Maison communale (Đình Làng: phần 2)

 Version vietnamienne

Deuxième partie

On est habitué à dire : Cầu Nam, Chùa Bắc, Ðình Ðoài pour rappeler la réputation  des trois régions spécifiques de l’architecture traditionnelle vietnamienne. Ðình Ðoài insinue ainsi la région Ðoài (Hà Ðông, Sơn Tây) où figure un grand nombre de đinh réputés. (Tây Ðằng, Mông Phụ , Chu Quyến etc…). C’est dans cette région proche de la montagne et des forêts qu’on trouve du bois précieux, résistant et dur indispensable à la construction des đình.

Origine du mot Ðình

Le mot đình vient de l’idéogramme chinois ting. Malgré cela, le đình dans l’architecture vietnamienne ne correspond pas à la description du ting des Chinois. Ceux-ci l’employaient au cours du temps pour désigner un pavillon isolé ayant pour but de goûter les joies culturelles (thưởng ngoạn văn hóa) ou une maison de repos (đình trạm) pour un voyageur ou  un mandarin en mission ou un temple pour le culte du génie des remparts à l’époque des Han. Dans ce sens, on retrouve le même type de ting au Vietnam avec le đình Trấn Ba au temple Ngọc Sơn (Hànội) ou Thủy Ðình ( Ðình sur l’eau) en face de la pagode Thầy (Chùa Thầy) (Hà Tây). En s’appuyant sur l’origine du mot Ðình, certains spécialistes n’hésitent pas à penser que le culte du ting chinois a inspiré celui du đình vietnamien. Pour l’écrivain et journaliste vietnamien Hữu Ngọc, le génie des remparts a été remplacé par le génie tutélaire du village pour s’adapter au goût des Vietnamiens. Mais il y a plusieurs raisons ne permettant pas de conforter cette hypothèse.

D’abord, le đình vietnamien qui doit sa solidité à un ingénieux système de colonnes, de tenons et de mortaises,  était édifié sur pilotis (sans fondation coulée). Cela permet de faciliter parfois son déplacement ou son réorientation au cas où son installation initiale n’apporte pas la prospérité et le bonheur au village après plusieurs décennies d’exploitation. Ce type de construction nous fait penser à certains chercheurs, en particulier au chercheur français Georges Cœdès.   Pour lui, le đình vietnamien était influencé incontestablement par le style architectural « indonésien ».

Cela ne met pas en cause ce qu’on a déjà découvert sur les tambours de bronze vietnamiens avec la maison sur pilotis et un toit incurvé. (le tambour Ngọc Lữ ). On sait très bien que les Dongsoniens ( les ancêtres des Vietnamiens ) furent établis le long de la côte du Nord Vietnam (1er millénaire avant J.C.). Ils furent considérés comme des « Indonésiens » (ou Austroasiens (Nam Á en vietnamien)), les Bai Yue. Selon le chercheur vietnamien Trịnh Cao Tường, un spécialiste dans l’étude des maisons communales (đình) des villages vietnamiens, l’architecture de la maison communale vietnamienne exhaussée sur pilotis témoigne de l’écho de l’esprit des Dongsoniens continuant à se perpétuer encore dans la vie journalière des Vietnamiens. De plus, ce type d’édifice ressemble à la bâtisse commune sacrée rôong (nhà rồng) sur pilotis qu’on est habitué à trouver chez les populations austro-asiatiques, en particulier les ethnies du Tây Nguyên  (Hauts Plateaux du Centre du Vietnam ). Analogue à la maison communale des Vietnamiens, la bâtisse rôong cumule un grand nombre de fonctions sociales: salle de conseil du comité villageois, centre d’hébergement des visiteurs occasionnels, lieu de ralliement de tous les villageois etc. Certains đinh vietnamiens sont munis de planchers en bois servant de siège de réunion ou de divan pour les notables et les villageois. Ce n’est pas le cas des ting chinois.

Đình Mông Phụ (Sơn Tây)

 

 

Au XVIIIème siècle, on recensa à peu près 11.800 villages au Vietnam. Cela veut dire qu’il y a autant de maisons communales (ou đình) que de villages. Comme les Vietnamiens ont l’habitude de dire : l’eau qu’on boit rappelle la source (Uống nước nhớ nguồn), il y a toujours en eux une reconnaissance, une gratitude envers ceux qui leur ont rendu service ou envers leur pays. C’est pourquoi rien n’est surprenant de voir un grand nombre de personnages historiques (héros nationaux et locaux) ou légendaires (Génie de la Montagne Tản Viên par exemple) et de bienfaiteurs faisant partie des génies tutélaires des đình. Ceux qui ont accompli des actions d’éclat ne sont pas non plus oubliés. De plus, parmi ces génies tutélaires, il y a aussi les enfants, les mendiants et les voleurs. Ceux-ci meurent de mort violente  à une heure sacrée (ou giờ thiên), ce qui leur confère des pouvoirs surnaturels pour protéger les villageois contre tous les maux et tous les malheurs.

Grâce à ces dieux communaux, le village retrouve non seulement la tranquillité et la prospérité mais aussi les règles, la justice et la morale. Ils sont en quelque sorte la personnification de cette autorité suprême qui puise toute sa force dans le village lui-même. En fonction de leur rôle plus ou moins rempli, ils peuvent recevoir des brevets royaux (sắc phong) qui leur accordent les grades de « génie du rang supérieur (ou Thượng đẳng thần) » ou de « génie du rang moyen (ou Trung đẳng thần) » ou du « génie du rang inférieur (Hạ đằng thần) ». Cette institution permet au roi de rétrograder ceux d’entre eux ne réussissant pas à remplir leur mission lorsqu’ils n’arrivent pas à rétablir l’ordre  au village ou en laissant périr les villageois. Etant gardés avec soin et jalousie dans le Hậu Cung (ou palais intérieur), ces brevets royaux sont la fierté indescriptible de tout le village. Si ce dernier n’a pas son génie tutélaire, il est obligé d’emprunter le génie tutélaire d’un autre village ou de le remplacer par le génie du sol (thổ thần). Au cas où les  deux villages sont unis par un culte commun au même génie tutélaire, ils doivent s’arranger de manière que le jour de fête soit fixé à une date convenue dans chaque village et que tout le monde puisse y participer par l’envoi d’une délégation lors de la procession.

Contrairement aux temples construits et entretenus aux frais de l’état, les maisons communales sont aux frais des villages car il s’agit bien d’un culte local. Les richesses trouvées dans la décoration des đình et leurs dimensions dépendent à la fois de l’aisance financière et de la générosité des villageois. On trouve dans chaque village des parcelles de terre appelées rizières des rites (ou tế điền) ou rizières des génies (ruộng thần từ) dont l’exploitation sert à entretenir le đình et dont la superficie peut atteindre parfois  plusieurs dizaines de mẩu (ou 0,36 ha) dans certains villages d’avant 1945. C’est aux autorités hiérarchiques locales la responsabilité d’administrer le đình ainsi que le village comme « une petite cour« . Les règles, les mœurs et les traditions sont appliquées avec sévérité et elles sont plus respectées que l’autorité du roi à cette époque. Les femmes ne sont pas admises dans le đình. C’est pourquoi on a l’habitude de dire en vietnamien « Phép vua thua lệ làng » (L’autorité du roi cède devant la coutume du village).[Lire la suite]

 

Maison communale (Đình Làng: Phần 1)

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Vietnamese version
English version

Première partie

Đình Làng, ce sont deux mots qu’il est difficile de séparer dans l’esprit des Vietnamiens car partout où l’on trouve un village vietnamien, il y a aussi quelque part une maison communale, un đình. Couvert toujours de tuiles, celui-ci est un bâtiment colossal en bois et construit sur pilotis. Contrairement à la pagode qui se ferme sur elle-même, le đình n’a ni portes ni mur et communique directement avec l’extérieur. Sa large toiture imposante ne peut pas passer inaperçue de loin avec ses angles rebroussés (đầu đao). Son emplacement est l’objet d’études minutieuses de géomancie. Sa construction est réalisée dans la plupart des cas sur un terrain assez aéré considéré comme un espace sacré et orientée de manière à avoir accès à une pièce d’eau ( lac, rivière , puits) dans le but de recueillir le summum du bien-être. ( tụ thủy, tụ linh, tụ phúc ). C’est le cas du đình Tây Ðằng avec une pièce d’eau remplie de lotus devant son entrée en été ou  đình Ðồng Kỵ ( Từ Sơn, Bắc Ninh) érigé en face d’une rivière ou đình Lệ Mật (Gia Lâm, Hanoï) avec un large puits. La maison communale vietnamienne est édifiée souvent dans un cadre de verdure avec les banians centenaires, frangipaniers, aréquiers etc…


On ne peut pas définir mieux son rôle que celui qui a été écrit sommairement par Paul Giran dans son ouvrage intitulé: Magie et Religion annamites, pp 334-335, 1912:

Le đình où demeure le génie protecteur de chaque village (thành hoàng) est le foyer de la vie collective de la communauté. C’est ici que se font les réunions des notables et que se traitent les questions d’administration ou de justice intérieure. C’est aussi ici que se font les cérémonies religieuses et que s’accomplissent tous les actes qui sont la vie de la société vietnamienne.


On peut dire qu’il est en quelque sorte la mairie d’une ville d’aujourd’hui. Mais il est mieux considéré que cette dernière car il est le lien affectif de toute la communauté du village. À travers lui, le Vietnamien peut retrouver non seulement ses racines mais aussi les aspirations et les souvenirs communs du village où il est né et il a grandi. Son attachement profond à son village, en particulier à son đình ne trahit pas l’expression de ses sentiments qu’on a l’habitude de trouver dans les chansons populaires suivantes:

Qua đình ngả nón trông đình
Ðình bao nhiêu ngói thương mình bấy nhiêu….

En passant devant la maison communale, j’incline mon chapeau conique pour la regarder
Autant elle a de tuiles, autant je t’aime ….

ou bien

Trúc xinh trúc mọc đầu đình
Em xinh em đứng một mình cũng xinh
……………………………
Bao giờ rau diếp làm đình
Gỗ lim ăn ghém thì mình lấy ta ….

Le joli bambou-ivoire pousse à l’entrée de la maison communale
Tu es jolie, ma mie même si tu te tiens toute seule.
……………………………………
Chaque fois que le đình peut être érigé à partir des laitues
et que le bois « lim » peut être comestible, nous pourrions nous marier …

L’image d’un đình est ancrée intimement dans le cœur des Vietnamiens car le đình est le symbole de leur identité et de leur origine. Déjà, au XIIème siècle, sous la dynastie des Lý, parut un édit stipulant que sur tout le territoire vietnamien, chaque village dut construire son propre đình. Celui-ci suivit les Vietnamiens au cours de leur marche vers le Sud du XIIème au XVIIIème siècle. D’abord il s’implanta dans le Centre du Vietnam en passant par les provinces Thanh Hóa et Nghệ An sous la dynastie des Lê, puis par les provinces Thuận Hóa et Quảng Nam sous les Mạc et enfin dans le delta du Mékong à la pointe de Cà Mau avec les seigneurs des Nguyễn. Sa construction évolua pour s’adapter non seulement au nouveau climat, aux nouvelles terres acquises et aux nouveaux matériaux disponibles trouvés sur place mais aussi aux traditions et aux mœurs locaux tout au long du parcours sur des milliers de kilomètres durant les 4 siècles d’expansion. Hormis les Hauts Plateaux, berceau de la culture ancestrale des minorités ethniques, le đình réussit à se distinguer dans la diversité avec un style et une architecture propre à tous les recoins du Vietnam.

Construit quelques siècles plus tôt, le đình du Nord reste le modèle de  référence pour la plupart des Vietnamiens car il est retenu non pas pour son caractère esthétique mais plutôt pour son caractère original. Il est le symbole authentique de la vie rurale des Vietnamiens au fil des siècles. C’est lui qui a été érigé le premier par la culture villageoise vietnamienne dans le delta du Fleuve Rouge. Le đình du Nord n’est pas seulement un assemblage de colonnes, d’arbalétriers et de toutes sortes d’éléments soudés par des mortaises et des tenons, reposant sur le sol ou  des fondations en pierre mais c’est aussi une armature en bois sur laquelle s’appuie la toiture qui la consolide de son propre poids. L’une des caractéristiques de la maison communale vietnamienne réside  dans le rôle des colonnes servant de soutien à la toiture.   Plus les colonnes sont grosses,  plus l’armature est stable. 

        Maison communale Ðình Bảng ( Tiên Sơn, Bắc Ninh )

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Son aspect est très imposant grâce à ces colonnes principales volumineuses. C’est le cas du đình Yên Đông détruit par un incendie (Quảng Ninh) et dont les colonnes principales atteignent 105 cm de diamètre. Cette impression est illustrée souvent par l’expression qu’on a l’habitude de dire en vietnamien: to như cột đình ( colossal comme la colonne du đình ). C’est ce qu’on trouve dans le fameux « Ðình Bảng » avec ses 60 colonnes en bois de fer (gỗ lim) et sa grande toiture terminée par les angles rebroussés en forme des pétales de lotus.     Lire la suite                                                      

Đình Bảng (Bắc Ninh)

Mariage (Hôn nhân)

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English version

Version française

Hơn cả quy luật vĩnh cửu của thế giới, hôn nhân xuất hiện đầu tiên  ở Việt Nam được xem như là một sự giao ước giữa  hai gia đình với mục đích duy trì không chỉ dòng dõi mà còn cả phong tục Việt Nam, đặc biệt là việc thờ cúng tổ tiên. Hơn nữa, người Việt thấm nhuần tinh thần Đạo giáo xem tuổi trẻ chỉ có được một thời gian ngắn ngủi như măng tre. Đây là lý do ngày xưa chúng ta kết hôn rất sớm ở Việt Nam.

Tương tự như bộ luật của nhà Minh ở Trung Quốc, bộ luật nhà Lê quy định tuổi kết hôn tối thiểu đối với nữ là 13  tuổi và đối với nam là 16 tuổi. Vì thế trong tục ngữ Việt Nam mới có câu:

Gái thập tam, nam thập lục

để nhắc lại độ tuổi mà xã hội Việt Nam dành cho việc kết hôn. Điều này được  thực hiện luôn luôn  trong khuôn khổ Nho giáo truyền thống,  lúc nào cũng được  đi trước  đó  bởi  các cuộc đàm phán do người mai mối thực hiện và sau đó  đến việc trao đổi ngày tháng năm tuổi  nếu những lần tiếp xúc lần đầu  tỏ ra thuyết phục. Điều này  hay thường dẫn đến những lời hứa hẹn nhưng phải cam đoan thực hiện hôn nhân  nếu không sẽ bị  trừng  phạt bởi quan lại địa phương.

Lễ  đính hôn cũng là cơ hội để khẳng định sự cam kết cuối cùng  trong cuộc hôn nhân. Về phần này, nó diễn ra theo một nghi lễ cổ điển bao gồm việc rước cô dâu tương lai với kiệu, được vị hôn phu đón tiếp, nghi lễ dâng hương trước bàn thờ tổ tiên, sau đó ra mắt với  cha mẹ của hai bên, cái bắt tay và trao nhau lời thề.  Thưở xưa, cô dâu chú rể  hay trao đổi với nhau bằng  một nhúm đất lấy  một nhúm muối. Họ muốn thực hiện lời hứa và gắn bó với nhau suốt đời bằng cách lấy Trời Đất làm nhân chứng. Có một thành ngữ  cũng cùng một ý nghĩa: Gừng cay muối mặn để nhắc nhở vợ chồng trẻ chớ đừng bỏ nhau vì vị mặn của muối hay vị cay của gừng lại rất đậm đà và rất khó quên cũng như tình nghĩa vợ chồng rất sâu đậm và thắm thiết dù có bao thăng trầm trong cuộc sống.  Còn có một phong tục cho đêm tân hôn. Chọn một phụ nữ có nhiều con, đức hạnh vẹn toàn, được gia đình chú rể  mời đến để trực tiếp dọn giường  với đôi chiếu: 1 úp 1 mở  theo mô hình kết hợp của Âm Dương. 

Mặt khác,  không có  sử dụng cùng tên để chỉ cuộc hôn nhân của một công chúa hay một cô gái bình thường. Người ta gọi là “Hạ Giá” khi nói đến việc gả công chúa vì nhà vua gả con gái cho một người đàn ông kém quyền lực hơn mình, có địa vị thấp hơn. (Hạ nghĩa là “ở dưới” và Giá nghĩa là “lấy chồng”). Đối với hôn nhân giữa những người bình thường, người ta nói “Xuất Giá vì Xuất” trong tiếng Việt có nghĩa là “đi ra ngoài”. Ngày xưa cô dâu chú rể hiếm khi quen biết nhau trước khi đám cưới.

Hôn nhân trước hết được xem là sự giàn  xếp giữa cha mẹ với mục đích trả nợ hoặc liên minh. Nó cũng phản ánh tư tưởng Nho giáo không bao giờ  ưu đãi  cá nhân trước gia đình và xã hội. Cuộc hôn nhân của Công chúa Huyền Trân với vua Champa Chế Mẫn (Jaya Simhavarman III) đã thể  hiện rõ  rõ cái  tư duy này.

Vì  có tham vọng lãnh thổ, vua Trần Anh Tôn khó có thể bỏ qua lời hứa của cha mình là vua Trần Nhân Tôn sẽ gả em gái mình cho vua Chiêm Thành dù ngài biết rõ em gái có  tình cảm  dành cho tướng quân Trần Khắc Chung. Một tác giả vô danh đã không ngần ngại tố cáo vào thời điểm này qua  bài thơ Đường luật có tựa đề “Vương Tường” so sánh công chúa  Huyền Trân  với Vương Tường (Chiêu Quân Cống Hồ), một phi tần của Hoàng đế Hán Nguyên Ðê’ (48-33 TCN)  bị cống hiến cho vua  Hung Nô  (shanyu Huhanxie)  để mua lại hòa bình với những kẻ man rợ từ thảo nguyên ở phía bắc Trung Hoa.

Tuy nhiên, trong biên niên sử hôn nhân vẫn có trường hợp của Tướng quân Trần Quốc Tuấn.  Đây tình yêu đã dành được phần  chiến thắng trên lý trí và  ngoài ý muốn của cha mẹ mặc dù biết rằng ông là một người theo Nho giáo rất kỷ cương. Khi còn trẻ, ông đã yêu Công chúa Thiên Thành, em gái của vua Trần Thái Tôn. Cô nầy cũng không giấu sự ngưỡng mộ đối với vị tướng trẻ tài năng này. Nhưng ông  không thể thực hiện được ý định của mình vì cha ông là An Sinh Vương Trần Liễu bị thừa tướng xảo quyệt lúc bấy giờ là Trần Thủ Ðộ ép cha ông giao vợ thứ là công chúa Lý Thuận Thiên cho anh trai của ông, vua Trần Thái Tôn nhằm  để  có  người  thừa kế và duy trì triều đại  nên  đã phản đối kịch liệt  việc hôn nhân nầy.

Một ngày nọ, được tin vua gả em gái Thiên Thành cho con trai Nhân Đạo Vương, ông choáng váng, đau buồn không biết phải làm sao dù lúc đó ông được biết đến là chiến lược gia giỏi nhất nước trong thời kỳ chống quân Mông Cổ. Thấy ông bất lực, một trong những người hầu của ông, được xem là người lắm mưu mẹo  nhất, mới đề nghị ông đi cướp  cô dâu một cách bất ngờ vào ngày cưới. Nhờ sự dũng cảm phi thường này, ông đã thành công trong việc biến chuyển  tình yêu của mình thành hiện thực, nhận được sự tha thứ từ nhà vua và chiếm được lòng kính trọng của những người xung quanh, đặc biệt là của cha ông vì  nhận thấy ở ông không chỉ là một  đứa con thiên tài mà còn là một đứa  con xứng đáng có khả năng gột rửa nỗi xấu hổ cho  gia đình.  Hôn nhân đôi khi còn  là nỗi lo lắng của những người có trách nhiệm hoặc có vai trò chính trị ở vùng đất huyền thoại này.

Đó là trường hợp của vua Duy Tân. Sau này, bị ám ảnh bởi sự phế truất  và lưu đày của cha mình, hoàng đế Thành Thái bởi chính quyền thực dân, ngài không ngừng nuôi dưỡng kể từ khi lên ngôi lúc 7 tuổi, đã có ý định khiếu nại l ại hiệp ước Patenôtre và khôi phục chủ quyền và độc lập của Việt Nam bằng mọi biện pháp, kể cả vũ lực. Ngài  chưa bao giờ nghĩ đến việc kết hôn khi đất nước vẫn còn bị chiếm đóng. Điều này khiến mẹ ông là hoàng hậu Nguyễn Thị Định rất lo lắng và quan tâm. Bà còn lại thấy sự ch ưa trưởng thành  và  sự thiếu  uy tín  với  dân tộc vì  vua Duy Tân chưa có con cái chi cả. Bà không chậm trể  trình lên hoàng đế danh sách tên 25 thiếu nữ quý tộc do các quan lại lựa chọn và cung cấp. Nhưng trước sự thờ ơ của Duy Tân, bà tức giận ra lệnh cho ngài phải tìm môt tỳ thiếp  càng sớm càng tốt. Là  đứa con rất hiếu thảo, ngài  biết mình không thể trì hoãn thời hạn và phớt lờ lời nài nỉ của mẹ được nữa. Ngài  trả lời sau đó với giọng điệu thản nhiên:
Con từ chối danh sách của mệ cho đến bây giờ vì con đã yêu một cô gái hơn con một tuổi từ lâu. Con sẽ gặp lại cô này sau mười ngày nữa ở bãi biển Cửa Tùng.
Tò mò, thái hậu quyết định cùng ngài đi dạo ra bãi biển Cửa Tùng. Duy Tân suốt ngày đào cát. Đến tối, thái hậu quyết định nói với ngài:
Con không cảm thấy buồn cười khi con tìm kiếm người yêu của mình trên cát không?
Duy Tân cố gắng khiêm tốn giải thích:
Con  không bao giờ điên đâu mệ. Đó là sự thật tất cả những gì con nói với mệ. Nếu không tìm được vàng ở trong cát thì  con có thể tìm được vàng ở kinh đô Huế đấy.Từ đó, thái hậu  bắt đầu hiểu ý mà  vua Duy Tân muốn nói. Đấy là cô gái của thầy con đó mê tên là Mai thị Vàng. Tò mò trước sự lựa chọn của con trai bà, thái hậu hỏi lại:

Tại sao con lại chọn con bé đấy.
Duy Tân trả lời môt cách quả quyết :

Cha cô ấy là  Mai Khắc Ðôn dạy con  học, yêu quê hương, tránh xa nịnh thần và trọng dụng các kẽ trung thần. Con đoán là ông ấy cũng dạy con gái mình điều tương tự như vậy phải không mệ?

Qua cuộc hôn nhân này, vua Duy Tân đã cho chúng ta thấy rằng ngài có thể đáp lại sự mong đợi của mẹ mình, đồng thời bày tỏ lòng biết ơn đối với người thầy, người đã dạy ông yêu quê hương đất nước này và chọn một người phụ nữ có cùng có niềm tin, lý tưởng như mình và không trở thành một trở ngại cho cuộc đấu tranh chính trị của ngài.

Cũng vì tình yêu Tổ quốc và vì cuộc đấu tranh này mà lãnh tụ dân tộc chủ nghĩa Nguyễn Thái Học và đồng chí Nguyễn Thị Giang đã thề sẽ trở thành vợ chồng trước bàn thờ tổ tiên trước ngày khởi nghĩa ở Yên Bái. Họ hứa sẽ kết hôn sau khi kế hoạch của họ được hoàn thành. Để thể hiện sự quyết tâm và quyết định số phận của mình, Nguyễn Thị Giang đã xin chồng cho phép được sở hữu một khẩu súng. Chính với khẩu súng nầy, cô tự kết  liễu đời  mình  sau khi biết cuộc khởi nghĩa thất bại và chính quyền thực dân kết án tử hình chồng cô và các đồng chí.

Ngày nay, việc kết hôn không còn sớm như xưa, kể cả ở nông thôn. Sự suy giảm này nhầm  bảo vệ người mẹ tránh được  những ảnh hưởng của việc mang thai ở tuổi vị thành niên và hạn chế sinh con. Hôn nhân cũng không còn là kết quả đến  từ  ý muốn cha mẹ hay giao ước  của các gia đình. Ngược lại, nó không còn mang giá trị biểu tượng, ý nghĩa đặc biệt vì cô dâu chú rể thường quen nhau trước hôn nhân trong hầu hết các trường hợp. Nó không còn thể hiện  sự hy sinh mà hay thường đòi hỏi ở  đôi  vợ chồng mới cưới để duy trì việc thờ cúng tổ tiên và dòng dõi. Hôn nhân thể hiện trước hết sự thành công trong tình yêu mà cũng là sự cam kết  gắn bó với nhau  mãi mãi. (duyên nợ). 

 

Plus que la loi éternelle du monde, le mariage apparaît en premier lieu au Vietnam comme une alliance de familles dans le but de perpétuer non seulement la lignée mais aussi les coutumes vietnamiennes, en particulier le culte des ancêtres. De plus, les Vietnamiens imprégnés par l’esprit taoïste considèrent que la jeunesse n’a qu’un temps comme les pousses de bambou. C’est pourquoi, on avait l’habitude de se marier très tôt autrefois au Vietnam.

Analogue au Code des Ming en Chine, le Code des Lê fixait l’âge minimal de mariage pour les filles à 13 ans et pour les garçons à 16 ans. C’est pourquoi dans un proverbe vietnamien, on dit que:

Gái thập tam, nam thập lục
Treize ans pour les filles, seize ans pour les garçons.

pour rappeler l’âge que la société vietnamienne accorde pour le mariage. Celui-ci s’effectue toujours dans le cadre confucéen traditionnel. Il est précédé toujours par des négociations menées par des entremetteurs et suivi par l’échange de données astrologiques si les premiers contacts s’avèrent convaincants.

Cela aboutit d’une manière générale, à des promesses de mariage qui doivent être réalisées sinon il y aura des punitions infligées autrefois par le mandarin local avec sévérité. La fête des fiançailles est aussi l’occasion d’entériner l’engagement définitif du mariage qui se déroulera plus tard  suivant un cérémonial classique comportant l’arrivée de la future épouse en palanquin, sa découverte par le fiancé, une cérémonie rituelle d’offrande devant l’autel des ancêtres, puis devant les parents des époux, la poignée de mains et l’échange des serments mutuels.

Autrefois, les jeunes mariés avaient l’habitude d’échanger mutuellement une pincée de terre contre une pincée de sel. Ils voulaient honorer et pérenniser leur union et leur fidélité en prenant le Ciel et la Terre comme témoins de leur engagement. On trouve aussi la même signification dans l’expression suivante: Gừng cay muối mặn pour rappeler aux jeunes mariés qu’il ne faut jamais se quitter car la vie est amère et profonde avec des hauts et des bas comme le  gingembre piquant et le   sel  gardent leur goût au fil des années. . Il y a une coutume pour la cérémonie de la première nuit de noce. On demande à une femme assez âgée, ayant beaucoup d’enfants et censée d’être bonne et honnête de prendre en charge l’étalement et la superposition d’une paire de nattes sur le lit nuptial: l’une ouverte et l’autre mise à l’envers à l’image de l’union du Yin et du Yang. 

Par contre, on n’emploie pas le même nom pour désigner le mariage d’une princesse ou d’une fille ordinaire. On appelle  « Hạ Giá » lorsqu’il s’agit du mariage de la princesse car le roi donne la main de sa fille à un homme moins puissant que lui, de rang inférieur. (Hạ veut dire « au dessous » et Giá signifie « marier »). Pour les mariages entre les gens normaux, on dit  « Xuất Giá » car Xuất »veut dire en vietnamien « đi ra ngoài (sortir)». Autrefois, les mariés se connaissaient rarement.  

Le mariage était considéré avant tout comme un arrangement entre les parents dans le but d’honorer une dette ou de contracter une alliance. Il reflétait aussi l’état d’esprit confucéen ne favorisant jamais la prédominance de l’individu sur la famille et la société. Le mariage de la princesse Huyền Trân avec le roi du Champa Chế Mẫn (Jaya Simhavarman III ) illustrait bien cet état d’esprit.

Pour des ambitions territoriales, il était difficile pour le roi Trần Anh Tôn d’ignorer la promesse de son père, le roi Trần Nhân Tôn d’accorder la main de sa sœur au roi du Champa bien qu’il fût au courant de l’amour porté par cette dernière à son général Trần Khắc Chung. Un auteur anonyme n’hésita pas à le dénoncer à cette époque à travers son poème de sept pieds à la manière des Tang, intitulés « Vương Tường » en comparant la princesse à Vương Tường (ou Wang Zhaojun en chinois) ( Chiêu Quân Cống Hồ) , une concubine de l’empereur des Han, Han Yuandi ( Hán Nguyên Ðê’)( 48-33 avant J.C.) promise au roi de Xiongnu (shanyu Huhanxie) dans le but de restaurer la paix avec les barbares venant des steppes du Nord de la Chine.

Malgré cela, il y a dans les annales du mariage le cas du général Trần Quốc Tuấn où l’amour triomphait sur la raison et sur la volonté des parents bien qu’il fût connu comme un confucianiste très convaincu. Quand il était encore jeune, il était tombé amoureux de la princesse Thiên Thành, sœur du roi Trần Thái Tôn. Celle-ci ne cachait pas non plus son admiration pour ce jeune général talentueux. Mais il était interdit à ce dernier de concrétiser son intention car son père, An Sinh Vương Trần Liễu, acculé par le premier ministre machiavélique de cette époque, Trần Thủ Ðộ, à céder sa concubine, la princesse des Lý, Thuận Thiên à son frère, le roi Trần Thái Tôn dans le but d’avoir un héritier et de perpétuer la dynastie, s’opposait à cette union. Ayant appris un beau jour que le roi avait accordé la main de sa sœur Thiên Thành au fils de Nhân Ðạo Vương, il fut abasourdi et tellement attristé et ne sut plus quoi faire bien qu’il fût connu à cette époque comme le meilleur stratège dans la lutte contre les Mongols. En le voyant désemparé, l’un de ses serviteurs connu comme le plus rusé de tous, lui suggérait d’aller s’emparer par surprise, de la fiancée, le jour du mariage. Grâce à cette hardiesse extraordinaire, il réussît à concrétiser son amour, à obtenir le pardon auprès du roi et à conquérir l’estime de son entourage, en particulier celui de son père car ce dernier trouvait en lui non seulement un homme de génie mais aussi un fils digne et apte à laver la honte de la famille. Le mariage est parfois la source des soucis pour ceux qui assument une responsabilité ou un rôle politique sur cette terre des légendes.

C’est le cas de l’empereur Duy Tân. Celui-ci, obsédé par la déchéance et l’exil de son père, l’empereur Thành Thái, par les autorités coloniales, nourrit incessamment depuis son intronisation à l’âge de sept ans, l’intention de remettre en cause le traité de Patenôtre et de rétablir la souveraineté et l’indépendance du Vietnam par tous les moyens, y comprise la force. Il ne pensa jamais à se marier tant que le pays était encore occupé. Cela provoqua tant de soucis et de préoccupations pour sa mère, la reine Nguyễn Thị Ðịnh . Celle-ci vit au contraire l’immaturité de son fils et le manque d’autorité auprès de son peuple car Duy Tân n’avait pas encore des descendants. Elle ne tarda pas à présenter à l’empereur la liste des 25 jeunes filles nobles sélectionnées et fournies par les mandarins. Mais devant le désintérêt et l’impassibilité de Duy Tân, elle devint furieuse et ordonna à Duy Tân de chercher une concubine dans les plus brefs délais. Étant très pieux, il savait qu’il ne pouvait plus retarder l’échéance et ignorer l’insistance de sa mère. Il répondit alors avec un ton impassible:

Je refuse jusque-là votre liste car je suis amoureux depuis longtemps d’une fille plus âgée que moi d’un an. Celle-ci, je vais la revoir dans dix jours à la plage Cửa Tùng.
Intriguée, la reine-mère décida de l’accompagner lors de la promenade à la plage Cửa Tùng. Duy Tân passa toute sa journée à fouiller le sable. Le soir, la reine-mère décida de l’apostropher:

Ne te sens-tu pas ridicule de chercher ta chérie dans le sable?

Duy Tân tenta de donner des explications avec modestie:
Je ne suis jamais cinglé. C’est vrai tout ce que je vous dis. Si on n’arrive pas à trouver de l’or dans le sable, on le retrouvera à la capitale Huế.

Dès lors, la reine mère commença à saisir l’allusion que Duy Tân voulut évoquer. Il s’agit bien de la fille de son maître de nom Mai Thị Vàng. (Vàng signifie Or en français).
Intriguée par le choix de son fils, la reine-mère lui demanda de nouveau:
Pour quelle raison tu la choisis?
Duy Tân répondit avec conviction:
Son père Mai Khắc Ðôn m’a appris à lire, à aimer la patrie, à éviter les courtisans et à me servir des fidèles. Je déduis qu’il a appris à sa fille la même chose, n’est ce pas, maman?
Par ce mariage, l’empereur Duy Tân nous a montré qu’il a su être à la hauteur de l’attente de sa mère tout en montrant sa reconnaissance à son maître, l’homme qui lui a appris à aimer cette patrie et en choisissant une femme ayant la même conviction et le même idéal que lui et ne devenant pas une entrave pour son combat politique. 

C’est aussi pour l’amour du Vietnam et pour ce même combat que le leader nationaliste Nguyễn Thái Học et son camarade de parti, Nguyễn Thị Giang s’étaient jurés de devenir mari et femme devant l’autel des ancêtres jusqu’avant leur soulèvement à Yên Bái. Ils promettaient de se marier plus tard, une fois leur dessein réalisé. Pour montrer sa détermination et pour sceller leur destin, Nguyễn Thị Giang demanda à son mari de lui permettre d’avoir un revolver. C’est avec celui-ci qu’elle décida de se suicider après avoir appris l’échec du soulèvement et la condamnation à mort de son mari et de ses compatriotes par les autorités coloniales.

Không thành công thì thành nhân.
On devient un être exemplaire même si on échoue.

De nos jours, le mariage n’est plus précoce comme autrefois, même en milieu rural. Ce recul permet de protéger la mère contre les effets de grossesses juvéniles et de limiter les naissances. Le mariage ne résulte pas non plus de la volonté des parents ou de l’alliance des familles. Par contre, il ne porte plus une valeur symbolique, une signification particulière car les mariés se connaissent souvent dans la plupart des cas avant le mariage. Il ne reflète plus le sacrifice qu’on a demandé souvent aux jeunes mariés pour perpétuer le culte des ancêtres et la lignée.

Il est avant tout la consécration de l’amour
et le gage du bonheur et des malheurs (duyên nợ en vietnamien ) pour l’éternité.

Hamac (Cái võng)

 

 

English version

Version française

Chiếc võng là một dụng cụ rất quen thuộc của người dân Việt. Từ bao nhiêu thế hệ, chúng ta thường quen nghe tiếng  kêu kèn kẹt  của nó vang lên từ Nam đến Bắc Việt Nam với một nhịp điệu đều đặn. Tiếng ồn chói tai này hòa lẫn với tiếng la khóc của những đứa trẻ và những bài hát ru trở thành một giai điệu âm nhạc vĩnh cửu  đã ăn sâu vào tâm hồn của người dân Việt. Nghèo hay giàu, mỗi người  dân Việt có ít nhất một chiếc võng. Đó không chỉ là cái nôi của  các đứa trẻ nhỏ ở Việt Nam mà còn là chiếc xích đu của chúng nữa. Nó được sử dụng bởi người lớn để thư giãn. Nó cũng là nơi nằm nghỉ ban ngày của  các người già. Nó là dụng cụ duy nhất mà mọi người  dân Việt nào không thể bỏ qua được.

Chúng ta  thường nói ở Việt Nam rằng chúng ta lớn lên lớn trong tiếng võng và già đi với những bài hát ru vì  các bài nầy  được hát liên tục bởi các   bà mẹ hay  các bà cụ  thường nâng niu  các con hay các cháu. Nghe  tiếng ọp ẹp của võng qua lại và kèm theo những bài hát ru ưu sầu, người dân Việt không thể không  xao xuyến vì nó làm sống lại những kỷ niệm của thời thơ ấu mà đôi khi còn  là những kỷ niệm của mối tình đầu. Những bài hát ru vẫn như thưở nào nhưng lần này  được hát bởi một bà mẹ trẻ có thể là đến  từ sự trùng hợp ngẫu nhiên nào đó  là cô gái mà ta  được biết lúc đó khi ta còn là một chàng thanh niên, hay là một cô lái đò trẻ. Chắc chắn rằng ta sẽ có một cảm xúc tương tự như một người quay về làng quê, sau bao nhiêu năm vắng bóng,  chạnh lòng xót xa khi nghe bài hát ru sau đây:

Bước chân vào ngõ tre làng
Lòng buồn nặng trĩu nghe nàng ru con
Bước lên thềm đá rêu mòn
Lòng buồn nặng trĩu nghe buồn võng đưa.

Chúng ta không thể vô cảm khi chúng ta đến từ đồng bằng sông Cửu Long và khi nghe một bài hát ru sau đây:

Ầu ơ .. Bao giờ Chợ Quán hết vôi,
Thủ Thiêm hết giặc em thôi đưa đò,
Bắp non mà nướng lửa lò
Ðố ai ve được con đò Thủ Thiêm.

Điều này chắc chắn đưa chúng ta trở lại với  thời của tuổi trẻ, thời mà chúng ta vẫn còn vô tư, thích tán tỉnh các cô gái trẻ thậm chí đôi khi luôn cả cô lái đò. Mặc dù chiếc võng được làm ra một cách đơn giản bằng đay hay vải, tiếng ồn qua lại của nó từ từ đã ăn sâu vào ý thức và  đời sống tinh thần của chúng ta và trở nên qua nhiều năm, là  một chủ đề thường được nhắc đến trong các ca dao của  người dân Việt.

Ðố ai nằm võng không đưa,
Ru con không hát, đò đưa không chèo.

Thưở xưa, chiếc võng cũng được sử dụng để vận chuyển phụ nữ hoặc quan lại không muốn đi bằng ngựa. Chiếc võng được đỡ bởi một cây đòn to lớn nằm trên vai hai người đàn ông  đi  một  cách nhịp  nhàng. Để tránh ánh nắng mặt trời, một tấm thảm lác được đặt trên cây đòn gánh. Sự pha trộn này thường được gọi là « kiệu ». Điều này phải tôn trọng các nghi thức nhất định khi đây là một chiếc kiệu được sử dụng bởi các quan. Tùy thuộc vào cấp bậc của họ, hàng ngũ đi kèm với chiếc kiệu  đông người hay không. Một hoặc nhiều người đi trước chiếc kiệu chính thức mang theo vũ khí (kiếm, gậy, vân vân..). Hai bên kiệu là những người mang lộng, hộp trầu, ống nhổ, ống hút, vân vân … Chiếc kiệu này vẩn được sữ dụng cho đến khi xuất hiện chiếc xe kéo đầu tiên vào năm 1884 tại Hànội.

Chiếc võng cũng là  niềm mơ ước của các cô gái trẻ Việt  được kết hôn với ông nghè vinh qui vì theo truyền thống của người dân Việt, cô dâu trẻ được ngồi trong một chiếc kiệu theo sau con ngựa của người chồng được thi đổ làm quan. (Ngựa anh đi trước, võng nàng theo sau).

Ở phương Tây, chúng ta có  con mắt Cain để tượng trưng cho sự giày vò lương tâm. Ở Việt Nam, để nói về sự tra tấn này, chúng ta thường nhắc đến tiếng võng của « Con Tấm » (hay cô bé lọ lem Việt Nam) bởi vì tiếng kêu của cái võng này làm nhớ đến linh hồn lang thang của Tấm. Nàng là  nạn nhân của cuộc âm mưu được sắp xếp bởi chị Cám và mẹ kế của Tấm. Ngay từ khi Cám nằm trên võng, tiếng võng kêu ọp ẹp và đe dọa làm cho  Cám có cảm giác linh hồn lang thang của em gái Tấm đang thay thế chiếc võng và tìm cách trả thù Cám. Ngày nay, ở các thành phố, những người khá giả   thay võng bằng giường cho các đứa con nhỏ. Nhưng mặc dù có sự thoải mái và thẩm mỹ, cái giường nó  không thể nhận diện ra được như một dụng cụ quen thuộc, cá biệt và thân mật của người dân Việt vì công dụng của nó rất hạn chế. Mặt khác, nó cũng không có tiếng ọp ẹp đi cùng với những bài hát ru u sầu để tạo một một giai điệu âm nhạc vĩnh cửu và khó mà thay thế được.

Măc dù có một cấu trúc thô sơ, chiếc võng vẫn tiếp tục nhịp điệu cuộc sống của người dân Việt và biểu lộ qua nhiều năm tháng, sự thân mật và đặc thù văn hóa của người dân Việt.

 

Version française

Le hamac est l’instrument très familier des Vietnamiens. Depuis tant de générations, on est habitué à entendre son grincement résonnant à une cadence régulière du Sud jusqu’au Nord du Vietnam. Ce bruit strident mélangé aux cris des pleurs des bambins et aux berceuses devient un air de musique éternel enraciné dans l’âme vietnamienne. Pauvre ou riche, chacun des Vietnamiens possède au moins un hamac. Il est non seulement le berceau des jeunes enfants vietnamiens mais aussi leur balançoire. Il est employé par les adultes pour se détendre. Il est aussi le lit de repos pour les personnes âgées. C’est le seul instrument dont aucun Vietnamien ne peut pas se passer. On a l’habitude de dire au Vietnam qu’on a grandi avec le bruit du hamac (lớn trong tiếng võng) et on vieillira avec les berceuses ( già trong lời ru ) car ces dernières sont chantées inlassablement par les mères ou les grand-mères pour dorloter leurs enfants ou leurs petit-enfants.

En entendant le grincement provoqué par le va-et-vient du hamac et accompagné par des berceuses empreintes de mélancolie, il est impossible pour un Vietnamien de ne pas s’émouvoir car cela ravive les souvenirs de son enfance mais parfois ceux de son premier amour. Les berceuses restent les mêmes mais elles sont chantées cette fois par une jeune mère pouvant être par une coïncidence curieuse, la fille qu’il connut à l’époque où il était encore un jeune adolescent, ou l’ancienne passeuse du bac. C’est sûr qu’il aura dans ce cas le même ressentiment qu’une personne rentrée à son village natal, après tant d’années d’absence, a éprouvé dans la berceuse suivante:

Bước chân vào ngõ tre làng
Lòng buồn nặng trĩu nghe nàng ru con
Bước lên thềm đá rêu mòn
Lòng buồn nặng trĩu nghe buồn võng đưa

Quand on met le pied à l’entrée du village
On se sent attristé en entendant la berceuse qu’elle chante pour dorloter son bambin
Quand on gravit le perron en pierre rongé et couvert de mousse
On se sent attristé en entendant le grincement mélancolique du hamac.

On ne peut pas rester insensible lorsqu’on est issu du delta du Mékong et lorsqu’on entend la berceuse suivante:

Ầu ơ .. Bao giờ Chợ Quán hết vôi,
Thủ Thiêm hết giặc em thôi đưa đò,
Bắp non mà nướng lửa lò
Ðố ai ve được con đò Thủ Thiêm.

Âu ơ ..Quand le marché « Chợ Quán » n’a plus de la chaux,
Et la région Thủ Thiêm n’a plus la guerre, je cesserai d’être la passeuse du bac
Les maïs tendres étant mis au fourneau,
Quiconque réussit-il  à me courtiser, le bac de Thủ Thiêm?

Cela nous fait revivre sans doute l’époque de notre jeunesse, l’époque où nous étions encore insouciants, nous aimions bien flirter les jeunes filles parfois même la passeuse du bac. Malgré que le hamac est fabriqué simplement en jute ou en tissu , le bruit provoqué par son va-et-vient continue à se fixer doucement dans l’intimité de notre conscience et dans notre mode de vie spirituel et devient au fil des ans, le sujet le plus abordé dans les poèmes populaires vietnamiens.

Ðố ai nằm võng không đưa,
Ru con không hát, đò đưa không chèo

Parie-t-on à quiconque de s’allonger sur le hamac sans le balancer
de dorloter le bambin sans chanter les berceuses et de conduire le bac sans ramer?

Autrefois, le hamac fut employé aussi pour transporter les femmes ou les mandarins qui ne savaient pas aller à cheval. Le hamac est soutenu par un gros bambou qui repose sur l’épaule de deux hommes trottinant à une allure très cadencée. Pour s’abriter du soleil, une natte de jonc est posée à cheval sur le bambou. Cet assemblage est connu souvent sous le nom « palanquin ». Celui-ci doit respecter certains protocoles lorsqu’il s’agit d’un palanquin employé par les mandarins. En fonction de leur grade, la suite de personnes   accompagnant le palanquin était plus ou moins importante. Une ou plusieurs personnes précédant le palanquin officiel portaient des armes (sabres, bâtons etc.). Sur les côtés du palanquin se tenaient les porteurs de parasol, de boite à bétel, de crachoir, de pipe à eau etc… Ce palanquin ne fut remplacé qu’au moment de l’apparition des premiers pousse-pousse (ou rickshaw) en 1884 à Hanoï.

Le hamac était aussi le rêve de la plupart des jeunes filles vietnamiennes de se marier avec un mandarin car dans notre tradition, la jeune mariée était portée toujours par un palanquin précédé par le cheval de son époux mandarin. (Ngựa anh đi trước, võng nàng theo sau).

En Occident, on a l’œil de Caïn pour symboliser la torture de la conscience morale. Au Vietnam, pour parler de cette torture, on se réfère souvent au grincement du hamac de « Con Tấm » (ou Cendrillon vietnamien) car ce grincement fait penser à l’âme errante de Tấm, victime d’un complot ourdi par sa demi-sœur Cám et sa marâtre et cherchant à se venger de Cám. Dès l’instant où celle-ci se mit à s’allonger sur le hamac, le grincement du hamac devint si assourdissant et menaçant que Cám avait l’impression que l’âme errante de sa sœur Tấm se substituait au hamac.

De nos jours, dans les villes, les gens aisés remplacent le hamac par le lit pour leurs bambins. Mais il est certain que le lit, malgré son confort et son esthétique, ne peut être reconnaissable comme l’instrument familier, propre et intime du peuple vietnamien car son utilisation est très limitée et il lui manque d’autre part, le grincement qui va de pair avec les berceuses mélancoliques pour devenir un air de musique éternel et irremplaçable.          

Malgré sa constitution rudimentaire, le hamac continue à rythmer la vie des Vietnamiens et témoigne au fil des années, de l’intimité et de la spécificité culturelle du peuple vietnamien.

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Être élève (Đạo nghĩa làm người học trò)

English version

À la mémoire de mes professeurs,
les Frères de Jean-Baptiste de la Salle.

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Être élève au Vietnam
Aucun Vietnamien ne peut rester impassible lorsqu’on a l’occasion de lui rappeler les années d’étude qu’il a passées à l’école avec ses maîtres. L’image de son école continue à être gravée intimement dans sa mémoire. C’est ce qu’a ressenti le compositeur Phạm Trọng Cầu à travers la chanson « Trường làng tôi » (L’école de mon village) . Comment pourrait-il oublier tous ceux qui ont contribué à lui donner une éducation, à lui apprendre le savoir et à le mettre sur le chemin d’apprentissage de la vie? Pour lui, un mot, une journée d’étude à recevoir d’eux, sont suffisants pour justifier cette reconnaissance.

Trường làng tôi » (L’école de mon village)

C’est aussi ce qu’on ne cessa pas de lui répéter lorsqu’il était encore un jeune enfant:

Nhất nhật vi sư Bán tự vi sư

Học một ngày cũng thầy Học nữa chữ cũng thầy

Une journée d’étude que quelqu’un t’a donnée te suffit pour l’appeler maître. Même un demi-mot le justifie également . Sans maître, il ne peut pas devenir celui qu’il est aujourd’hui. Il doit pour une large part son existence, sa réussite et surtout son éducation à son maître car c’est lui qui lui a appris non seulement le savoir mais aussi la sagesse et l’apprentissage de la vie. La remarque célèbre suivante : Không thầy đố mầy làm nên (Sans maître, tu ne peux pas réussir) continue à envahir son esprit et à justifier son comportement, ses sentiments profonds à l’égard de son maître. Il accorde à celui-ci un rôle si crucial qu’il n’hésite pas à se servir du mot « maître » (ou Thầy en vietnamien ) pour appeler quelquefois son père car ce dernier était la première personne qui lui a donné la première leçon d’éducation. C’est pourquoi le maître reste le deuxième personnage à respecter dans la trilogie confucéenne immuable suivante: Quân, Sư, Phụ.

Quel que soit son âge, sa fonction, son niveau d’instruction, il continue à rester toujours le petit élève, le jeune disciple de son maître. Il ne consent pas à négliger son respect envers son maître même dans les moments périlleux de sa vie. C’est ce qu’a montré l’empereur Hàm Nghi à l’égard de son maître Nguyễn Thuận devant les autorités coloniales. Celles-ci étaient incapables de reconnaître physiquement Hàm Nghi lors de sa capture. La seule personne capable de l’identifier était son maître. C’était pourquoi ce dernier fut emmené de force devant le jeune Hàm Nghi. Pour le respect de son maître âgé, il ne pouvait pas laisser celui-ci s’agenouiller devant lui. Il fut obligé d’empêcher son maître d’effectuer ce geste. À cause de cette attitude inopportune, il fut identifié ainsi par les autorités coloniales. Il préféra mourir au lieu de commettre une faute irréparable envers celui qui lui a appris non seulement la dignité et le courage mais aussi le devoir envers son peuple et son pays. C’était aussi le cas de l’empereur Duy Tân avec son précepteur Eberhard chargé de le surveiller et de rapporter toutes ses activités aux autorités coloniales. Au lieu d’être haï, il devint ainsi l’un des personnages que Duy Tan continuait à respecter durant ses années de règne. On a l’habitude de dire en vietnamien :

Kính thầy mới được làm thầy
 
Il faut respecter le maître avant de pouvoir devenir maître plus tard.

C’est dans cet esprit confucéen que le jeune élève vietnamien était formé. Il essaie d’être toujours à l’écoute de son maître. Il adopte quelquefois une attitude ambiguë pour ne pas vexer ou gêner son maître bien qu’il ne soit pas entièrement d’accord avec lui. C’est ce respect que l’empereur Gia Long a su maintenir envers son tuteur, son guide spirituel, l’évêque d’Adran, Monseigneur Pigneau de Béhaine durant ses années de règne. L’âge n’influe pas sur le comportement de l’élève à l’égard de son maître qui est bien des fois plus jeune que lui. Il est choquant et émouvant de voir quelquefois un vieil élève, les bras croisés devant un jeune maître mais cela ne contredit jamais les sentiments intimes, l’attachement profond et sincère qu’il continue à garder pour son maître comme pour sa mère et pour son pays. Il sait ce que le maître attend de lui. Il essaie d’être à la hauteur de cette attente, ce qui le met quelquefois dans des situations délicates et aberrantes où il est lui-même en compétition avec son maître. C’était le cas de Phạm Duy Trĩ avec son maître Nguyên Khắc Kính lors d’un concours royal qui eut lieu en 1562 sous la dynastie des Mac. Issu d’une famille très pauvre et orphelin de père très jeune, il était élevé par sa mère qui n’hésita pas à proposer à son maître le seul buffle qu’elle possédait afin que ce dernier connu pour ses années d’expérience en matière d’enseignement dans son village, acceptât de prendre son fils comme disciple. Ému par le sacrifice de sa mère, le maître Nguyễn Khắc Kính consentît à le prendre comme élève. Quelques années plus tard, grâce à à son assiduité et à son intelligence, il parvint à surpasser son maître, ce que ce dernier eut constaté lors des concours provincial et général où il fut aussi candidat. En connaissant parfaitement l’état d’esprit de son élève et les sentiments profonds que celui-ci continuait à lui réserver, il ne voulait pas qu’à cause du respect à son égard, son élève fût pénalisé et ne mit pas tout son poids et toute son ardeur dans ce concours royal. C’était pour cela qu’il lui dit:
Si tu ne veux pas être brillant à ce concours, j’arriverai à comprendre ton comportement, tes sentiments. Mais tu dois rappeler que ce concours est réservé pour celui qui mérite d’être choisi pour servir le pays. Tu dois prendre en compte les intérêts de la nation avant les considérations personnelles. Il ne faut pas trahir ton idéal et ton pays.
Il lui rappela la phrase que tout maître d’école aimait répéter souvent à son élève:

Bất nhượng ư sư
Không nên nhường thầy.
Ne concède pas ce que tu mérites pour ton maître.

Ému par ces conseils, Phạm Duy Trĩ acquiesça de la tête et retint ce que son maître lui avait dit. Il réussit à ce concours royal et obtint le titre de Trạng nguyên ( 1er docteur ). Quant à son maître, il fut classé second et reçut le titre de Bảng Nhãn ( ou 2è docteur ).
Les sentiments que le Vietnamien a pour son maître ne s’effacent jamais avec le temps, ce qu’a montré le seigneur Nguyễn Phúc Nguyên à l’égard de son maître spirituel et son conseiller Ðào Duy Từ . Pour le remercier, le seigneur Nguyễn Phúc Nguyên n’hésita pas à lui rendre un vibrant hommage en donnant à l’une de ses fortifications se trouvant dans le centre du Vietnam le nom « Lũy Thầy (fortification du maître). Celle-ci a été construite dans le but de contrer les Trịnh au Nord Viêt-Nam. Grâce à cette appellation, il réussît à donner une grande portée à sa reconnaissance à travers l’histoire et la nation entière. Cette fortification continue à être connue encore aujourd’hui avec ce nom.

Par contre ces sentiments deviennent au fil des années une sorte de ciment qui lie un peu plus le Vietnamien à son école, à son village et à sa terre natale. Ils sont aussi un gage d’affection et de respect que le Vietnamien aime donner à son maître dans son esprit confucéen.

Être confucianiste (Làm người đạo Khổng)


Version française

English version

Xã hội Việt Nam bị ảnh hưởng sâu sắc bởi Nho giáo được du nhập vào Việt Nam ở thời kỳ thống trị lâu dài của Trung Hoa  (111 TCN – 939 sau Công nguyên). Do đó người Việt đã được thấm nhuận ít nhiều những ý tưởng mà được Đức  Khổng Tử miêu tả trong Ngũ Kinh. Ông hay thường  dạy bảo  những gì đúng đắn và phù hợp với quan điểm đạo đức qua  5 mối quan hệ (Ngũ Luân) mà xã hội Việt Nam hay thường dựa lên: mối quan hệ giữa vua và tôi, giữa cha và con, giữa chồng và vợ, giữa họ và anh em và sau cùng giữa họ và  các bạn bè. Nhờ vậy, người Việt rất coi trọng gia đình, mà họ luôn  xem coi đó là nơi để họ rèn luyện đạo đức và gắn bó mật thiết với làng mạc quê quán nơi họ sinh trưởng và tổ tiên của họ.

Điều này giúp cho xã hội Việt Nam không chỉ tìm được sự bền chặt mà còn có được sự vững chắc, ăn sâu xa vào cội rễ và hữu hiệu để khắc phục được mọi thế lực ngoại bang trong những thời kỳ khó khăn và quyết định của lịch sử Việt Nam. Xã hội được người Việt xem coi là một phần mở rộng của vòng gia đình. Người Nho giáo Việt không bao giờ coi thường lòng hiếu thảo, kính trọng người già, lý tưởng của lòng trung thành, tình hữu nghị và danh dự.

Muốn  biết tâm hồn Việt, bạn phải nắm bắt được sự ngọt ngào của nó. Người Việt nói chung không có hành vi gây hấn trừ khi bị làm mất mặt, đặc biệt là danh dự. Sự tha thứ  rất là Việt Nam. Đây là những đặc điểm cốt yếu của người Việt được nhạc sỹ Trịnh Công Sơn mô tả.

Danh dự là một trong những đức tính mà Nho gia Việt cố gắng gìn giữ cho đến cuối đời. Ngọc hòa tan có thể giữ được độ trắng, cây tre vẫn giữ  thân thẳng khi được  tiêu dùng. Sự tồn tại cá nhân được xem  nhẹ so với danh dự. Đấy là những câu nói tóm gọn lại  tinh thần của người Nho giáo Việt. Đây là trường hợp của tướng Võ Tánh, người bất chấp lời khuyên nên bỏ chạy của vua Gia Long, em rể  của ông. Ông vẫn muốn hy sinh bản thân vào năm 1801 bằng cách cho nổ tung một căn nhà chứa đầy bột nổ  để bảo vệ không chỉ danh dự  cho chính mình mà còn cứu mạng hàng nghìn binh sĩ của mình trước quân Tây Sơn hùng mạnh đang vây hãm thành Quy Nhơn. Nhờ thế  ông  giúp vua Gia Long giành được chiến thắng  vẻ vang và quyết định tại Phú Xuân (Huế). Nhưng người thể hiện rõ  được nét con người Nho giáo Việt vẫn là người anh hùng dân tộc  Trần Hưng Đạo. Người ta tìm thấy ở vị tướng này tất cả những đức tính của một người nhân đức vẹn toàn (đây là tổng hợp của tất cả những đức tính được Khổng Tử mô tả trong Kinh điển).

Cha của ông Trần Liễu là anh trai của vua Trần Thái Tôn. Ông  nầy không có con. Để củng cố và trường tồn vương triều, tể tướng Trần Thủ Độ đã không ngần ngại ép công chúa Thuận Thiên, vợ lẽ của cha Trần Hưng Đạo đang mang thai ba tháng, kết hôn với vua. Nổi giận, cha ông là Trần Liễu rất đau đớn nói với ông: Sau này, nếu con không trả thù được cái nhục nầy và lên ngôi thì ta sẽ không bao giờ có được hạnh phúc ở Suối vàng. Ông không phản đối những lời  này nhưng ông không bao giờ lưu ý đến những lời nhắn nhủ của cha mình cả. Mặt khác, vào một ngày đẹp trời, để  thăm dò  ý  định của các con, ông lại hỏi ý kiến của ​​chúng về vấn đề này. Con trai thứ ba  của ông lại  khuyến khích ông nên chiếm đoạt ngai vàng. Ông ta cấm con  gặp lại   ông cho đến cuối đời sau khi suýt giết chết con ông ngay tại chỗ. Là một dứa con ngoan,, ông giữ  nhớ lại tất cả những lời cha dặn nhưng ông cố gắng gạt lợi ích cá nhân sang một bên để hành động phù hợp với lợi ích quốc gia.

Lòng trung thành của ông là không lay chuyển đối với nhà vua. Có một ngày  đẹp trời, trong chuyến du ngoạn cùng nhà vua, khi cầm trong tay một cây gậy có đầu nhọn bằng sắt nhọn, ông không ngần ngại rút nó ra để bày tỏ lòng trung thành của mình. Cũng chính ông đã trấn an nhà vua hãy tiếp tục chiến đấu chống lại quân Mông Cổ (Nhà Nguyên) và không chịu đầu hàng nên nói với vua rằng: Nếu muốn đầu hàng thì trước hết ngài  phải  chặt đầu thần. Nhờ lòng dũng cảm, sự quyết tâm, bền bỉ và cao thượng, Việt Nam đã hai lần liên tiếp giành chiến thắng trước quân Mông Cổ của Hốt Tất Liệt vào năm 1257 và 1287. Ông chưa bao giờ lợi dụng quyền hành chỉ huy quân sự của mình để ban ân cho bất cứ ai cả. Ông đã giao việc đó cho nhà vua khi ông còn là tổng tư lệnh quân đội Việt Nam. Ông thực thi quyền lực của mình một cách công bằng cho tất cả mọi người,  từ  lớn đến  nhỏ. Cũng nhờ ông mà Nho giáo đạt đến đỉnh cao vào thời điểm này và trở thành hình mẫu độc đáo cho việc tổ chức nhà nước và xã hội Việt Nam.

Mặc dù vậy, Nho giáo thường bị chỉ trích vì đã trói buộc người dân, đặc biệt là phụ nữ, trong tình trạng nô dịch vĩnh viễn và là một trong những nguyên nhân tạo ra yếu tố bất động vốn mang lại lợi ích lớn cho giai cấp thống trị và bóp nghẹt mọi tinh thần dấn thân cũng như mọi cải cách tỏ ra cần thiết cho sự tiến bộ, gây ra hậu quả thảm khốc cho Việt Nam vào đầu thế kỷ 20 với sự sụp đổ của đế chế  nhà Nguyễn kéo theo sau đó  những sự kiện đáng tiếc trong suốt những thập kỷ vừa qua.

Không có gì đáng ngạc nhiên khi thấy con người trong xã hội Nho giáo, đặc biệt là giới trí thức Việt Nam ngày nay. Họ thường xuyên phải đối mặt với tình thế tiến thoái lưỡng nan không thể vượt qua được. Họ  vẫn bị giằng co giữa sự tiến bộ xã hội và các giá trị đạo đức mà Nho giáo tiếp tục ảnh hưởng đáng kể trong tim và tâm trí của họ vào thời điểm nầy. Xã hội Việt Nam cần được cải cách để thích ứng tốt đẹp hơn với những thay đổi kinh tế và xã hội mà Việt Nam cần có sau bao nhiêu năm chiến tranh. Ngày nay thật khó biết  được chủ nghĩa xã hội, dựng lên như một giáo điều của nhà nước, đã thực sự  có đóng một vai trò ở mức độ nào  trong quá trình chuyển đổi xã hội hiện nay. Nhưng cũng không thể đánh giá được mức độ ảnh hưởng của Nho giáo  ở thời điểm nầy.

Mỗi người Việt Nam chúng ta hôm nay phải tìm ra con đường đúng đắn cho mình và cư xử đàng hoàng để không hổ thẹn là “Con Rồng cháu Tiên”, nhất là đối với những người sống ở nước ngoài.

La société vietnamienne est profondément influencée par le confucianisme qui fut introduit au Vietnam à l’époque de la longue domination chinoise (111 av. J.C.-939 après J.C.). C’est pourquoi le Vietnamien est imprégné plus ou moins des concepts décrits par le sage Confucius dans les « Livres Canoniques » ( Ngũ Kinh )« . Il est habitué à enseigner ce qui parait juste au point de vue moral et approprié en tenant compte des Cinq Relations (Ngũ Luân) sur lesquelles repose habituellement  la société vietnamienne: celles qui existent entre souverain et sujet, père et fils, mari et femme, entre lui  et ses frères aînés et enfin  entre lui et ses amis. Grâce à cela, le Vietnamien accorde une grande importance à sa famille qu’il considérait toujours comme un terrain d’entraînement moral et s’attache fortement aux forces du sol en particulier à son village natal et à ses ancêtres. 

Cela permet à la société vietnamienne de trouver non seulement sa cohésion mais aussi sa solidité, ses profondes racines et son efficacité pour venir à bout toutes les forces étrangères dans les moments difficiles et cruciaux de l’histoire du Vietnam. La société est considérée dans une large mesure par le Vietnamien comme une extension du cercle familial. Le confucianiste vietnamien ne néglige jamais la piété filiale, le respect des personnes âgées, l’idéal de loyauté, l’amitié et l’honneur.


Pour connaître l’âme vietnamienne, il faut en saisir la douceur. Le Vietnamien est d’une manière générale dénué d’agressivité sauf quand on lui fait perdre la face, en particulier son honneur. Le pardon est très vietnamien. Ce sont les traits essentiels du Vietnamien décrits par le Bob Dylan vietnamien « Trịnh Công Sơn« . L’honneur est l’une des qualités que le confucianiste vietnamien tente de conserver jusqu’à la fin de sa vie. Le jade qui se dissout peut conserver sa blancheur, le bambou consommé gardant la tige droite. L’existence individuelle est très légère par rapport à l’honneur. Ce sont les phrases qui résument l’état d’esprit de l’homme confucianiste vietnamien. C’est le cas du général Võ Tánh qui malgré les recommandations de son beau-frère Gia Long de prendre la fuite, préféra se sacrifier en 1801 en se faisant sauter dans un pavillon rempli de poudre pour défendre non seulement son honneur mais aussi la vie sauve des milliers de ses soldats face à l’armée des Tây Sơn puissamment armée immobilisée à cause du siège à Qui Nhơn, ce qui permit à l’empereur Gia Long de remporter à Phú Xuân ( Huê’ ) une victoire retentissante et décisive. Mais celui-ci qui illustre bien l’homme confucianiste vietnamien reste le héros Trần Hưng Ðạo. On trouve en ce général toutes les qualités d’un homme de ren ( ren étant la somme de toutes les vertus décrites par Confucius dans les Livres Canoniques ).

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Son père Trần Liễu était le frère du roi Trần Thái Tôn. Celui-ci n’avait pas d’enfant. Pour consolider et perpétuer la dynastie, le premier ministre Trần Thủ Ðộ n’hésitait pas à forcer la princesse Thuận Thiên, la concubine du père de Trần Hưng Ðạo, enceinte de trois mois, d’épouser le roi. Révolté, son père Trần Liễu lui dit au moment d’agonie: Plus tard, si tu n’arriverai pas à venger cette offense et à prendre le trône, je ne serais jamais content au pays des Sources. Il ne contesta pas ces propos mais il ne prit jamais en compte les recommandations de son père. Par contre, un beau jour, pour connaître les intentions de ses enfants, il redemanda leur avis à ce sujet. Son fils cadet l’incita à usurper le trône. Il lui interdit de le revoir jusqu’à la fin de sa vie après avoir failli de tuer ce dernier sur le champ. Très pieux, il retint tout ce que son père lui avait dit mais il tenta de laisser de côté les intérêts personnels pour agir conformément aux intérêts de la nation.

Sa loyauté était sans faille envers le roi. Un beau jour, lors d’une excursion en jonque avec le roi, ayant eu dans la main un bâton dont le bout extrême portait un morceau de fer pointu, il n’hésita pas à l’enlever pour lui prouver sa loyauté. C’était aussi lui qui rassura le roi de continuer la lutte contre les Mongols et de ne pas céder à la reddition en lui disant: Si vous voulez vous rendre, vous devez me couper la tête d’abord. Grâce à son courage, sa détermination, sa ténacité et sa magnanimité, le Vietnam arriva à sortir victorieux deux fois de suite contre l’armée mongole de Kubilai Khan en 1257 et 1287.

Il ne profita jamais de son commandement militaire pour octroyer les faveurs à qui que ce soit. Il laissa au roi le soin de le faire au moment où il fut commandant en chef de l’armée vietnamienne. Il exerça son pouvoir avec une justice égale pour tous, petits ou grands. C’est aussi grâce à lui que le confucianisme atteignit à cette époque son apogée et devint ainsi le modèle unique de l’organisation de l’état et de la société vietnamienne.

Malgré cela, on reproche souvent au confucianisme le fait de maintenir le peuple en particulier les femmes, dans un assujettissement permanent et d’être l’une des causes génératrices du facteur d’immobilisme qui avantage largement la classe dirigeante et étouffe tout esprit d’entreprise et toutes les réformes s’avérant indispensables pour le progrès, ce qui provoqua au début du XXème  siècle de graves conséquences catastrophiques pour le Vietnam avec la chute de l’empire des Nguyễn suivie par les événements regrettables durant les dernières décennies.

Il n’est pas étonnant de voir que l’homme issu de cette société confucéenne, en particulier l’intelligentsia vietnamien d’aujourd’hui, est confronté souvent à ce dilemme insurmontable. Il est toujours tiraillé entre le progrès social et les valeurs morales du confucianisme qui continuent à exercer une influence notable sur son cœur et sur son esprit à un moment où la société vietnamienne nécessite d’être réformée pour s’adapter mieux aux mutations économiques et sociales. Le Vietnam en a besoin après tant d’années de guerre. Il est difficile de connaître aujourd’hui dans quelle mesure que le socialisme érigé en dogme d’état, a joué véritablement un rôle dans la transformation sociale en cours. Mais il est impossible d’évaluer aussi le degré d’influence du confucianisme à l’heure actuelle.

C‘est à chacun de nous, en tant que Vietnamien, de trouver aujourd’hui sa juste voie et de se comporter dignement pour ne pas avoir honte d’être « Fils du Dragon et Neveu de l’Immortelle », en particulier pour ceux qui vivent à l’étranger. 

 

Être lettré (Sĩ Phu)

 

 

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Jeune ou âgé, le lettré (Sĩ) est toujours bien considéré dans la société vietnamienne. On lui accorde non seulement tant d’égards mais aussi la première place dans la hiérarchie sociale avant les paysans (Nông), les artisans (Công) et les commerçants (Thương). C’est pourquoi ces derniers ne cessent pas de le ridiculiser à travers les chansons populaires.

Ai ơi chớ lấy học trò
Dài lưng tốn vải ăn no lại nằm

N’épousez jamais un étudiant
Il a le dos long, cela coûte cher pour le tissu
Une fois repu, le voilà étendu

Muni d’un bagage intellectuel, le lettré ne se laisse pas vexer par ces propos et tente de répliquer avec un air ricaneur:
Hay nằm đã có võng đào
Dài lưng đã có, áo trào nhà vua
Hay ăn đã có thóc kho
Việc gì mà chẳng ăn no lại nằm

 Sĩ phu

Il y a le hamac pour celui qui aime s’étendre
Il y a l’habit octroyé par le roi lorsqu’on a le dos long
Habitué à manger, on a le stock de riz au magasin du roi
Aucune tâche ne se termine par le coucher, une fois repu.

ischol

Cette considération data de l’époque où le confucianisme fut employé comme le modèle unique de l’organisation de l’état.  Le recrutement du lettré en tant que mandarin était basé essentiellement sur les concours littéraires qui avaient lieu tous les trois ans au grand temple de Confucius ou temple de la littérature (Văn Miếu). Celui-ci fut construit par le roi Lý Thánh Tôn en 1070 et fut transformé en 1076 en Collège des Enfants de la Nation (ou Quốc Tự Giám). A partir de 1484, le nom du lettré reçu au concours mandarinal fut inscrit sur le stèle avec la mention de sa date de naissance et de ses exploits.

 

Cette pratique de l’inscription sur stèle ne fut supprimée qu’en 1778. C’est pourquoi le rêve d’être reçu devint une obsession pour la plupart des lettrés. Certains ont été reçus aux concours avec une facilité étonnante (Nguyễn Bĩnh Khiêm, Chu văn An ou Lê Quí Ðôn). D’autres ont échoué plusieurs fois, ce qui a provoqué en eux une amertume virulente. C’était le cas du lettré Trân Tế Xương dont les poèmes avaient toujours une ironie mordante. Son échec sempiternel a influé énormément sur ses œuvres. Outre le savoir littéraire, le candidat reçu ou le futur mandarin devait posséder tous les concepts de mandat céleste, de piété filiale, de fidélité au roi (nghĩa tôi) et toutes les valeurs donnant la cohésion à la vision confucéenne. Doté de ces concepts, le lettré tentait d’honorer sa mission non seulement jusqu’à la fin de ses jours mais aussi au détriment de sa vie.  C’était le cas du lettré Nguyễn Du qui préférait se retirer au lieu de servir la nouvelle dynastie après la chute des Lê. C’était aussi le cas du lettré Phan Thanh Giản décidant de s’empoisonner en recommandant à ses fils de cultiver la terre et de ne postuler aucun poste lors de l’occupation de la Cochinchine par les Français en 1867. Quant au lettré Nguyễn Ðình Chiểu, auteur du best-seller « Lục Vân Tiên » et l’une des plus nobles figures des lettrés, il ne cessa pas d’apporter un soutien moral à la résistance à l’époque coloniale. 

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Dans sa vision confucéenne, le lettré tentait de maintenir coûte que coûte et d’appliquer strictement ces principes à moins que le roi ne fût plus digne de l’obéissance qui lui était due. Dans ce cas, le lettré épris de justice pouvait renverser le roi car celui-ci était dépossédé du Mandat du Ciel. C’était le cas du lettré Cao Bá Quát qui participa au fameux « soulèvement des Sauterelles » (ou Giặc Châu Chấu) au nom des Lê contre le roi Tự Ðức et qui fut pris et exécuté par ce dernier en 1854. Bien que le lettré fût l’un des piliers fondamentaux de la société sur laquelle tant de dynasties vietnamiennes s’appuyaient, pour gouverner le pays, il était aussi  le défenseur légitime des valeurs morales, en particulier des cinq relations humaines (ou Ngũ Luân c’est-à-dire entre le roi et ses sujets, entre le père et son fils, entre le mari et sa femme, entre le cadet et ses aînés et entre lui et ses amis). Cela permettait d’avoir la cohésion sociale et l’identité nationale à travers des siècles. Pourtant  c’était  le facteur d’immobilisme et d’isolationnisme culturel qui s’avéra mortel pour l’empire des Nguyễn à partir de 1840. En continuant à sous-estimer la puissance étrangère et en maintenant son conservatisme, l’empire des Nguyễn  était incapable de s’adapter aux réformes modernisatrices prônées par le lettré moderniste Nguyễn Trường Tộ. Il devenait ainsi l’obstacle majeur à toute mutation dont le Vietnam avait besoin pour faire face aux ambitions des puissances étrangères, ce qui le condamnait à disparaître  lors de la conquête française.

Le lettré faisait partie d’une population de 40000 personnes dont 20000 environ furent des détenteurs de grades en 1880. Le dernier lettré connu pour son patriotisme et pour son réformisme, était le lettré Phan Chu Trinh (ou Tây Hồ ). Celui-ci était partisan des réformes et prônait la priorité du progrès global de la société et de la diffusion du savoir moderne sur la simple indépendance politique. Sa déportation à Poulo Condor et surtout son décès en 1926 ont mis fin au rêve de tous les Vietnamiens de retrouver le Vietnam indépendant avec une politique de non-violence et de décolonisation graduelle que le lettré a prônée et défendue avec acharnement et conviction pendant tant d’années.

Phan Chu Trinh

phanchutrinh

Son état d’âme, il essayait de révéler à travers son poème intitulé

Le Cierge

 

Il veut de sa flamme luire jusqu’au fond des ténèbres
Car son cœur est brûlé du souci d’éclairer
Mais la porte entrouverte laisse filtrer la bise 
Dans la nuit qui finit, à qui confier ses larmes ?

Đèn Sáp

Cháy đầu bởi đỡ cơn tăm tối,
Nóng ruột càng thêm sự sáng soi.
Mở cửa vì đâu nên gió lọt,
Trót đêm nhỏ giọt tỏ cùng ai.

Ce sont les larmes d’un grand lettré vietnamien. Mais c’est aussi le cri du désespoir d’un grand patriote vietnamien

face au destin de son pays.

Être jeune au Vietnam (Thời thiếu niên)

etrejeune

Sống thời thiếu niên

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Mặc dù  chiến tranh đã tàn phá đất nước này bao nhiêu năm qua, những đứa  trẻ Việt vẫn tiếp tục mong muốn khát khao được sống. Ở đất nước này, «Sống trẻ» luôn luôn  là một kỳ tích bởi vì điều kiện sinh sống rất cực kỳ  khó khăn cũng như  thiên nhiên vô cùng khắc nghiệt nhất là ở các vùng núi miền Bắc và các  vùng đất  Tây Nguyên. Phải biết chịu đưng được thời tiết khắc nghiệt  của thiên nhiên mà còn phải biết tinh ranh và hoà  mình sống chung với những sinh vật hoang dã nhất là phải biết khắc phục được chúng. Các thiếu nhi bắt đầu đi làm việc rất «sớm» ở Việt Nam.

Ngay từ khi còn lúc nhỏ ở các vùng nông thôn, các đứa trẻ biết chăn trâu, thả trâu ăn cỏ  trên các bờ đê trong khi các thiếu nữ lo giúp việc nhà. Tuy còn nhỏ tuổi, các thiếu  nữ mới sáu, bảy tuổi mà đã biết nấu cơm, bế em trai, cho heo vịt ăn, biết múc nước cho gia súc uống hay là  tham gia vào các nghề thủ công của gia đình.

Trong những năm chiến tranh leo thang, các thiếu niên còn có nhiệm vụ đào các hầm hào  dọc theo bờ đê để  ẩn trốn khi có các máy bay tiến đến gần, sống trong các đường hầm nhầm để tránh khỏi các trận oanh tạc. Các thiếu nữ thì có công việc làm nhiều gấp đôi hơn các thanh niên. Đôi khi  các thiếu nữ  còn  là những nạn nhân  đầu tiên bị  bán làm nô lệ hoặc làm  vợ với giá tiền vài kilô gạo khi chúng không có thể tiếp nuôi gia đình nhiều con vào những năm 1930 và 1940. Cuốn tiểu thuyết “Tắt đèn” của Ngô Tất Tố xuất bản năm 1930 đã nhắc nhở chúng ta về thực tế này. Nếu ngày nay, tuy cái thói quen này bị cấm, chúng ta vẫn còn thấy một số lượng không ít  các cô gái trẻ bán mình  trên vỉa hè ở các thành phố lớn. Ở  các nơi nầy, mặc dù giáo dục được miễn phí ngày nay, nhiều đứa bé trẻ tuổi, phải đi làm những công việc lặt vặt, bán thuốc lá, bán báo, nhặt túi ni lông,  vân vân .. để phụ giúp gia đình. Các điều kiện sinh sống cũng còn tồi tệ. Nhiều thiếu  niên xuất thân từ những gia đình nghèo khó vẫn  tiếp tục sống trong những căn lều tồi tàn, tăm tối và  bẩn thỉu kinh khủng. Có ít  nhất 67.000 nhà  ổ chuột ở Sàigòn vào cuối năm 1994. Đây là con số mà  được chính quyền công bố và báo chí đăng tải. Chúng ta vẫn tìm thấy những cảnh tượng mà được tiểu thuyết gia Khái Hưng miêu tả trong quyển có tựa đề  « Đầu Ðường Xó Chợ » với  các vỉa hè và các rãnh nước ngổn ngang rác rưới  vỏ rau, lá chuối và những mảnh vải vụn trong những xóm nghèo ở các thành phố lớn.

Trước sự thờ ơ của xã hội, tiểu thuyết gia Duyên Anh đã không ngần ngại tố giác sự nghèo khó của những đứa trẻ này trong các tiểu thuyết của ông mà trong đó được nổi tiếng nhất vẫn là quyển có tựa đề « Ngọn đồi của Fanta« . Lấy cảm hứng từ cuốn tiểu thuyết này, đạo diễn Rachid Bouchareb đã  kể  lại câu chuyện về những đứa con lai phải trả giá cho sự điên rồ của các người lớn và chiến tranh trong phim có  tựa đề tên là  « Bụi đời  (hay Poussières de vie)»  vào năm 1994.

Bất chấp những thiếu thốn trong cuộc sống, các đứa trẻ vẫn thích sống ở đất nước này vì nếu chúng không có  được  cả núi đồ chơi và quà tặng mà các trẻ em ở phương Tây được có gần đến lễ Noël thì  chúng lại có những trò chơi phổ biến, những kỷ niệm của tuổi thơ khó mà quên được. Ở nông thôn, chúng có thể đi câu cá trên cánh đồng lúa và đặt bẫy trong các kênh rạch  để bắt tôm cá. Chúng có thể  săn  bướm và bắt chuồn chuồn bằng cách  làm bẫy  từ các thanh tre. Có thể trèo cây để tìm tổ chim. Săn dế vẫn là trò chơi yêu thích của hầu hết các đứa trẻ Việt lúc còn bé.

Chia ra từng  nhóm, đôi tai mở to lắng nghe tiếng kêu của dế, mắt nhìn chăm chú  mọi ngóc ngách, chúng cố gắng xác định vị trí các hang ổ chứa mà từ đó  ra tiếng dế gáy. Chúng hay thường làm cho dế chui ra khỏi lỗ bằng cách cho nước vào  hay nước tiểu, sau đó nhốt nó trong hộp diêm, làm cho nó gáy với những chiếc lông nhỏ hoặc cho nó uống một chút rượu đế  để kích thích nó trong các trận chọi dế.

Ở các thành phố, chúng  chơi đá  bóng bằng chân trần, ở giữa đường phố. Các trận đấu thường bị gián đoạn bởi những chiếc xe đạp vượt qua. Chúng cũng hay chơi đá cầu  trên các đường phố.

Sinh ra trong thời  chiến tranh, các đứa trẻ  Việt không hề coi thường các trò chơi  chiến tranh. Chúng tự làm súng bằng các bìa cứng hoặc gỗ hay  chúng  chiến đấu bằng kiếm với  các nhánh cây. Chúng cũng có thể chơi trò thả diều. Tuổi thơ này, tuổi trẻ này, người Việt nào cũng từng có, kể cả tiểu thuyết gia Marguerite Duras.

Bà không ngần ngại nhớ lại thời thơ ấu ở Đông Dương của mình trong cuốn tiểu thuyết  « Các nơi (Les lieux) »: Tôi và anh trai, chúng tôi ở cả ngày, không phải ở  trên cây mà ở trong rừng và trên sông, nơi được gọi là rạch. Đấy là những dòng nước nhỏ này được chảy xuống biển. Chúng tôi không bao giờ mang giày cả, chúng tôi sống một nửa khỏa thân, chúng tôi thường  tắm ở sông.

Ở  một đất nước mà chiến tranh đã tàn phá quá nhiều  với  13 triệu tấn bom và sáu mươi triệu lít chất gây rụng lá được trút xuống, « sống  trẻ » trong những năm 60-75 đã là một sự ưu ái của số mệnh. Những đứa  trẻ Việt ngày nay không còn biết sợ hãi và căm thù như những đàn anh của họ, nhưng họ vẫn tiếp tục có một tương lai quá bấp bênh.

Mặc dù vậy, trong cái nhìn của họ, lúc nào vẫn luôn luôn có  một tia sống mãnh liệt, một tia hi vọng tràn trề. Đấy thường được gọi là “kỳ  diệu của tuổi thơ và tuổi trẻ Việt Nam”. Phải sống thời niên thiếu ở đất nước nầy mới có  sự quyến luyến, một  ấn tượng mãi mãi  thấm thía.

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Être jeune

Malgré la guerre qui a ravagé ce pays depuis tant d’années, les jeunes vietnamiens continuent à avoir ardemment la rage de vivre. Dans ce pays, « Etre jeune » relève toujours de l’exploit car les conditions de vie sont extrêmement dures comme la nature aussi  rude et impitoyable, en particulier dans les régions montagneuses du Nord Vietnam et sur les Hauts Plateaux du Centre. Il faut savoir résister vaillamment aux intempéries de la nature mais il faut apprendre à vivre et à ruser aussi avec les créatures sauvages et surtout à les combattre.  

On commence à travailler « très jeune » aussi au Vietnam. Dès leur plus jeune âge dans les zones rurales, les garçons savent garder les buffles et  les font paître sur les diguettes tandis que les filles aident aux travaux de la maison. Très jeunes, à six ou sept ans, elles savent faire cuire du riz, porter leur petit frère, nourrir les cochons et les canards, porter à boire aux animaux familiers ou participer aux travaux artisanaux familiaux. Dans les années où la guerre a pris de l’ampleur, les jeunes étaient chargés aussi de creuser des tranchées le long des diguettes pour s’y jeter à l’approche des avions et  vivaient dans des souterrains et des tunnels pour échapper aux bombardements. Les filles ont deux fois plus de travaux que les garçons. Ce sont elles qui étaient les premières victimes  à être proposées et vendues comme esclaves ou concubines pour quelques kilos de riz lorsqu’on n’arrivait plus à nourrir une famille de plusieurs enfants dans les années 30-40. Le roman de Ngô Tất Tố  «Quand la lampe s’éteint», paru en 1930, nous rappelle cette réalité. Si de nos jours, cette pratique est interdite, on constate quand même un grand nombre de jeunes filles prostituées sur les trottoirs des grandes villes. Dans ces dernières, malgré l’enseignement gratuit aujourd’hui, pour pourvoir à la subsistance de leur famille, beaucoup de jeunes doivent vaquer encore  à leurs petits boulots, vendre des cigarettes ou des journaux, ramasser des sacs en  plastique etc. Les conditions de vie sont aussi lamentables. Beaucoup de jeunes issus des familles de traîne-misère et de la guerre continuent à grouiller toujours dans des enchevêtrements de baraques mal consolidés, sombres et affreusement sales. Il y aurait 67000 taudis à Saigon fin 1994. C’est le chiffre retenu par les autorités et diffusé par la presse. On retrouve encore les scènes décrites par le romancier Khái Hưng dans son ouvrage intitulé « Les bas-fonds (Ðầu Ðường Xó Chợ) » avec des trottoirs et des rigoles encombrés en permanence de déchets, d’épluchures de légumes, de feuilles de bananiers et des lambeaux de chiffons dans les quartiers pauvres des grandes villes. 

Face à l’indifférence de la société, le romancier Duyên Anh n’a pas hésité à dénoncer l’indigence de ces jeunes dans ses romans dont le plus connu reste le best-seller « La Colline de Fanta ». En s’inspirant de ce roman, le réalisateur Rachid Bouchareb a retracé l’histoire des amérasiens qui paient le prix de la folie des adultes et de la guerre dans son film « Poussières de vie » en 1994.  

Malgré les carences de la vie, on aime à être jeune dans ce pays car si on n’a pas les montagnes de jouets et de cadeaux qui submergent nos enfants en Occident à l’approche de Noël, on a en revanche des jeux populaires, des souvenirs d’enfance inoubliables. Dans les campagnes, on peut aller pêcher dans les rizières et poser les nasses dans les arroyos pour attraper les crevettes et les petits poissons. On peut chasser les papillons et attraper les libellules avec des pièges faits avec les tiges de bambou. On peut grimper dans les arbres pour chercher des nids d’oiseaux. La chasse aux grillons reste le jeu préféré de la plupart des jeunes vietnamiens lorsqu’ils sont encore jeunes.

En se promenant en groupe, les oreilles grandes ouvertes au chant  des grillons, les yeux scrutant les moindres recoins, on essaie de repérer les tanières d’où sort le chant. On a l’habitude de faire sortir le grillon de son trou en l’inondant de l’eau ou de son urine, puis de l’enfermer dans des boîtes d’allumettes, de le faire chanter avec des petites plumes ou de lui faire boire un peu d’alcool de riz pour l’exciter lors des combats des grillons.

Dans les villes, on joue au foot avec les pieds nus, au milieu de la rue, les poteaux des buts étant constitués par les vêtements entreposés. Les matchs sont souvent interrompus par le passage des vélos. On joue aussi au jeu de volant au pied (ou Ðá Cầu) dans la rue.

Nés dans la guerre, les jeunes vietnamiens ne dédaignent pas les jeux de la guerre. On fabrique soi-même les fusils en carton ou en bois, on se bat avec des épées en branches. On peut jouer aussi aux jeux des cerfs-volants. Cette enfance, cette jeunesse, tous les Vietnamiens l’ont eue même la romancière Marguerite Duras. Celle-ci n’hésitait pas à rappeler son enfance indochinoise dans son roman « Les lieux »: Mon frère et moi, on restait partis des journées entières pas dans les arbres mais dans la forêt et sur les rivières, sur ce qu’on appelle les racs (rạch), ces petits torrents qui descendent vers la mer. On ne mettait jamais de souliers, on vivait à moitié nus, on se baignait dans la rivière. 

Dans ce pays où la guerre a tant ravagé et où les treize millions de tonnes de bombes et soixante millions de litres de défoliants ont été versés, être jeune dans les années 60-75 était déjà une faveur du destin. Les jeunes du Vietnam actuel ne connaissent plus la peur et la haine de leurs aînés mais ils continuent à avoir un avenir incertain.

Malgré cela, dans leur regard, il y a toujours une lueur de la vie intense, une lueur d’espoir débordante. C’est ce qu’on appelle souvent « la magie de l’enfance et de la jeunesse vietnamienne. Il faut être jeune dans ce pays pour avoir un tel attachement, une impression toujours poignante. 

Les fleurs dans la culture vietnamienne

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Les fleurs dans la culture vietnamienne

Dans leur tradition culturelle, les Vietnamiens accordent une grande importance aux fleurs. On constate leur préférence marquée pour les noms des fleurs dans le choix des prénoms féminins. On a même une anecdote sur le prénom que le grand roi Lý Thánh Tôn de la dynastie des Lý a choisi pour sa concubine impériale Ỷ Lan connue plus tard sous le nom Linh Nhân Hoàng Hậu. Un jour, sur le chemin de retour dans la capitale, le roi fut accueilli par les villageois en liesse. Il s’aperçut qu’il y avait une jeune paysanne d’une beauté extraordinaire continuant à l’observer timidement de loin tout en s’adossant à un magnolia. Désireux de la connaître, il la fit venir devant lui. Épris de sa beauté et de son intelligence, le roi lui demanda de l’épouser et lui accorda le prénom  » Ỷ Lan  » (Ỷ Lan càd s’adosser à un magnolia). Elle fut connue plus tard dans l’histoire du Vietnam comme l’une des plus grandes reines prenant un grand nombre de mesures sociales pour les déshérités et les femmes surtout.

Par contre, il y a un prénom « Hoa (ou Fleur en français) » que personne n’avait le droit de prendre sous la dynastie des Nguyễn. C’est celui de la favorite Hồ Thị Hoa du prince héritier Nguyễn Phước Ðảm, le futur empereur Minh Mạng. Etant morte de façon prématurée, celle-ci était la fille du mandarin Hồ Văn Bôi et servait pieusement ses beaux- parents, l’empereur Gia Long et l’impératrice Thuận Thiên Cao Hoàng Hậu.

Pour immortaliser l’affliction qu’ils continuaient à porter à leur bru, ils interdirent désormais à leurs proches et à leurs sujets l’usage du mot « Hoa » non seulement dans le choix des prénoms mais aussi dans l’attribution des noms aux édifices publics. À cause de cette interdiction, le marché Ðông Hoa de Huế devint ainsi le marché central Ðông Ba. La province Thanh Hoa fut appelée désormais la province Thanh Hoá. Le pont enjambant la rivière Thị Ghè à Saigon changea de nom et prit le nom Cầu Bông à place du nom Hoa Bắc . Pourtant « Hoa » est le mot le plus employé dans le chef d’œuvre de la littérature vietnamienne Kim Vân Kiều de Nguyễn Du. Sans compter les noms des fleurs évoqués, on y recense au moins 130 vers portant le mot « Hoa ». De plus, ce dernier figure dans un grand nombre de termes et d’expressions ayant des connotations florales dans la littérature vietnamienne:

  • Hoa diện, mặt hoa : visage fleuri (Avoir un beau visage)
  • Hoa chúc: Fleur de la torche (la lampe de la chambre nuptiale)
  • Hoa niên: Fleur de l’âge (la jeunesse)
  • Hoa tay: Avoir la pulpe des doigts en forme de la fleur (être très adroit)
  • Số đào hoa: être né sous l’étoile de la fleur de pêcher (Etre le préféré des femmes)
  • Nguoi tài hoa: Homme de talent à l’image d’une fleur (Etre talentueux et distingué)
  • Hoa tai : Fleur de l’oreille (Boucle d’oreille)
  • Hoa đèn: Fleur de la lampe (charbon de la mèche d’une lampe à huile)
  • Hoa khôi: Fleur de premier rang (Être la plus belle fille)
  • Hoa đá: Fleur de pierre (Corail)
  • Hoa vương: Reine des fleurs (Pivoine)

Những loại hoa trong nền văn hóa Việtnam

En ce qui concerne la fleur de pierre, il y a une anecdote rappelant l’époque où le Vietnam fut troublé par les guerres internes incessantes entre les deux familles gouvernantes, les Trịnh et les Nguyễn. C’est l’une des farces d’un mandarin de nom Nguyễn Quỳnh servant le seigneur Trịnh Cương et connu fréquemment sous le pseudonyme « Cống Quỳnh » ou « Trạng Quỳnh ». Le seigneur Trịnh Cương était très gourmand. Il ne pensait qu’à vivre dans l’opulence et dans la débauche. C’était pour cela que Cống Quỳnh tenta de le ramener à la raison et à la sagesse. Il lui dit qu’il savait préparer un petit plat très délicieux connu sous le nom Hoa đa’ (Fleur de pierre).

Le seigneur Trinh Cương lui demanda de le préparer. Mais il précisa au seigneur qu’il fallait attendre au moins deux jours pour pouvoir savourer ce plat car il devait le mijoter durant cette période. Le seigneur Trịnh Cương accepta cette proposition. Rentré chez lui, il demanda au serviteur d’aller chercher au marché les algues comestibles et de les mijoter avec de l’eau. Affamé par cette longue attente, le seigneur Trịnh reconnut que le plat préparé par Cống Quỳnh était délicieux même s’il ne contenait que des légumes après l’avoir goûté et mangé. On trouve quelques romans célèbres classiques portant les noms des fleurs. C’est la cas du roman Nhị Ðộ Mai (Les pruniers ont refleuri) et Hoa Tiên (Les feuillets fleuris). Le premier écrit par un auteur anonyme  contient 2826 vers écrits en nôm et il provient d’une œuvre chinoise. C’est l’histoire de fidélité au roi ainsi que la piété filiale, la loyauté, la gratitude et l’amour. Quant au deuxième roman, il a été composé par le lettré Nguyễn Huy Tự. Ce roman comprend plus de 1770 vers écrits en Six-Huit pieds (lục bát). C’est le premier poème romantique vietnamien tout en restant fidèle à la pensée confucéenne.

 

 

Malgré une grande variété d’espèces florales trouvées sur cette terre des légendes, les Vietnamiens ne cachent pas leur préférence à certaines plantes. Ils n’hésitent pas à classer quelques-unes dans la catégorie des plantes nobles. Parmi celles-ci, on peut citer :
 
Mai (Fleur d’abricotier)
Lan (Magnolia)
Cúc (Chrysanthème)
Sen (Lotus)
Mẫu đơn (Pivoine)
Hoa hồng (Rose)

Ces plantes ou leurs fleurs ont chacune une signification particulière et éthique dans la tradition vietnamienne. L’abricotier (mai) est le symbole de l’homme supérieur. Il arrive à résister au froid et aux intempéries de la nature et continue à fleurir au mois de février, ce qui le permet de symboliser le printemps dans la représentation des quatre saisons (Tứ Thì). A l’occasion du Tết, pour un Vietnamien, il ne manque jamais sur l’autel des ancêtres quelques branches de l’abricotier (ou de pêcher) en fleurs qui sont choisies de manière que les fleurs éclosent jusqu’au moment de la fête. La fleur d’abricotier est très adorée par les lettrés et les intellectuels vietnamiens. Un homme de caractère et indépendant comme Cao Bá Quát, qui ne sachant pas se plier aux servitudes mandarinales, dut reconnaître que, durant toute sa vie, il ne courbait que sa tête devant la fleur d’abricotier.

Nhất sinh đê thủ bái hoa mai
Suốt đời chỉ cúi đầu trước hoa mai
Toute ma vie, je ne courbe que ma tête devant la fleur d’abricotier.

Un autre lettré Ðào Tấn, le père des pièces de théâtre de la région Bình Ðịnh dans le Centre du Vietnam, nourrissait aussi l’espoir de mourir un jour auprès des pruniers. C’était pourquoi, de son vivant, il a choisi son pseudonyme « Mộng Mai (Rêver aux fleurs de prunier) et a eu l’occasion de révéler son état d’âme à travers les deux vers trouvés dans l’un de ses poèmes :

Núi mai rồi giữ xương Mai nhé
Uớc mộng hồn ta là đóa Mai

C’est la montagne des pruniers où sera enterré ma squelette d’abricotier.
Je continue à rêver que mon âme serait la fleur d’abricotier.

Ce n’était pas une utopie pour lui car lors de sa mort (juillet 1907) on l’a enterré à la montagne Huỳnh Mai qui est éloignée du jardin des pruniers de quelques kilomètres. Contrairement aux Chinois, ce sont les fleurs d’abricotier  et de lotus qui sont plus appréciées que la pivoine. C’est pour cela qu’on les appelle Hoa Khôi (Fleurs de premier rang).

On a une préférence pour la fleur d’abricotier car le lotus est réservé plutôt au bouddhisme bien qu’il soit aussi le symbole de l’homme de qualité confucéen (junzi). C’était la plante choisie par le lettré Mạc Ðỉnh Chi pour révéler son talent inouï et son génie indescriptible lorsque le roi Trần Anh Tôn hésita à le nommer « Premier docteur » en le trouvant trop laid au moment de la remise du diplôme. Pour convaincre le roi, il se compara au lotus dans un puits en jade en composant devant le roi le poème intitulé « Ngọc tỉnh liên phú (Le lotus dans un puits de jade) ».

Giống quý ấy ta đây có sẳn
Tay áo nầy ta chứa đã lâu
Phải đâu đào , lý thô màu
Phải đâu mai, trúc dãi dầu tuyết sương
Cũng không phải tăng phường câu kỷ
Cũng không là Lạc Thủy mẫu đan
Cũng không là cúc, là lan
Chính là sen ở giếng vàng đầu non.

Cette espèce précieuse, je l’ai eue à ma disposition
La manche de cette veste l’a contenue depuis longtemps
Elle n’est ni le pêcher, ni le jambosier perdant l’éclat de la couleur
Elle n’est ni l’abricotier ni le bambou exposés aux intempéries de la neige et des rosées
Elle n’est pas non plus la baie dont l’odeur doit être évitée
ou la pivoine de Lạc Thủy (1),
ou le chrysanthème ou la fleur du magnolia
mais c’est le lotus dans un puits en or au sommet de la montagne.

Mạc Ðỉnh Chi a eu l’occasion de composer une oraison funèbre en l’honneur de la disparition d’une princesse mongole lorsqu’il avait été envoyé en Chine comme l’ambassadeur du Vietnam. Ce jour là, devant la cour impériale, on lui a donné un papier sur lequel il y avait quatre lignes, chacune contenant un seul mot « premier » ( một ). C’était à lui l’honneur de composer le poème et de compléter le reste des lignes pour rendre un vif hommage à la mémoire de cette princesse. Imperturbable, il réussît à le faire à la surprise et à l’admiration de toute la cour impériale mongole en désignant la princesse comme une fleur:

Trời xanh một đám mây
Lò hồng môt giọt tuyết
Vườn thượng uyển môt cành hoa
Cung quảng hàn (2) một vầng nguyệt
Than ôi! Mây tan! Tuyết tiêu!
Hoa tàn! Trăng khuyết !

Le ciel d’azur a un amas de nuages
La poutre de couleur rose a une goutte de neige 
Le jardin impérial a une branche de fleur 
Le palais Quảng Hàn (2) a un disque lunaire
Dommage ! Les nuages disparaissent ! La neige fond !
La fleur se fane ! La lune est incomplète!

Quant au chrysanthème, il est non seulement l’apanage de l’automne mais aussi le symbole de la sérénité et l’indifférence des gens aux honneurs et à la gloire . Analogue à la fleur d’abricotier, la fleur du magnolia est le symbole de la beauté féminine. Elle désigne souvent une jeune fille dans les compositions poétiques.

Bien que la pivoine soit considérée comme une fleur noble, elle n’a pas la portée significative comme elle continue à l’avoir en Chine (3). Probablement, à cause de l’influence chinoise, on continue à garder cette coutume. La pivoine est évoquée souvent dans l’art ornemental vietnamien ou dans les légendes (Histoire du mandarin Từ Thức et de l’Immortelle Giáng Hương par exemple).

Quant à la rose, elle est le symbole de l’amour et de l’affection. Pour connaître la valeur et la portée de signification que les Vietnamiens accordent à cette fleur, il faut lire le roman « Bông Hồng cài áo (Une rose agrafée sur la veste) » du moine zhen vietnamien Thích Nhất Hạnh. Il tente de nous rappeler à travers sa narration que chacun de nous a une mère unique à laquelle nous négligeons de penser à cause des aléas de la vie. Nous oublions souvent que si nous avons encore aujourd’hui chacun de nous, une mère, c’est que Dieu nous laisse encore un trésor inestimable. Nous avons encore la chance de pouvoir l’aimer et de lui montrer notre affection. C’est pour cela que nous pouvons continuer à agrafer une rose sur notre veste car seuls, nous avons encore cette joie immense, intime et indescriptible que tant de gens n’ont plus eu depuis longtemps. Sur cette terre des légendes on ne voyait plus  des fleurs blanches de myrte (Hoa Sim) déposées par les jeunes filles sur les tombes de leurs amants ayant succombé vaillamment pour défendre leur idéal et leur patrie. Ceux-ci n’avaient pas la chance d’y voir revenir un jour la paix. Ils n’avaient pas l’occasion d’agrafer sur leur veste une rose même si leur mère serait encore en vie. C’est à ces gens valeureux que tous les Vietnamiens veulent offrir une rose pour l’amour qu’ils ont eu vraiment pour ce pays. Ils veulent leur montrer leur sincère affection et leur profonde reconnaissance. Sans la bravoure, le sacrifice et la grandeur d’âme de ces gens, le Vietnam ne pourrait pas garder jusqu’à aujourd’hui son indépendance, son identité culturelle et  ses traditions millénaires.

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(1) Lạc Thủy : un fleuve connu en Chine.
(2) Cung quảng hàn : le palais mythique chinois trouvé sur la lune.
(3): Une anecdote sur la pivoine de Luoyang avec l’impératrice Wu Ze Tian ( Võ Tắc Thiên) de la dynastie des Tang.

Capitale Hanoï (Thủ đô)

 

Thăng Long muôn thưở 

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Đúng như tên được gọi trong chữ Hán, Hà Nội có nghĩa là « thành phố ở  phiá bên sông » (Hà có nghĩa là sông,  nội là ở trong). Không tựa như các thành phố khác ở Việt Nam, Hà Nội có một lịch sử lâu dài và nhiễu nhương. Định mệnh của nó cũng là định mệnh của dân tộc Việt Nam. Nó  có một thời kỳ  bị thất sủng khi Nguyễn Ánh thành công trong việc thành lập triều Nguyễn vào năm 1802 sau 20 năm chiến đấu chống với nhà Tây Sơn và quyết định dời  thủ đô về Huế (hay Phú Xuân).

Nó đã chứng kiến ​​nhiều trận chiến quyết định trong cuộc giành lại độc lập, đặc biệt là trận Đống Đa do hoàng đế Quang Trung lãnh đạo vào năm 1789. Nhờ cuộc chiến  chớp nhoáng chống lại quân Thanh (Trung Quốc) và nhờ  chiến lược tài ba  của Quang Trung chọn ngày Tết của người  dân Việt để tập kích bất ngờ  quân thù Trung Hoa, Hà Nội  được giải phóng cũng toàn thể nước Việt Nam. Đây cũng là  thành phố mà được Hồ Chí Minh chọn để tuyên bố  sự độc lập của Việt Nam vào ngày 2/9/1945 tại quảng trường Ba Đình. Cũng tại Hà Nội, một ngôi chùa  một cột được xây dựng vào năm 1049 bởi vua  Lý Thái Tôn  theo phong cách của những ngôi đền cổ xưa.

Hànội vắng những cơn mưa

Saxophoniste Quyền Văn Minh

Theo truyền thuyết, nhà vua đau buồn vì không có hậu duệ,  nằm mơ thấy được Phật bà Quan Âm ngồi trên một  toà sen trao cho ông một đứa con trai. Ít lâu sau, một phụ nữ nông dân trẻ mà ông yêu thích, đã sinh cho ông một người thừa kế. Để bày tỏ lòng biết ơn, ông dựng ngôi chùa này ở giữa một cái ao có hình bông hoa sen.

Tọa lạc gần sông Hồng, mỗi năm Hànội là nạn nhân của  các lũ lụt của sông và các  mưa gió mùa và các trận bão lớn. Mặc dù vậy, Hà Nội vẫn tiếp tục là thủ đô của Việt Nam thống nhất mãi mãi. Không ai dám tranh cãi di sản chính trị và văn hóa mà thủ đô đã để lại cho người dân Việt Nam.  Đối với tất cả người dân Việt Nam Hà Nôi  không chỉ là một biểu tượng đoàn kết dân tộc mà còn là niềm tự hào của một dân tộc nông dân dũng cảm hiên ngang chống lại thời tiết khắc nghiệt và tham vọng của quân xâm lược.

Trước khi trở thành kinh đô của Việt Nam, Hà Nội là trụ sở hành chánh của quân xâm lược Trung Quốc vào năm 607 và mang tên « Tống Bình ». Vào năm 866, nơi  này có được  một bức tường của Đại La,  hiện nay còn  có một số dấu tích. Thành phố nầy được chọn bởi người sáng lập triều đại Lý, nhà vua Lý Công Uẩn vào năm 1010 và trở thành là  kinh đô mới của Việt Nam thay thế kinh đô Hoa Lư. Theo truyền thuyết, trong giấc mơ, nhà vua nhìn thấy một con rồng vàng bay lên  ở khu vực này. Chính vì lý do này mà Hà Nội được gọi vào thời điểm đó là « Thăng Long » (con rồng bay lên). Địa điểm này được xem thuận lợi so với các địa điểm khác bởi vì nó nằm giữa hà và sơn, nước và núi, ở giữa những cánh đồng lúa và được bảo vệ tránh các lũ lụt nhờ các con  đê. Vào thế kỷ 15, Hà Nội lấy tên là Đông Kinh. Sau đó, lấy lại tên Thăng Long cho đến khi kinh đô được dời  về Huế. Sau đó, nó được đặt tên là Thành Tích, rồi đến tên  Bắc Thành trước khi trở lại với tên  Hà Nội chỉ vào năm 1931. Nó trở thành thủ đô của Bắc Việt Nam sau hiệp định Genève năm 1954 và trở thành từ  sau biến cố  năm 1975, là thủ đô của Việt Nam thống nhất. 

Hànôi  gồm có 913  cây số vuông. Nội thành của nó (40 cây số vuông) được chia thành bốn quận: Quận Hoàn Kiếm, Quận Hai Bà Trưng, ​​Quận Đống ĐaQuận Ba Ðình. Nó cũng có 6 huyện ngoại thành và nhiều ngôi làng nằm ở trong  phạm vi ranh giới của nó.

Linh hồn Hà Nội được thấy  thông qua  phố cổ của nó. Bà Huyện Thanh Quan, một nhà thơ của thế kỷ 19 có nhắc đến Hànội trong một tác phẩm của bà. Điều mà được thấy ở khu phố cổ này là 36 phố (hay đường) mà đặc trưng là mỗi phố nó có một  nghề nghiệp riêng biệt: hàng đào với các khăn quàng cổ bằng tơ lụa đủ màu, hàng thuốc bắc với mùi hương của các loại thảo mộc vân vân…Nhà văn Thạch Lam của nhóm Tự Lực Văn Đoàn đã từng nói đến « Hànôi ba mươi sáu phố phường » qua  cái ăn uống của người Hà Thành.

Hà Nội cũng là thành phố của Việt Nam còn lưu giữ nhiều dấu vết của thời thuộc địa hơn so với các thành phố khác. Chúng ta có thể nói rằng đây là bản sao chính xác của một ngôi làng theo phong cách  Arcachon với cung điện của thống đốc, nhà hát opera, nhà bưu điện lớn và công viên của nó. Cầu Long Biên (hay Paul Doumer) nhắc lại không chỉ là một tác phẩm nghệ thuật đầu tiên của các nhà xây dựng Pháp trên sông Hồng vào năm 1902 mà còn là dấu vết của  các vụ đánh bom của Mỹ trong chiến tranh Việt Nam. Mặc dù vậy, Hà Nội, trong những năm gần đây, bắt đầu thay đổi diện mạo và mặt tiền. Các công trình xây cất đã được tăng lên với một tốc độ đáng ấn tượng  đến nỗi không còn thấy một mét vuông nào trống cả.

Comme son nom l’indique, Hanoï veut dire « la ville en deçà du fleuve » (Hà signifiant le fleuve, Nội l’intérieur »). Contrairement à d’autres villes du Vietnam, Hanoï  a une longue histoire mouvementée. Son destin est celui du peuple vietnamien. Elle connut une période de disgrâce lorsque l’empereur  Nguyễn Anh parvint à fonder la dynastie des Nguyễn en 1802 après 20 ans de combat acharné contre les Tây Sơn et décida de transférer la capitale à Huế (ou Phú Xuân). 

Elle fut témoin de plusieurs batailles décisives dans la reconquête de l’indépendance, en particulier la bataille Ðống Đa menée par l’empereur Quang Trung en 1789. Grâce à la guerre éclair contre les troupes chinoises des Qing et grâce au stratagème de ce dernier de choisir la fête du nouvel an vietnamien pour surprendre les ennemis chinois, Hà Nội fut ainsi libérée ainsi que le Vietnam. Elle fut aussi la ville choisie par Hồ Chí Minh pour proclamer le 2 septembre 1945 l’indépendance du Vietnam sur la place de Ba Ðình. Ce fut aussi à Hanoï que la pagode au pilier unique (Chùa Một Cột) fut élevée en 1049 par le souverain Lý Thái Tôn sur un pilier en bois puissant dans le style des anciens temples des ancêtres.

Selon la légende, le roi affligé de ne pas avoir de descendance, rêva de Quan Âm, la déesse de la Miséricorde. Assise sur une fleur de lotus, elle lui tendit un fils. Peu après, une jeune paysanne dont il fit  sa favorite, lui donna un héritier. En témoignage de sa gratitude, il fit ériger cette pagode au milieu d’un étang en forme de fleur de lotus

A cause de sa proximité du fleuve Rouge, elle est victime tous les ans des inondations provoquées par les crues de ce fleuve et par les violentes pluies de mousson et les typhons. Malgré cela, Hanoï continue à rester éternellement la capitale du Vietnam réunifié. Personne n’ose contester l’héritage politique et culturel qu’elle a laissé au peuple vietnamien. Elle représente non seulement pour la plupart des Vietnamiens le symbole de l’unité nationale mais aussi la fierté d’un peuple de paysans sachant résister vaillamment aux intempéries de la nature et aux ambitions des envahisseurs.

Avant d’être la capitale du Vietnam, Hanoï fut le siège de l’administration chinoise en l’an 607 et porta le nom  » Tống Bình « . En 866, ce siège fut doté d’une muraille de Ðại La dont il subsiste actuellement quelques vestiges. Il fut choisi par le fondateur de la dynastie des Lý, le roi Lý Công Uẩn, en 1010 comme la nouvelle capitale du Vietnam à la place de Hoa Lư. Selon la légende, dans le songe, le roi a vu un dragon d’or s’envoler de cette localité. C’est pour cette raison que Hanoï fut appelée à cette époque  » Thăng Long« (le dragon prenant son essor)« .

Ce site fut jugé favorable par rapport à d’autres sites car il est entre Hà et Sơn, les eaux et les montagnes, au milieu des rizières et protégé des inondations par les digues. Au XVème siècle, Hanoï prit le nom Ðông Kinh. Puis elle reprit le nom Thăng Long jusqu’au transfert de la résidence royale à Huế. Elle prit ensuite le nom de Thành Tích puis Bắc Thành avant de devenir Hanoï seulement en 1931. Elle devint la capitale du Nord Vietnam après les accords de Genève en 1954 et devint depuis les événements de 1975, la capitale du Vietnam réunifié.

Hànôi couvre 913 km2. Son intérieur (ou nội thành (40 km2) est divisé en quatre districts (ou Quận): Quận Hoàn Kiếm, Quận Hai Bà Trưng, Quận Hai Bà Trưng, Quận Ðống Ða et Quận Ba Ðình. Elle compte aussi 6 quartiers suburbains (ou huyện) et de nombreux villages situés à l’intérieur de ses limites.

On trouve l’âme de Hanoï à travers son vieux faubourg.  Huyện Thanh Quan, une poétesse du XIXème siècle l’a évoqué dans l’une de ses œuvres. Ce qui retient le plus dans ce vieux faubourg, ce sont les 36 rues connues souvent sous le nom  Phố (ou đường en vietnamien) dont chacune a sa spécialité: rue de la soie aux écharpes multicolores, rue des médicaments au parfum d’herbes aromatiques etc…Le célèbre romancier Thạch Lam a  eu l’occasion d’évoquer ce faubourg à 36 rues à travers la cuisine vietnamienne.

Hanoï est aussi la ville vietnamienne qui garde plus de traces coloniales par rapport à d’autres villes. On peut dire qu’elle est la copie conforme d’une bourgade au style d’Arcachon avec son palais de gouverneur, son opéra, sa grande poste et son parc. Le pont Long Biên (ou Paul Doumer) rappelle non seulement le premier ouvrage d’art des bâtisseurs français sur le fleuve Rouge en 1902 mais aussi les traces des bombardements américains durant la guerre du Vietnam.

Malgré cela, Hanoï, depuis quelques années, commence à changer de visage et de façade. Les constructions se sont multipliées à un rythme effarant tel qu’il ne reste pas un mètre carré inoccupé. 

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