văn Thạch Lam của nhóm Tự Lực Văn Đoàn đã từng nói đến « Hànôi ba mươi sáu phố phường » qua  cái ăn uống của người Hà Thành.

Hà Nội cũng là thành phố của Việt Nam còn lưu giữ nhiều dấu vết của thời thuộc địa hơn so với các thành phố khác. Chúng ta có thể nói rằng đây là bản sao chính xác của một ngôi làng theo phong cách  Arcachon với cung điện của thống đốc, nhà hát opera, nhà bưu điện lớn và công viên của nó. Cầu Long Biên (hay Paul Doumer) nhắc lại không chỉ là một tác phẩm nghệ thuật đầu tiên của các nhà xây dựng Pháp trên sông Hồng vào năm 1902 mà còn là dấu vết của  các vụ đánh bom của Mỹ trong chiến tranh Việt Nam. Mặc dù vậy, Hà Nội, trong những năm gần đây, bắt đầu thay đổi diện mạo và mặt tiền. Các công trình xây cất đã được tăng lên với một tốc độ đáng ấn tượng  đến nỗi không còn thấy một mét vuông nào trống cả.

Comme son nom l’indique, Hanoï veut dire « la ville en deçà du fleuve » (Hà signifiant le fleuve, Nội l’intérieur »). Contrairement à d’autres villes du Vietnam, Hanoï  a une longue histoire mouvementée. Son destin est celui du peuple vietnamien. Elle connut une période de disgrâce lorsque l’empereur  Nguyễn Anh parvint à fonder la dynastie des Nguyễn en 1802 après 20 ans de combat acharné contre les Tây Sơn et décida de transférer la capitale à Huế (ou Phú Xuân). 

Elle fut témoin de plusieurs batailles décisives dans la reconquête de l’indépendance, en particulier la bataille Ðống Đa menée par l’empereur Quang Trung en 1789. Grâce à la guerre éclair contre les troupes chinoises des Qing et grâce au stratagème de ce dernier de choisir la fête du nouvel an vietnamien pour surprendre les ennemis chinois, Hà Nội fut ainsi libérée ainsi que le Vietnam. Elle fut aussi la ville choisie par Hồ Chí Minh pour proclamer le 2 septembre 1945 l’indépendance du Vietnam sur la place de Ba Ðình. Ce fut aussi à Hanoï que la pagode au pilier unique (Chùa Một Cột) fut élevée en 1049 par le souverain Lý Thái Tôn sur un pilier en bois puissant dans le style des anciens temples des ancêtres.

Selon la légende, le roi affligé de ne pas avoir de descendance, rêva de Quan Âm, la déesse de la Miséricorde. Assise sur une fleur de lotus, elle lui tendit un fils. Peu après, une jeune paysanne dont il fit  sa favorite, lui donna un héritier. En témoignage de sa gratitude, il fit ériger cette pagode au milieu d’un étang en forme de fleur de lotus

A cause de sa proximité du fleuve Rouge, elle est victime tous les ans des inondations provoquées par les crues de ce fleuve et par les violentes pluies de mousson et les typhons. Malgré cela, Hanoï continue à rester éternellement la capitale du Vietnam réunifié. Personne n’ose contester l’héritage politique et culturel qu’elle a laissé au peuple vietnamien. Elle représente non seulement pour la plupart des Vietnamiens le symbole de l’unité nationale mais aussi la fierté d’un peuple de paysans sachant résister vaillamment aux intempéries de la nature et aux ambitions des envahisseurs.

Avant d’être la capitale du Vietnam, Hanoï fut le siège de l’administration chinoise en l’an 607 et porta le nom  » Tống Bình « . En 866, ce siège fut doté d’une muraille de Ðại La dont il subsiste actuellement quelques vestiges. Il fut choisi par le fondateur de la dynastie des Lý, le roi Lý Công Uẩn, en 1010 comme la nouvelle capitale du Vietnam à la place de Hoa Lư. Selon la légende, dans le songe, le roi a vu un dragon d’or s’envoler de cette localité. C’est pour cette raison que Hanoï fut appelée à cette époque  » Thăng Long« (le dragon prenant son essor)« .

Ce site fut jugé favorable par rapport à d’autres sites car il est entre Hà et Sơn, les eaux et les montagnes, au milieu des rizières et protégé des inondations par les digues. Au XVème siècle, Hanoï prit le nom Ðông Kinh. Puis elle reprit le nom Thăng Long jusqu’au transfert de la résidence royale à Huế. Elle prit ensuite le nom de Thành Tích puis Bắc Thành avant de devenir Hanoï seulement en 1931. Elle devint la capitale du Nord Vietnam après les accords de Genève en 1954 et devint depuis les événements de 1975, la capitale du Vietnam réunifié.

Hànôi couvre 913 km2. Son intérieur (ou nội thành (40 km2) est divisé en quatre districts (ou Quận): Quận Hoàn Kiếm, Quận Hai Bà Trưng, Quận Hai Bà Trưng, Quận Ðống Ða et Quận Ba Ðình. Elle compte aussi 6 quartiers suburbains (ou huyện) et de nombreux villages situés à l’intérieur de ses limites.

On trouve l’âme de Hanoï à travers son vieux faubourg.  Huyện Thanh Quan, une poétesse du XIXème siècle l’a évoqué dans l’une de ses œuvres. Ce qui retient le plus dans ce vieux faubourg, ce sont les 36 rues connues souvent sous le nom  Phố (ou đường en vietnamien) dont chacune a sa spécialité: rue de la soie aux écharpes multicolores, rue des médicaments au parfum d’herbes aromatiques etc…Le célèbre romancier Thạch Lam a  eu l’occasion d’évoquer ce faubourg à 36 rues à travers la cuisine vietnamienne.

Hanoï est aussi la ville vietnamienne qui garde plus de traces coloniales par rapport à d’autres villes. On peut dire qu’elle est la copie conforme d’une bourgade au style d’Arcachon avec son palais de gouverneur, son opéra, sa grande poste et son parc. Le pont Long Biên (ou Paul Doumer) rappelle non seulement le premier ouvrage d’art des bâtisseurs français sur le fleuve Rouge en 1902 mais aussi les traces des bombardements américains durant la guerre du Vietnam.

Malgré cela, Hanoï, depuis quelques années, commence à changer de visage et de façade. Les constructions se sont multipliées à un rythme effarant tel qu’il ne reste pas un mètre carré inoccupé. 

Galerie des photos

[Return HANOÏ]

Civilisation Óc Eo (Versions française, anglaise et vietnamienne)

poster_oc_eo

Version vietnamienne

English version

Galerie des photos

En raison de l’abondance des trouvailles archéologiques en étain à Óc Eo dans le delta du Mékong (An Giang), l’archéologue français Louis Malleret n’hésite pas à emprunter le nom Óc Eo pour désigner cette civilisation de l’étain. On commence à avoir désormais une vive lumière sur le royaume du Founan ainsi que sur ses relations extérieures lors de la reprise des campagnes de fouilles menées tant par des équipes vietnamiennes( Đào Linh Côn, Võ Sĩ Khải , Lê Xuân Diêm) que par l’équipe franco-vietnamienne dirigée par Pierre-Yves Manguin entre 1998 et 2002 dans les provinces An Giang, Đồng Tháp et Long An où se trouve un grand nombre de sites de culture Óc Eo. On sait que Óc Eo était un grand port de ce royaume et une plaque tournante dans les échanges commerciaux entre la péninsule malaisienne et l’Inde d’un côté et le Mékong et la Chine de l’autre. Comme les bateaux de la région  pouvaient  couvrir de longues distances et devaient suivre la côte, Óc Eo devint ainsi un passage obligatoire  et une étape stratégique importante   durant les 7 siècles de floraison et de prospérité du royaume du Founan.

 

Bảo tàng lịch sử Hà Nội

Cette civilisation de l’étain se distingue non seulement par sa culture du riz flottant mais aussi par son commerce avec l’extérieur. On a découvert un grand nombre d’objets autres que ceux de l’Inde trouvés  sur les rives du Founan: fragments de miroirs en bronze datant de l’époque des Han antérieurs, statuettes bouddhiques en bronze attribuées aux Wei, un groupe d’objets purement romains, des statuettes de style hellénistique en particulier une représentation de Poséidon en bronze. Ces objets étaient échangés probablement contre des marchandises car les Founanais ne connaissaient que le troc. Pour l’achat des produits de valeur, ils se servaient des lingots d’or et d’argent, des perles et des parfums. Ils étaient connus comme d’excellents bijoutiers. L’or était finement travaillé avec de nombreux symboles brahmaniques (Vishnu, Nandin, Vahara, Garuda, Shesha, Kurma etc.). Les bijoux (boucles d’oreilles en or au fermoir délicat,  filigranes d’or admirables, perles de verre, intailles etc. ) exposés dans les musées de Đồng Tháp, Long An et An Giang témoignent non seulement de leur savoir-faire et de leur talent mais aussi de l’admiration des Chinois dans leurs récits durant leur contact avec les Founanais. 

 

Galerie des photos

Bảo tàng lịch sử Saigon

Văn Hóa Óc Eo

Au Musée  national de l’histoire (Saïgon) 

Version vietnamienne

Vì lý do tìm ra được nhiều  các di vật cổ bằng thiếc  ở Óc Eo vùng châu thổ  sông  Cửu Long (An Giang),  nhà khảo cổ học Pháp Louis Malleret không ngần ngại mượn tên Óc Eo để chỉ định nền « văn hóa đồ thiếc ».  Chúng ta mới bất đầu từ đó  có cái nhìn sáng tỏ  về vương quốc Phù Nam  và các mối quan hệ bên ngoài  trong các  chiến dịch khai quật  kế tiếp lại  sau nầy với sự điều khiển  của nhóm người  Việt (Đào Linh Côn, Võ Sĩ Khải, Lê Xuân Diêm) và  nhóm người Việt  Pháp do ông Pierre-Yves Manguin đảm nhận giữa năm 1998 và 2002 ở An Giang, Đồng Tháp và Long An, các nơi mà có nhiều hiện vật của nền văn hóa Óc Eo. Chúng ta biết rằng Óc Eo là một thương cảng trọng đại và  trung tâm vận chuyển trong việc trao đổi hàng hóa   giữa  một bên  bán đão Mã Lai và Ấn Độ và bên kia  Trung Hoa và  đồng bằng sông Cửu Long. 

founan_collier

Thông thường  các thuyền bè trong vùng cần  đi xa và phải  dọc theo bờ  biển, Óc Eo trở thành vì thế  một địa điểm phải đến  và chặn đường chiến lược quan trọng suốt 7 thế kỷ phồn thịnh cho vương quốc Phù Nam. Nền văn hóa Óc Eo được xem nổi bật không những trong việc trồng lúa nước mà còn luôn cả quan hệ buôn bán với các nước ngoài khu vực. Chúng ta khám phá được một số di  vật khác hẳn với những đồ  vật  có nguồn gốc  văn hóa Ấn Độ  ở các lưu vực sông  của  vương quốc Phù Nam: những mảnh gương  đồng có từ thời Tây Hán, các tượng đồng  thì đời nhà Tùy, hạt chuổi La Mã,  một số đồ vật thời kỳ Hy Lạp hóa nhất là có  một biểu tượng Poseidon bằng đồng.

 

Các hiện vật nầy chắc chắn có được nhờ sự trao đổi hàng hóa vì người dân Phù Nam chỉ biết giao dịch trao đổi. Để mua các sản phẩm có giá trị, họ thường dùng thỏi vàng hay bạc, các hạt chuổi và nước hoa. Họ có tiếng là  những thợ kim hoàn xuất sắc. Các hiện  vật  bằng vàng được làm một cách tinh xão với các biểu tượng của  đạo Bà La môn (hình thần Vishnu, bò thần Nandin, lợn thần Vahara, chim thần Garuda, rắn thần Shesha, rùa thần Kurma…). Các trang sức  (như khuyên tai bằng vàng hay có cái móc tinh vi, dây chuyền vàng tuyệt vời, hạt cườm, đá màu etc…) thường thấy trưng bày  ở các bảo tàng viện An Giang, Đồng Tháp hay Long An nói lên  không những sự khéo léo của người Óc Eo trong nghề làm kim hoàn mà luôn cả  sự ngưỡng mộ  cũa người Trung Hoa qua các câu chuyện kể lại  trong thời gian giao thương với người dân Óc Eo.


Version anglaise

 

Because of the abundance of  tin archaeological finds  at Óc Eo in the Mekong delta (An Giang), French archaeologist Louis Malleret does not hesitate to borrow the name Óc Eo for designating this tin civilization. We begin to have now a deep light on this kingdom as well as its external relations during the resumption of excavations undertaken both by Vietnamese teams (Đào Linh Côn, Võ Sĩ Khải, Lê Xuân Diêm) and French-Vietnamese team led by Pierre-Yves Manguin between 1998 and 2002 in An Giang, Ðồng Tháp and Long An provinces where a large number of sites of Óc Eo culture are located. We know  Óc Eo was a major port of this kingdom and  a transit hub in trade exhanges between  Malaysian peninsula and India on one hand and the  Mekong and China on other one. As the boats of the region could  cover long distances and had to follow the coast, Óc Eo thus became a mandatory stop and a important strategic step  during the 7 centuries of blooming and prosperity for Funan kingdom. 

This tin civilization is distinguished not only by the floating rice cultivation but also its external trade. We have discovered a large number of objects other than that of India found on Funan shores: fragments of bronze mirrors dating from the Han anterior period, Buddhist bronze statuettes attributed to Wei dynasty, a group of purely Roman objects, statuettes of Hellenistic style in particular a Poseidon  bronze representation. These objects were probably exchanged for goods because Funan people only knew the barter. For the purchase of valuable products, they used golden and silver ingots, pearls and perfumes. They were known as excellent jewelers. The gold was finely worked with numerous Brahmanic symbols. The jewels (golden earrings with the delicate clasp, admirable golden filigrees, glass pearls, intaglios etc.) exposed in the museums of Đồng Tháp, Long An and An Giang testifies not only of their know-how and their talent but also the  the Chinese’s admiration in their narratives during their contact with Funan people.

[Return CIVILISATION]

Cité interdite de Pékin (3ème partie)

 

Cité interdite de Pékin: 3ème partie

Version vietnamienne

English version

La tradition d’apposer des clous dorés sur les portes exista à l’époque des dynasties Sui et Tang (581-907). En ce qui concerne la cité interdite, on voit cette pratique sur ses 4 portes principales, mais il y a une seule  possédant cinq passages et le reste à 3 passages. C’est la porte du Midi (Ngọ Môn). À part la porte de l’Est (Ðông Hoa Môn) ayant 8 rangées de 9 clous dorés (8*9=72, un nombre pair divisible par 2 et un multiple de 3), les autres portes ont chacune 9 rangées de 9 clous dorés (9*9=81, un nombre impair et un multiple de 3). 

On trouve non seulement dans l’utilisation de ces clous le caractère structurel et décoratif mais aussi l’aspect solennel et majestueux du régime féodal de cette époque.

Clous de porte

On se pose des questions sur le choix du nombre pair (ou Yang) de clous dorés posés sur la porte de l’Est. On n’arrive pas à résoudre cette énigme jusqu’aujourd’hui. Certains pensent que lors des obsèques des empereurs Jiaqing (Gia Khánh) et Daoguang (Ðạo Quang), on emprunte le passage de cette porte pour l’enterrement. C’est pourquoi elle est connue aussi sous le nom « porte du démon »(Qủi môn). Cela pourrait expliquer l’utilisation du nombre pair (ou Yang) de clous dorés car c’est par cette porte qu’on rejoint le monde Yin des ténèbres (Âm Phủ). Le nombre de clous dorés posés sur les portes est aussi fixé en fonction de l’importance de la fonction assumée par l’occupant dans le régime féodal.

Du fait que l’empereur est le fils du Ciel, il est censé d’avoir moins de pièces (9999 étant le plus grand nombre Yin) pour sa cité par rapport à ce que possède Dieu dans le ciel pour sa résidence (10.000) (nombre Yang). Il s’agit bien d’un nombre symbolique représentant une infinité dénombrable en Chine. Lors de l’enquête menée en 1973, on arrive à dénombrer seulement 8704 (nombre Yang)  pièces à la cité interdite.

Brûleur d’encens

img_3307

Quant à la couleur jaune, dans la théorie du Yin et du Yang et de ses 5 éléments, on la voit associée non seulement à la terre mais aussi à la position centrale dans la gestion des choses, des espèces et des quatre points cardinaux. Etant la couleur du soleil à son zénith, le jaune radieux n’appartient qu’à l’empereur car elle est le symbole de la vénération et de la protection divine. Il fut interdit au peuple de se servir d’un certain nombre de couleurs: rouge, jaune, bleu d’azur etc. à cette époque. Par contre, dans la Chine antique, on avait le droit d’utiliser les couleurs suivantes: le noir, le blanc et le gris. Rien n’est étonnant de retrouver les deux couleurs dominantes: le pourpre et le jaune dans toutes les constructions de la Cité. (les murs pourpres et les tuiles vernissées jaunes des toits des édifices). Il y a quand même quelques exceptions qui ne sont pas étrangères au respect de la théorie du Yin et du Yang et de ses 5 éléments. C’est le cas du pavillon de la Culture (Wenyuan) abritant une bibliothèque. Il est recouvert de tuiles vernissées noires. Le feu reste toujours le sujet d’inquiétude dans la cité. Il est déclaré plusieurs fois sous la dynastie des Qing. Le dernier en date a eu lieu au moment où l’empereur Guang Xu était sur le point de se marier avec sa cousine Long Dụ (Long Yu) dans un mois. C’est un mauvais présage pour le mariage.

Arguant de ce prétexte, l’impératrice douairière Cixi exécuta sur le champ les deux eunuques responsables de la mise en place des lanternes. Dans le cas du pavillon de la Culture (Wenyuan), on fait allusion à la couleur noire, symbole de l’eau utilisée pour sa toiture  dans le but de prévenir le feu et de protéger les collections de livre. D’autres pavillons  situés près de la porte de l’Est Dong Hua Men (Ðông Hoa Môn) supportent une toiture de tuiles vernissées vertes car ils correspondent aux logements des princes. C’est aussi la couleur verte associée à l’Est dans la théorie de 5 éléments (Ngũ Hành).

[Retour à la page Cité interdite Pékin]

[Retour CHINE]

Paris Août 2017

Cité interdite de Pékin (2ème partie)

Version vietnamienne

Version anglaise

[Cité interdite de Pékin (2ème partie]

 Malgré le nom qu’il porte, ce palais de la Pureté céleste est témoin de plusieurs intrigues, de rivalités, de complots, de volte-face et d’assassinats. De plus, derrière le trône, au dessus du paravent, est toujours accroché un panneau transversal portant en épigraphe la devise suivante du troisième empereur des Qing, Shunzhi (ou Thuận Trị en vietnamien): Quang minh chính đại (ou La très grande rectitude). Elle est accompagnée plus tard par les commentaires flatteurs de son successeur, l’empereur Kangxi (Khang Hi): C’est une belle composition de tout temps, rayonnante et éternelle, méritant d’être l’exemple pour la postérité. Malheureusement, derrière ce panneau se cachent depuis toujours les conflits latents de la famille impériale.

Durant les 500 ans de règne des deux dynasties Ming et Qing, on relève plusieurs événements importants ayant eu lieu dans ce palais. D’abord l’empereur Jiajing (Gia Tĩnh) des Ming (1507-1567) connu pour sa débauche et sa cruauté indescriptible, a failli de mourir asphyxié par ses domestiques. Humiliées par son comportement paranoïaque et profitant du sommeil profond de ce dernier, celles-ci ont tenté de le tuer un soir en l’assommant et en serrant son cou avec sa ceinture. Mais à cause de la dénonciation de l’une d’entre elles auprès de l’impératrice, l’empereur fut sauvé in extremis. Ces domestiques furent exécutées sur le champ y comprise la concubine favorite de l’empereur. Puis l’empereur Taichang (Thái Xương) des Ming (1582-1620), de son nom personnel Zhu Changluo (Chu Thường Lạc) mourut subitement après un mois d’intronisation. On lui prête des abus sexuels ou un empoisonnement. Cela provoque une lutte implacable entre les clans pour la prise du pouvoir et d’influence. Cette affaire est connue sous le nom « Affaire des pilules roses » (Án Hồng Hoàn) car avant de mourir subitement, l’empereur a avalé des pilules. Enfin l’avant-dernier des empereurs des Ming, le fils de Taichang, Zhu Youjiao (Chu Do Hiệu) (1605-1628) connu sous le nom de règne Tianqi ( Thiên Hỷ ), se laissa  empêtré dans l’affaire connue sous le nom « Án di cung (Affaire des palais ) ». Profitant du jeune âge de l’empereur, la concubine de son père, Ly Tuyen Thi continua à faire pression sur lui. Elle s’entêta à résider dans le palais Qianqing (Càng Thanh). Elle demanda à l’empereur de lui accorder le titre d’impératrice douairière dans le but de pouvoir s’ingérer dans les affaires d’état. Face à la protestation de la cour et à la  fermeté de l’empereur, elle fut  contrainte de quitter le palais et de vivre dans un autre palais brûlant  complètement quelques semaines plus tard. Heureusement, elle s’en sortit  indemne avec sa fille. On vit dans cette affaire la mainmise de l’empereur malgré sa contestation. Les historiens chinois ont l’habitude de regrouper ces trois affaires ci-dessus et de les désigner sous le nom « Vãn Minh Tam Án (Trois Affaires à la fin de la dynastie des Ming ) ».

Sous le règne des empereurs Qing, on note deux événements majeurs. Malgré son despotisme éclairé, Kangxi (Khang Hi) connut la fin de son règne ternie par les intrigues qui opposaient ses héritiers présomptifs. En nommant au départ son fils Yinreng comme prince héritier à 2 ans, Kangxi décida de changer d’avis et de choisir finalement pour lui succéder son 14ème fils, le prince Dân Trinh (Yinti). 

Il rangea  secrètement derrière le panneau transversal portant la devise « La très grande rectitude« , une boîte contenant ses recommandations suivantes: Truyền vị thập tứ tử ( léguer le pouvoir à mon 14ème fils) car c’est son fils préféré. Selon l’on-dit, lorsque Kangxi était  gravement malade et éloigné de son fils Yinti en campagne dans la région de Xinjiang, son quatrième fils, le prince Yingzheng profita de cette situation pour saisir la boîte et modifier le contenu en supprimant le mot « thập »(dix), ce lui permit de devenir empereur. Selon certaines rumeurs, après la modification, il se réfugia dans le jardin pour vérifier l’état de santé de Kangxi. Il lui donna entre-temps à boire un bol de ginseng douteux. Pour certains historiens, la mort subite de Kangxi est attribuée à la responsabilité de Yingzheng (Dân Chính) et continue à alimenter les conversations des gens. A peine intronisé en 1723 sous le nom de Yongzheng (Ung Chính), il s’empressa d’éliminer ou d’exiler tous ses opposants potentiels (ses demi-frères et leurs partisans). Soucieux du problème de succession dont il prit connaissance lors de son propre avènement, il mit en place un système ingénieux permettant au souverain en titre de choisir secrètement et sans contestation son successeur en rédigeant une lettre de recommandation désignant le successeur en deux exemplaires, l’un rangé dans une boîte placée derrière le fameux panneau transversal, l’autre porté toujours par l’empereur en titre. En cas du décès de celui-ci, il est possible de chercher l’exemplaire rangé dans la boite et de le comparer avec celui que portait l’empereur décédé pour introniser le nouveau empereur. Aucune contestation n’est possible. Ce système de nomination continue à être maintenu jusqu’au règne de Xianfeng (Hàm Phong). Il est tombé en désuétude car l’empereur Xianfeng avait avec l’impératrice Ci xi, un seul fils, l’empereur Tongzhi (Đồng Trị). Afin de maintenir astucieusement la régence, elle abolit carrément ce système par la désignation successive des empereurs enfants Guangxu (Quang Tự) et Pu Yi (Phổ Nghi).  

[Cité interdite de Pékin: 3ème partie]